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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 20:44
Le 17 mai 1925, la canonisation de sainte Thérèse de Lisieux

« C’est certes un fait unique que, deux ans après sa béatification, la Carmélite de Lisieux puisse être mise au nombre des saints, mais qui s’en étonnera à la pensée de la multitude des grâces et prodiges obtenus en ces deux ans par son intercession ?

Il faut vraiment dire que, exauçant la prière formulée par son épouse avec une tendresse confiante d’enfant, le Christ a voulu réaliser la promesse que sur son lit de souffrance et tout près de rendre l’âme, elle avait faite de répandre sur la terre une pluie mystique de roses dès qu’elle serait parvenue au séjour céleste.

On peut voir comment depuis lors s’est répandue dans l’univers entier la renommée de celle qui avait passé sa vie obscure, cachée, ignorée du monde. Le livre que Sœur Thérèse, sur l’ordre de sa supérieure et sa sœur, avait composé sur sa propre vie dans la claire beauté de sa langue maternelle, pour décrire sa voie d’enfance spirituelle, n’est pas seulement entre toutes les mains, mais pénètre de sa suavité les cœurs des hommes les plus éloignés de la perfection chrétienne. Nombre d’entre eux ont été convertis par cette lecture et sont restés fixés dans la charité du Christ. »

Mgr Sébastiani au nom du Pape Pie XI

S. S. Pie XI assis, mitre en tête, docteur de l’Église universelle, prononça la formule rituelle :

« Pour l’honneur de la Sainte Trinité et de chacune des Personnes divines, pour l’exaltation de la foi catholique et le progrès de la religion chrétienne, par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, après avoir mûrement délibéré et avoir plus d’une fois imploré Ie secours divin, ayant pris conseil de Nos vénérables Frères les cardinaux de la Sainte Église Romaine, des patriarches, archevêques et évêques présents dans la ville, Nous déclarons sainte la bienheureuse Thérèse de l’Enfant-Jésus, Nous la définissons telle, Nous l’inscrivons au catalogue des saints et Nous décidons que chaque année. Le jour de sa naissance (au ciel), c’est-à-dire le 30 septembre, sa mémoire sera, devra être pieusement rappelée par l’Église universelle. Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. »

Puis dans son homélie « Il a donc plu à la divine bonté, poursuivit-il, de la doter et l’enrichir d’un don de sagesse vraiment exceptionnel. »  « car Notre prédécesseur immédiat l’atteste, la science des choses d’en haut fut si consommée en Thérèse, qu’elle a pu tracer aux autres une voie certaine du salut. »
« Si cette voie de l’enfance spirituelle se vulgarise conclut -il, on voit sans peine combien sera facilitée la réforme de la société humaine que, dès le début de Notre Pontificat, et surtout en promulguant le jubilé Nous Nous sommes donnés pour programme. Nous faisons donc Nôtre la prière par laquelle sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a clos le précieux livre de sa vie : « Nous te supplions, ô bon Jésus, d’abaisser ton regard divin sur un grand nombre de petites âmes et de te choisir une petite légion d’âmes victimes sur la terre dignes de ton amour. »

 

  • François VEUILLOT (le 19 mai 1925)

La Croix

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 19:30

L’Amour sans qualificatif

Dans les conversations de Bénarès, un nom revient sans cesse : celui de Kabir, saint qui vécut au XVe siècle dans la Ville sainte. Chaque année, des concerts interprètent ses compositions pour le plus grand plaisir des auditeurs.

Pour attirer l’attention des passants, les mendiants ont toujours en réserve quelques-uns de ses bons mots. Dans les écoles, on grandit avec ses poésies et, au soir de la vie, on meurt accompagné par sa sagesse inaltérable.

En un sens, Bénarès, c’est Kabir.

Si la mémoire de cet homme est restée très vivante, c’est parce qu’il est un pont jeté sur les fractures religieuses de l’Inde. Fils adultérin de brahmanes hindous, il fut recueilli par un couple musulman.

Étant ainsi à la fois enfant de Rama – l’avatar de Vishnu – et d’Allah, il pouvait interpeller avec une souveraine liberté les tenants de l’orthodoxie en dénonçant leur fanatique hypocrisie :

« Si Allah est uniquement dans la mosquée, à qui appartient le reste du monde ?

Si Rama est seulement dans la statue que tu découvres au terme du pèlerinage, alors qui adores-tu là où il n’y a pas d’effigies ?

