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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 19:32
Michel Maxime Egger invite chacun à une transition intérieure pour vivre une sobriété heureuse.
Vous parlez beaucoup de Dieu dans la nature. Cela ne suscite-t-il pas des résistances dans les milieux d’Eglise où vous travaillez? Ne vous accuse-t-on pas de panthéisme?

Michel Maxime Egger: – Je ne suis pas panthéiste, mais panenthéiste. Je crois que Dieu est en tout et que tout est en Dieu, mais que ces deux réalités ne se confondent pas. Cette distinction sans séparation est une ligne de crête qui suppose beaucoup de rigueur théologique!

Le panenthéisme est un courant minoritaire qui parle à beaucoup de chrétiens ayant envie de fonder leur écologie dans la spiritualité.

Pour eux, une spiritualité de la nature est une évidence tout comme le besoin d’une expérience ou d’une possible expérience de Dieu dans la création.

Je me souviendrai toujours de l’enthousiasme du public quand, en 2011, lors des premières Assises chrétiennes de l’écologie, à Saint-Etienne, j’ai parlé de «la création qui rayonne des énergies divines».

Je crois que beaucoup de personnes aspirent à entendre ce discours-là, à s’ouvrir et à se relier à ce souffle divin qui n’est autre que l’action de l’Esprit Saint qui anime tout le vivant.

La Bible regorge d’exemples où Dieu se manifeste dans la création par ses énergies: la brise légère sur le mont Horeb, le feu du buisson ardent et de la Pentecôte ou encore la lumière sur le mont Thabor.

A partir de là, on développe une autre vision de Dieu et de l’être humain: il n’est plus seulement l’intendant de la création, mais son célébrant.

L’encyclique Laudato si’ marque à cet égard une belle ouverture vers le panenthéisme.

Le pape François n’écrit-il pas que la création n’est pas seulement la manifestation de Dieu, mais aussi son lieu?

Dieu est donc présent dans la création.

Cette expérience de Dieu dans la nature constitue un formidable carburant pour la transition. Ainsi, en s’ancrant profondément dans l’être, les gestes écologiques prennent un autre sens

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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 19:30

Le 21 juin 1429, Jehanne dit à Charles : «Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ?»

Le Roi hésite, puis consent.

«Sire, donnez-moi votre royaume».

Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l'ascendant surnaturel de la jeune fille : «Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume». (1 ére donation)

Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu'un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu'il avait fait : «Voici le plus pauvre chevalier de France : il n'a plus rien».

Puis aussitôt après, très grave et s'adressant aux secrétaires : «Écrivez, dit-elle : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ''» (2 éme donation)

Et bientôt après :«Jésus rend le royaume à Charles». (3 ème donation)

A lire ces lignes, on comprend mieux pourquoi le marquis de la Franquerie a pu notamment dédier son livre « La mission divine de la France « A Jeanne la Pucelle, Martyre pour la France et pour le Roi et héraut de la Royauté Universelle du Christ ».

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 19:27

Ma voisine – pas du tout croyante – se demande pourquoi autant de religieux et religieuses se présentent à la porte de mon cabinet. « Ah bon, ils en ont besoin ? ! », s’exclame-t-elle quand je lui dis que je les reçois en thérapie.

Preuve qu’il n’y a même pas besoin d’être chrétien pour penser que ceux qui ont une vocation deviennent directement des saints, ou en tout cas des anges, sans corps, sans psychisme et sans conflits.

Il semble que nous soyons nombreux à penser de la même manière et que ce soit même une sorte de réflexe conditionné. Quand « il » ou « elle » a reçu un appel à consacrer sa vie à Dieu, n’en fait-on pas un être à part, un peu désincarné ?

Surtout « il », me semble-t-il, quand on voit avec quelle révérence certains peuvent s’adresser au jeune prêtre de leur paroisse.

On a tous besoin d’avoir un idéal. Admirer certaines personnes et nous identifier à elles, c’est ce qui nous aide à avancer. Mais notre problème de base, celui de notre humanité, c’est qu’on veut tout, tout de suite, et complètement.

Les chapitres 2 et 3 de la Genèse constituent à ce titre un magnifique précis de psychologie. Par conséquent, quand on idéalise, on y va carrément, mais c’est inconscient.

On veut avoir tout et, par extension de ce même réflexe, l’autre doit être tout. On aimerait que les gens qu’on admire soient parfaits. On les installe sur un piédestal et ils ne doivent plus en bouger sous peine d’être rapidement voués aux gémonies.

C’est ce qui est arrivé récemment à un certain nombre de fondateurs de communautés. Loin de moi l’idée de vouloir les disculper des terribles dégâts qu’ils ont pu engendrer et de leur responsabilité.

Mais ce qui m’intéresse ici, c’est l’idéalisation qui sous-tend ces réflexes. Parce que, s’il s’agit d’une caractéristique inconsciente de chaque être humain, il y a peut-être aussi une dimension collective à cette tendance à la spiritualisation hors-sol.

Les religieux et les religieuses que je reçois me donnent des pistes. Certes, ils ne sont pas représentatifs de toutes les communautés ni de l’Église dans son entier, mais ce qu’ils me disent résonne avec tous ces scandales des dernières années. 

« Dans ma communauté, il faut s’oublier, ne pas s’occuper de soi, de ses émotions. Tenir compte du psychique, c’est presque un péché. Du coup, personne ne se livre. Au bout d’un moment, on enfile un rôle et on finit tous par jouer des jeux de rôles. On est beaucoup dans le spirituel, mais le réel ne suit pas. Ça manque de parole, de vie, de chair. »

Peut-être avons-nous un peu trop séparé le haut du bas, le spirituel du charnel ? Peut-être que contrairement à ce que pense ma voisine, un cheminement spirituel n’est pas une danse gracile dans des sphères éthérées ?

Est-ce que le spirituel n’a pas eu, longtemps, une connotation de monde d’en haut, séparé du monde d’en bas, celui de la chair, un peu méprisée ?

Alors que pour naître d’en haut, il faut aussi naître d’en bas, c’est-à-dire entrer en relation avec les profondeurs de notre nature humaine, de notre corps, nos instincts, nos pulsions, la partie de notre être traditionnellement considérée comme inférieure.

Pour réellement faire le lien, l’expérience concrète de ce que notre religion de l’Incarnation a à nous enseigner.

Julie Saint Bris, psychanalyste (1)

(1) Autrice de Masculin et féminin face-à-face. Pour une évolution humaine et spirituelle, Médiaspaul, 150 p., 15 €.

Nous accueillons cette semaine Julie Saint Bris, qui assurera cette chronique en alternance avec Jean-Guilhem Xerri. Martin Steffens conserve sa chronique bimensuelle « à proprement parler ».

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