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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 20:12

Pourquoi nous, chrétiens orthodoxes, faisons face à l'Est dans notre culte ?

Nous, chrétiens orthodoxes, adorons collectivement face à l'est.

Avec nos évêques et nos prêtres, nous nous tenons tous devant le Seigneur en direction de l'est.

Nos prêtres sont un peu comme les capitaines d'un navire, regardant vers l'océan et conduisant l'équipage dans un voyage.

Le prêtre (et l'évêque) dirigent les gens dans la prière et l'adoration non pas comme le centre d'attention, car tous regardent dans la même direction, ensemble comme le Corps du Christ.

Ensemble, nous nous réunissons tous en un seul corps, tandis que le prêtre offre le sacrifice de louange en notre nom, alors que la Divine Liturgie est servie devant le Seigneur des Armées.

Le célébrant (évêque ou prêtre) se tient devant la table sainte (autel), face à Dieu, tout en faisant face au peuple uniquement lors de la lecture de l'Evangile, du sermon ou de la bénédiction de son peuple.

Ceci est similaire au modèle juif d'adoration et de prédication, car comme les Juifs, nous considérons qu'il est impoli de parler à quelqu'un en lui tournant le dos.

Nous n'osons donc pas tourner le dos à Dieu lorsque nous L'adorons.

Une église orthodoxe est construite face à l'est vrai lorsque cela est possible, mais lors de la construction dans une zone où cela serait impossible en raison de limitations ou de nécessité, liturgiquement, elle fait toujours face à l'est et regarde vers Dieu.

Cette ancienne Tradition nous est parvenue pour plusieurs raisons.

Peut-être plus important encore, nous croyons que notre Seigneur reviendra triomphalement de l'Orient (Matthieu 24 :27 et Actes 1 :11).

Nous reconnaissons également le Seigneur Jésus-Christ comme le Soleil de justice (Malachie 4:2) est la lumière qui illumine toute l'humanité.

Ainsi, parce que le soleil se lève à l'Est, le Christ le fera aussi.

Nous reconnaissons également que le paradis d'Eden se trouve à l'Est (Genèse 2: 8), et nous nous souvenons de la parfaite communion qu'Adam et Eve ont vécue avec Dieu là-bas, et nous le regardons avec impatience chaque fois que nous adorons Dieu.

Même le propitiatoire dans le tabernacle du témoignage faisait face à l'est (Lévitique 16:14), et le temple de la porte de l'Éternel de Salomon était placé à l'est.

De nombreuses références de l'Ancien Testament vers l'Orient voyaient clairement cette orientation orientale comme distinguant les Israélites de toutes les religions païennes, qui faisaient face à d'autres directions.

De nombreux Pères de l'Église chrétienne primitive font également référence à la face à l'Est pendant la prière et le culte.

Saint Jean de Damas est peut-être le Père le plus connu pour avoir expliqué cette partie de notre Sainte Tradition.

Essentiellement, cela montre que faire face à l'Est a été une partie uniforme du culte chrétien depuis le début de l'Église, quelque chose qu'il a hérité du culte juif.

Chaque fois que nous, chrétiens orthodoxes, adorons face à l'Est, nous le faisons en prévision de la seconde venue du Christ.

Nous savons que notre vraie maison est dans le paradis d'Eden avec Dieu.

Par conséquent, cela ne devrait pas être seulement dans nos églises où nous faisons face à l'Orient, mais même dans nos maisons.

C'est pourquoi nous avons la tradition de placer nos coins de prière personnels dans nos maisons face à l'Est.

Nous faisons face à Dieu lorsque nous l'adorons, alors que nous attendons avec impatience son retour triomphant.

Avec tout mon amour en Christ,

Abbé Tryphon

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 20:29

Chaque fois que nous nous tenons debout devant le Christ pour prier avec ferveur et supplication, notre volonté rencontre la sienne et nous obtenons miséricorde. Par la fréquence et la sincérité de la prière, les deux volontés viennent à se rapprocher .

