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8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 20:26
Pain levé ou pain azyme

La question du pain levé (artos - ἄρτος) et du pain azime (azymos - ἄζυμος) dans l'Eucharistie n'est pas un détail liturgique mineur ni une question de coutume locale.

Elle touche au cœur même des mystères de l'Incarnation, de la Résurrection et de la vie de l'Église.

Cette distinction repose clairement sur trois niveaux : le langage des Écritures, la théologie du salut et la tradition historique et canonique.

Le point de départ n'est pas la spéculation, mais le langage même du Nouveau Testament.

Pour décrire l'institution de l'Eucharistie, les quatre Évangiles et saint Paul l'Apôtre utilisent le mot grec artos pour désigner le pain que le Christ a pris, béni, rompu et donné à ses disciples (Mt 26, 26 ; Mc 14, 22 ; Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 23-24).

Il existe une idée fausse très répandue selon laquelle la Cène était le repas de la Pâque juive, mais le Nouveau Testament ne le dit pas explicitement.

Si les Évangiles synoptiques utilisent un langage lié à la Pâque, ils ne décrivent pas clairement le rituel complet de la Pâque juive (le Seder) et ne mentionnent pas non plus ses éléments essentiels, tels que l'agneau pascal ou les bénédictions mosaïques spécifiques.

La théologie de l'Évangile de saint Jean clarifie le point crucial selon lequel le Seigneur Jésus est crucifié à l'heure même où les agneaux pascaux sont abattus dans le Temple (Jean 19, 14).

Cela signifie que la Cène a eu lieu avant la fête officielle de la Pâque, non pas comme un repas rituel de la Pâque selon la loi juive, mais comme un repas de la Nouvelle Alliance - le Christ lui-même est révélé comme le véritable Agneau.

Notre Jésus-Christ ne répète pas un ancien rite, mais il établit une nouvelle réalité (l'ombre cède la place à son accomplissement).

Et dans le grec biblique, artos n'est pas un terme vague ou neutre ; il désigne le pain ordinaire, le pain levé, le pain de la vie quotidienne.

Si les évangélistes avaient voulu faire référence au pain sans levain utilisé dans la Pâque juive, ils disposaient d'un terme précis et bien établi : azymos.

Or, ce mot n'est jamais utilisé pour décrire le pain eucharistique dans les récits de son institution.

Cela a son importance, car le Nouveau Testament ne laisse ici aucune place à l'ambiguïté ; le langage identifie le pain, et la théologie doit rester fidèle à ce langage.

Dans la tradition orthodoxe, le levain n'est pas un symbole du péché, mais de la vie, du mouvement et du pouvoir transformateur du Saint-Esprit.

Le levain rend la pâte « vivante » : elle lève, se dilate et se transforme de l'intérieur, tout comme la grâce divine transforme la nature humaine en Christ.

C'est pourquoi le pain levé (artos) est considéré comme le symbole approprié du Corps ressuscité du Christ - un Corps vivant, animé, rempli du Saint-Esprit... et non un corps traité comme un cadavre conservé.

L'Eucharistie proclame le Christ non pas comme celui qui est simplement mort, mais comme celui qui vit et donne la vie.

Le pain sans levain (azymos), en revanche, est indissociable de la Pâque de l'Ancien Testament, de la hâte, de la fuite d'Égypte et d'une étape de l'histoire du salut encore sous l'ombre de la Loi.

L'orthodoxie insiste sur le fait que la Nouvelle Alliance ne se contente pas de prolonger la Loi, mais qu'elle l'accomplit et la transcende.

L'introduction du pain sans levain dans l'Eucharistie est donc considérée comme une forme de judaïsation rituelle, un retour aux ombres après que la réalité soit déjà venue.

La question n'est pas de savoir quel pain est « techniquement valable », mais quel Christ nous confessons : le Seigneur vivant et ressuscité, ou un symbole contraint par les catégories de l'ancienne Loi.

Tout au long du premier millénaire, l'Église tout entière (Orient et Occident confondus) a utilisé du pain levé dans l'Eucharistie ; ce n'est qu'au Xe ou XIe siècle que l'Église romaine a progressivement adopté le pain sans levain, un changement considéré comme unilatéral et dépourvu de fondement apostolique.

