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9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 20:38

L'une des plus grandes et anciennes collections de manuscrits au monde est désormais disponible dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale d'Israël. Une vaste collection de codex et manuscrits conservée au monastère Sainte-Catherine, situé au milieu du désert du Sinaï. L'isolement de l'édifice permit aux textes du monastère de survivre de nombreux siècles, et ainsi de parvenir jusqu'à nous, malgré les dangers qui les guettent... 

L'histoire de la sauvegarde de ces trésors historiques par la Bibliothèque nationale d'Israël commence par une rencontre dans le désert, en 1968. Celle d'un jeune érudit, déjà chef du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale et universitaire juive, Malachie Beit-Arié, avec l'archevêque grec orthodoxe de la péninsule du Sinaï, Porphyre III.

Malachie Beit-Arié a une idée derrière la tête : négocier avec l'archevêque, afin d'obtenir l'autorisation de microfilmer la vaste collection de manuscrits conservés au monastère Sainte-Catherine, et ce pour le compte de la Bibliothèque nationale et universitaire juive, aujourd'hui Bibliothèque nationale d'Israël.

Des premiers microfilms à la numérisation

Un an avant l'organisation de cette rencontre, la péninsule du Sinaï avait été conquise par Israël, suivant sa victoire à l'issue de la guerre des Six Jours de 1967. Aussi, l'archevêque, qui avait étudié l'hébreu, accepta-t-il rapidement la demande du jeune érudit, et répondit avec enthousiasme à l'idée de collaborer avec les universitaires israéliens, loin des confrontations qui firent trembler le Proche et Moyen-Orient l'année précédente. L'archevêque se rendit alors à Jérusalem, et demanda, en échange de l'accès aux manuscrits, un ensemble complet du Talmud en anglais.

Avant 1968, environ la moitié de la collection du monastère avait déjà été microfilmée par une équipe de la Bibliothèque du Congrès dès 1950. Et suite à ces négociations fructueuses, une équipe israélienne a entrepris de terminer de microfilmer le reste de la collection du monastère.

Directeur de la photographie et photographe à la Bibliothèque nationale et universitaire juive, employé à l'époque, Jacques Soussana avait filmé de rares séquences en couleur au monastère au début des années 1970.

Des images numérisées avec l'aide de Steven Spielberg, du Jewish Film Archive et de la Jerusalem Cinematheque. Ces films incluent des images de la célèbre collection de manuscrits, ainsi que des scènes de la vie monastique dans le désert. 

Au cours des deux dernières années, les microfilms collectés par l'équipe de la Bibliothèque nationale d'Israël à la fin des années 1960 ont été numérisés et téléchargés dans le catalogue de la Bibliothèque. Ainsi, le grand public peut désormais consulter quelque 1700 manuscrits sous forme numérique. Une numérisation devenue nécessaire, car nombre de microfilms avaient commencé à se désintégrer, menaçant la survie des informations.

Il existe également un projet distinct en cours, dirigé par la Early Manuscripts Electronic Library (EMEL) en collaboration avec la bibliothèque de l'UCLA, pour produire de nouvelles photographies en couleurs de haute qualité des manuscrits de Sainte-Catherine.

La plus ancienne bibliothèque du monde

L'impressionnant monastère Sainte-Catherine, protégé au milieu du désert par d'immenses murs, abrite l'une des plus anciennes bibliothèques au monde encore en activité. Fonctionnant en permanence, le monastère et sa bibliothèque millénaire ont été érigés dans le sud de la péninsule du Sinaï, entouré de paysages désertiques montagneux spectaculaires, et achevé en 565 apr. J.-C. sous le règne de l'empereur Justinien. L'édifice abrite et nourrit même ce que certains considèrent être comme le véritable buisson ardent, puisqu'il se trouve au pied de ce qui est considéré par la tradition chrétienne comme le mont Horeb, où Moïse a reçu les dix commandements.

Composée de quelque 3400 manuscrits accumulés durant un millénaire et demi, cette collection de codex et manuscrits anciens réunit une grande variété de textes religieux chrétiens. 

Psalms and Cantica, 1504, Monastère de Sainte Catherine au Mont Sinaï, Egypte.

