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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 22:31

givre-etang.jpg
 Seigneur, qui tant m'aidez à vivre
Rendez moi l'anneau du passé
Les neiges d'antan et le givre
Et l'amour des premiers croisés
Je ne suis pas né sans étoile
J'ai mon Ourse et ma Voie lactée
J'ai trois dieux dans ma cathédrale
Ce pluriel vaut un singulier.


Seigneur, qui savez mon histoire
Sans histoire
et l'avez couchée
Au Saint Livre de la mémoire
Quelle est cette image à l'envers
Qui me ressemble sans me plaire
Qui me trahit sans le vouloir
Moi qui suis de nulle part ?


Seigneur, qui savez tout de moi
Jusqu'au dernier jour indiqué
Mon pluriel, mon beau singulier,
Mon seul amour entier en trois


Laissez moi traîner ma misère
Comme le forçat, le repris
Traîne son boulot d'infamie
Et que Simon, le tendre ami,
Me jette la première pierre.

 

Charles Le Quintrec

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 22:10

Les spirituels de toutes religions insistent souvent sur l'importance de vivre l'instant présent. Personnellement je n'y arrive pas.

 

Votre lettre m'incline à penser que vous souffrez d'une maladie très courante actuellement «L'incapacité à se poser». Très courante, car beaucoup de nos contemporains sont incapa­bles de prendre le temps de s'arrêter, et de vivre consciemment l'instant présent. Les causes de ce mal sont multiples.

 


Il y a tout d'abord ceux qui interprètent l'ex­pression «instant présent» à tort comme une invitation au Carpe diem; cette locution latine, tirée d'une ode d'Horace, que l'on traduit en général par : «Cueille le jour présent». En lan­gage moderne, cette expression se rapproche de l'injonction si fréquente dans nos sociétés profitons de la vie, car on ne sait jamais de quoi demain sera fait.

  


A contrario, il y a aussi ceux à qui l'on a inculqué qu'un bon chrétien ne devrait jamais s'arrêter de penser aux autres et être toujours dans l'ac­tion... Et que penser à soi, ou prendre du temps pour soi relevait de l'égoïsme, donc du péché.

 

N'oublions pas non plus ceux qui considèrent que s'arrêter est quasiment synonyme de mort. Cesser d'agir semble alors constituer l'anti­chambre du «repos éternel», provoquant un sentiment de panique, conjuré uniquement par une boulimie d'activités.

 

Enfin, ceux qui n'existent que dans le «faire» au mépris de «l'être», notion qu'ils assimilent à une élucubration de philosophes ou de paresseux.

 

Je ne sais ce que proposent les autres grandes religions à ce sujet. Mais, sachez que le christia­nisme ouvre tous les éléments de réflexions et les pistes nécessaires. J'ajouterais que cette confu­sion entre vivre l'instant présent et profiter de tout traduit une ignorance à la fois du message du Christ et de l'héritage de la mystique chré­tienne.

 

Vouloir sans cesse «s'oublier» en étant constamment tourné vers les autres, c'est se condamner à vivre en passant à côté de soi.

 

En­suite, ne plus «s'asseoir» par peur de mourir, c'est risquer de s'épuiser physiquement dans un tourbillon d'activités.

 

Enfin, n'exister que parle «faire» plutôt que par «l'être» revient à mal se préparer à vivre sa vieillesse, période où la vie dite «active» sera derrière nous.

 

Une question vitale pour chacun d'entre nous.

 

Dans l'Evangile, n'est-ce pas le Christ qui nous invite à ne pas regarder en arrière ni nous in­quiéter de l'avenir ?

 

Comment se situer alors sinon en adoptant une attitude de disponibilité et d'écoute de Dieu ?

 

N'est-ce pas le Christ qui, au retour de mission de ses disciples, ne les in­terroge ni sur ce qu'ils ont fait, ni sur le nombre de personnes qu'ils ont converties ou guéries, mais leur dit : «Asseyez-vous et prenez du re­pos» ?

 

Dès lors, l'appel des mystiques chrétiens, tel Grégoire de Nysse, n'obéit ni à la paresse ni à l'égoïsme. Combien d'idées fausses courent en­core au sein même de nos communautés ! Il en va de même dans la relation entre époux. Si vous être marié, je pense qu'au moins une fois votre épouse vous a dit : «Je t'aime.» Et cette pa­role, que vous avez pris le temps de recevoir en pleine conscience, a été décisive pour l'avenir de votre relation de couple.

 

Alors, comment pouvons-­nous répondre à l'appel de Dieu : «Ecoute», si nous sommes sans cesse en train de bouger et d'agir ?

 

Vivre l'instant présent consciemment revient à adopter au quotidien une attitude de disponibilité à Dieu, aux autres, et à soi.

 

Prêtre depuis dix ans, je suis convaincu que nous ne pouvons pas prier, si n'en faisons pas l'apprentissage. Vous le voyez, votre question est vitale, car prier c'est respirer. Mer­ci de me l'avoir posée.

 

(référence perdue)

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 22:46

mgr_joseph_dore_p.JPG

 

Ceux qui pensent que le christianisme a fait son temps sont aussi ceux qui soupçonnent toute chose.

 

Ils considèrent que l'histoire de chacun ne repose que sur l'intérèt qu'on porte à soi-même.

 

De fait, ils nient la possibilité de gérer dans une vraie liberté une adhésion à une transcendance.

 

Ces intellectuels feraient bien de s'interroger sur la portée de leur discours qui mine, chez beaucoup de leurs lecteurs, la capacité à faire crédit à eux-mêmes, aux autres, à l'avenir.

 

Mgr Joseph Doré

in le Hors-Série La Croix "Quand Jésus fut reconnu Dieu"

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