Les conciles orthodoxes et la tradition canonique, en particulier le concile de Trullo (sixième concile œcuménique), ont explicitement condamné l'utilisation du pain sans levain, y voyant une rupture avec la tradition apostolique et un préjudice à l'enseignement de l'Église sur la rédemption complète et la présence du Saint-Esprit dans le sacrement.

La question n'a jamais été purement liturgique ; elle reflétait une théologie appauvrie dans sa profondeur pascale et pneumatologique.

L'Eucharistie du Nouveau Testament n'est pas la répétition d'un rituel ancien, mais la transformation de la vie humaine ordinaire en un lieu de grâce.

Le pain levé - le pain de la table humaine - est offert et devient le Corps du Christ par la puissance du Saint-Esprit. Telle est la logique même de l'Incarnation : Dieu n'abolit pas la matière, mais la rachète et la transforme.

Le pain levé devient ainsi un signe de la vie et du travail humains - la farine et le levain, le travail et l'attente... tout cela est accueilli dans le Royaume de Dieu et transfiguré de l'intérieur.

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7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 20:53
Vous aussi tenez-vous prêts

Luc 12.35-48 

Abba Philémon

Un frère, du nom de Jean, vint du couvent des Paraliotes trouver Abba Philémon, et lui tenant les pieds, il lui dit: Père, que dois-je faire pour être guéri? Car je vois mon intelligence tourner et errer çà et là, où il ne faut pas. »

Il attendit un peu et répondit: Cette maladie est celle des hommes du monde; elle persiste parce que tu n'as pas encore un désir parfait de Dieu. La chaleur du désir et de la connaissance de Dieu n'est pas encore entrée en toi. Le frère dit: Père, que dois-je faire ? ». Il lui répondit :

Retire-toi, sois sobre et vigilant dans ton cœur et, avec crainte et tremblement, dans cette sobre vigilance, dis en ton intelligence: Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi ». Aie donc cela dans ton cœur à tout moment.

Que tu manges, que tu boives, que tu te trouves en compagnie, que tu sois hors de ta cellule, que tu sois en chemin, que cela ne te quitte pas. D'une pensée sobre et vigilante et d'une intelligence ferme et droite, prie cette prière, chante er médite les prières liturgiques et les psaumes.

Et que, dans les néces sités mêmes du corps, ton intelligence ne cesse pas de méditer et de prier en secret. C'est ainsi que tu pourras comprendre les profondeurs de la divine Écriture et la puissance qui est cachée en elle, et donner à l'intelligence un travail continuel, afin d'accomplir la parole de l'apôtre qui dit : « Priez sans cesse » (1 Th 5.17).

Sois donc rigoureusernent attentif et garde ton cœur, pour qu'il n'accueille pas de pensées mauvaises ou n'importe quelles pensées vaines et inutiles. Mais, à tout moment, que tu sois couché ou levé, quand ton cœur, en sa réflexion, tantôt médite les psaumes, tantôt dise la tu manges et bois, quand tu rencontres quelqu'un, que secrètement prière: Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi ».

Si ta prière et ta méditation des Écritures demeurent continuel. les, les yeux de l'intelligence de ton âme s'ouvriront, celle-ci éprouvera une grande joie et un désir ineffable et violent : même la chair sera embrasée par l'Esprit, au point que l'homme tout entier sera spirituel.

Quand donc Dieu te jugera digne de prier jour et nuit d'une intelligence pure, hors de toute distraction, ne t'attache plus à ta propre règle. Mais autant que tu le peux, unis-toi toujours davantage à Dieu. C'est lui qui éclairera ton cœur sur l'œuvre spirituelle que tu dois accomplir.  »

Après avoir, par ces paroles, bien armé le frère et l'avoir confié au Seigneur et à l'Esprit de sa grâce, il le renvoya.

Le frère qui vivait avec Abba Philémon raconta ceci : « Un jour que j'étais assis près de lui, je lui demandai s'il avait été éprouvé par les agressions des démons quand il était au désert ». Il me dit : « Frère, pardonne-moi.