La bibliothèque contient, entre autres, de premières bibles, de la poésie religieuse et de la musique d'église, des écrits des différents Pères de l'Église, ou encore de la littérature monastique.

Sont également inclus des classiques grecs, de la correspondance, des écrits sur la grammaire, des exercices d'arithmétique, des travaux de rhétorique, des textes historiographiques et d'autres formes de littérature profane... Des textes en grec dans la grande majorité, mais également en arabe, syriaque, géorgien, comme en langues mortes, tels l'araméen palestinien chrétien ou encore l'albanais du Caucase. Les plus anciens manuscrits de cette collection datent du IIIe siècle de notre ère.

Une collection menacée

Si la collection a été préservée, en grande partie grâce à l'isolement de l'édifice, ses fortifications du VIe siècle et le climat sec et désertique, les derniers troubles dans la péninsule du Sinaï ont représenté une vraie menace pour les trésors historiques. En 2017, une attaque de l'État islamique contre un poste de contrôle près du monastère a fait un mort et trois autres blessés parmi les policiers. Une agression qui s'inscrit dans une série d'escarmouches entre les terroristes de l'ancien État islamique et l'armée égyptienne.

PATRIMOINE: un rouleau de prières de 500 ans évoque la croix du Christ

Cette prise de conscience des dangers réels pour cette bibliothèque a été l'une des raisons qui ont motivé le choix de numériser les trésors historiques du monastère Sainte-Catherine, garantissant la survie des informations inestimables et du patrimoine culturel qu'il contient.

Une initiative qui, tout en garantissant une nouvelle vie à ces trésors culturels, rend accessible des documents qui étaient autrefois réservés à ceux qui pouvaient parcourir les sables arides du désert, et atteindre ce monastère sorti des premiers siècles du christianisme.

Les manuscrits et autres textes numérisés sont accessibles à cette adresse :

https://www.nli.org.il/en/discover/manuscripts/saint-catherine

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 21:07

Le Christ aime l'enfance

Lorsque les trois mages eurent été conduits par l'éclat d'une nouvelle étoile pour venir adorer Jésus, ils ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter des morts de rendre la vue aux aveugles, ou la marche aux boiteux, ou la paroles aux muets, ni d'accomplir quelque acte relevant de la puissance divine ; non, ils virent un enfant gardant le silence, tranquille, confié aux soins de sa mère ; en lui n'apparaissait aucun signe de son pouvoir, mais il offrait à la vue un grand prodige, son humilité.

Aussi le spectacle même de ce saint enfant auquel Dieu, Fils de Dieu, s'était uni, présentait aux regards un enseignement qui devait plus tard être proclamé aux oreilles, et ce que ne proférait pas encore le son de sa voix, le simple fait de le voir faisait déjà qu'il l'enseignait.

Toute la victoire du Sauveur, en effet, victoire qui a subjugué le diable et le monde, a commencé par l'humilité et a été consommée par l'humilité.

Il a inauguré dans la persécution ses jours prédestinés, et les a terminés dans la persécution ; à l'enfant n'a pas manqué la souffrance, et à celui qui était appelé à souffrir n'a pas manqué la douceur de l'enfance ; car le fils unique de Dieu a accepté par un unique abaissement de sa majesté, et de naître volontairement homme et de pouvoir être tué par les hommes.

Si donc, par le privilège de son humilité, le Dieu tout-puissant a rendu bonne notre cause si mauvaise, et s'il a détruit la mort et l'auteur de la mort, en ne rejetant pas tout ce que lui faisaient souffrir ses persécuteurs, mais en supportant avec une suprême douceur et par obéissance à son Père les cruautés de ceux qui s'acharnaient contre lui ; combien ne devons nous pas nous-mêmes être humbles, combien patients, puisque, s'il nous arrive quelque épreuve, nous ne la subissons jamais sans l'avoir méritée !

Qui se fera gloire d'avoir le cœur chaste ou d'être pur du péché ?

Et, comme le dit saint Jean : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous abusons, et la vérité n'est pas en nous.»

Qui se trouvera si indemne de fautes qu'il n'ait rien en lui que la justice puisse lui reprocher, ou que la miséricorde doive lui pardonner ?

