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10 septembre 2020 4 10 /09 /septembre /2020 19:15
La lettre de Béthanie N° 173

Chers amis,
 

Notre monde est dominé par l’angoisse depuis de nombreux mois ! Nous ne parlons plus, au moins dans les médias, mais souvent aussi entre nous, que de la pandémie et de l’effondrement économique, que de priorités sanitaires et économiques ! Or il se trouve que Jésus dans l’Evangile nous dit, de la part de son Père : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez ! » (Mt 6.25)

 

Peut-être pensons-nous que c’est facile à dire ! Quand sévit une crise sanitaire pareille à celle que nous vivons mondialement, continent après continent, et que s’ouvre une crise économique qu’on nous annonce énorme, quand on court le risque de perdre sa santé, son emploi ou qu’on l’a déjà perdu, comment ne pas se faire un souci d’encre et être terriblement inquiet pour son avenir et celui des siens ?

 

Ne perdons pas de vue cependant que dans l’Evangile Jésus utilise l’économie pour expliquer le rapport que nous devons entretenir avec Dieu, son Père et Notre Père. Il ne s’agit pas du tout d’une leçon d’économie mondiale ou du salut par l’économie, mais plutôt d’une économie du Salut !

 

Le billet de banque, le carnet de chèque ou la carte bleue ne sont pas condamnés dans l’Evangile, ni magnifiés d’ailleurs, car ils sont effectivement aujourd’hui simplement nécessaires pour les échanges et donc pour vivre. Mais dans l’Evangile, c’est la liberté du cœur qui est en cause et que Jésus défend !

 

Il est vrai que l’éventuel manque de ressources ou de santé nous préoccupe trop ! Et Jésus nous donne des exemples pour nous en faire prendre conscience. Les oiseaux, le lis des champs, l’herbe, tout (Mt 6.24-34) est image de ce que nous vivons mais aussi de ce que Dieu veut nous dire !

 

Si l’herbe des champs pouvait parler, elle nous dirait sans doute tout le dur labeur de ses racines pour produire une fleur. Si les oiseaux pouvaient parler, ils nous diraient que la nourriture ne leur arrive pas toute seule dans le bec ! il leur faut la chercher ; ces oiseaux construisent aussi des nids, nourrissent leurs petits et les protègent contre les prédateurs. C’est un peu comme nous !

 

Alors si, malgré ce labeur tout-à-fait réel, Jésus nous dit que tout leur vient du Père, combien plus nous, hommes, recevons-nous du Père ce dont nous avons besoin pour vivre. Ne prenons pas ici Jésus pour un naïf.

 

Le propos de Jésus est de nous faire réfléchir et de nous aider à trouver un autre niveau que celui de l’immédiat matériel, celui du Royaume des cieux. Il veut nous ouvrir l’esprit à la manière d’agir de Dieu ; En disant cela, je ne veux pas dire que l’Evangile ne concerne pas l’économie, mais simplement qu’il a une autre logique et que si l’on est chrétien on ne peut pas faire l’économie de cette logique divine pour conduire sa vie !

 

Or les maîtres mots de cette logique divine complètement déconcertante ne sont pas « le principe de précaution », « dégager des profits », ou « l’homme augmenté », mais « sauver », « donner », « transfigurer » !

 

Et n’est-ce pas d’ailleurs ce que nous demandons à chaque fois que nous prions le Notre Père ? « Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel ? » autrement dit, donne-nous ce que nous avons réellement besoin pour vivre, pour être heureux, pour être debout, pour marcher, pour être des hommes et ne nous donne pas seulement notre baguette de pain quotidienne, même si elle est importante !

 

L’homme ne vivant pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… Jésus semble donner alors une réponse globale aux maux de notre monde dans le domaine économique, comme dans celui de la santé.

 

D’abord remarquons qu’Il a une vision de l’Homme et de la santé, comme Il a aussi une vision de l’économie et de la richesse. Il a en fait une vision globale, holistique, de l’Homme et elle est très élevée, aussi il prend quelque part l’économie à son propre jeu pour nous obliger à la relativiser : l’économie n’est pas au centre, c’est l’Homme qui est au centre et il est au centre dans son rapport à Dieu.

