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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 20:30

 

Qu’est ce que la croix de Sainte Brigitte ?

 

Saint Brigitte, également connue sous le nom de « Marie du Gaël », fut une abbesse et une sainte catholique qui vécut au 5ème siècle. Elle est notamment connue pour être la fondatrice du premier monastère d’Irlande, situé dans le comté de Kildare.

Née à Dundalk en 450 après JC, Sainte Brigitte est également connue pour avoir créé un modèle de croix porte-bonheur très populaire dans les campagnes irlandaises.

Formé de quatre faisceaux de joncs, la bien nommée « croix de Saint Brigitte » est accroché aux murs des maisons depuis des siècles pour les protéger des démons et des malédictions. Ceux qui croient au pouvoir de cette croix disent qu’elle empêche le mal de pénétrer là où elle se trouve, mais également qu’elle peut éloigner la faim et les incendies des foyers placés sous sa protection. Autant vous dire que les pouvoirs de la croix de Sainte Brigitte sont immenses !

Mais en fait, d’où viennent ces pouvoirs ? Quelle est l’origine de la croix de Sainte Brigitte ?

Répondre à ces questions n’est pas facile. Les sources sont confuses et plusieurs pistes s’offrent rapidement à nous. Quoi qu’il en soit, nous allons vous livrer les deux hypothèses les plus répandues…

Sainte Brigitte selon la tradition chrétienne

 

Sainte Brigitte est sans aucun doute la figure féminine la plus emblématique de la culture irlandaise.

De nombreuses légendes à son sujet ont vu le jour, au point tel qu’il est aujourd’hui compliqué pour les historiens de discerner le folklore de la réalité, à l’instar de celles liées à Saint Patrick.

Souvent, Sainte Brigitte est représentée tenant une lampe, une croix et une crosse d’évêque. Elle est également la patronne de l’Irlande et de tous ses habitants aux côtés de saint Patrick et de saint Colomba.

La tradition chrétienne insiste notamment sur les capacités de guérison de Sainte Brigitte, sur son affinité avec les animaux et la nature, et sur sa compassion pour les plus démunis.

D’un point de vue théologique, elle est l’une des saintes les plus proches des anciennes déesses païennes. Ses pouvoirs évoquent en effet parfois plus la magie des anciens que les miracles de Dieu.

Toutefois, cela n’empêche pas Sainte Brigitte d’être reconnue pour avoir aidé à l’évangélisation de l’Irlande, principalement par la création de son monastère et par l’aide constante qu’elle apporta aux communautés religieuses qui cherchaient à s’y développer.

Cette place prédominante de la sainte se retrouve d’ailleurs jusque dans la langue locale. En effet, certains Irlandais se saluent entre eux en disant « Brid agus Muire dhuit », ce qui signifie littéralement « Que Brigitte et Marie soient avec toi ».

Lors de votre séjour en Irlande, vous pourrez découvrir des lieux dédiés à Sainte Brigitte ou portant son nom. Par exemple, juste à côté des falaises de Moher, se trouve un lieu de pèlerinage dédié à la sainte.

Bref, aussi populaire qu’elle soit, la croix de Sainte Brigitte n’est qu’une partie de l’héritage énorme qu’elle a laissé au peuple irlandais.

Sainte Brigitte selon la tradition celte

Comme nous l’avons dit, Sainte Brigitte possédait certaines caractéristiques des dieux païens du passé… et cela n’a rien d’étonnant.

Certains historiens nous disent, en effet, qu’elle n’aurait tout simplement jamais existé. Selon eux, sa figure serait plutôt une réinterprétation à la sauce chrétienne d’une divinité autrefois très vénérée en Irlande : la déesse Brigid ou Bríd. Également connue sous les noms de Bridget, Brigit, Brid (en Écosse), Brig (en Gaule), nous parlons ici de l’une des divinités les plus importante du monde celte. Brigid est de ces divinités qui sont si vénérées qu’elles finissent par connaitre des variations locales d’une région à l’autre. Très clairement, toutes les figures mythologiques ne peuvent pas se targuer de posséder autant de noms…

 

Il existe d’ailleurs une légende populaire qui expliquerait la création de la croix de Sainte Brigitte, mais qui nous montre en plus le basculement du peuple irlandais du paganisme vers le christianisme. En voici une version…

Un jour, alors que le vieux chef de la tribu de Kildare était mourant, il se mit à délirer dans son lit. Inquiètete, sa famille et ses amis ont alors invoqué la déesse Brigid en espérant qu’elle puisse lui venir en aide, ou tout du moins apaiser son esprit agité.

