Vous trouverez ici des textes extraits de mes écoutes et lectures "spirituelles". Si un mot, une phrase, une
pensée, touche votre coeur c'est que Dieu vous a fait signe par les mots de ceux qu'Il inspire.
Notre-Dame de la Voie est la patronne des cheminots.
Une église lui est consacrée à Athis-Mons (diocèse d’Évry), dans le quartier d’une ancienne gare de triage.
Il y a plus de mille ans déjà, à Rome, les voyageurs demandaient protection à Nostra Signora della Strada. Toujours à Rome, au 12ème siècle, une chapelle devient lieu de pèlerinage… Saint Ignace de Loyola y célébre la messe.
Cette chapelle devient ensuite propriété de la Compagnie de Jésus… puis Église du Gesù : on peut y voir le tombeau de Saint Ignace et le tableau de la Madonna della Strada.
En 1638, le pape Urbain VIII accorde au tableau de la Madonna della Strada les honneurs du couronnement… mais la couronne est dérobée ; elle est remplacée en 1885.
En 1890, le pape Léon XIII accorde une fête le 24 mai en l’honneur de Nostra Signora della Strada.
Le 17 septembre 1907, une délégation de cheminots catholiques est à Rome.
En audience privée, le Pape Pie X demande à Monseigneur Reymann qui accompagne les cheminots catholiques : « Avez-vous un Patron protecteur de votre Œuvre ? »
L’année suivante, le 22 novembre 1908, en la Basilique de Fourvière à Lyon, le Père Grognier conseille aux cheminots présents en pèlerinage de se placer sous la protection de « Notre Dame du Chemin ».
Six mois plus tard, le 23 mai 1909, à Rome, les cheminots sont à l’Église du Gesù et le Père Munier salue la protection de « Notre Dame de la Bonne Voie ».
C’est à Monseigneur Marnas, alors Vicaire général à Lyon, que nous devons le cantique à Notre Dame de la Voie.
Notre-Dame du Chemin,
reste avec nous quand nous sommes fatigués du voyage ;
car la route est longue et nos cœurs sont faibles.
Fortifie-nous et donne-nous le patience et la force d'âme
pour faire un monde de paix et de justice, pour acquérir un coeur de paix et de justice.
Venez, soyez notre guide.
Notre-Dame du Chemin,
conduis-nous quand nous ne pouvons pas voir le chemin.
Prends-nous par la main comme une Mère ;
murmurant du réconfort à nos oreilles,
nous guidant dans l'obscurité,
nous protégeant des terreurs de la nuit.
Infuse-nous ton courage,
et ton refus de céder à la peur et à l'inconnu.
Car en toi nous trouvons la Lumière qui nous fait avancer.
Notre-Dame du Chemin,
montre-nous le mystère que tu as révélé en son temps à Ignace (de Loyola) : le mystère du lâcher prise.
Que nous ne nous accrochions pas à nos sacs, ni à nos sandales, ni à nos manteaux
mais libérez sur le chemin ce que le chemin exige.
Parce qu'avec tout ce que nous abandonnons,
nous obtenions quelque chose de plus grand : la liberté.
Notre-Dame du Chemin,
montre-nous la voie.
Amen.
Notre Dame du TGV
La statue est située près de Benoîte-Vaux, un petit village de la Meuse d’une centaine d’habitants qui abrite un important lieu de pèlerinage lorrain depuis que des bûcherons, attirés par des chants célestes, auraient découvert une statue de Marie au pied d’un chêne déraciné.
Lors de la construction de la ligne TGV Nancy-Metz, les ouvriers ont été hébergés au presbytère. En guise de remerciement, ils ont érigé un petit oratoire dédié à Notre-Dame du TGV qui a ensuite été béni par le recteur du sanctuaire.