Si Dieu permettait que viennent sur toi les tentations que j'ai reçues du diable, je ne pense pas que tu puisses supporter leur amertume. J'ai soixante-dix ans ou à peu près. J'ai passé la plus grande partie de ma vie dans les tentations.

Alors, j'agissais toujours ainsi : je remettais toute mon espérance à Dieu, et lui me délivrait aussitôt de toute détresse.

C'est pourquoi, frère, je ne m'occupe plus de moi-même, car je sais que lui se soucie de moi, et je supporte plus légère-ment les épreuves qui m'arrivent.

Je n'apporte de moi-même qu'une seule chose: la prière continuelle. Il faut prier continuellement pour qu'aucune autre pensée ne vienne nous séparer de Dieu et ne prenne sa place dans notre intelligence».

In Philocalie des Pères Neptiques, Abbaye de Bellefontaine, 1986, T7, p. 68s 
 

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 10:34
On ne pactise pas avec la mort

La loi sur "le droit à l'aide à mourir" concerne tous les Français sans exception, puisqu'elle statue sur la vie et la mort de chacun. En particulier, elle instaure l'euthanasie et le suicide assisté comme solutions - voire comme soins - face à la maladie, à la souffrance, au vieillissement, au handicap, à la dépression... Cet essai dénonce vigoureusement le cynisme et le nihilisme d'une loi qui se présente sous des abords flatteurs en invoquant la liberté de choix, la dignité et la fin de la peur et de la souffrance, alors qu'en réalité, l'idéologie mortifère qu'elle recèle montre que l'homme, réduit à sa biologie et à son utilité économique, est remplaçable, et que son existence ne vaut pas grand-chose. Elle aboutit ainsi au meurtre légalisé, et ouvre la voie à l'eugénisme. Ce livre est un combat, une réflexion qui veut réveiller la conscience morale de chacun, athée ou croyant, et nous rappeler notre responsabilité envers autrui.

Interview de Jacqueline Kelen

Extraits de l'ouvrage

On ne badine pas avec la mort.

En très peu d’années, le besoin de légiférer sur la mort s’est acheminé vers une légalisation de la mort.

D’abord pour quelques-uns,présentés comme « éligibles » ou encore volontaires ; ensuite, égalité oblige, ce sera possible pour tous les citoyens qui en feront la demande car, démocratiquement, ils y ont « droit ».

Je me demande si les Français, qui tous sont concernés par la loi sur « l’aide à mourir », autant dire l’euthanasie active, se rendent compte de l’effarante manipulation dont ils sont l’objet. Ils se croient libres, comme la propagande le leur assène, de « choisir leur mort », en réalité ils entrent tête baissée dans un plan cynique et financier d’élimination.

En effet, une société matérialiste qui repose sur le profit et l’efficacité ne voit dans l’individu que sa fonction économique ; elle a donc tout
intérêt à se délester des « inutiles » : les vieux, les handicapés, les malades mentaux, etc.

Ceux qui non seulement ne font pas tourner la machine et sont un obstacle à l’idole Progrès, mais de plus coûtent très cher.

Tel Héraclès à la croisée des chemins (celui de la Vertu ou celui du Vice), les députés de l’Assemblée Nationale ont eu à décider entre les soins accordés à tous et jusqu’au bout, malgré le prix à payer, et une mort programmée, instantanée et quasiment gratuite.

Le 27 mai 2025, les députés de l’Assemblée Nationale ont voté, à 305 voix contre 199, l’approbation du projet de loi sur « le droit à l’aide à mourir ». À savoir : recevoir d un tiers (faut-il dire un « soignant » ?)une substance létale (euthanasie) ou bien se l'administrer soi-même (dénommé suicide assisté).

Il faut ajouter que, en premier lieu, les députés ont voté à l’unanimité en faveur des soins palliatifs qui accompagnent les malades en fin de vie sans interruption brutale.