 

Chez l’homme, il y a trois niveaux de satisfaction des besoins : le matériel, le relationnel et le spirituel, le corps, l’âme et l’esprit. Et là, personne ne peut faire le travail à sa place, à notre place. C’est un travail sur soi, éminemment personnel, un combat spirituel.

 

En nous indiquant ces trois niveaux, le Christ nous mène à une certaine conception de la richesse car on ne peut pas maximaliser également les trois dimensions. On en maximalise forcément l’une au détriment des deux autres ! Il n’y a pas ici d’abondance générale et le Christ manifestement veut nous fait passer de la pauvreté à vaincre, à la pauvreté voulue.

 

Accueillir la Parole qui donne sens à la vie et la renouvelle, c’est vouer à Dieu une confiance totale. Et tout le reste est subordonné à cette relation confiante. L’Évangile parle donc clairement de vivre le "moment présent", de ne pas ressasser le passé, de ne pas avoir peur de l’avenir, mais de s'abandonner à Dieu et à sa miséricorde !

 

Ne pas se tourmenter pour le lendemain, mais le confier à la providence. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus affirmait : "La seule chose qui me guide c'est l'abandon, je n'ai pas d'autre boussole ! " Le fait de se préoccuper n'a effectivement jamais résolu aucun problème. Ce qui résout les problèmes c'est la confiance en Dieu, c’est la foi.

 

Jésus dit : "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? " (Mt 6,30) La vie en soi n'est donc pas si compliquée, mais c'est l'homme qui manque de foi…

 

L'existence n'est pas toujours facile, c’est vrai ! Parfois elle nous pèse ; souvent nous nous sentons blessés et scandalisés par ce qui arrive dans notre vie ou celle des autres. Mais affrontons tout cela avec foi, essayons de vivre, jour après jour, dans la confiance que Dieu remplira ses promesses.

 

"Ne vous souciez pas du lendemain : le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Mt 6,34). Faire cela, jour après jour, c'est très important, car ce qui nous épuise souvent ce sont tous ces retours sur le passé et ces projections remplies de peur de l'avenir.

 

En revanche si nous vivons dans le moment présent, d'une manière mystérieuse, nous recevons de la force. Ce que je dois vivre aujourd'hui, je le vis avec la grâce. Si demain je dois faire face à des situations plus difficiles, Dieu m'accordera plus de grâce.

 

La grâce de Dieu est donnée à l'instant, jour après jour. Bien sûr, vivre le moment présent suppose aussi d’accepter une certaine faiblesse, de renoncer à refaire le passé et à contrôler l'avenir, de se contenter du présent. Mais ce présent absolu a un nom, il s’appelle : Jésus !

 

Je vous dis toute mon amitié en Christ !

 

                                                                           Père Pascal

 

Télécharger la lettre ICI

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 19:38

Alexandre Men, l’ouverture au Christ

Ce matin du 9 septembre 1990, il y a presque trente ans, le père Alexandre Men est en retard pour la messe qu’il doit célébrer dans sa petite paroisse de Novaïa Derevnia, à une trentaine de kilomètres au nord de Moscou. Son frère Pavel est inquiet. « Être en retard aux offices ne lui arrivait jamais dans la vie : je craignais que quelque chose de terrible se soit passé. » Au sortir de la messe, famille et paroissiens apprennent la terrible nouvelle : le père Men est mort, assassiné à coups de pelle de sapeur sur le petit chemin qui l’amenait vers la gare de Semkhoz où il allait prendre le train pour Novaïa Derevnia.

S’ils n’ont aucune preuve directe, les proches du père Men soupçonnent fortement le KGB

 
 d’être derrière cet assassinat destiné, en pleine perestroïka, à faire taire un homme charismatique, qui témoignait si bien de sa foi dans une société soviétique en pleine crise au moment où une partie de l’appareil communiste s’inquiète de la tournure des réformes.