Dans la prière, le Christ nous rencontre et nous révèle sa volonté

Ce n'est que dans la prière que le Christ peut nous atteindre afin de nous manifester sa volonté.
Le Christ attend et souhaite notre prière: « Voici que je me tiens à la porte et je frappe » (Ap 3,20). Dans l'Évangile. Il nous a révélé l'importance et la nécessité de la prière, en insistant pour que nous priions toujours, sans cesse et sans jamais nous lasser ( Lc 18, I ).

Pourquoi ? parce que c'est justement dans la prière qu'il peut nous atteindre, nous révéler sa volonté et nous donner sa grâce.

Le péché est haï du Père et il attriste le cœur du Christ car il a été la cause de la Croix et des souffrances terribles que le Seigneur a endurées sans pitié, de la part des hommes.

Cependant dès que le pécheur se présente devant Dieu le Père, en tenant à la Croix et en suppliant au nom du sang du Christ, son péché lui est remis, la condamnation cesse de peser sur lui et il n'est plus maudit. Aussi est-il bon de porter la croix et de la baiser souvent durant la prière.

Le Christ a enduré la Croix en vue de la joie qui lui était proposée (Hb 12,2), c'est-à-dire la joie de sauver les hommes et de les réconcilier avec le Père.

C'est en vue de cette même joie qu'Il continue à supporter nos péchés et qu'Il reste toujours disposé à les pardonner, même s'ils se renouvellent plusieurs fois par jour , pourvu qu'à chaque fois nous revenions à Lui avec un coeur contrit.

Les souffrances qu'Il a endurées jusqu'à la mort montrent bien sa disposition illimitée à supporter nos péchés, car son coeur connaît la faiblesse de notre nature, la défaillance de notre volonté et la grande misère de l'homme.

Aussi est-il bon de se présenter au Christ durant la prière dans l'attitude du pécheur conscient de sa misère, baissant la tête, se frappant la poitrine, le front couvert de poussière, mais en même temps avec l'assurance d'être accueilli et pardonné par le Christ, à cause de sa grande compassion, de la prédilection qu'Il a pour les plus faibles et de la joie qu'Il éprouve à chacun de nos retours.

Père Matta el Maskine
 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 20:08

Agafia Lykova Ermite Vivant depuis sa naissance dans l’isolement total au cœur de la Sibérie, cette septuagénaire appartient aux « beguny », l’un des groupes les plus traditionalistes de vieux-croyants orthodoxes.

Elle parle comme elle chante ses psaumes. Ermite religieuse, recluse de la vie moderne, Agafia Lykova vit pleinement sa solitude depuis… soixante-dix-sept ans.

« Non, jamais je ne partirai d’ici ! », insiste de sa voix douce cette babouchka qui, née en pleine taïga, n’a jamais quitté son rocher de terre bordé d’une rivière prise par la glace pendant les longs mois d’hiver par – 40 °C.

La première ville digne de ce nom, Abakan, en pleine Sibérie russe, est à trois heures d’hélicoptère.

Fidèle de la branche des « vieux-croyants » de l’orthodoxie, issue d’une famille qui avait échappé aux répressions communistes, elle mène une vie de paysanne pieuse, rythmée par ses activités quotidiennes : rassembler des branchages, nourrir les animaux, couper le bois, raviver le feu, pétrir la pâte, préparer le pain.

Puis retourner aux prières. « Il n’y a qu’une religion, c’est même effrayant de penser qu’il peut en exister d’autres », explique-t-elle lors d’une discussion tard le soir. Le visage, couvert de rides, est calme, la voix apaisée, le regard clair.

Rencontrée dans sa modeste maison de bois fin novembre dans la forêt des monts Saïan, surréel refuge dans un décor de neige et glace, cette femme parle peu.

Célèbre en Russie mais sans pour autant être une autorité religieuse, elle pourrait devenir un jour une sainte, effigie d’un univers culturel qui pourtant n’existe plus qu’à l’état de traces et qui pourrait bien disparaître avec elle.

La babouchka ne répond qu’aux questions qu’elle aime et donne peu de détails sur son mode de vie et les strictes limitations imposées par sa religion.

Agafia Lykova ne boit que de l’eau bouillie.

