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26 août 2022 5 26 /08 /août /2022 19:30

Unique icône représentant la Théotokos berçant le Christ crucifié :
l'icône de la Panagia de Harou ( Vierge de la mort )

L'île de Lipsi (Leipsoi) célèbre une grande fête : le miracle annuel de la floraison inexpliquée de 6 lys blancs devant l'icône de la Panagia de Harou

En 1943, pendant l'occupation nazie, une famille dont la maison était adjacente à l'église a essayé fidèlement et respectueusement de conserver une partie de sa maigre réserve d'huile afin d'allumer la veilleuse de la Vierge.

Le 25 mars 1943, jour de la fête de l'Annonciation, la plus jeune fille de la famille déposa six lys blancs devant l'icône de la Panagia, accompagnés d'une prière pour une libération rapide du pays.

Les lys se sont fanés, puis au mois d'août, les fleurs ont commencé à renaître et le 23 août, 12 bourgeons avaient poussé et dégageaient un beau parfum.

Depuis lors, ce miracle se répète chaque année, sauf l'année de la mort de la jeune femme pieuse qui a apporté les fleurs à l'église.

L'icône célébrée tous les 23 août : les tiges fanées refleurissent chaque année. 

Au printemps, les fidèles déposent des lys sur l'icône et les fleurs sont déposées et se fanent.

La Panagia tou harou est le temps fort religieux et festif de la petite île du Dodécanèse.

Et pour cause : cette icône miraculeuse de la Vierge est un phénomène qu'aucune recherche scientifique n'a pu élucider à ce jour.

Les branches séchées des fleurs de lys blancs qui décorent la représentation de la Vierge tenant dans ses bras le Christ crucifié sont l'objet d'un curieux phénomène.

Offertes à l'icône il y a 80 ans par une jeune fille de l'île, les tiges fanées recommencent inlassablement à bourgeonner tous les ans à partir du 25 mars, au point que les fleurs atteignent leur épanouissement total le 23 août.

Le jour de la célébration, elles fleurissent et dégagent un agréable parfum.

Après les grandes vêpres, les pèlerins et les habitants de l'île se retrouvent autour d'une fête où l'on mange, boit et danse au son de la musique traditionnelle.

La fête populaire que ce miracle occasionne chaque année attire dans l'île des fidèles venus des îles voisines qui s'ajoutent aux 700 habitants de Lipsi.

Procession, musique, danses populaires et produits du terroir, cette étrange floraison donne lieu à 3 jours de festivités émouvantes.

Panagia tou Harou est le nom de l’icône unique qui représente la Vierge Marie berçant le Christ crucifié, plutôt que l’enfant Christ, d’où son nom (haros en grec signifie « mort »). Cette icône se trouve dans l’église Saint-Jean-le-Théologien, Leipsoi (Grèce). La commémoration annuelle de l’icône a lieu le 23 août 

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25 août 2022 4 25 /08 /août /2022 19:39

Les textes sacrés nous parlent à plusieurs reprises du Christ comme de l'Epoux.

C'est une notion sur laquelle il convient de s'attarder.

Notre consécration n'est pas autre chose que les fiançailles ou les noces de l'âme avec un céleste époux.

Imaginons un instant que nous sommes au Moyen Age, au temps des seigneurs et des châteaux.

Une jeune fille pauvre s'est égarée dans la forêt. Le vent a défait ses cheveux. Elle a achevé de déchirer ses haillons aux ronces et aux épines des fourrés. Exténuée de fatigue et de faim, elle se laisse choir sur le gazon d'une clairière.

Or un bruit dans la forêt se fait entendre. Le galop d'un cheval rapproche. Le jeune seigneur, chevauchant dans la forêt, fait halte à la clairière, Il voit cette pauvresse. Il s'apitoie. Il voit, au delà des haillons et des hardes, qu'en un autre milieu elle aurait l'allure d'une princesse, Il la fait monter en croupe, la conduit en son château, lui fait apporter les plus beaux habits, les plus riches bijoux. Il l'installe en la chambre la plus belle, lui remet une harpe et ne lui demande tous les jours de sa vie que de chanter pour lui être agréable.

Voilà sommairement et bien imparfaitement ce qui est arrivé à l'âme pécheresse le jour où le Christ l'a enlevée en les palais de sa Grâce inconcevable.

