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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 20:37

Envie de ne rien faire ? Une fatigue mélangée à une tristesse profonde ? C’est peut-être "l'acédie", un mal spirituel qui peut toucher chaque chrétien, qui vous gagne.

Voici les conseils de trois grands moines qui l'ont vécu... et l'ont surmonté.

Un étrange état d’âme, une sorte de tristesse et de mélancolie frappait les premiers moines chrétiens, ceux qui avaient choisi de se réfugier dans le désert pour vivre plus intensément, dans la solitude ou en petites communautés, leur idéal de perfection spirituelle.

Ces hommes étaient parfois touchés par un malaise qui les rendait à la fois inquiets, insatisfaits, tristes et fatigués.

Un mal appelé par l’Église « acédie »  Un syndrome d’anxiété et de dépression, dirait-on aujourd’hui.

Ce mal de vivre pouvait prendre alors différentes formes : irritation vis-à-vis des confrères et de la vie monastique, manque de concentration dans la lecture et la prière, grande fatigue, faim et sommeil soudains, envie de nouveauté, désir incontrôlable d’être ailleurs.

Le « démon de l’acédie, qu’on appelle aussi démon de midi, est le plus pesant de tous les démons », avertit Évagre le Pontique, moine du IV siècle ayant vécu dans le désert égyptien : 

« Il attaque le moine vers la quatrième heure, et l’assiège jusque vers la huitième. Il commence par lui donner l’impression que le soleil est bien lent dans sa course, ou même immobile, et que le jour a cinquante heures. Puis il le pousse à regarder sans cesse par la fenêtre, le jette hors de sa cellule pour examiner le soleil et voir si la huitième heure approche, enfin l’incite à jeter les yeux de tous côtés, espérant la visite d’un frère. Il lui fait prendre en haine l’endroit où il se trouve, son genre de vie, le travail des mains ; il lui suggère qu’il n’y a plus d’amour parmi les frères, qu’il ne peut compter sur aucun…» 

L’acédie est une sorte de torpeur qui paralyse la foi et doit être combattue. Oui, mais comment ? Quelques pistes avec ces trois grands moines qui ont combattu l’acédie qui peut perturber insidieusement la vie psychique de chaque chrétien : 

Saint Antoine le Grand : Où que tu ailles, aie toujours Dieu devant les yeux.

Ascète et ivre de Dieu, comme de nombreux anachorètes aux premiers siècles du christianisme, saint Antoine le Grand (vers 251‑356) se retire dans le désert pour trouver dans le silence et la solitude les conditions idéales d’union à Dieu.

Comme le Christ, c’est donc au désert qu’Antoine éprouve sa foi.

Malgré le sentiment d’épuisement psychique, même de folie qui le traverse, il décide de résister aux visions imposées par Satan : « Je vis tous les filets du diable déployés sur la terre ».

Ce dernier s’efforce à le distraire de ses prières en le poussant à renoncer en esprit au jeûne auquel il s’astreint et, en rêve, à se vautrer dans la goinfrerie…

Il comprend alors que l’ascèse ne doit jamais être considérée comme une fin en soi.

C’est le Christ qui, vivant lui, est vainqueur des tentations, c’est le Christ qui agit en lui quand il chasse les démons. Le salut vient de Dieu. Comme il l’explique lui-même en donnant ce conseil précieux : 

« Garde ce que je te commande : où que tu ailles, aie toujours Dieu devant les yeux ; quoi que tu fasses, aie le témoignage des Saintes Écritures ; et en quelque lieu que tu te tiennes, n’en bouge pas facilement. Garde ces trois choses et tu seras sauvé ».

Saint Pierre Damien : Que la charité enflamme ton enthousiasme !

Moine-ermite camaldule, Pierre Damien (1007-1072) se voue très jeune à la prière, à l’ascèse et à l’étude des Saintes Ecritures, à la contemplation ainsi qu’à la prédication. Nommé prieur à Font Avellane (Ombrie), il est en relation avec les grands monastères de son époque, comme Cluny ou le Mont-Cassin.

Dans ses nombreux ouvrages qui ont fait de lui un docteur de l’Église, Pierre Damien insiste sur certaines manifestations du mal.

Frappé lui-même par la somnolence durant la lecture, il décrit cette « inévitable lourdeur des paupières à laquelle même un saint de grand tempérament n’arrive pas à résister ».

Pour lui, le remède se trouve dans la charité qui conduit à la vraie joie :

« Que l’espérance te conduise vers la joie ! Que la charité enflamme ton enthousiasme ! et que dans cette ivresse, ton âme oublie qu’elle souffre, pour s’épanouir en se dirigeant vers ce qu’elle contemple au-dedans d’elle-même ». 

Saint Romuald : Il n’est d’autre repos que le repos éternel.