Fils de juifs non pratiquants (sa mère s’est tournée vers le Christ sous l’influence d’un des héritiers des moines d’Optina, véritable centre spirituel de l’intelligentsia russe avant la révolution), le père Men a en effet un don pour parler du Christ à une société en crise spirituelle, profondément marquée par des décennies d’athéisme officiel.

« À partir de la fin des années 1960, il y a en URSS une certaine désaffection par rapport à l’idéologie officielle : la société aspire à autre chose auquel le parti est incapable de répondre, raconte Yves Hamant, professeur émérite d’études slaves à Nanterre et biographe d’Alexandre Men (1). Par sa formation intellectuelle de haut niveau, notamment scientifique, le père Men a su répondre à cette aspiration et s’adresser à la culture séculière de son temps. »

Peu à peu, sa paroisse des alentours de Moscou devient le rendez-vous de l’intelligentsia. Le père Men se lie avec Alexandre Soljenitsyne et accompagne sur le chemin de la foi la veuve du poète Ossip Mandelstam, la pianiste Maria Youdina ou encore le chanteur Alexandre Galitch. « Mais il était aussi à l’aise avec les babouchki (grands-mères) de son village », relève Yves Hamant.

Cette aura n’a pas échappé aux services soviétiques de sécurité qui s’inquiètent de retrouver ses livres tapés à la machine à travers toute l’Union soviétique. Jusqu’au milieu des années 1980, le KGB constituera sur lui un dossier en vue de l’emprisonner, mais son évêque lui évitera de justesse la prison.

« L’activité missionnaire débordante de ce prêtre “hors norme” irritait ceux qui avaient promis “la mort de la religion”, raconte dans la revue œcuménique Irénikon (2) le père Serge Model. Outre les tracasseries administratives, des tentatives de discréditer le père Alexandre auprès des croyants furent entreprises : des pamphlets anonymes l’accusèrent de sionisme ou d’antisémitisme, de cryp­toca­tho­li­cisme ou de protestantisme, d’arianisme ou de nestorianisme, de monophysisme et d’autres hérésies. On le vilipendait comme orthodoxe obscurantiste ou dissident occidentalisé, voire comme collaborateur du KGB ou simplement comme “juif”. »

À partir de 1988, pourtant, la perestroïka portée par Gorbatchev permet au père Men de s’exprimer plus ouvertement. Le 9 octobre, il est le premier prêtre à parler dans une école soviétique. Il sera invité ensuite dans des usines, des clubs, à la radio et à la télévision. À Pâques 1990, il participe même à un grand rassemblement religieux au stade olympique de Moscou. La télévision lui commande même une émission.

Alexandre Men multiplie aussi les conférences, comme ce soir du 8 septembre 1990, à la veille de sa mort, à la Maison de la technique de Moscou où il exprime ses grandes intuitions sur la foi, l’Église, le lien entre religion et culture. « Le Christ appelle l’homme à la réalisation de l’idéal divin, explique-t‑il ce soir-là. En réalité, le christianisme n’a fait que ses premiers pas, des pas timides dans l’histoire du genre humain (…) L’histoire du christianisme ne fait que commencer. Tout ce qui a été fait dans le passé, tout ce que nous appelons maintenant l’histoire du christianisme, n’est que la somme des tentatives – les unes habiles, les autres manquées – de le réaliser. »

« L’enseignement du père Men était fondé sur une dynamique de la Bonne Nouvelle, de l’annonce de l’Évangile, dont il ne se faisait pas d’illusion sur le fait qu’elle ne s’était pas encore réalisée, et qui n’était pas obsédé par une nostalgie du passé figée dans le ritualisme », résume Yves Hamant, qui insiste aussi sur le « christocentrisme absolu vécu » du père Men.

