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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 22:46

 

mosaique-basilique-st-clement-rome1.jpgL'arbre de la croix est pour moi celui du salut éternel. Il me nourrit et j'en fais mon régal. Par ses racines je m'enracine, et par ses branches je m'étends ; sa rosée me purifie et son souffle, comme un vent délicieux, me rend fécond.

 

A son ombre, j'ai dressé ma tente, et, fuyant les grandes chaleurs, j'y trouve un havre de fraîcheur. C'est de ses fleurs que je fleuris, et de ses fruits je fais mes plus grands délices ; ces fruits qui m'étaient réservés depuis l'origine, j'en jouis sans limite...

 

Quand je tremble devant Dieu, cet arbre me protège ; quand je vacille, il est mon appui ; il est le prix de mes combats et le trophée de mes victoires. Il est pour moi le chemin étroit, le sentier escarpé, l'échelle de Jacob parcourue par les anges, au sommet de laquelle le Seigneur est vraiment appuyé (Mt 7,14; Gn 28,12).

 

Cet arbre aux dimensions célestes s'est élevé de la terre jusqu'aux cieux, plante immortelle fixée au milieu du ciel et de la terre. Soutien de toutes choses, appui de l'univers, support du monde habité, il embrasse le cosmos et rassemble les éléments variés de la nature humaine. Il est lui-même assemblé par les chevilles invisibles de l'Esprit, pour ne pas vaciller dans son ajustement au divin.

 

Touchant par son faîte le sommet des cieux, affermissant la terre par ses pieds et entourant de tous côtés par ses bras immenses les espaces innombrables de l'atmosphère, il est tout entier en tout et partout...

 

Peu s'en fallait que l'univers soit anéanti, dissous de terreur devant la Passion, si le grand Jésus ne lui avait infusé l'Esprit divin en disant : « Père, je remets mon Esprit entre tes mains » (Lc 23,46)...

 

Tout était ébranlé, mais lorsque l'Esprit divin est remonté, l'univers a été en quelque sorte ranimé, vivifié, et il a retrouvé une stabilité ferme. Dieu emplissait tout, partout, et la crucifixion s'étendait à travers toutes choses.

Une homélie grecque du 4ème siècle
Sur la sainte Pâque, 51, 63 ; PG 59, 743, SC 27 (inspirée d'une homélie perdue d'Hippolyte ; trad. Orval rev.)

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 22:22

jacuqeline_kellen_carrousel.jpg

Jacqueline Kelen (50' d'écoute)

 

Depuis 25 ans, Jacqueline Kelen, écrivain, consacre ses travaux à une meilleure approche des courants mystiques. Portrait d'une femme passionnée qui nous entraîne sur la "Voie Amoureuse" si chère à Marie-Madeleine et à Hadewijch d'Anvers, mystique et poétesse flamande du XIIIème siècle.

 

 

pour écouter cliquer la flèche verte 

 

ou télécharger http://eocf.free.fr/audio/rcf_visages_kelen.mp3 

Bibliographie

Jacqueline Kelen - Hadewijch d'Anvers (Albin Michel)
Jacqueline Kelen - Bréviaire du colimaçon

 

Chaque visage est unique, aussi l'émission Visages de RCF http://www.rcf.fr/  présentée par Thierry Lyonnet accueille-t-elle des hommes et des femmes d'une grande diversité : philosophes, personnes engagées dans le développement et dans l'action humanitaire, aventuriers, psychologues, écrivains... Tous partagent au moins un point commun : l'ouverture et le respect de l'autre dans sa différence. Visages, prendre le temps d'écouter et de rencontrer l'autre en profondeur.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 21:31


Photos Aurore (cliquer pour agrandir)

 

Chers amis,


Si nous n’avons pas encore l’expérience concrète de Dieu dans notre vie, peut-être est-ce parce que la musique n’y trouve pas sa vraie place ? Dans le principe est le Verbe, dit saint Jean. Le Verbe est son. C’est avec lui et par lui que tout est créé. Cela nous est révélé dès le début de la Bible : Dieu dit et tout surgit de ce son, du Verbe primordial (Gn 1,3). Tout ce qui existe, le moindre grain de poussière, s’origine dans le son, est tissé par le son formé par lui, à commencer par l’homme lui-même.


A en croire le résultat des expériences d’un laboratoire d’acoustique californien, le son et la lumière seraient identiques C’est un même phénomène vibratoire, uniquement distinct parce qu’il se manifeste à partir de supports différents. Cela est proprement prodigieux ! En effet, nous ne sommes pas loin de comprendre le rôle initiatique du son sur l’illumination d’un être, à quel forage mystique peuvent nous conduire les grands chefs-d’œuvre de la musique !


Si on chante et fait de la musique dans tous les temples spirituels de l’humanité, c’est que l’on a toujours éprouvé, depuis les origines de l’histoire, l’impact puissant et mystérieux du son sur l’homme. La science nous apprend maintenant que le cosmos tout entier est un Temple et que nous vivons littéralement « dans un bain acoustique » où le silence lui-même est la modulation d’une harmonie inaudible.