Mgr Jean de Saint-Denis ayant reçu, vers 1943, la commande d’une icône par les Compagnons de France -descendants lointains des corporations du Moyen-âge- peignit une grande icône de Notre Dame du Labeur, dans le manteau de laquelle sont représentés les principaux métiers des hommes. Marie, en effet, a accompli la plus grande oeuvre humaine, celle d’engendrer, selon la chair, le Fils de Dieu, et elle récapitule tous les labeurs des hommes. Et il composa une très belle litanie à N. D. du labeur, qui pourrait d’ailleurs être continuée, parce que tous les métiers, ou types de métiers n’y sont pas représentés, à condition d’en garder le style et l’esprit (mettre chaque métier en rapport avec sa symbolique spirituelle)* : je crois en avoir écrit quelques-unes. De plus, Mgr Jean ayant constaté qu’en France, le travail n’était fêté que par la « société civile » (les syndicats), sans référence à Dieu, il a aussi voulu rappeler le labeur des anges, qui, comme Dieu, « œuvrent sans cesse », et, ainsi, à travers Marie et les anges, sanctifier le labeur humain.
Il voulait rappeler, notamment, le grand miracle du renouvellement des icônes (et des coupoles d’églises) survenu en Russie, pendant la Révolution bolchévique, puis au début des années 30, avant le grand mouvement de destruction des églises par les Soviétiques (jusque vers 1942), puis en Chine, où le même miracle se produisit dans les églises russes, entre la fin de la guerre et la prise de pouvoir par les communistes (1945-1949)**. Un grand nombre d’icônes et de fresques, noircies par le temps et la fumée des cierges, retrouvèrent instantanément leur éclat et leurs couleurs par le ministère des anges. Il en fut de même pour de nombreuses coupoles d’églises. Le jeune Eugraph Kovalevsky fut témoin d’un de ces miracles à Karkhov en 1919 [il avait 14 ans et ses parents s’étaient réfugiés en Ukraine].
Nous avons célébré plusieurs fois cette liturgie dans notre paroisse. Je vous envoie la photo de l’icône et la litanie. Je vous joins aussi la lecture liturgique de la vie de l’évêque Jean, qui rapporte lui-même le miracle dont il fut témoin, que nous avons élaborée et introduite dans la liturgie de cette fête le 1er mai 1983***.
Il est important de prier actuellement pour ceux qui, par leur travail, nous permettent de continuer à vivre, pour les médecins et tous ceux qui soignent les malades, ainsi que pour les millions de chômeurs victimes de cette épidémie.
Que Dieu bénisse notre labeur et nous accorde qu’il produise des fruits spirituels.
P. Noël TANAZACQ
* On peut aussi la compléter : par ex.,
- après « Mère des médecins et des chirurgiens, », on peut ajouter : « des pharmaciens, des dentistes,…… et de tous les thérapeutes »
- après « Mère des imprimeurs », on peut ajouter : « des bibliothécaires, des documentalistes… et des informaticiens ».
Etc.
** Miracle planétaire, accompli devant des millions de témoins, et dont personne ne parle jamais, ni dans la presse, ni dans les livres d’histoire…
***Dans les rites occidentaux on peut introduire une lecture de la vie d’un saint (synthétisée et dans un style biblique) ou même un extrait de son œuvre, s’il est un Père de l’Eglise, avant la lecture canonique de l’Epître, ce qui n’existe pas en Orient.
Litanie de Notre-Dame du Labeur
Ave, Mère des cultivateurs et des vignerons, de ton sein très pur est sorti la vigne de la Vie éternelle.
Ave, Mère des jardiniers, tes entrailles sont des jardins de délices pour le Nouvel Adam.
Ave, Mère des pêcheurs, tes filets de vertus ont pêché Ichtys1, Dieu plongé dans les eaux de nos misères.
Ave, Mère des forgerons, ayant frappé le fer rouge du feu divin, tu forges des chaînes d’amitié entre Dieu et l’Homme.
Ave, Mère des fondeurs, carillon qui annonce par ton Fils la bonne nouvelle aux pauvres et la paix au monde.