Vous le comprenez bien, désormais toutes les richesses du roi sont siennes. A elle de les faire valoir.

A ce faire, il a fallu deux choses : un abandon confiant de la part de l'âme et une identification au désir de son roi. Est-il besoin de préciser que ce qui a été demandé à la pauvresse est bien peu de chose à côté de la grande bienveillance et de la condescendance du prince ?

En spiritualité, il en est de même.

Cette identification de nos âmes avec le bon vouloir divin dépend plus du Christ que de nous. Si nous faisons un pas vers Lui, Il en fait mille vers nous. Si nous Lui donnons un minuscule hochet de nos possessions, Il Se donne Lui-même tout entier.

C'est ce qui a fait dire souvent que Dieu ne Se laisse pas vaincre en générosité !

Ainsi l'emploi du temps de l'âme transportée dans le château divin consiste à regarder avec admiration son Roi et à employer tous ses temps et forces à Lui plaire en tout et pour tout pour l'amour de Lui et à toujours chanter ses louanges et ses actions de grâces pour tant de bienfaits dont II nous a déjà comblés et qu'Il ne cesse de nous perpétuer.

Dans l'exercice de ce vouloir et dans son exact accomplissement, l'âme qui s'est remise aussi entièrement à son Roi, non seulement se plie, se soumet, se préoccupe des divines inspirations, mais il se trouve qu'elle s'en nourrit encore.

De même, un bon apprenti qui s'est donné avec amour à son métier, au fur et à mesure qu'il avance dans son exercice, acquiert de pur en jour une dextérité et une habileté toujours plus grandes.

Ce talent qu'il exerce devient un goût suave en son cœur, un contentement, une joie profonde qui transfigure littéralement le devoir quotidien du travail pour en faire une œuvre d'art, à laquelle dans le cœur de l'ouvrier s'adresse un chant ineffable d'amour.

C'est cette attitude du cœur chez l'artisan qui nous a valu les belles cathédrales que nous connaissons et aimons, ainsi que les styles si recherchés.

L'âme donc a acquis, elle aussi en l'exercice de l'amour, un talent, une dextérité, une suavité, mais surtout un immense équilibre, une égalité sereine que rien ne peut plus troubler désormais.

Ainsi, là où le désordre de la nature pécheresse s'imposait, règne désormais l'ordre souverain de la grâce divine.

De même que notre pauvresse a été emmenée au château et dans ses beaux atours a pris les habitudes de la vie aristocratique, de même l'âme ainsi occupée au service de son Roi divin, acquiert le racé des gens de cour et irradie désormais au-dehors l'ordre intérieur rétabli.

C'est à ce moment que l'âme, pénétrée des grâces de Dieu, diffuse à l'extérieur les richesses intérieures.

Elle est désormais dans l'attitude qui convient pour s'occuper avec zèle de l'avènement du règne de Dieu parmi les hommes !

Détentrice du trésor inépuisable, la nouvelle reine va désormais pouvoir assister son roi et distribuer avec largesse ses encouragements au peuple de la peine !

Enseignement de Saint Tugdual de Saint-Dolay

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21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 19:19

Pour Vincenot, la trace du grand passage des sangliers était parallèle à celle de la Voie lactée... Et la voûte des cathédrales gothiques n'était que la continuation de l'architecture des dolmens... En racontant ses racines bourguignonnes et en évoquant une enfance ancrée dans une civilisation rurale, champêtre et sylvestre, Henri Vincenot a éveillé de très anciennes nostalgies... C'est en tout cas ce que le vieux conteur gaulois a expliqué à Pierre Vial, rédacteur en chef d'Éléments, qui est allé l'interroger chez lui en 1985 à Commarin, au cœur de cette Haute Bourgogne fièrement appelée le Toit du monde.

(...)


ÉLÉMENTS : Vous chantez souvent le mont Beuvray. Est-ce pour rappeler que les hommes, les peuples ont besoin d'avoir des hauts lieux où ils puissent venir se retremper, puiser un supplément d'âme ?