Il est alors dit que Brigid apparut et s’assit près de son lit, consolant et réconfortant le malade. C’est alors qu’elle ramassa des joncs qui trainaient au sol et se mit à les tisser pour former une croix.

Alors qu’elle tissait, elle expliqua au malade le sens de la figure de la croix. Elle lui parla notamment de Dieu et du Christ. Elle lui dit en plus que cette croix protégera toujours l’âme des Chrétiens, peu importe où elle se trouve. Touché par ses mots, le vieux chef décida de se faire baptiser avant de mourir.

Depuis ce jour, il est de coutume d’accrocher des croix de Sainte Brigitte dans les maisons.

Cette histoire nous montre bien comment les figures païennes populaires ont pu être récupérées par l’Église chrétienne pour les mettre en accord avec son message. Plutôt malin.

En réalité, l’histoire du pays est faite de ce type d’histoires plus intéressantes les unes que les autres.

Et donc ? Qu’en est-il de la croix de Sainte Brigitte ?

Les pouvoirs qui lui sont attribués dépendent fortement d’une région à l’autre, et parfois même d’une famille à l’autre.

Il y a toutefois quelques éléments que l’on peut entendre plus souvent que les autres. Voici donc que cette croix pourrait faire :

  • Empêcher le mal d’entrer dans la maison qu’elle garde

  • Protéger des incendies et des inondations

  • Assurer qu’il y ait toujours de quoi manger

  • Aider aux conversions

Dans certaines régions d’Irlande, il est de coutume de tisser une croix en jonc le 1er février, jour dédié à la sainte.

Une fois fait, il faudra l’accrocher au-dessus de la porte d’entrée de la maison ou au dessus de la porte de la pièce de vie principale pour l’en protéger. Pour que cela reste efficace, le rituel devra être reproduit chaque année. La croix de l’année précédente est parfois également brûlée, symbolisant ainsi une sorte de renouveau.

Concrètement, le tissage demandera de prendre une quinzaine de roseaux de joncs que vous plierez en leur centre pour former une sorte de croix. Il faut ensuite répéter le processus jusqu’à ce la croix vous paraisse suffisamment solide.

Vous pouvez ensuite attacher les extrémités de chaque branche avec de la ficelle pour finalement découper les brindilles qui dépasseraient.

Si vous n’avez pas le temps d’en fabriquer chez vous, pas de souci : des croix sont vendues tout au long du mois de février dans la rue, comme on vend du muguet chez nous.

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 20:30
La vierge des pauvres
La vierge des pauvresLa vierge des pauvres
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« Je n’étais qu’un facteur chargé de remettre un message. Une fois le message remis, le facteur cesse d’avoir de l’importance ».

Mariette Beco

Les huit apparitions de la Vierge Marie à la petite Mariette Beco pendant l’hiver 1933 ont fait du hameau de Banneux en Belgique wallonne, au sud-est de Liège, un lieu de pèlerinage qui accueille chaque année un demi-million de pèlerins du monde entier.

Une famille modeste peu pratiquante. Dimanche 15 janvier 1933 vers 19 heures. Nous sommes dans la cuisine de la famille Beco. Un poêle à charbon chauffe la petite pièce, une lampe à pétrole se trouve sur la table de la cuisine.

Les Beco vivent à l’écart : papa a construit une petite maison ouvrière pour les siens à un bon kilomètre du village de Banneux, dans la commune de Louveigné (intégrée depuis 1977 à la commune de Sprimont). Les parents y vivent avec leurs sept enfants nés sur douze ans. Mariette (12 ans) est l’aînée, « l’active petite maman d’un ménage où la vraie maman, épuisée, est souvent malade ».

Une journée éreintante touche à sa fin : trois des sept enfants ont été souffrants. Maman berce le dernier-né qui a à peine trois mois. Papa est allé mettre au lit la petite Simone dans la pièce à côté. Il s’est étendu auprès de la fillette et s’est endormi. Alphonse et André dorment à l’étage.