Ave, Mère des mineurs, dans la grotte tu as frappé la terre de ta maternité et, demeurant Vierge, tu as donné naissance au Christ, charbon ardent de l’amour.
Ave, Mère des menuisiers et des charpentiers, tu charpentes le Ciel nouveau où Dieu est avec nous.
Ave, Mère des bouchers, l’Agneau immolé est ton Fils dont le Sang donne la vie aux mortels.
Avec, Mère des maçons, tu as bâti le temple pour la Sagesse prééternelle et Sa gloire y habite.
Ave, Mère des imprimeurs, le Nom qui est au-dessus de tout nom, Jésus, l’Alpha et l’Oméga, Lui la plénitude de l’alphabet, S’est imprimé en toi.
Ave, Mère des verriers, tu as soufflé une coupe de cristal sans défaut, le corps parfait d’un Dieu parfait.
Ave, Mère des orfèvres, de toi se détache une pierre précieuse, joyau inestimable, fondement du monde nouveau.
Ave, Mère des jongleurs, l’enfant d’Elisabeth en te voyant a tressailli dans le sein de sa mère et toutes les créatures sont entrées dans une ronde d’allégresse.
Ave, Mère des alchimistes, de la terre vile, tu as retiré l’or plus vrillant que celui d’Ophir et tu as extrait la Pierre d’angle, couronnement de l’œuvre divine.
Ave, Mère des tailleurs, tu as tissé le beau corps de l’Inaccessible et, voyant sa splendeur, l’humanité se presse de revêtir le Christ.
Ave, Mère des troubadours, la parole exquise bouillonne dans ton cœur et de tes entrailles jaillit le chant nouveau de la Résurrection.
Ave, Mère des médecins et des chirurgiens, tu as engendré le Médecin du monde, Qui, par Sa Croix, nous guérit de la mort.
Ave, Mère des teinturiers, tu as peint en blanc, ô merveille, les habits noirs du péché de l’homme déchu, par l’écarlate du sang de ton Fils.
Ave, Mère des serruriers, tu as ouvert la porte du Paradis avec la clef virginale, demeurant toi-même la porte close et donnant passage au héros de notre salut.
Ave, Mère des épiciers et de tous les commerçants, tu as donné naissance à Celui Qui nous vend gratuitement l’or de l’Evangile et l’argent éprouvé de la Parole pure.
Ave, Mère de tout labeur humain ! En toi, nous reconnaissons la Mère de Dieu et l’œuvre parfaite que, dans l’Esprit Saint, l’homme a forgée, sculptée, cultivée, battue, imprimée, teinte, ciselée, taillée, mesurée, pêchée, fondue, extraite, polie, édifiée et produite, ô Très Pure.
Protège tes enfants, sauve-les, Marie, pleine de Grâce, Notre-Dame du Labeur.
Mgr Jean de Saint-Denis (1905-1970) peignit en 1962 une grande icône de Notre-Damedu labeur pour les compagnons du tour de France et écrivit cette très belle litanie. Puis il sanctifia le 1er mai, en en faisant la fête de ND du labeur et du travail angélique, resituant ainsi tout le travail des hommes dans une perspective spirituelle. Il est bien de se tourner vers ND du labeur et de dire cette litanie lorsqu’on est en recherche d’un travail ou qu’on souffre dans son travail. P. N.T. (8-11-2013)
(1)Ichtys ou ichtus veut dire « poisson » en grec. Ce terme était un symbole chrétien dans l’Antiquité, parce qu’il est l’acronyme de : Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur.
Enregistrement audio et texte ci-dessous de Benjamin Barret
La célèbre et si belle "Prière de l'artisan", n'a point été composée par un obscur moine anglais du XIe s., comme le voudrait une légende récente, mais magistralement "compilée" par Philippe Ferrand, compagnon de l'Arche, sur la demande de Lanza del Vasto.
(JG) Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
Et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre.
(MN) Seigneur, dans tout labeur de mes mains laisse une grâce de Toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur.
Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil.
Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal, et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien.
(KG) Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a amour, et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi.
(LdV) Seigneur, enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant ; que si je fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne ; que si je fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ; mais si je fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien ; et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite, Amen !
Philippe Ferrand (1937)
Rencontre.
Lorsque ma mère et moi avons rencontré la communauté naissante pour la première fois, en 1949, je n’avais que 11 ans. Mais j’avais déjà lu des articles, j’étais très intéressé par le projet, et, loin d’être découragé par la nourriture très pauvre de ce repas plus que spartiate auquel nous avions été invités, j’ai tout de suite ressenti un appel extrêmement fort, au point de savoir que ce serait ma vie. Ma mère est devenue amie de l’Arche dans le groupe d’Angoulême, où j’ai rapidement trouvé ma place et où j’ai commencé à enseigner les exercices de l’Arche alors que j’étais encore lycéen.
En 1951, la communauté est venue jouer la Passion de Lanza dans les jardins du séminaire d’Angoulême. Autre épisode marquant. Shantidas était pour moi un maître spirituel, un maître de vie qui avait les clés de la non-violence et des problèmes du monde. Je le voyais peu, lors des conférences ou de nos visites, mais je le lisais régulièrement dans les Nouvelles de l’Arche.
À la Saint Jean 1953, une cinquantaine d’amis du groupe d’Angoulême avait loué un car pour rejoindre la fête de la communauté autour du feu. Prière dans la prairie avec les jeunes mariés du jour : Yvonne et Jean-Marie le Lionceau. C’est cette année-là que j’ai répondu avec conviction à une question de Shantidas concernant mon avenir : « Je veux devenir compagnon de l’Arche ».
À la Noël 1955, j’arrivai donc à Bollène pour rejoindre la communauté. De figure lointaine, Shantidas devenait figure proche et paternelle. Pour moi qui étais orphelin de père, c’était une rencontre énorme : je trouvais un père. Certains disent qu’il n’était pas paternel, qu’il était trop rigide ou trop dur. Je ne l’ai jamais vécu ainsi, je ressentais au contraire beaucoup de proximité.
Compagnonnage.
Commença alors un long accompagnement filial de 21 ans. Avec lui et dans la communauté, j’ai reçu une formation humaine, culturelle, spirituelle et artistique. J’ai appris le travail des mains, les exercices spirituels, la vie culturelle très riche à travers des causeries sur des sujets très variés comme l’art roman, les Cathares, etc. J’aimais le théâtre qu’il mettait en scène, la ciselure qu’il m’a enseignée, le chant…
Il était très proche de ses compagnons à cette époque. C’étaient lui et Chanterelle qui servaient à table, par exemple. Notre relation à eux était à la fois distante, par le vouvoiement, et réellement chaleureuse et profonde, comme dans une grande famille.
J’avais une grande admiration pour lui, tout en reconnaissant aussi ses défauts humains : ses colères, ses côtés autoritaires, ses exagérations diverses. Je l’ai parfois remis en question dans son rôle de maître spirituel, et j’ai pensé quitter l’Arche lorsqu’il a décidé brusquement de fermer la communauté du Moulin.
Avec lui, cependant, nous étions réellement co-créateurs. Ainsi Shantidas guidait les exercices, par exemple, mais nous y faisait participer. Nous avons composé le Grand Retour ensemble, nous le pratiquions pour voir ce qui n’allait pas. De même pour les danses sacrées composées par Gazelle. De même encore, lors du chapitre de 1975 qui fut une véritable co-fondation de l’Arche. Nous participions à ces fondements. Nous avons mis les textes à plat et les avons retravaillés ensemble, c’était une réelle collaboration.
Lorsque Laurence et moi sommes partis en 1976 pour fonder Bethsalem, Shantidas m’a salué en me disant : « Mon fils, mon frère… », me signifiant ainsi le passage d’une relation de paternité à une relation de fraternité.