C'est en contemplant Le Retour du Prodigue peint par Rembrandt que j'entends le mieux la parabole,
que j'entre plus avant dans les chemins de la miséricorde, que je me laisse réconcilier avec Dieu. L'angoisse qui dénude féconde aussi l'absence et fait monter son cri aux accomplis d'un chant.
Je regarde le Père.
Un visage d'aveugle ; il s'est usé les yeux à son métier de Père.
Scruter la route obstinément déserte, guetter du même regard l'improbable retour.
Sans compter toutes les larmes furtives : il arrive qu'on soit seul !
Oui, c'est bien lui, le Père, qui a pleuré le plus. Si c'était lui le vrai « prodigue » !
Je regarde le Fils.
Une nuque de bagnard et cette voile informe dont s'enclôt son épave.
Des plis froissés où s'arc-boute et vibre encore le grand vent des tempêtes.
Des talons rabotés comme une coque de galion sur l'arête des récifs, cicatrices à vau-l'eau de toutes les errances.
Le naufragé s'attend au juge : « Traite-moi, dit-il, comme le dernier de ceux de ta maison... » Il ne sait pas encore qu'aux yeux , d'un Père
comme Celui-là, le dernier des derniers est le premier de tous.
Il s'attendait au juge ; il se retrouve au port, échoué, déserté, vidé comme sa sandale.
Enfin capable d'être aimé.
Appuyé de la joue, tel un nouveau-né au creux d'un ventre maternel, il achève de naître. La voix muette des entrailles dont il s'est détourné murmure enfin au creux de son oreille. Il entend : « Lève les yeux, prosterné, éperdu de détresse, et déjà tout lavé dans la magnificence ; lève les yeux et regarde.
Ce visage, cette Face très sainte qui te contemple amoureusement.
Tu es accepté, tu es désiré de toute éternité.
Avant l'éparpillement des mondes, avant le jaillissement des sources, j'ai longuement rêvé de toi et prononcé ton Nom. »
« Vois donc : je t'ai gravé sur la paume de mes mains. Tu as tant de prix à mes yeux. Ces mains, je n'ai plus qu'elles, de pauvres mains ferventes posées comme un manteau sur tes maigres épaules - tu reviens de si loin ! Lumineuses, tendres et fortes, comme est l'amour de l'homme et de la femme,
tremblantes encore, et pour toujours, du déchirant bonheur.»
Et d'une patience qui attend et d'une attente qui écoute, naît le dialogue insurpassable. Nous recevons de Dieu certitude et confidence ! Il faut misère pour avoir coeur. Notre assurance n'est plus en nous ; elle est en Celui qui nous aime.
Accepter d'être aimé... accepter de s'aimer...
Nous le savons, il est terriblement facile de se haïr.
La grâce est de s'oublier.
La grâce des grâces serait de s'aimer humblement soi-même, comme n'importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ. Encore faut-il avoir appris ce que tomber veut dire, comme tombe une pierre dans la nuit de l'eau.
Ce que veut dire «craquer», comme un arbre s'éclate aux feux ardents du gel, sous l'éclair bleu de la cognée.
Que peuvent savoir de la miséricorde des matins, ceux dont les nuits ne furent jamais de tempêtes et d'angoisse ?
Pour retentir à ces atteintes, il faut avoir vécu - et vivre encore - en haute mer, menacé sans doute, naufragé peut-être, mais à la crête des certitudes royales.
L'amour alors peut faire son oeuvre, nous féconder, nous rajeunir, nous re-joindre.
Que nous soyons dans l'inquiétude, le doute et le chagrin ; que nous marchions, le coeur serré, dans la vallée de l'ombre et de la mort ; que nos visages, n'aient d'autre éclat que ceux - épars - d'un beau miroir brisé. Un Amour nous précède, nous suit, nous enveloppe...
L'Inconnu d'Emmaüs met ses pas dans les nôtres et s'assied avec nous à la table des pauvres.
Malgré tous les poisons mêlés au sang du coeur, au creux de ces hivers dont on n'attend plus rien, rayonne désormais un invincible été.
Morts de fatigue, nous ne saurions rouler que dans les bras de Dieu.
Nous avons rendez-vous « sur un lac d'or » ! Le miroir est sans ride.
Du fond de toute détresse émerge un vrai Visage. Et l'icône est plus fine, plus précieuse, plus belle, quand l'homme qui l'a peinte est passé par l'enfer. Trinité de Roublev et « Trinité » Rembrandt...