Le petit René est couché sur une paillasse à côté du banc sur lequel Mariette est agenouillée. Elle guette le retour de son frère Julien, en vadrouille depuis le matin.

Qu’ont-ils fait ce dimanche-là ? Nous n’en savons pas grand-chose. Mais nous savons qu’ils n’ont pas été à l’église, car les Beco ne pratiquent pas, en tout cas pas avec une régularité exemplaire. Il est vrai que Mariette avait commencé le catéchisme en vue de la première communion (qui se faisait à l’âge de 12 ans), mais depuis trois mois, elle n’y était plus allée.

Elle ne s’entendait guère avec le chapelain Louis Jamin, avait exprimé le souhait de ne plus suivre la catéchèse, et son papa n’en avait pas fait un problème. « Tu ne feras pas ta communion, c’est tout. »  

L’apparition de la Vierge Marie.

Mariette guette le retour de son frère Julien, mais c’est quelqu’un d’autre qui se présentera ce soir-là dans le jardinet. Une dame, très belle, très jeune, rayonnante d’une lumière intérieure.
- « Mon Dieu, maman, je vois une dame dans le jardin ! Si bien habillée, si élégante ! »
- « Laisse-moi tranquille, c’est des sottises ! »
- « Mon Dieu, maman, on dirait la sainte Vierge ! »
- « Oui, c’est peut-être la sainte Vierge », ironise la maman.

Pourtant, la maman sort de son engourdissement : sa fille n’est pas du genre à rêvasser, encore moins de choses pieuses. Mariette aurait-elle aussi de la fièvre ?

Madame Beco vient à la fenêtre, soulève le rideau et voit également une silhouette blanche : « C’est une macrale (une sorcière) », dit-elle. Mariette se met à égrener le chapelet qu’elle avait trouvé quelques jours auparavant sur la route.

La belle dame lui fait signe de la main, l’invitant à sortir. Mariette se dirige vers la porte, mais sa mère donne un tour de clé, l’empêchant ainsi de rejoindre la dame. Quand Mariette revient à la fenêtre, la lumière a disparu.

Quand Julien rentre, il se fait réprimander. Mais pour une fois, il a une bonne excuse : l’abbé Jamin est en train de former le patronage et il a emmené les enfants en excursion. Mariette lui confie qu’elle a vu « quelque chose de beau ». Pour toute réponse, elle reçoit cette phrase : « Tu es sotte ! » Et tout le monde va se coucher.  

Dieu vient à l’homme.

Le lendemain matin alors que le père Beco allume le feu, sa femme lui raconte tout. Dans le jardin, elle lui montre l’endroit où se tenait la silhouette. Les Beco sont un couple très uni, ils n’ont pas de secret l’un pour l’autre, et ils adorent leurs enfants. Quand Mariette descend, le père l’accueille de mauvaise humeur : « Tu deviens sotte ? »

Mais devant le regard limpide de son aînée, il se ravise, se fait indiquer l’endroit de l’apparition. Mariette indique exactement le même lieu que Madame Beco.

Alors le père se pose des questions : sa fille ne lui a jamais menti. Elle lui ressemble, et pas plus que lui, elle ne supporte de voir sa loyauté mise en doute. Voilà une famille tout à fait normale. Une dimension n’est pas très présente : la vie de foi, la vie chrétienne, la prière, la pratique religieuse.

Apparemment, Marie ne s’en offusque pas. Un proverbe allemand dit : « Si le prophète ne vient pas à la montagne, la montagne ira au prophète. » L’homme ne va plus à Dieu ? Qu’à cela ne tienne, alors Dieu viendra à l’homme. La terre se désintéresse du Ciel, le Ciel ne saurait ignorer la terre.

Il nous arrive d’être assez bête pour croire que nous pouvons nous passer de Dieu. Heureusement, Dieu ne nous en veut pas et n’hésite pas à nous dire qu’il ne peut pas se passer de nous. Il me semble que la famille Beco est représentative de beaucoup de familles de l’époque et d’aujourd’hui. Dieu, Jésus, l’Esprit saint, Marie, les saints ne trouvent pas la place qu’ils devraient avoir.  