Saint Maxime le Confesseur, au VIIème siècle, parlait déjà d’une véritable « liturgie cosmique ». Le son primordial est un incessant producteur d’énergie. Comme manifestation du Verbe, il travaille toujours (Jn 5,17) : constamment les forces créatrices, qui animent le cosmos, traversent l’homme sous forme de fluides pour l’informer et le structurer.

 

Tout l’univers est construit par ces vibrations, mais seul l’être humain, grâce à sa conscience, peut entrer avec elles dans une relation de réciprocité. Quand on parle de conscience ici, il ne s’agit pas du mental, mais d’une conscience sensorielle, où le corps tout entier est impliqué comme expression de la totalité de l’homme, inséparablement corps-âme-esprit.


L’écoute est donc l’attitude fondamentale de l’homme, elle est ontologique, c’est-à-dire elle fait qu’un homme soit un homme. S’il est vrai que le son tisse l’homme à chaque instant, ce n’est que par l’écoute de ce qui est ancré ainsi au tréfonds de son noyau vital qu’il entre en communication avec la Source de son être. Vivre c’est écouter. L’écoute et la conscience sont une et même réalité. Là se trouve le Chemin de l’homme et sa capacité de métamorphose.


Nous sommes ainsi devant l’évidence que l’écoute est l’acte spirituel par excellence de l’homme. L’oreille perçoit le Son qui est au-delà de tout son et expérimente alors la dimension non conditionnée. Cette écoute est un recueillement dans les profondeurs de l’être, où l’on accueille ce qui est entendu pour s’en laisser pénétrer. La pénétration réciproque est le propre de l’amour. Quand je suis toute oreille et que j’écoute avec mon corps entier, je laisse pénétrer Dieu en moi, et mon tréfonds le plus secret entre mystérieusement en résonance avec Lui. Là est mon refuge personnel où je suis réellement « chez moi », un avec mon être et Celui qui m’engendre. Je me situe à mon point de jaillissement.


Il n’y a rien qui donne à l’homme, même le plus areligieux ou ignorant tout, autant de bonheur que la musique. Ne faisons pas de différence entre musique et chant ici, car le chant est une musique où l’homme lui-même se fait instrument, et inversement la musique est une voix : elle est la voix de l’univers sonore, la voix de l’humanité, partie intégrante de notre existence.


Là où il y a musique se concentre l’harmonie de l’univers entier. La musique relie les fréquences qui nous habitent avec celles qui vibrent dans le cosmos à des millions d’années lumière. Le son pénètre directement dans notre corps, puisque la matière est elle-même vibration ; rien ne peut toucher autant notre vie intérieure que ce dont est capable l’ouïe.


Celui qui, un jour, a été touché par une telle expérience de l’Etre en gardera à jamais les traces et la nostalgie, il n’en finira plus de se laisser conduire par la musique là où personne ne l’a encore conduit. Il sait désormais que l’Invisible est audible et qu’Il se manifeste au fond de lui par un royaume de Lumière.


Il faut faire l’apprentissage du mystère musical : d’abord traiter un morceau comme un mantra, en l’écoutant de nombreuses fois. Cette musique va alors se frayer un chemin, traverser les couches de notre conscience, descendre dans le subconscient et l’inconscient. De là on peut l’entendre, où que l’on soit, et fredonner la mélodie.


Lorsque nous accorderons à la musique autant d’intérêt qu’à la lecture d’un livre sérieux, si nous acceptons de nous offrir à elle et de nous y investir, elle cessera de n’être qu’un divertissement marginal et fera sa percée jusqu’au lieu où elle naît à chaque instant : notre être profond. La puissance de la musique exerce donc un immense travail de purification, sur l’univers de nos passions, précisément, toutes ces dépendances qui mettent l’homme en exil et lui font porter les masques de son esclavage.


Progressivement une transparence se crée en nous et nous devenons de plus en plus sensibles à cette Présence qui est l’arrière-plan de toute musique véritable. Nous assistons à l’éveil d’une nouvelle conscience, qui est en réalité une réciprocité des consciences divine et humaine : en nous conduisant jusqu’au noyau de notre être, au mystère de notre identité, la musique nous plonge en Dieu, d’où notre personne jaillit à chaque instant comme le ruisseau d’une source. Les sonorités se taisent, la musique a atteint son but : nous sommes dans le grand « Je suis » silencieux, qui englobe tout et révèle le contenu de notre propre profondeur. Nous avons découvert nos racines d’éternité en nous et sentons comment, autour de nous, l’infini s’inscrit dans le fini des choses.


Cela montre bien, comme les Pères l’ont toujours considéré, que la musique est d’essence divine et qu’elle propose à l’homme un chemin de divinisation. Pourquoi cette puissance de la musique ? La réponse à cette question constitue la trame sous-jacente à toute la Bible. C’est parce que « au milieu même » de la joie, à l’intérieur même de la louange et de la jubilation, se révèle la Face de Dieu.

 

L’expérience des ténèbres et de la joie dans l’écoute de la musique n’est autre que le Christ mort et ressuscité qui nous entraîne dans son sillage. Puisse chacun faire cette fabuleuse découverte qui change une vie…


Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

La suite de la lettre ici
http://www.centre-bethanie.org/lettre_84.htm

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