Cherche-le dans ton cœur, cherche-le dans tous les cœurs :

là est sa demeure et sa résidence ! »

Kabir était tisserand, membre d’un groupe social qui reste l’un des plus défavorisés de Bénarès. Dans ses poèmes, il fut l’indomptable défenseur des pauvres qui le reconnaissent encore comme leur meilleur avocat.

Kabir était aussi convaincu du lien amical qu’il faut patiemment tisser entre les différentes communautés religieuses.

À l’image du va-et-vient de la navette sur l’écheveau, il savait que toute quête spirituelle nécessite du temps avant de plonger définitivement en Celui qui est l’Amour sans qualificatif car Dieu n’appartient à personne – ni aux hindous, ni aux musulmans. Au contraire, c’est à nous de lui appartenir tout entier !

« Nulle part on ne voit de plaie : d’où vient donc la douleur.

En vain on examine le corps : la blessure est invisible !

Celui-là seul comprend ce mal, qui l’a éprouvé :

L’amour de Rama est un dard acéré ! », chantait ce pèlerin de l’Absolu.

En Inde, la voix de Kabir ne s’est jamais tue. Elle résonne toujours dans la prière des Sikhs car nombre de ses vers furent incorporés au Guru Granth Sahib – le livre saint de la nouvelle tradition religieuse apparue à la même époque.

De plus, quelques-uns de ses disciples ont créé la lignée spirituelle des Kabir panthis afin de transmettre la sagesse inaltérable du Maître.

À Bénarès, on les rencontre au monastère de Kabir Chaura où j’ai eu le privilège de me lier d’amitié avec de talentueux jeunes moines d’une grande ouverture spirituelle.

L’un d’eux, Umesh Pratap Singh, a récemment créé un groupe de musique qui se produit sur les scènes fréquentées par la jeunesse.

Ainsi, grâce à son lointain héritier, le divin tisserand continue de former les cœurs d’une nouvelle génération en enseignant à dépasser les haines ancestrales qui font toujours rage entre l’hindouisme et l’islam.

Pour cela, il n’est pas d’autre chemin que de reconnaître en l’autre croyant son propre frère car

« il n’y a qu’un seul Nom, infini, insondable :

là se tient Kabir, inébranlablement ».

Par Yann VagneuxPrêtre des Missions étrangères de Paris vivant en Inde (1)

(1) Il a raconté son expérience dans Prêtre à Bénarès, Lessius, 304 p., 27 €.

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 20:30

J'ai rencontré Irakli Gogoladzé au monastère de Samtavro. Tout à coup, ce jeune homme d'environ vingt-cinq ans s'est approché de moi et m'a dit : "Vous savez, le staretz Gabriel a fait un miracle pour moi... J'ai entendu dire qu'on faisait une collection de ces histoires. Pourriez-vous me dire à qui je pourrais l'envoyer ?" J'ai répondu avec révérence et joie : "Je suis le traducteur et le compilateur de la version russe du livre, Le diadème du staretz..."

Sans me laisser finir, rempli d'émotion, il a commencé à me raconter son histoire. J'ai allumé le dictaphone et... je l'ai écouté me raconter une guérison miraculeuse par le staretz Gabriel (Ourguébadzé). J'aimerais partager cette histoire avec vous, chers lecteurs. 

Un miracle s'est produit dans ma famille grâce au staretz Gabriel.

Il n'était pas encore canonisé lorsque j'ai entendu parler de lui pour la première fois. Notre première "rencontre" a eu lieu lorsque j'étais, je pense, en septième année et que j'ai visité le monastère de Samtavro avec mes amis. N'étant encore qu'un enfant, j'ai été étonné par tout ce que j'ai vu sur la tombe du staretz - et tout d'abord par le nombre incroyable de personnes qui sont venues le vénérer.

Sans avoir vraiment conscience de ce que je faisais, je me suis également approché de la tombe, et c'est alors que mon amitié avec l'e staretz Gabriel a commencé. En m'inclinant devant la tombe, j'ai ressenti une immense grâce. Mon cœur était rempli d'amour. Sentant cette joie intérieure, j'ai voulu crier aussi fort que possible : "Je vous aime tous !"

La moniale Parasceva nous a donné de l'huile de la lampade sur la tombe du staretz Gabriel et nous a expliqué comment nous faire l'onction. J'avais l'impression d'avoir obtenu un pouvoir invincible. Et c'est ce qui s'est passé !

Quelques mois ont passé, et le désastre a frappé notre maison. Mon père est tombé malade du psoriasis. Nous avons fait le circuit de tous les hôpitaux, mais sa forme était si grave et son stade si avancé qu'aucun d'entre eux ne voulait nous recevoir. 