« L’enseignement du père Alexandre est profondément christocentrique, confirme le père Model. Pour lui, “Jésus-Christ est le cœur de la foi. C’est par le Christ que le chrétien mesure et apprécie tout”. (…) Le christianisme, répétait-il, ce n’est pas d’abord un ensemble de dogmes et de préceptes moraux, c’est Jésus-Christ lui-même. » Une expérience du Christ « qui peut s’acquérir aussi bien dans la contemplation que l’action, dans la prière ou l’engagement dans la cité ».

« Celui qui a toujours transmis à ses disciples une grande liberté intérieure mettait aussi en garde contre ce qu’il appelait la “tentation essénienne”, c’est-à-dire le risque, notamment pour les nouveaux convertis, de se considérer comme des “immigrés de l’intérieur” vivant comme retranchés du monde extérieur », ajoute Yves Hamant qui souligne combien, aujourd’hui, ce clivage entre retrait du monde et engagement dans le monde surpasse les différences confessionnelles.

On le retrouve ainsi dans « le pari bénédictin » de l’Américain Rod Dreher, passé justement du méthodisme au catholicisme avant de se tourner vers l’orthodoxie et qui affiche désormais des positions très hostiles au pape François, qu’il accuse de ne pas être à la hauteur pour faire face à la crise que traverse l’Église. Estimant qu’il n’est plus possible de vivre en chrétien dans le monde, l’auteur américain prône un retrait, à rebours de l’ouverture et de la mission encouragée par François.

Yves Hamant trouve à l’inverse beaucoup de points communs entre le prêtre russe et le pape argentin, qui se sont tous deux donné comme tâche principale « d’amener les gens au Christ » en témoignant sans idéologie « de la présence vivante de Dieu en nous ».

« Il ne peut s’agir ici d’influence réciproque, concède-t‑il. On ne saurait suspecter le père Men de “cryptobergoglisme”, ni penser que François est familier de l’œuvre du père Alexandre. Il s’agit d’une coïncidence, qui n’est pas fortuite, entre deux pasteurs de milieux différents, mais confrontés aux mêmes défis de notre temps. »

Il relève néanmoins que « ce dont parle François, le père Alexandre l’a mis en œuvre voici plusieurs décennies. C’est pourquoi son expérience pastorale mérite d’être prise en compte et étudiée par les chrétiens de diverses confessions. Ne peut-on voir dans le père Men un modèle de pasteur pour notre temps ? »

Nicolas Senèze

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 19:39
Juju les bons tuyaux

Un jour Dieu convoqua Saint Pierre.
 
-    Pierre, Je t'ai vu tout à l'heure refuser l'entrée de mon royaume à un homme. Tu l'écoutais, rouge de confusion et de fureur, toi d'habitude si attentif et maître de toi. Quel était donc son crime? 

-    Il parlait dans un langage qui ne peut qu'avoir été inventé par le démon. D'ailleurs, il lui arrivait même de parler à l'envers, comme les suppôts de Satan.

- Et quel était donc ce langage?

-    L'argot, Seigneur.

-    Je vois. N'est-ce pas la langue du petit peuple de Paris ?

-    La langue des voyous, des prostituées

-    Comme tu y vas, Pierre! Mais dis-Moi, cet homme, blasphémait-il contre Moi?

-    Disons qu'il riait de Toi et de Ton fils.

-    Non, Pierre, Je pense plutôt qu'il riait de lui car le rire est souvent la seule richesse des déshérités. Et même s'il riait de Moi, que M'importe le rire quand il n'est pas ricanement.

D'ailleurs, dans quelle autre langue que la sienne veux-tu qu'il parle de Moi?

Y-a-t-il un seul homme sur terre qui parle la langue des anges ? Non, Pierre, Je préférerai toujours un homme qui rit de Moi dans sa langue d'origine à celui qui dit m'adorer dans une langue empruntée.  

- Mais Seigneur... 

- Je n'ai pas fini, Pierre. Ne suis-Je point le Verbe? et le Verbe ne contient-il pas toutes les langues que parlent les hommes? Et dans le brouhaha de ces milliers de langues qu'ils se sont données, comment veux-tu que je distingue celles qui ont la grâce et celles qui ne l'ont pas.