Moine fondateur de l’ordre camaldule, celui que l’on connaît comme étant le dernier des Pères du désert, saint Romuald de Ravenne (vers 950 – 1027) a reconnu souffrir d’acédie. Celle-ci se manifestait notamment pendant l’apprentissage par cœur des Psaumes.

Face à la rébellion du corps contre les contraintes de la vie monacale qu’il subissait, il répétait qu’il ne fallait pas céder mais au contraire augmenter les veilles, les prières et les jeûnes.

Pour lui, le moine laborieux doit se souvenir qu’il n’est d’autre repos que le repos éternel.

Puisque les heures du matin sont celles où l’acédie se manifeste le plus fréquemment, il faut alors les occuper par la prière.

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 20:36

Damnoni, Crète, Grèce, photos du 28 juin 2021

Une icône de Saint Paisios l’Athonite diffuse de la myrrhe dans la petite église de Saint-Paisios à Damnoni dans le sud de la Crète, rapportent l’agence de presse Orthodoxia et Ekklisia Online.

Le doux parfum de la myrrhe remplit l’église, où les pèlerins affluent pour vénérer l’icône.

 

Icône de saint Paissios suintant de la myrrhe.
Icône de saint Paissios suintant de la myrrhe.
Icône de saint Paissios suintant de la myrrhe.

OrthoChristian a récemment rapporté deux guérisons miraculeuses de Saint Paissios au Congo, et l' ouverture d’une église dédié à saint Jean le Précurseur et aux saints Paissios, Porphyrios et Iakovos d’Eubée.

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27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 19:31

 

 Où ? Église Saint-Nicolas, à Saint-Maur-des-Fossés (94). • Haute de 70 cm, elle est en bois et datée du XIIe siècle.
 
10 juillet 1068 : date traditionnelle de création de la statue. D’autres textes évoquent 1060.
 
8 décembre : le pèlerinage annuel diocésain se cale au plus près de cette date, un samedi.
 
Vertus particulières : Notre-Dame des Miracles est invoquée pour la protection des enfants, pour les douleurs articulaires, rhumatismes, membres abîmés, mais également contre les maux de la guerre.

D'où vient ce culte marial si particulier à la Vierge Marie de Saint-Maur-des-Fossés ? Notre-Dame des Miracles a-t-elle été sculptée par les anges ? 

Elle est toute discrète, au fond de la petite église Saint-Nicolas, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Si fine, avec son air mélancolique et doux, la tête appuyée sur sa main. Les collégiens l’appellent la Vierge au téléphone. Et c’est vrai qu’elle semble en communication directe avec le Très-Haut.

Pourquoi se tient-elle le bras ? Pourquoi son expression change-t-elle selon le lieu depuis lequel on la regarde ? Parfois elle sourit, parfois son visage semble empreint de compassion. Et pourquoi, malgré son absence de faste et sa simplicité, retient-elle irrésistiblement l’attention ?

Un modeste écriteau lève un coin du voile : il s’agit de Notre-Dame des Miracles. Au fidèle du XXIe siècle, l’information ne dit pas grand-chose. Et pourtant, du XIe au XVIIIe siècle, elle fut l’icône de la Vierge la plus célèbre du royaume de France au point qu’on la compare volontiers à la Vierge de Lourdes de l’Ancien Régime.

Les adolescents la surnomment avec humour "la Vierge au portable". "Si Notre-Dame des Miracles porte la main à l'oreille, c'est pour mieux écouter l'annonce de l'ange Gabriel et les suppliques des croyants", explique plus sérieusement Joëlle Conan, directrice territoriale à la ville de Saint-Maur. 

Le pèlerinage de Notre-Dame des Miracles est un pèlerinage à la Vierge qui a lieu chaque année dans le diocèse de Créteil, dans le Val-de-Marne.

 L'origine du pèlerinage est liée à la découverte d'une statue de la Vierge qui, si l'on en croit la Tradition, est acheiropoïète, c'est-à-dire qu'elle ne fut pas faite de main d'homme. La statue est actuellement gardée à l'église Saint-Nicolas à Saint-Maur-des-Fossés.

Au XIe siècle, un grand féodal, Guillaume de Corbeil, dit « Guerlenc », fut chassé de ses fiefs normands par son cousin le duc Guillaume. Il obtint du roi de France Henri Ier d’être l’avoué de l’abbaye des Fossés.

Comme sa santé se détériorait, il fit vœu à la Vierge Marie de se faire moine dans cette abbaye, s’il venait à guérir. Son vœu fut exaucé.

Constatant le mauvais état des images du Christ et de la Vierge Marie dans l'abbaye en reconstruction, à la suite des destructions des invasions normandes, il résolut d’en commander de nouvelles au sculpteur Rumolde.

Celui-ci commença par l’image de la Vierge Marie. Mais à peine s'était-il attaqué au bois pour lui donner forme qu’il s’entendit appeler au dehors de la chapelle qui lui servait d’atelier.