« Source jaillissant en vie éternelle ».

Lorsque la belle dame revient le 18 janvier, Mariette l’attend dehors : à genoux sur le sentier, elle récite le chapelet, alors que sa maman ne l’avait jamais vu prier. Plus question donc que maman l’empêche de sortir ; la petite a pris les devants.

Marie la rejoint dans le jardin et l’invite à la suivre : confiante, la voyante se met en route, sans trop savoir où elles vont. La belle dame, et c’est remarquable, avance à reculons, toujours tournée vers Mariette, un peu comme une maman qui apprend à son petit enfant à faire ses premiers pas.

À deux reprises, elles s’arrêtent, Mariette s’agenouille et dit quelques « Ave ». Puis, elles repartent. Après une petite centaine de mètres, Mariette fait un quart de tour et se tourne : au pied d’un talus, il y a une petite source.

La flaque d’eau est recouverte d’une couche de glace, car il fait glacial : - 12°. « Poussez vos mains dans l’eau. » Mariette brise la glace et s’exécute. « Cette source est réservée pour moi. »

Le lendemain, la belle dame révélera son nom, le vocable sous lequel elle est invoquée à Banneux : « JE SUIS LA VIERGE DES PAUVRES. » À nouveau, elle conduit Mariette à la source.

Un malentendu fait apparaître la candeur de la petite. « Belle Dame, hier vous avez dit que cette source est réservée pour moi, pourquoi pour moi ? » (et elle se montre elle-même). Avec un grand sourire, la dame clarifie les choses : « Pas pour toi ; ni pour moi : pour toutes les nations, pour les malades. »  

L’eau de notre baptême. Où se noue notre relation vitale avec le Christ, si ce n’est dans l’eau du baptême ? Marie entreprend donc avec Mariette et chacun de nous un pèlerinage à la source de notre foi. « Vierge des Pauvres, conduis-nous à Jésus, source de la grâce », dit la première invocation.

« Pousser les mains dans l’eau », c’est se ressourcer dans la grâce de notre baptême qui a fait du fils d’homme que nous sommes un fils de Dieu. « L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » (Jean IV, 14).

Le mot « nations » (que Mariette ne connaissait d’ailleurs pas) nous fait évidemment penser à la dernière parole de Jésus dans l’évangile selon saint Matthieu : « Allez, dit le Seigneur aux apôtres, de toutes les nations, faites des disciples ; baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous mes commandements » (Matthieu XXVIII, 19).  

Et l’eucharistie, me direz-vous peut-être ? « Je désirerais une petite chapelle ! » Tel fut le désir exprimé par la Vierge des Pauvres le 20 janvier, avant d’imposer les mains sur Mariette et de disparaître. Une syncope empêche la fillette de se souvenir avec précision de la fin de l’apparition.

En tout cas, elle n’a pas entendu la Belle Dame lui dire « Au revoir ». Le chapelain Jamin voit dans le geste de la Vierge la fin des apparitions ; mais Mariette ne peut le croire. Fidèlement, elle sort chaque soir pour prier le chapelet. Son désir est si fort qu’elle prie parfois jusqu’à sept chapelets !

Sa vie a d’ailleurs complètement changé : le mercredi matin, elle va à la messe et au catéchisme. Pendant trois longues semaines, rien ne se passe : l’abbé Jamin semble avoir raison. Le 11 février : joie immense.

La Vierge apparaît pour la cinquième fois, conduit l’enfant vers la source et lui confie la raison de sa venue : « Je viens soulager la souffrance. »

Ce même soir, Mariette, accompagnée d’un prêtre qui a assisté à l’apparition, retrouve le chapelain. Chemin faisant, ils parlent ensemble. « As-tu déjà fait ta première communion ? » La question suscite un désir dans le cœur de la voyante, car arrivée à la cure, elle exprime son intention de communier dès le lendemain matin.

Les objections du chapelain n’y changent rien : Mariette communie pour la première fois le dimanche 12 février 1933.

« Je désirerais une petite chapelle ! »

Spontanément, nous pensons à la chapelle qui se trouve maintenant dans le jardin de la famille Beco. Mais plus profondément, ne sommes-nous pas chacun et chacune cette petite chapelle dans laquelle le Seigneur veut venir habiter ?