En vérité, aucune ne l'a, pas plus la langue du clerc que celle du voleur.

Pas plus celle du sauvage qui vit isolé sur son île que celle d'un quelconque maître du monde; lequel a tort de s'imaginer qu'il M'est plus intelligible donc plus cher à Mon coeur.

-    L'est-il moins que cet homme que j'ai chassé? La qualité d'un homme n'est-elle point reflétée dans son langage ?

-    Que m'importe! Le langage n'est que l'outil que se sont donné les hommes pour communiquer entre eux, pas pour communiquer avec Moi.

Bien présomptueux celui qui prétend détenir la vraie langue. Non, toutes les langues me sont indifférentes. Autre chose. Tu me  parlais tout à l'heure des voyous et des prostituées. 

N'est-ce point justement chez ces gens-là, ainsi que  chez les pauvres et les déshérités que j'ai envoyé Mon  fils? Dans quelle langue supposes-tu qu'il parlait pour se faire comprendre d'eux?

Dans quelle langue crois-tu qu'il a pardonné aux deux larrons qui l'ont accompagné au supplice? Dans la langue des clercs et des instruits?

Mon Fils ne pouvait moins faire que Saint François d'Assise qui plus tard a parlé aux oiseaux dans le langage des oiseaux. 

-    Seigneur, j'ai accompagné Christ dans son prêche, et j'ai beaucoup trop d'amour pour lui pour me le rappeIer parlant une autre langue que celle de la grâce!

- Soit. Mais toi-même Pierre, quand tu étais humble pêcheur en Galilée, les seules fois où tu criais mon  nom, n'était-ce pas quand tu te cassais un ongle sur  une maille de tes filets?

En y ajoutant même parfois une cinquième lettre, si tu vois ce que Je veux dire.  Puis Christ est venu à toi, il t'a parlé dans ta langue  d'humble pêcheur, il t'a dit "Suis-moi" et tu l'as suivi.  

Puis vous êtes allés tous deux à la pêche aux autres  humbles, vous êtes attablés avec les voleurs, les mauvaises femmes, leur avez parlé dans leur langue.

Ils vous ont écoutés, vous ont compris, et ils ont aimé Christ, et Moi à travers lui. L'auraient-ils fait si Christ leur avait coupé la langue ? La grâce se serait-elle installée?

-    Je ne crois pas Seigneur.

-    Alors rappelle cet homme que tu as chassé. Et si cela peut t'aider, imagine qu'il ait un jour rencontré Christ  comme toi tu l'as rencontré.

Et qu'après Jean, Luc, Mathieu et Marc, il ait eu lui aussi ressenti la nécessité de raconter cette rencontre, de la faire partager aux hommes de sa condition.

-    Je n'ose imaginer un pareil évangile, Seigneur!

-    Fais un petit effort, Pierre. Crois-tu que la grâce ou la foi soient si petites choses pour craindre la langue des  hommes, quelle qu'elle soit?

Et puis, Moi-même, qu'ai Je à craindre d'un argot qui peut être vulgaire, c'est à dire venu du peuple, mais jamais grossier, offensant ou blasphématoire?

La situation commande, Pierre. Christ, qui, ne l'oublie pas, est Dieu fait homme, s'il ne doit pas transiger sur le message dont il est porteur, est lui-même assez fort pour prendre l'homme tel qu'il est.

Il n'y a que les hommes pour être choqués par ce font ou disent d'autres hommes.

Moi, si Je les aime trop pour les accepter tels qu'ils sont, Je les aime trop  également pour les rejeter. 

-    Je réfléchirai à tout cela, Seigneur.

-    Allez, à la revoyure, Pierrot. 

-    A la revoyure, Grand Dab, heu, je veux dire, au revoir, Seigneur. 
 

La naissance de Jésus-Christ.     