Aussi toute la pratique de la sagesse chrétienne, bien-aimés, ne consiste ni dans l'abondance des paroles, ni dans l'habileté à disputer, ni dans l'appétit de louange et de gloire, mais dans la sincère et volontaire humilité que le Seigneur Jésus-Christ a choisie et enseignée en guise de toute force, depuis le sein de sa mère jusqu'au supplice de la croix.

Car un jour que ses disciples recherchaient entre eux, comme le raconte l'évangéliste, « qui, parmi eux, était le plus grand dans le Royaume des cieux, il appela un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit : En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux.»

Qui donc se fera petit comme cet enfant là, voilà qui sera le plus grand dans le Royaume des Cieux.

Le Christ aime l'enfance qu'il a d'abord vécue et dans son âme et dans son corps.

Le Christ aime l'enfance, maîtresse d'humilité, règle d'innocence, modèle de douceur.

Le Christ aime l'enfance, vers elle il oriente la manière d'agir des aînés, vers elle il ramène les vieillards ; il attire à son propre exemple ceux qu'il élève au royaume éternel."

Saint Léon le Grand,  Sermons : VII pour l’Epiphanie, 2 – 3.

Comment connait on le prénom des rois mages ?

Gaspard, Melchior, Balthazar...

Que signifient ces noms des mages venus d'Orient, que dévoilent-ils de ceux qui les portent, et à quoi nous invitent-ils ? 

Lorsque saint Matthieu raconte la visite « des mages venus d’Orient » (Mt 2), il ne précise pas leur nom.

Ce n’est que vers la fin du XIIIe siècle que Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, évoque le prénom des mages : Gaspard, Melchior et Balthazar.

Mille trois cents ans après leur visite à Bethléem, voilà qui paraît un peu suspect.

Ces prénoms sont soit des surnoms, soit des noms conservés par la tradition orale

Dans la tradition biblique, le nom est très important, car il dit quelque chose de la personne, il « parle » de celui qui le porte.

Quand c’est Dieu qui le donne, le nom renvoie le plus souvent à la mission (Abraham, Jean Baptiste, Jésus).

Quand ce sont les hommes, le nom dévoile une caractéristique. Ainsi en est-il des noms prêtés aux rois mages.

Des surnoms significatifs
Gaspard signifierait en hébreu : « Celui qui possède un trésor » ou en latin : « Celui qui vient voir ». Voilà qui irait bien à un roi mage.

Melchior viendrait de l’hébreu melech qui signifie « roi ». Rien de plus logique !

Balthazar signifierait, dans une langue orientale très ancienne (l’akkadien) : « Le protecteur du roi ». Si on met un « R » majuscule à roi, ça va très bien aussi !

La bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) eut la chance, dans des visions, de suivre les rois mages.

Elle raconte qu’ils étaient bien trois, mais qu’ils s’appelaient Mensor, Sair et Théokéno.

Elle ajoute que Gaspard, Melchior et Balthazar ne sont que des surnoms donnés en fonction du caractère de chacun, le premier signifiant : « Il va avec amour », le deuxième : « Il va doucement », le troisième : « Il unit promptement sa volonté à celle de Dieu » ! Voilà qui est étrange !

Que penser de tout cela ? Rien de spécial ! Ce ne sont que des détails qui ne changent rien au fond de l’histoire. Peu importe leurs prénoms, ces fameux mages venus d’Orient nous invitent à adorer le Messie. 

Famille chrétienne

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 20:30

La prière de Jésus fait partie intégrante de la vie monastique orthodoxe. C'est sans doute une partie intégrante de la vie de prière personnelle de chaque chrétien orthodoxe.

Autrefois, beaucoup de moines et de laïcs apprenaient le Psautier par cœur afin d'acquérir un souvenir constant de Dieu.

Mais ce n'est plus nécessaire maintenant que nous avons hérité de cette forme de prière parfaite, réduite par tant d'années de prière par nos pères et mères à cette phrase précise et puissante.

Il y a une version plus longue, "Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur", et une version plus courte, "Seigneur Jésus Christ aie pitié de moi."

Je sais que certains, comme Joseph l'Hésychaste, préféraient la version plus courte parce qu'il sentait qu'il était plus facile de focaliser le noüs (esprit) sur une phrase plus courte.

