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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 22:59

Le jeûne du mois de Ramadan qui commence pour les musulmans représente une occasion d’entrer en soi.

Comme si le fait que le corps n’est pas, durant la journée, pris par le processus digestif, lui permettait d’être dans une sorte de calme intérieur.

Tout va plus lentement quand on est à jeun, du moins dans mon expérience.

Ce qui permet de vivre les choses avec plus de présence, bien que l’on se trouve parfois, à cause de la fatigue, dans des états qui ressemblent à une présence-absence, comme ce moment d’entre-deux avant de sombrer dans le sommeil.

Or l’expérience du confinement durant la pandémie actuelle fait que ce moment sera un temps de double jeûne, un jeûne par rapport au corps et ses facultés, et un autre par rapport à la vie sociale.

Il y a quelques jours, j’ai dû briser le confinement pour quelques heures et sortir finaliser des documents indispensables.

À mon retour, je me sentais comme assourdie par les sons du monde extérieur.

J’ai éprouvé le besoin de me murer dans un silence grave, dans un état de jeûne profond, de jeûne marial, comme il en est question dans le Coran.

Le Coran propose en effet une description assez imagée de l’histoire de Marie.

Elle apparaît seule dans le temple, où Gabriel va lui annoncer qu’elle aura un fils sans père humain, puis seule dans l’espace vide, sous un palmier, donnant naissance à Jésus.

À la suite de cette naissance, Dieu lui dit de se tranquilliser et lui enjoint un jeûne qui a pour but de la protéger : « Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis-lui : “J’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain.” » (Coran 19, 26-27.)

Avant Marie, Zacharie lui aussi s’est abstenu de parole mais, dans son cas, ce n’était pas un jeûne mais un signe, le signe du miracle à venir : « Ô mon Seigneur, dit (Zacharie), accorde-moi un signe. – Ton signe, dit (Dieu), sera que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois nuits tout en étant bien portant. » (Coran 19, 10.)

Le temps du coronavirus est un temps d’intériorisation forcée. Avec un jeûne corporel ou non, il peut représenter une chance, pour beaucoup, d’entrer, à un certain degré, dans le jeûne de Marie.

Un jeûne de la parole qui permet de voir ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas, dans nos vies et dans nos paroles.

Un moment d’intériorisation qui non seulement nous aide à remettre les choses à leur juste place et dans une hiérarchie adéquate, mais nous pousse aussi, tel le jeûne corporel, à briser les habitudes pour un renouvellement continu.

Peut-être serait-il aussi comme le jeûne de Zacharie, un signe préfigurant une nouvelle naissance, cette fois individuelle et collective ?

Par Nayla Tabbara, théologienne musulmane libanaise (1)

(1) Également vice-présidente de la Fondation Adyan pour la diversité, la solidarité et la dignité humaine, et auteure de L’Islam pensé par une femme, avec Marie Malzac, Bayard, 250 p., 16,90 €.

 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 22:55

Dessin et calligraphie de Sophie Guichard

Extraits du "Récit d'un pèlerin russe" partagés sur la chaîne Résonance[s] avec l'aimable autorisation d'Hélène Vetter.

La Prière de Jésus appartient au patrimoine spirituel de l’Orthodoxie. Elle s’inscrit dans une tradition dont l’origine remonte aux Pères du désert.

Longtemps ignorée dans l’Église latine, en raison de la séparation des Églises d’Orient et d’Occident, elle fut redécouverte grâce à la publication des Récits d’un pèlerin russe.

Cet ouvrage anonyme paraît en 1870. Il rapporte des récits d’un pèlerin russe à son père spirituel. Peu à peu le lecteur est associé à l’expérience spirituelle de ce pèlerin.

Celui-ci ne possède que deux livres : la Bible et la Philocalie, une anthologie d’écrits spirituels du IVe au XIVe s. "qui conduisent à l’amour de la Beauté" — selon la traduction du mot philocalie.

La prière conduit ainsi celui qui la vit de l’intelligence de la raison à l’intelligence du cœur, c’est pourquoi elle est appelée « Prière du cœur ». En soi la prière est très simple.

C’est une invocation continuelle du nom de Jésus par la reprise de l’une des professions de foi de l’Écriture : celle de Pierre (Mt 16,15), de Marthe (Jn 11,27), ou encore la prière du publicain (Lc 18,13) : Seigneur, Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 22:55

 

Hymne à la Mère de Dieu

"შენ ხარ ვენახი/Tu es une Vigne"

Chen khar venakhi

 

Tu es une vigne (géorgien: შენ ხარ  ვენახი, translittération:

Chen Khar Venakhi) est une hymne médiévale géorgienne.

Le  texte  est  attribué  au  roi  Démètre  Ier  de  Géorgie (1093-1156). Le compositeur de la musique est inconnu. Démètre est sensé l'avoir écrit pendant son séjour comme moine au monastère de David Garetji. L'hymne est dédiée à la Géorgie et au patronage de la Vierge Marie, elle est aussi une  prière  de  louange  à  [la  Mère  de  Dieu  et  toujours Vierge] Marie dans l'Eglise orthodoxe géorgienne. Le roi Démètre compare la Mère de Dieu à une belle vigne.

Tu es la vigne est habituellement chanté par un chœur sans accompagnement   instrumental  et  c'est  un  exemplclassique de musique chorale géorgienne. L'hymne est caractérisée comme très polyphonique et elle est représentative des traditions médiévales tardives de la Renaissance géorgienne.

Le roi Démètre, devint moine sous le nom de Damiane (Damien). Il a été glorifié par l'Eglise géorgienne, et sa fête est au 23 mai/ 5 juin.

 

Saint Damien (avant le monachisme roi Démètre Ier).

Le parchemin dans ses mains est ainsi libellé: "Tu es une Vigne."

 

Comme la Géorgie est le pays attribué à la Vierge Marie par l'Esprit Saint, cette hymne fonctionne presque comme un hymne national officieux et est très populaire. La mélodie du compositeur Paliachvili (19e siècle) est favorisée aujourd'hui. Les paroles de l'hymne "Chen Khar Venakhi / Tu es une Vigne" sont les suivantes:

 

Texte géorgien:

შენ ხარ ვენახი, ახლად  აყვავებული, ნორჩი  კეთილი, ედემს შინა ნერგული, (ალვა  სუნელი, სამოთხეს  ამოსული,)

(ღმერთმან შეგამკო  ვერვინა  გჯობს ქებული,)

და თავით თვისით მზე ხარ და გაბრწყინვებული.

Phonétique:

chen khar venakhi, akhlad aqvavebouli. nortchi k'etili, edems china nergouli. (alva suneli, samotkhes amosouli.)

(ghmertman shegamk'o vervina gjobs kebouli.)

da tavit tvisit mze khar da gabrts'qinvebouli.

Version française:

Tu es une vigne nouvellement fleurie Jeune, belle, croissant dans l'Eden, (Jeune peuplier fragrant en Paradis)

(Que Dieu te pare. Nul être n'est plus digne de louange.) Tu es toi-même le soleil qui rayonne brillamment)

 

 

Version française Claude Lopez-Ginisty d'après

The Georgian Church for English speakers et wikipedia

 

შენ ხარ ვენახი

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