Et de manière éminente chaque fois que nous recevons le Seigneur Jésus dans l’eucharistie ? Est-ce que, par l’imposition des mains, Marie n’a pas béni en Mariette le désir de l’eucharistie pour qu’il grandisse et se réalise le lendemain de sa cinquième visite ?  

Des gestes divins.

L’imposition des mains peut avoir de multiples significations. Elle peut être signe de bénédiction (Matthieu XIX, 13 : Jésus bénit les enfants qu’on lui amène).

Elle peut apporter la guérison aux malades (cf. Marc XVI, 18 ; Jacques V, 14 ; Actes IX, 17). Elle peut vouloir signifier la mise à part pour une mission particulière (1 Timothée IV, 14 et 2 Timothée I, 6 : Paul confère l’ordination à son disciple Timothée). La « bonne parole » devient ainsi un bienfait. Mais quel est donc le bien que Dieu veut nous faire quand il promet de nous bénir ?

Une belle image utilisée par un père de l’Église, saint Irénée de Lyon, peut nous aider à voir le sens profond de l’imposition des mains et de la bénédiction. Lorsqu’il médite sur le mystère de la Trinité, il parle du Fils et de l’Esprit comme des « mains de Dieu ». « Comme si Dieu n’avait pas ses mains à lui ! De toute éternité, il a auprès de lui le Verbe et la Sagesse, le Fils et l’Esprit. C’est par eux et en eux qu’il fait toutes choses. » (Contre les hérésies, IV, 20, 1 SC 101bis, p. 626).

Avec ses deux mains, par le Christ et par l’Esprit Saint, le Père veut façonner chaque créature, en particulier l’être humain qui est à son image et à sa ressemblance.

Parce que nous avons repoussé le Seigneur, la ressemblance s’est effacée. Mais si nous le désirons, le Père nous reprend en main pour nous recréer. L’imposition des mains et la parole de bénédiction sont alors des gestes divins qui veulent nous rendre notre dignité profonde, celle de fils et filles de Dieu.  

L’essor du pèlerinage.

Le village de Banneux était déjà consacré à la Vierge Marie avant les apparitions. Pour la remercier d’avoir été épargnés lors de l’invasion allemande en août 1914, les habitants l’avaient en effet renommé Banneux-Notre-Dame.

Cependant, l’événement était tombé dans l’oubli et les familles du village ne se manifestaient pas par leur ferveur. Après les apparitions de 1933, l’abbé Jamin constate que l’atmosphère change radicalement, de nombreuses familles revenant durablement à la pratique.

Avec la construction d’une chapelle, inaugurée dès l’été 1933, puis la reconnaissance des apparitions par l’évêque de Liège Mgr Louis-Joseph Kerkhofs, le 22 août 1949 (la même année que les apparitions voisines de Beauraing), un pèlerinage actif s’est mis en place, qui dure jusqu’à nos jours. Des triduums des malades y sont notamment organisés.  

Adieu.

Mariette est née le 25 mars 1921, jour de l’Annonciation : raison pour laquelle on l’a appelée Mariette, petite Marie. Joyeux événement chez les Beco.

Mais en 1921, ce 25 mars était aussi le Vendredi Saint. Oui, Banneux est un entrelacement de mystères joyeux et de mystères douloureux. Mariette a connu tant de souffrances dans sa vie. Ce qui lui a permis de tenir la tête hors de l’eau, c’est la prière (« Priez beaucoup », dit la Vierge lors des trois dernières apparitions) ; mais c’est aussi et surtout la promesse de Marie : « Ma chère enfant, je prierai pour toi. »

Elle est décédée le vendredi 2 décembre 2011, premier vendredi du temps de l’Avent, ce temps de grâce où toute l’Église crie de tout cœur : « Viens, Seigneur Jésus. » Oui, ce jour-là, Jésus est venu la prendre chez lui, exactement neuf mois après l’anniversaire de la dernière apparition.

Elle s’est éteinte inopinément alors que l’infirmière faisait sa toilette. L’ « Adieu » de la Sainte Vierge du 2 mars 1933, lors de sa huitième apparition, avait fait pleurer Mariette parce qu’il avait remplacé l’ « au-revoir » par lequel les autres apparitions s’étaient terminées. « Nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision. » (2 Corinthiens V, 7)

Un long chemin de foi de 78 ans et neuf mois a débouché, enfin, sur la claire vision.  