Après quelque temps, grâce aux intercessions de nos proches, mon père a été reçu à l'hôpital de Tbilissi pour des maladies de peau et vénériennes. Le traitement s'est déroulé très lentement. Les médecins ont dit qu'il lui faudrait au moins quatre mois pour se rétablir complètement. 

Une nuit, mon père a eu une crise cardiaque, et ils ont à peine pu lui sauver la vie. Alors je me suis souvenu du staretz, sur la tombe duquel des guérisons miraculeuses ont lieu. J'ai couru à la maison, j'ai pris l'huile de la lampade de la tombe du staretz Gabriel, et je suis venu à l'hôpital. Les médecins ne laissaient entrer personne dans sa chambre, mais lorsque j'ai expliqué la situation, ils ont accepté et m'ont laissé entrer en secret. Je suis allé voir mon père, et il dormait. Avec mon petit doigt, je l'ai oint trois fois en forme de croix avec l'huile, j'ai lu le "Notre Père" et j'ai demandé de tout mon cœur au staretz de guérir mon père. Puis je suis parti sans un mot.

Le matin, ma mère et moi sommes allés à l'hôpital avec un ami. Nous sommes allés dans la chambre de mon père... pour être plus précis, nous avons couru avec horreur quand nous avons entendu le cri de l'infirmière : "C'est pas possible ! 

Nous avons pensé, eh bien, c'est la fin ! Ma mère s'est évanouie. J'ai été saisi de tremblements que je n'avais pas la force de contrôler. Je suis entré dans la chambre et j'ai vu mon père assis sur le lit. J'étais stupéfaite. Il n'avait plus d'éruption sur le corps ni sur le visage, sa peau était comme celle d'un nouveau-né. 

Bientôt, le médecin-chef est entré dans la chambre, celui-là même qui m'avait permis de rendre visite à mon père. Je n'oublierai jamais l'expression de son visage à ce moment où il a vu son patient avec une peau absolument claire ! Le médecin s'est mis à pleurer et à se signer, en disant : "Gloire à Dieu... Gloire à ce statetz..." 

Alors mon père nous a arrêtés et nous a demandé de quel staretz nous parlions. Je n'ai même pas pu commencer à lui parler du staretz Gabriel avant que mon père ne nous parle du rêve qu'il a fait cette nuit-là. 

C'était comme si un prêtre à la barbe grise entrait dans la pièce et lui disait : "Eh, mon frère... Eh bien, jusqu'à présent, tu n'as pas reçu la communion ni eu de confession, mais tu as un fils et une femme croyants qui m'ont appelé ici. Je ne supporte pas de voir comment ils pleurent... Laisse-moi te guérir, et tu commenceras à vivre une vie religieuse. Va souvent à l'église, confesse-toi et reçois la communion. Alors nous serons amis... Sinon, je ne suis pas ton ami. Compris ?" 

Il a fait un clin d'oeil à mon père, a fait le signe de croix sur lui et est parti...

J'ai pleuré - tout le monde dans la pièce pleurait ! Bien que mon père n'ait jamais vu le staretz de son vivant, sa description du "prêtre" correspondait tout à fait à celle de saint Gabriel.

 

Gloire à toi, ô Dieu ! Gloire à toi, Père Gabriel !


Version française Claude Lopez-Ginisty
https://orthodoxologie.blogspot.com/2020/09/irakli-gogoladze-une-histoire.html

Gabriel, né Goderdzi Urgebadze était un moine orthodoxe géorgien vénéré pour sa vie monastique et sa piété. Avec de nombreux miracles qui lui sont attribués, la tombe de Gabriel à Mtskheta a attiré un nombre croissant de pèlerins.

Le père Gabriel Urgebadze, récemment glorifié, se vit demander comment prier pour les ennemis. Le staretz répondit : 

"D'abord, commencez par prier pour ceux que vous aimez le plus, par exemple pour vos enfants.

Ensuite priez pour les autres membres de votre famille. 

Ensuite pour tous ceux d'entre vos proches et vos voisins que vous n'avez pas eu comme ennemis.

Bénissez la ville dans laquelle vous vivez, mais pas seulement elle, bénissez tous les habitants du pays. 

Et votre pays n'est pas le seul, il est entouré d'autres pays - demandez à Dieu que les gens ne se querellent pas. 

Alors, lorsque vous aurez prié pour tout le monde, et que seul reste l'ennemi - ne l'abandonnez pas. 

Demandez à Dieu de remplir son coeur de bonté et de compréhension et de sagesse. 

Voilà comment vous saurez prier pour vos ennemis.


Saint Gabriel

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