Du fond des terres où rayonnent ces images, le Père des Miséricordes ne cesse de s'engendrer des fils, sous le couvert annonciateur et fécondant de mains plus vastes que des ailes.
L'ombre d'un grand oiseau nous passe sur la face. Les vrais regards d'amour sont ceux qui nous espèrent.
Rembrandt, le retour du prodigue
Paul Baudiquey




d'Asie Mineure du IVème siècle, il est né à Patara, une cité de Lycie, entre 250 et 270 après Jésus-Christ. Ses convictions chrétiennes le pousse à effectuer des pèlerinages en Egypte et en Palestine, mais l'Empereur Dioclétien le fait emprisonner par mépris pour cette religion. Il meurt le 6 décembre 343 ou 345 à Myre, victime des persécutions sous l'Empire romain. Depuis sa mort, le personnage alimente les légendes en souvenir de sa bonté. Saint patron des enfants, sa fête est célébrée dans les pays nordiques le 6 décembre. Il distribue des cadeaux aux enfants méritant. Cette légende a été importée aux Etats-Unis par les Hollandais et les Allemands au XVIIème siècle.
Père Noël est présent comme valet dans les pays de tradition germanique. Il prend de nombreux noms, tels que Knecht Ruprecht en Allemagne, Krampus en Bavière orientale et en Autriche ou Hans Trapp au Palatinat et en Alsace, avant de devenir la célébrité que l'on connaît aujourd'hui. La première évocation du Père Noël date de 1823 dans un poème américain de Clement Clarke Moore. Cette fable permit d'uniformiser les différentes traditions en coexistence. Ce conte décrit un vieil homme à la barbe blanche, à l'allure joviale et débonnaire, conduit par un traîneau tiré par huit rennes. La mitre de Saint-Nicolas est remplacée par un bonnet et la crosse par un sucre d'orge. En 1866, l'écrivain américain George P. Webster décrit les longs mois de l'été polaire, l'atelier et la maison du Père Noël enfouie sous les neiges du Pôle Nord. La représentation moderne du personnage apparaît pour la première fois en 1868 sur la couverture du "Harper's Magazine" dessinée par Thomas Nast, originaire du Palatinat. Le Père Noël est ainsi vêtu d'un costume rouge garni de fourrure. Il faut cependant attendre 1931 pour que son image devienne populaire. Haddon Sundblom propose sa version sur la célèbre affiche publicitaire de la compagnie Coca-Cola afin d'inciter les consommateurs à acheter cette boisson fraîche en plein hiver. L'illustration montre l'image du Père Noël que nous connaissons aujourd'hui et fut largement relayée par la presse écrite puis par la télévision ensuite.
défricheur dont la tâche essentielle consiste à maintenir l'ordre à la ferme et aux champs. Il se montre particulièrement coopératif si un bon repas lui est servi la veille de Noël. Dans de nombreuses fermes, un lit douillet lui était préparé pour la circonstance et la place d'honneur lui était réservée à table. Il est reconnaissable par son bonnet rouge et sa grande barbe blanche. Il est aussi équipé d'une épaisse fourrure de voyage pour se protéger des rigueurs hivernales. Cette histoire est en fait une allégorie du Père Noël. Clement Clarke Moore est le premier auteur à faire référence aux lutins dans un texte intitulé "A Visit From St Nicholas" (la visite de Saint-Nicolas) paru dans le journal "Sentinel" de New York en 1823. Il évoque des petites créatures qui secondent Saint-Nicolas dans la distribution des cadeaux aux enfants. Le récit est traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.
dans ses déplacements le soir du 5 décembre afin de punir les enfants qui n'ont pas été sages pendant l'année. Son histoire perdure dans l'Est de la France. Le mythe du Père Fouettard prend son origine dans différentes fables. On croit souvent qu'il serait une invention des pédagogues du XVIIIème siècle pour effrayer les garnements et les paresseux. En fait, le personnage naquît lors du siège de Metz par les troupes de Charles Quint au XVIème siècle. Les habitants de la ville assiégée décidèrent de tourner en dérision l'image de l'empereur en brûlant un mannequin à son effigie et en le surnommant le Père Fouettard. L'influence de la presse américaine fit perdre progressivement les attributs moralisateurs de Saint-Nicolas avec l'abandon du Père Fouettard, mais les parents usent encore de cette légende pour menacer les petits garnements de ne pas recevoir de cadeaux le soir de Noël.
Père Noël n'existait pas. Tremblez, effectivement. Je viens vous apprendre que le Père Noël est un tueur.