Voici comment le Vénéré Lardon est né. Marie, sa daronne, était la gonzesse à Jojo, mais avant qu'ils soillent à la colle, elle se retrouva en cloque par l'opération du Saint-Esprit. Jojo, plutôt à cheval sur les principes, mais choucard tout de même, ferma son claque-merde pour ne pas lui faire du tort: "Retourne chez ta vioque, qu'y jacta à Marie, et dégote-toi une autre pomme pour faire claper ton gniard". Mais pendant qu'il pionçait peinard dans sa carré, un ange muche se pointa en rêve et lui jacta dans les esgourdes: "Jojo, fiston de David, t'angoisse pas la tête, prends Marie comme régulière, son berlingot est intact, sans  dec'! 
C'est par la puissance du Saint-Esprit qu'elle porte un mirliton dans le tiroir. Aucun mec n'a mis la paluche sur elle, j'te l'jure. Elle va te pondre un gniard et tu lui donneras le blaze de Juju-les-Bons-Tuyaux,  car il sauvera le populo de toutes ses conneries!"
 
Quand Jojo ouvrit les châsses, il fit ce que le céleste lui avait baragouiné dans la noille. Il se marida donc avec Marie, mais préféra se taper sur le bide durant toute la grossesse, ne tenant pas à faire de la balançoire à son âge.

Neuf mois plus tard, parut au baveux officiel une loi de César Auguste: Tous les mecs et gonzesses de Judée devaient se faire recenser.  
Jojo, descendant de David, dut se rendre en Judée pour se faire recenser dans sa ville d'origine, Bethléhemuche. Il partit donc de Nazareth avec Marie, ballonnée jusqu'aux doudounes. Mais comme c'était jourdé de marché, il n'y avait plus un seul plumard de disponible dans les clapiers de Betléhem. C'est donc dans une étable que Marie pissa sa côtelette entre un bifteck à pattes et un têtu. Juju ouvrit donc les mirettes
dans une crêche, à vingt-quatre plombes précises, un soir de Noël pour pas râter le réveillon. Les rois mages furent les premiers à lui offrir ses jouets.
Huit jourdés plus tard, on amputa Juju d'un bout de zigounette comme le voulait la coutume et on lui donna officiellement le blaze de Juju les BonsTuyaux.

 

La tentation de Jésus.

Ensuite, L'Esprit conduisit Juju dans le désert pour qu'y s'fasse quéque peu emmerdailler par le démon,  histoire de le tenter. Après avoir passé quarante jourdés et quarante noilles sans becter, Juju eut la dalle. Le Cornu au pied bot se pointa et lui jaspina en ricanant:  "Si t'es le lardon du Grand Boss,' ordonne à ces caillasses de se changer en brichetons et moi j'offre les rillettes et le jaja! "... Juju lui répondit: "Les mecs vivent  pas seulement de casse-dalles, connard, mais de toute  jactance que mon Dab prononce! " 
Alors, le lance-flammes l'emmena dans la capitale des  Feujs, le plaça sur le clocher de l'église et lui jacta: " Si  t'es le gniard du Grand Boss, carre-toi la gueule en bas  car il est écrit dans les Saintes-Bafouilles que les anges  doivent t'empêcher de te rétamer la tronche sur les
pavetons". Juju répliqua: "Les Saintes-Bafouilles, 
tranche de cake, disent aussi: "Ne casse pas les balloches à ton Dab pour des conneries futiles! " 
Le grand cornu le mena ensuite sur une montagne avec vue panoramique sur le monde et jacta: " J'te r'file tout  çà si tu me lèches les pompes!" Alors, Juju, qu'en  avait ras le cornet d'esgourder autant de bobards, lui jaspina dans les étagères à mégot: "Casse-toi, fils de  pute! Retourne te faire cramer les burnes dans ton micro-ondes! 
Cette fois, le diable, la queue molle les guibolles, décarra pour de bon, mais bien décidé à revenir à l'occase. Des angemuches se pointèrent aussitôt pour  faire grailler Juju qui commençait à les avoir dans les talons. 