Après de vaines recherches, il revint à son ouvrage qu’il eut la surprise de trouver complètement achevé. La Vierge Marie lui apparut par la suite sous l’aspect de cette image et le guérit d’un mal mortel. Ces faits se seraient produits le 10 juillet 10683.

Un pèlerinage fut alors créé. Il fut dès l'origine associé à celui des reliques de saint Babolin, premier abbé de l’abbaye des Fossés, et de saint Maur, abbé de Glanfeuil dont les reliques arrivèrent à l’abbaye en 868.

À l’époque médiévale, le pèlerinage attira des personnalités prestigieuses : Philippe Auguste, saint Louis, l’empereur Charles IV, Louis XI.

Autour du XIIIe siècle, le vocable de Notre-Dame des Miracles lui est donné, tant elle fait de guérisons.

Au XVe siècle, le pape Sixte IV, qui s’intéresse à l’Immaculée Conception, accorde une importante indulgence aux pèlerins qui réciteront l’oraison à Notre-Dame des Miracles devant la vénérable image.

Au XVIIe siècle, Innocent X accorde une indulgence plénière. Au cours de ce même siècle est fondée la Confrérie de Notre-Dame des Miracles, approuvée par Urbain VIII.

Une confrérie de prêtres se constitue autour du Père de Condren et d’Adrien Bourdoise, on y rencontre Monsieur Olier, saint Vincent de Paul, parfois saint François de Sales.

C’est avec l’aide de Notre-Dame des Miracles que se prépare le renouveau spirituel d’une France très éprouvée par les guerres de Religion.

La statue fut cachée pendant la tourmente révolutionnaire. Le pèlerinage reprend de plus belle au xixe siècle. Pie VII renouvelle les indulgences.

Les grâces répandues par le pèlerinage sont innombrables, les guérisons spectaculaires.

En 1907, Monsieur Roume, chargé de la restauration de l’image se voit aussi « miraculé » ; il fera une copie de la statue pour l’église de Masseret, dans le diocèse de Tulle, qui fait l’objet d’un pèlerinage.

On ne saurait dire pourquoi le dernier grand pèlerinage à Notre-Dame des Miracles de Saint-Maur des Fossés s’est déroulé en 1968.

Ce pèlerinage se déroulait depuis bientôt neuf siècles. À certaines heures, il s’était vu aussi important que l’est celui de Lourdes de nos jours.

Cliquer sur l'image ci-dessous pour passer à la suivante

Notre Dame des miracles
Notre Dame des miracles
Notre Dame des miracles
Notre Dame des miracles
Notre Dame des miracles

En 1988, lors de l’année mariale, un couple de fidèles vint demander la restauration du pèlerinage à l’évêque de Créteil. La statue vint donc présider la cérémonie mariale organisée pour le diocèse à Rungis.

L’église Saint-Nicolas fut déclarée sanctuaire jubilaire en 2000 et accueillit le premier pèlerinage des familles le 9 décembre. A partir de 2002 le pèlerinage des familles s’est perpétué le samedi le plus proche du 8 décembre.

Au XIXe siècle, nombreuses guérisons et très nombreux vœux exaucés. Au XXe siècle encore, de 1907 à 1927, « La Voix de Notre-Dame des Miracles », bulletin trimestriel du curé Demay, rapporte de nombreuses guérisons miraculeuses.

On signale à nouveau des guérisons (1979, 2002).

« Guérison des malades ou préservation des petits enfants que des mères apportent à l’autel de Marie pour qu’on récite sur eux l’Évangile » (Salmon, 1874) ; exaucement de vœux de toutes sortes.

Prière à Notre Dame des Miracles
 

"Mère immaculée de Jésus, notre Sauveur,
Marie, pleine de grâce, Nous te remercions d’avoir dit « oui » à l’ange Gabriel,
D’avoir donné chair au Verbe, pour que nous puissions naître à Dieu.
Tu as veillé à la croissance de Jésus,
Tu as su garder en ton cœur tout ce qui le concernait ;
Mieux que personne, tu as écouté sa parole et tu l’as mise en pratique.
Donne-nous un cœur qui écoute, pour faire ta volonté.
Toute belle sur la hauteur, toute proche de nous,
Notre Dame des Miracles,
Tu nous attires à toi, tu nous rassembles autour de toi,
Heureux de te redire notre pleine confiance.
Tu nous accompagnes dans nos rues, près de nos maisons,
Tu nous invites à recevoir ton Fils, la Lumière du monde,
Et les candelous nous rappellent que, baptisés,
Nous sommes fils de la lumière.
Nous te confions nos peines et nos joies, nos besoins, nos attentes,
Toi pour qui le Puissant a fait des merveilles,
Et qui continues de faire de discrets miracles en nos vies.
Avec toi, bien humblement, nous magnifions le Seigneur.
Notre Dame des Miracles, exauce-nous !
Notre Dame des Miracles, protège-nous !
Amen."

(Prière de Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse)

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