Mais ne soyons pas dupes de cette compassion générale : c’est plutôt pour montrer combien leurs intentions en ce domaine sont bienveillantes et pures. En réalité, le député (ils seront 305) qui
va ensuite voter, sans état d’âme, en faveur de l’euthanasie active et du suicide assisté se moque éperdument des soins palliatifs qui prennent du temps et de l’argent.

Revenons à Héraclès, adopté par les Romains sous le nom d’Hercule, héros vaillant et endurant. Son choix ne se situe pas entre vivre et mourir, il se trouve du reste au début de son noble parcours. Son choix est d’ordre moral. 

Soit il s’engage du côté du Souverain Bien, soit il pactise avec les forces négatrices et destructrices. Le chemin exigeant de la Vertu élève un être humain, le rend digne, lui révèle sa liberté et sa grandeur tandis que l’autre chemin, très facile, le ravale au niveau des instincts mortifères et des passions dégradantes.

Or, dans les débats autour de la loi sur « l’aide à mourir », la question morale n’a pas été prédominante ni même déterminante. On a parlé d’une « grande réforme sociétale », on a évoqué une «rupture d’ordre anthropologique » - et autres abstractions pour noyer le poisson et estourbir les consciences. 

Très peu ont osé rappeler l'interdit majeur qui empêche de mettre à mort autrui - que celui-ci soit âgé, malade, incurable, dément, etc. Un interdit majeur que ne commande pas seulement la religion mais qui est le fondement de toute société civilisée et le socle de la morale humaine.

Avant de provoquer sciemment la mort d’une personne, même si celle-ci est consentante, il serait plus que nécessaire de s’interroger sur la mort elle-même, puisqu’elle est inhérente à la condition humaine. 

Cette réalité concrète, ce destin commun à toute l’humanité sont à l’origine de tout questionnement philosophique, de toute croyance religieuse, de tous les rites funéraires pratiqués par les civilisations du monde ; et dans chaque conscience humaine ils font naître angoisse ou espérance, ils alimentent le sentiment tragique de la vie ou font pressentir une destinée plus haute, une survie bienheureuse dans l’au-delà.

Esquiver la réalité inéluctable du trépas par le déni, la peur, l’arrogance ou la futilité est déjà preuve de sottise et d’immaturité , et se dérober au questionnement et à la réflexion que suscite immanquablement la mort témoigne d’un niveau intellectuel et culturel très bas ou bien d’une anesthésie générale des consciences.

Les plus anciens mythes de l’humanité, les textes sacrés de toutes les civilisations du monde éclosent de cette confrontation violente avec la mort, ils tentent non pas de l’expliquer, mais d’y discerner un sens et même une ouverture inouïe. 

Et, par là, de conférer un sens à l’existence terrestre. Bien antérieur à la Bible, où la mort humaine fait son apparition avec le crime commis par Caïn sur son frère Abel, l’Epopée de Gilgamesh, née à Sumer, et datant de 2000 ans avant notre ère, représente le premier écrit de l’humanité.

Elle parle d’un roi, Gilgamesh, jeune, riche et puissant, souverain d’Uruk, qui vit selon ses désirs et ses plaisirs jusqu’à ce que la mort de son ami Enkidu le bouleverse. Dès lors, quittant tout, Gilgamesh part en quête d’une plante d’immortalité que détiendrait un sage qui vit par-delà les mers.

...

Point besoin de multiplier les références aux Livres saints. Il convient surtout de rappeler que celui qui a foi en Dieu, qui aspire à mener une vie spirituelle et espère en la vie éternelle ne saurait se mettre à la place de son Créateur ni s’ériger en maître de la vie et de la mort. 

L’obéissance à la Volonté divine n’a rien d’un asservissement. Elle n’empêche pas de soigner son corps, de lui offrir des remèdes. Mais elle instaure des limites claires et infranchissables à l’arrogance et à l’avidité des hommes. La foi est un acquiescement à ce qui nous dépasse, ainsi qu’une confiance et un abandon à la Providence. 

Elle n’est pas une garantie contre les épreuves de l’existence, mais une force qui tend vers le monde invisible et « les réalités d’en Haut », une révérence envers la Transcendance et envers le mystère insondable de la Vie.