Jésus commence son travail en Galilée

Quand Juju esgourda que son pote Jeannot était encristé because l'avait critiqué Hérode Junior qui glissait régulièrement un nerf à sa belle-doche Hérodiade, il  préféra mettre les adjas.

Il loua un meublé à Capernaüm avec vue sur le lac de Galilée, histoire de zieuter d'un peu plus près les pêcheurs. Il n'arrêtait pas de  débagouler aux touristes qui se faisaient rôtir les miches et les roberts sur la plage. Il jactait comme son  pote Jeannot: "Arrêtez vos conneries, changez de peau  et de kelton, esgourdez la Bonne Jactance car mon  Dab rallège bientôt, et c'est pas le taulier du Club Med,  j'vous l'dis tel quel! " 

La veuve de Naim

Juju se pointa ensuite dans une ville au blaze de Naïm.  Ses dissipés l'accompagnaient, ainsi qu'une foule de   mecs, de gonzesses, de gniards et de pisseuses. En entrant dans le bled, il tomba sur un convoi de pompes funèbres. On emmenait au boulevard des allongés le lardon unique d'une veuve.
Juju, le coeur gros comme une pastèque, fut émotionné du chagrin de la gonzesse. Il lui dit: "Arrête tes chiâles, meuf, ça me déchire le palpitant. " Puis il s'approcha, toucha le pardessus en peau de sapin dans lequel les bloches commençaient à mettre le couvert, et il jacta: "Mec, redresse-toi!" Le clamsé se redressa comme un ressort, prit le couvercle en pleine gueule et se mit à gémir: "Où suis-je?" Ce qui était bon signe. On dévissa vite fait le couvercle et Juju remit le gniard à sa mère, toute joice de retrouver son môme indemne, avec juste une bosse en plus sur la tronche. 

Le sermon sur la montagne. 

Quand Juju mata cette foule, il crapahuta sur une haute colline, posa son saint-siège sur une grosse caillasse et jacta à ses fans:  
  "Bonnards les ceusses qui sont faucheminces car la cambuse de mon Vieux est à eux!" 
     "Joices les caves, car mine de rien y décrocheront la timbale!"
"Bonnards les ceusses qui chiâlent car y se fendront bientôt la gueule! "
"Bonnards les gus qu'ont la dalle, car y baffreront à s'en péter la boîte à ragoût! "
Bonnards êtes-vous si des mecs vous crachent à la gueule, vous sacquent à coups de lattes, vous traitent de putes ou de pèdes à cause de mézigue! 
"Joices les ceusses qui ne défouraillent pas pour un oui ou un non, because on réfléchira à deux fois avant de les rectifier! "
"Bonnards les mecs réglos car le Grand Dab les aura à la bonne! "
"Joices les ceusses qui se défoncent au Pentothal, le Grand Boss leur promettra du Nanan! "
"Mais que dale si vous êtes bourrés de tunes jourdhui! "
'Que dale si vous graillez comme des pourceaux!" "Que dale à vous qui vous fendez la gueule comme les baleines sauvées par B.B! " 
"Oui, sans bobards, je vous le jacte à vous qui m'esgourdez: Aimez les connards, les ploucs. Rincez la gueule à ceux qui vous font chier, bénissez les locdus et priez pour les tantouzes! " 
"Si un gonze te claquemuche une mandale dans les chicots, tend ton blaire. Si un connard te choure ton sonblou, file-lui ta limace et ton bène en prime! Si on te chourave ton pionneer dans ta caisse, porte pas le pet aux lardus. Si on t'emprunte dix sacs, donne-les, ne les prête pas, de toute façon tu te feras baiser tout de même!" 
"Vous avez esgourdé qu'il a été jacté à vos vioques: 'Tu ne trucideras pas". Tout mecton qui rectifie un gonze se retrouve au placard pour un max de piges. Mais moi, je vous le jaspine: Tout trouduc qui se fout en rogne contre son frangin ira au mitard! Pour celui  qui traite son frolot de "connard", idem au cresson!
 Celui qui le traite de "schtarbé" " mérite d'aller se faire  griller les agobilles en  enfer! 

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