En visitant les monastères, si vous écoutez attentivement, vous pouvez souvent entendre chuchoter cette prière. Vous entendez ceci avant tout parce que c'est la prière la plus importante à prononcer pour de nombreuses raisons.

C'est avant tout une confession de Jésus-Christ en tant que Dieu-Homme parfait. Cela permet l'accomplissement des paroles du Christ: «Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai» (Jean 14:13).

C'est le moyen le plus rapide de «Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est aux cieux est parfait» (Matthieu 5:48) parce qu'il purifie l'esprit des pensées pécheresses, nettoie le cœur des passions pécheresses et concentre l'esprit sur la seule chose nécessaire (Luc 10:42).

Et comme tout le monde le sait, c'est la formule patristique perfectionnée de «prier sans cesse» (1 Thessaloniciens 5:17).

Tout est très simple aussi. Cela ne nécessite pas une grande connaissance du sujet, juste du désir. «Et il leur dit à tous: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il me suive» (Luc 9:23).

Vous voyez, parce qu'avec le temps, après l'avoir dit pendant de nombreuses années avec attention et désir, cela va entrer dans votre nous, votre esprit, et votre esprit dira la prière même sans que vous ayez besoin de le commencer consciemment. Et à ce moment-là, prier sans cesse et garder un souvenir constant de Dieu deviendra une réalité.

Mais pour arriver à cet état béni, avoir des outils pratiques pour nous aider dans notre voyage est un must.

Donc, voici un conseil que j'ai pu observer en visitant des monastères:

Sr Joanna le ferait surtout (comme vous pouvez le lire dans mon prochain livre, The Scent of Holiness). Puisque l'aspect le plus important de la prière de Jésus est de prier avec attention, cela aide à accomplir cela.

Sr Joanna, au lieu de simplement répéter la même version, « Kyrie Isou Xriste eleison me» (Seigneur Jésus Christ aie pitié de moi), change de phrase pour concentrer son esprit.

Ainsi, elle est souvent entendue par hasard: «Très sainte Théotokos (Mère de Dieu) sauve-moi!» Ou la prière dans la version longue: «Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur».

Elle dit aussi: « Par les prières du saint patron, Seigneur Jésus-Christ aie pitié de moi" et «Par les prières du fondateur du monastère, Seigneur Jésus-Christ aie pitié de moi».

De cette façon, bien qu'elle ne s'éloigne jamais de la forme de base de la prière de Jésus, elle ne permet jamais à ses paroles de devenir oisives. Car il ne suffit pas de répéter la même phrase encore et encore, mais nous devons aussi être attaché aux mots quand nous la disons.

Demander sincèrement, implorer, demander miséricorde, pour eleos (huile), ce qui ne signifie pas mendier pour votre vie, mais demander l'onction, la guérison, le salut, est le but de la prière.

Et ce n'est pas quelque chose que nous devons obligatoirement faire en étant assis sur le sol au milieu de la nuit avec notre tête inclinée vers notre nombril (bien que vous puissiez certainement le faire).

Au contraire, c'est quelque chose qui est toujours disponible pour nous. Nous n'avons même pas besoin d'un  komboskini  - bien que tenir quelque chose de matériel aide à concentrer l'esprit.

Nous avons simplement besoin d'attention et de désir. En lavant la vaisselle, en conduisant dans la voiture, en nettoyant la maison, en tricotant, en tondant la pelouse, en pelletant, en marchant, en mangeant, à tout moment, nous pouvons attirer notre attention sur le saint nom du Christ et lui demander son aide, le pardon, l'illumination et la paix.

Pour résumer tout cela, nous pouvons demander sa miséricorde. Et par la grâce de Dieu, un jour, nous pourrons, comme le roi Salomon, dormir, mais notre cœur sera éveillé (Cantique des Cantiques 5: 2); c'est-à-dire que notre cœur priera même si notre esprit est occupé par autre chose.

Donc, "si vous voulez venir après Lui", tout ce que vous devez faire est d'essayer : SEIGNEUR JÉSUS CHRIST ACCORDE-MOI TA MISÉRICORDE, et de temps en temps, comme Sr. Joanna, mélangez cela pour garder votre attention concentrée sur Son nom très saint!

Kali Epitihia (Bon Succès)


Matushka Constantina
Publié par Maxime le minime

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