Autrement dit, celui qui est fidèle à Dieu, celui qui adhère à l’une des trois religions du Livre se trouve dans l’impossibilité absolue de souscrire au projet de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté.

Sinon, une telle compromission, qui se veut progressiste, équivaut à une trahison.

Dans le domaine spirituel, il n’y a pas de petits arrangements. Il faut choisir : le Ciel ou bien le siècle.

J'ai été étonnée d’apprendre, par divers sondages récents, que de nombreuses personnes qui se disent chrétiennes approuvent l’euthanasie telle que le texte de loi la présente actuellement.

D’évidence, ces personnes n’ont guère réfléchi à la question, ou ont été très influencées par les médias prosélytes, et, devant la perspective certaine du trépas, elles ont exprimé à la fois leur angoisse et leur besoin de sécurité et de bien-être plutôt que d’écouter la voix de leur conscience et de laisser parler leur cœur.

À l’attention de ces chrétiens, je me permets ici de remettre en mémoire quelques vérités évangéliques afin de réveiller les esprits engourdis ou ignorants.

Commençons par la prière enseignée par Jésus lui-même, le Pater ou Notre Père. « Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 9} est-il proclamé. 

La prière se termine ainsi : « Délivre-nous du Mauvais » (Mt 6, 13). Le disciple du Christ n’affirme pas « moi d’abord », « ma volonté en tout » ; et il ne demande pas d’être délivré du souffle de vie, mais du Malin, du Mal qui mène dans le monde sa sarabande.

Par ailleurs, l’évangéliste Jean transmet le message essentiel du Christ : « Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 12-13). Nulle part il n’est dit qu’il est bon de donner la mort à ceux qu’on aime.

Venons-en à la pratique.

Souvent un chrétien prie tel saint ou sainte, ou encore invoque une figure angélique ou divine pour demander que quelqu’un guérisse, que ses souffrances soient atténuées, pour souhaiter que sa mort soit paisible, qu’elle soit accompagnée de sacrements et de présences affectueuses. Ce qu’on appelait naguère une « bonne mort ».

Oserait-il prier pour que tel proche meure au plus vite, avec le concours chimique et l’aide gouvernementale ? Existerait-il un saint préposé à l’euthanasie ?...

Et de quelles prières accompagner, lors d’obsèques à l’église ou au temple, le corps d’une personne euthanasiée ? « Seigneur, reçois dans ton Royaume celle que très chrétiennement nous avons
expédiée par une piqûre létale auprès de Toi ».

Encore une fois, il s’agit d’être cohérent. Et de ne pas se laisser gagner par l’esprit du monde. Ou alors, c’est le cœur qui fait défaut, qui démissionne. « Par suite de l’iniquité croissante, l’amour se refroidira chez le grand nombre » (Mt 24, 12). L’ère glaciaire à l’horizon.

Lorsqu’un enfant vient de naître et n’a que quelques jours d’existence sur terre, les parents s’inquiètent, et c’est heureux : est-ce que, le matin, ou même pendant la nuit, le nouveau-né respire encore ? Est-ce qu’il est vivant ? Si oui, quel soulagement, quelle joie !

Le souffle de vie, si fragile, si mystérieux. Absolument gratuit.

Pourquoi au sujet de la personne qu’on aime, quoique âgée, infirme ou souffrante, pourquoi ne pourrait-on souhaiter ardemment : puisse-t-elle respirer au matin suivant, et encore ce jour, et un autre jour…

Faut-il penser que le désespoir et le négativisme ont gagné ? Si un chrétien ne témoigne plus de la Résurrection, s’il n’a plus foi en la vie, en le Christ Vivant, la mort étend son empire ténébreux, le Mauvais et sa troupe se frottent les mains.

La seule question pour un chrétien n'est pas : que faire pour ne pas souffrir, pour mourir tranquillement, confortablement, à l'heure que je désire? Mais : comment vivre ici sur terre pour avoir part à la vie éternelle ?

Ne confondons pas le temporel et l'impérissable. Le provisoire et l'éternel.
 

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