La conversion de l’abbé Jamin.

L’abbé Louis Jamin, le chapelain du village de Banneux, a joué un rôle important lors des apparitions : il a recueilli les informations et les paroles de la Vierge auprès de Mariette.

Lui-même traversait à cette époque une profonde crise de foi. Il était assiégé périodiquement par de violentes tentations contre la foi, au point d’être désemparé et torturé par le doute. Il écrira même dans ses notes intimes : « Je voyais arriver avec horreur l’heure fatale où je ne pourrais plus, sans mentir, exercer mon rôle de prêtre. »

Un de ses confrères s’était donné la mort, ce qui l’avait profondément ébranlé. Aussi, était-il allé en pèlerinage à Beauraing (Belgique), lieu d’apparition de la Vierge quelques semaines plus tôt, avec quelques religieuses.

En partant, ils s’étaient mis d’accord pour faire une neuvaine.

Ensemble, ils demandaient un signe pour voir « si Beauraing, c’était vrai ». La neuvaine à peine terminée, une amie de Mariette, Joséphine Léonard, vient lui dire : « Monsieur le chapelain, il y a Mariette Beco qui a vu la Sainte Vierge. » On peut comprendre sa perplexité : il avait demandé un signe, mais pas des apparitions ! C’était trop beau pour être vrai !

Après la cinquième apparition (qu’il n’attendait plus), il charge Mariette d’une demande. La petite s’exécute : « Belle Dame, monsieur le Chapelain demande un signe. »

Pour toute réponse elle reçoit les paroles : « Croyez en moi, je croirai en vous. » Lorsque Mariette rapporte ces paroles au prêtre, il en est complètement bouleversé. Il évoquera l’événement en parlant de son chemin de Damas.

Il est affermi dans la foi, une bonne fois pour toutes ! Après sa mort, on a découvert un petit billet sur lequel il avait écrit : « Le plus grand miracle de Banneux, c’est ma propre conversion. »

L’abbé Jamin est resté chapelain de Banneux jusqu’à sa mort, il a supervisé la construction de la chapelle et accompagné le développement du pèlerinage, soucieux de la préservation de ce qu’il appelait « l’esprit de Banneux », fait de « l’amour de la pauvreté, la compassion pour les malades et les souffrants, la prière expiatoire pour les pécheurs et pour le salut du monde » (La Vierge nous parle, p. 22).

Il a quitté cette terre le 2 mars 1961 vers 19h, jour et heure anniversaires de la dernière apparition. Ce jour-là, la Belle Dame n’avait pas dit « au revoir » comme à son habitude ; elle avait dit : « Adieu ».

C’est précisément le 2 mars que l’abbé Jamin est allé à Dieu.  

Récit détaillé des huit apparitions.