HENRI VINCENOT. Parfaitement, on ne peut pas dire mieux. Effectivement, au Beuvray, on reçoit quelque chose, exactement comme à Vézelay d'ailleurs, où il y avait aussi une montagne sacrée et des gorsedds (des « assemblées sur les hauteurs »). Bien sûr, il y a des gens qui disent : « Mais moi, je ne sens rien à Vézelay, et au Beuvray non plus. »

D'ailleurs, ils ne sentent rien nulle part... D'autres sentent quelque chose. Sur certaines hauteurs, sur certains points géodésiques il se passe quelque chose. Je prétends, moi, que les cathédrales et basiliques ont été construites pour capter ces forces, les amplifier et les renvoyer sur la foule qui vient là pour se faire « traiter ». Le culte chrétien est venu se superposer à cela.

ÉLÉMENTS : L'homme peut se brancher sur les forces naturelles. Vous rappelez par exemple le conseil de votre grand -père : se plaquer contre un arbre pour accueillir en soi un courant régénérateur. Et vous parlez aussi de la grande secousse ressentie lorsqu'on est en un point précis d'une église romane. Les constructeurs médiévaux avaient donc recueilli de vieilles traditions, de vieilles connaissances des courants telluriques ? Et certains symboles ont été placés comme des points de repère...

HENRI VINCENOT. Les constructeurs médiévaux, jusqu'au milieu du XIVe siècle, ont construit dans cet esprit-là. Il faut rappeler l'importance des frères constructeurs et notamment des Culdés.

D'origine celtique, ils avaient des franchises: c'étaient des maçons francs, constructeurs et chercheurs qui ont amélioré le dolmen - car je suis persuadé que l'église à voûte a été tout simplement l'agrandissement du dolmen. De perfectionnement en perfectionnement, on en est arrivé aux voûtes d'Amiens, de Reims... édifices construits, comme par hasard, sur des lieux dolméniques où passent des courants particuliers, des courants telluriques.

C'est-à-dire qu'il y a dans la nature des courants de forces. Pour reprendre des forces, c'est vrai que mon grand-père s'adossait à un arbre, de préférence un chêne, et se pressait contre lui. En plaquant son dos, ses talons, ses mains contre un tronc d'arbre, il ne faisait rien d'autre que capter les forces qui vivent et montent en l'arbre. Il ne faisait qu'invoquer, pour y puiser une nouvelle énergie, les puissances de la terre, du ciel, de l'eau, des rochers, de la mer...

ÉLÉMENTS : L'ensemble de vos livres rappelle qu'il est vital de prendre conscience d'un héritage. Cet héritage a pu se transmettre au fil des siècles grâce à quelques hommes.

Vous évoquez, par exemple, dans Les étoiles de Compostelle, l'étonnante figure de saint Bernard, en disant qu'il a recueilli et transmis le savoir des druides.

Certains symboles, comme ces croix celtiques, ces roues solaires dressées sur certaines églises cisterciennes, seraient là pour aider à cette transmission de l'héritage.

Aujourdhui, des historiens de renom reconnaissent à quel point le christianistne a puisé, pour s'imposer et durer, dans le vieux fond ancestral des croyances et traditions païennes. En somme -- et nous voici au cœur d'un paganisme panthéiste Dieu est inscrit dans le monde, Dieu est le monde ?

HENRI VINCENOT. Dans Les étoiles de Compostelle, je n'ai rien inventé. Les symboles que j'y décris sont encore en place, telle cette croix celtique en pierre qui se dresse sur l'abbatiale de la Bussière. Je ne peux pas voir cette rouelle, cette roue solaire, sans me sentir remué jusqu'au plus profond de moi.

Je fais faire, pour ma femme, une stèle funéraire qui sera tout simplement une croix celtique fichée en terre, comme dans les cimetières irlandais, basques, bretons.

Et puis la pierre, en tant que telle, joue son rôle. Ceux qui fabriquent des églises en ciment armé n'ont rien compris au rôle de la pierre qu'un homme comme Bernard de Fontaine, que l'Église appelle saint Bernard, avait, lui, fort bien compris. Comme il avait compris d'autres choses...

ÉLÉMENTS : On a l'impression, à vous lire, que vous vous méfiez des grandes métropoles cosmopolites, vibrionnantes, sans âme, et que vous n'êtes à l'aise que dans ces vieux pays gaulois où l'on connait encore la valeur des choses de la vie : marcher en forêt, faire un bon repas (sans regarder sa montre toutes les deux minutes), parler avec des amis...