Elle ne mange que de la viande lavée à la rivière pendant plusieurs jours, vidée ainsi de tout reste de sang et donc de réminiscence de ce qui évoquerait l’esprit.

Elle ne se lave jamais au savon et ses mains sont devenues noires et épaisses avec le temps. « Ici j’ai mon mode de vie. J’ai besoin seulement de prières », assure-t-elle.

Ses larges sourires illuminent à eux seuls sa parole, rare et toujours plongée dans l’histoire, celle de sa famille. Inlassablement, Agafia raconte le récit des Lykov, sa famille de vieux-croyants qui, dans les années 1930, a fui les persécutions communistes particulièrement cruelles contre la foi.

Plus de trois siècles après l’historique scission dans l’église orthodoxe russe – le schisme de 1666 –, les vieux-croyants défendent encore aujourd’hui leurs droits et héritage malgré leur éclatement en une multitude de croyances.

Avant la révolution bolchevique de 1917, ils représentaient encore 20 % de la population russe. Aujourd’hui ces groupes traditionalistes ne comptent plus que pour 1 %, soit moins de 1,5 million de personnes.

Depuis qu’en 1978, des géologues soviétiques ont découvert son refuge en survolant la région, Agafia Lykova ne vit plus tout à fait déconnectée.

Ces dernières années, son isolement géographique et spirituel est rythmé par les occasionnelles visites en hélicoptère de diacres et volontaires venant apporter aides et vivres.

Parmi ces soutiens : le parc naturel qui protège cette région mais aussi la Fondation Volnoïe Delo d’Oleg Deripaska.

Le milliardaire et magnat de l’aluminium, propriétaire d’immenses usines dans la plaine voisine (à 300 km de là…), a financé plusieurs expéditions et, cette année, la construction d’une nouvelle maison pour l’ermite.

Une isba simple et belle en pin clair bâtie loin de là puis, démontée, transportée en une quarantaine de voyages le long de la rivière et finalement plantée à côté des vieilles huttes paternelles.

Un confort nouveau, simple et modeste.

« Étonnamment, Agafia préfère prier et dormir dans ses vieilles maisons. L’habitude… », témoigne l’un de ses visiteurs réguliers. « Elle sait qu’ici la taïga est reine mais elle ne craint rien, ou alors seulement les ours ! »

Deux semaines avant notre visite, un mâle affamé avant l’hibernation s’est aventuré vers le domaine d’Agafia. Elle a craint pour ce qui, outre ses vieux recueils de prières noircis par les années, est le plus précieux dans la vie : ses chèvres.

La babouchka a dormi quatre jours auprès d’elles. « Il faut les protéger ! J ’espère que je pourrai vivre jusqu’à 80 ans », sourit-elle. « Après ça, je veux aller au paradis – mon prochain arrêt… »

Entrer dans la vie d’Agafia Lykova, c’est ainsi effleurer les pages d’un extraordinaire conte où se mêlent forêt de fiers sapins, décor vallonné de neige immaculée, ciel bleu éclatant puis une nuit noire nappée d’étoiles étincelantes, silence interrompu par le chant d’oiseaux ou l’aboiement d’un chien.

Et cette isba en bois entourée de huttes et cabanes d’où surgit une frêle silhouette, l’esprit en prières.

Son inspiration

Fidèle au choix de son père

« Pourquoi partir ? Mon père m’a dit de rester ici. Je reste… » Agafia Lykova est resté fidèle à la décision de son père, Karp Lykov.

C’est lui qui, en 1936, décida d’abandonner la vie civilisée pour se réfugier dans ce coin de Sibérie afin de protéger « sa » version de la religion.

Il emmena toute sa famille. Pour éviter les liaisons consanguines, les frères sont partis vivre plus loin, toujours dans l’isolement religieux.

La fille est restée avec son père et n’a pas eu d’enfant.

Depuis 1988, elle est la dernière en vie de sa famille.

Aujourd’hui, la tombe paternelle et sa simple croix émergent de la neige, juste à côté de la niche du chien et des cabanes des chèvres.

Régulièrement, Agafia s’y recueille avant d’aller nourrir ses animaux.

Benjamin Quénelle

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