- Dimanche 15 janvier 1933 à 19h : Notre Dame apparaît pour la première fois dans le jardin de la petite maison. Elle appelle Mariette par un signe de la main, mais la maman de Mariette lui défend de sortir.
- Mercredi 18 janvier à 19h : Mariette est dans le jardin et prie à genoux. Elle quitte le jardin et s'engage sur la route de Tancrémont où l'appelle la Dame et où se trouve un petit sanctuaire, le « Vieux Bon Dieu », comprenant un antique crucifix très vénéré. À deux reprises sur le chemin, elle tombe à genoux. Une troisième fois, elle se met à genoux près du fossé, devant une flaque d'eau provenant d'une source. La Dame lui parle : « Poussez vos mains dans l'eau. » Mariette le fait et répète ce que la Dame lui dit : « Cette source est réservée pour moi. Bonsoir, au revoir. »
- Jeudi 19 janvier : le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît. Mariette lui demande : « Qui êtes-vous, Belle Dame ? » « Je suis la Vierge des Pauvres. » La Vierge conduit l'enfant par le chemin jusqu'à la source. Mariette interroge encore : « Belle Dame, vous m'avez dit hier : cette source est réservée pour moi. Pourquoi pour moi ? » Mariette se désigne, croyant que la source est pour elle. Avec un sourire, la Vierge répond : « Cette source est réservée pour toutes les Nations... pour soulager les malades. » « Merci, merci », dit Mariette. La Vierge ajoute : « Je prierai pour toi. Au revoir. »
- Vendredi 20 janvier : Mariette reste au lit toute la journée : elle a mal dormi. A 18h45, elle se réveille, s'habille et sort. Quand la Vierge apparaît, Mariette s’écrie : « Oh, la voici. » Puis elle demande : « Que désirez-vous ma belle Dame ? » Souriante, la Vierge répond : « Je désirerais une petite chapelle. » La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l'enfant.
- Samedi 11 février : Mariette est entraînée sur la route. L'enfant s'agenouille deux fois, trempe ses mains dans l'eau à la source et fait un signe de croix. Elle se lève brusquement, court vers la maison et pleure. Elle ne comprend pas ce que la Vierge lui a dit : « Je viens soulager la souffrance. » Mais elle sait que c'est quelque chose de bon, puisque la Vierge a souri.
- Mercredi 15 février : la Vierge apparaît pour la sixième fois. Mariette transmet la demande de l'abbé Jamin : « Sainte Vierge, Monsieur le Chapelain m'a dit de vous demander un signe. » La Vierge répond : « Croyez en moi, je croirai en vous. » Elle ajoute pour Mariette : « Priez beaucoup. Au revoir. » La Vierge confie un secret à l'enfant.
- Lundi 20 février : Mariette est à nouveau à genoux dans la neige, bravant le froid. Soudain, elle prie plus haut et plus vite. Elle quitte le jardin, s'agenouille deux fois sur la route puis à la source où elle prie et pleure « parce que Marie s'en va trop vite. » La Vierge souriante comme à l'ordinaire, lui dit : « Ma chère enfant, priez beaucoup. » Après quoi, elle cesse de sourire et ajoute, avant de partir et d'une voix plus grave : « Au revoir. »
- Jeudi 2 mars : il pleut à torrent depuis 15h. Mariette sort à 19h. Elle en est au troisième chapelet quand il cesse subitement de pleuvoir. Elle se tait, étend les bras, se lève, fait un pas, s'agenouille. Dans la maison, après bien des pleurs, Mariette livre le message confié par Marie : « Je suis la Mère du Sauveur, Mère de Dieu. Priez beaucoup. » Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains en disant : « Adieu. »  

Jean-Paul II, lors de sa visite à Banneux, le 21 mai 1985.
« Les pauvres d’aujourd’hui – et il y a tant de manières d’être pauvre ! – se sentent chez eux à Banneux. Ils viennent chercher ici le réconfort, le courage, l’espérance, l’union à Dieu dans leur épreuve. J’encourage les pèlerins qui viennent prier ici celle qui, toujours et partout dans l’Église, reflète le visage de la Miséricorde de Dieu. »  

À Banneux comme à Cotignac.
Le sanctuaire de Banneux présente plusieurs liens avec la France. D’une part, de nombreux Français font partie des pèlerins venant prier dans ce village de Belgique francophone. D’autre part, depuis 2004, est organisée chaque année, autour du 19 mars (fête de saint Joseph), sur le modèle du pèlerinage de Cotignac créé en 1976, une marche des pères de famille qui viennent prier ensemble pour leur couple et leurs enfants, avec le soutien des Frères de Saint-Jean, jusqu’à la source de Banneux (comme à Saint-Joseph du Bessillon à Cotignac).

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 20:24

Anne Ducrocq, auteur et éditrice bien connue, se livre dans l'émission "Un coeur qui écoute".

Editrice au Seuil, auteur de vingt-cinq livres, Anne Ducrocq vient de publier "Le bonheur ça se pratique" (Ed. de la Martinière).

L'auteur y parle de son intranquillité, une situation peu confortable mais féconde, qui suppose d'être sans cesse dans un travail.

En effet, dans cette quête, rien n'est donné, rien n'est acquis. D'où l'idée du titre de cet ouvrage où la vision chrétienne du monde affleure : le bonheur, ça se pratique.

Sur le plateau de KTO, elle évoque aussi sa joie d'animer des ateliers d'écriture où elle aide des personnes à se relever grâce à la rédaction.

Et d'autres de ses livres

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