HENRI VINCENOT. Je vous parlais tout à l'heure de ces gens qui ont voulu s'instalIer par ici et qui sont repartis parce qu'ils étaient incapables de s'adapter, parce qu'ils étaient complètement déformés par Ia vie de ces grandes rnétropoles où l'on ne rencontre pas la nature.

Moi, j'ai fait 27 ans de Paris. Heureusement, on avait trouvé à se loger près du Jardin des Plantes. Il y avait bien de l'herbe, mais c'était interdit de marcher dessus, il y avait bien des arbres, mais c'était interdit d'y grimper... Les gardiens étaient toujours après mes enfants à cause de ça...

Et quand en été, on venait ici, en Bourgogne, pour retaper la vieille masure que j'avais achetée, les enfants se jetaient dans les ronces, et leurs amis de Paris qu'on amenait. avec nous faisaient de même... Tellement il est normal que le petit d'homme soit attiré par la nature.

Si on le coupe de ça, c'est terminé : il finit par perdre l'habitude de ce que cela représente et même à ne plus comprendre du tout ce que c'est. Moi, maintenant, je sais que l'écrivain peut avoir une sacrée responsabilité. Depuis que j'ai entendu des gens à qui je demandais pourquoi ils voulaient s'installer à la campagne me répondre : « Mais c'est parce qu'on a lu vos livres ! »

ÉLÉMENTS : Pour en revenir à L'œuvre de chair, vous évoquez sans cesse les grands thèmes arthuriens et en particulier la Queste du Graal, en rapprochant le Graal de la Femme en tant que détentrice des forces de vie, de génération et régénération. En somme, la Queste du Graal, c'est la Queste de la Femme, la Femme primordiale qui est coupe d'immortalité ?

HENRI VINCENOT. C'est une façon de formuler la chose. Le Graal c'est bien ça, en effet. Mais on ne le dit pas si précisément. Vous savez que les contes, et notamment les contes bretons, sont des œuvres qui manient beaucoup le symbolisme. Les alchimistes ont vu dans le Graal le chaudron dans lequel se passe le Grand Œuvre transformer un métal vil en un métal précieux.

Il y a une autre façon de voir les choses : le Grand Œuvre, c'est la transformation et l'amélioration de l'âme humaine. Le vase initiatique peut être toutes sortes de choses. Entre autres, la femme, ce vase où la rencontre de l'élément masculin et de l'élément féminin donne cette chose formidable qui s'appelle la vie.

En tout cas, moi, Bourguignon, c'est ainsi que je comprends le Graal. Et ce que disait saint Bernard de Marie me conforte dans cette idée. Car Bernard de Fontaine, c'était un sacré bonhomme. « Le rouquin comme l'appelle La Gazette et cette appellation a tellement amusé un ecclésiastique de mes amis qu'il est allé chercher dans des textes médiévaux -- et il a bel et bien retrouvé ce surnom donné à saint Bernard !

Comme quoi ce vieux fou de La Gazette - il a bel et bien existé, ce personnage de mes romans, je l'ai vu passer souvent sur la route, devant l'atelier de mon père - n'était pas si fou que ça. Il y a des choses que j'ai écrites sous sa dictée, j'en suis persuadé. Tenez, le coup de l'escargot...

ÉLÉMENTS : Le coup de l'escargot ?

HENRI VINCENOT. oui. J'étais en train d'écrire Le pape des escargots. Le soir, je lis à ma femme le passage où La Gazette fait découvrir à Germain et Gilbert, deux sculpteurs qui travaillent à Saint-Seine l'Abbaye, un escargot sculpté au pied gauche d'un chapiteau. Et il leur explique le symbolisme de l'escargot...

Ma femme me dit : « C'est bien, mais es-tu sûr qu'il y a un escargot à Saint-Seine ? » Je dois avouer que je n'étais jamais allé voir cette abbaye... J'avais imaginé cette scène... Et puis, intrigué, je finis par aller jusqu'à l'abbaye. Je monte les six marches du narthex, je vais jusqu'au chapiteau que j'avais décrit par l'imagination, dans mon bouquin.

Et là... il y avait un escargot. Quand je suis revenu, ma femme m'a dit : « Mais qu'est-ce que tu as ? Tu es tout pâle ! » En somme, j'ai écrit sous la dictée de quelque chose ou de quelqu'un -je ne sais quoi, je ne sais qui, mais qui doit bien exister...

Mars 1985, Élements

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

 

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