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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 23:00

Le père Joseph l'Hésychaste disait : «Comparée à la lumière divine, la lumière du monde, même lorsque le soleil est à son plein midi, n'est que ténèbres. Chose étrange : alors a lieu une communion, une union de l'Infini et de l'Incréé avec les hommes créés et limités. Par son énergie, ceux-ci sont vraiment transformés en dieux et fils du Très-Haut. C'est alors seulement que l'homme peut comprendre et avoir l'assurance dans tout son être qu'il est image et ressemblance de Dieu Lui-même. Toute limitation du temps et de l'espace disparaît. Il devient extérieur à toute durée et à tout espace, et se trouve plongé dans la paix. Il sent qu'il est devenu semblable au Dieu auquel il a participé, selon Ses énergies. Il sent qu'il est dieu au sein de Dieu, sans savoir comment ou à quel degré. Il oublie tout ce qui appartient à sa situation antérieure et à son origine. Il ne connaît que le Dieu qui l'enveloppe, combien Il est doux. Il ne doute pas, ne s'étonne pas, ne cherche pas à sonder, mais jouit pleinement d'un bonheur sans mesure qui ne lui semble pas étranger, mais lui apparaît comme quelque chose qui lui appartient et qui est comme naturel.»

Extrait de Florilege du Mont Athos
Fabian Da Costa
Presses de la Renaissance

En savoir plus sur Joseph l'hésychaste

=> Livre

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25 septembre 2005 7 25 /09 /septembre /2005 23:00

AMI,

 

Il n'y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

 

Le ciel ne peut descendre jusqu'à nous à moins que notre coeur n'y trouve aujourd'hui même son repos. Prenez donc le ciel.

 

Il n'existe pas de paix dans l'avenir qui ne soit cachée dans ce court moment présent. Prenez donc la paix.

 

L'obscurité du monde n'est qu'une ombre. Derrière elle et cependant à notre portée se trouve la joie. Il y a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffable si nous pouvons seulement les voir. Et pour voir, vous n'avez qu'à regarder: je vous prie donc de regarder .

 

La vie est généreuse, donatrice mais nous qui jugeons ses dons d'après l'expérience extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs.

 

Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessus d'elle une vivante splendeur, tissée d'amour par la sagesse, avec d'abondants pouvoirs.

 

Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l'ange qui vous l'apporte.

 

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l'ange; le don est là ainsi que la merveille d'une présence adombrante.

De même pour nos joies: ne vous en contentez pas en tant que joies: elles aussi cachent des dons divins.

 

La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement emplie de beautés en dessous de son enveloppe, que vous vous apercevrez que la terre ne fait que recouvrir le ciel. Courage donc pour le réclamer. C'est tout.

 

Mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui à travers des pays inconnus se dirigent vers leur patrie.

 

Ainsi, en ce jour, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière; que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

Fra Angelico da Fiesole

 

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22 septembre 2005 4 22 /09 /septembre /2005 23:00

Jean COLSON
SION VAUDEMONT
ou« La Colline Inspirée »
Collection « Hauts lieux de spiritualité »
Editions S.O.S.

INTRODUCTION

Pourquoi parler encore de ce haut lieu de Sion-Vaudémont après qu'il a été chanté par Maurice Barrès dans « La Colline Inspirée » ?

Si je le fais pourtant, c'est que mon propos est de poursuivre en théologien chrétien la réflexion que Barrès a tenté d'amorcer, sur l'unité profonde de ce haut lieu, comme d'ailleurs de tout haut lieu païen christianisé. Durant des millénaires, laissés à leurs seules lumières naturelles - encore que, si l'on en croit certains Pères de l'Eglise primitive, le Verbe de Dieu les guidait mystérieusement, inconsciemment, vers sa Lumière - les hommes ont tourné leurs regards et sont montés vers de tels hauts lieux considérés par eux comme sacrés. Là, pensaient-ils, était concentrée l'énergie divine présidant aux puissances du cosmos qu'ils tentaient de se concilier, ou tout au moins de conjurer.

Or, quand le christianisme, qui s'affirme porteur de la révélation du vrai Dieu, a triomphé des religions, les croyants ne se sont point détournés de ces hauts lieux.

Le problème qui se pose alors est celui-ci : La foi chrétienne, si elle est d'un autre ordre que le sentiment religieux, n'aurait-elle pas dû les supprimer, ou, du moins, en détourner ses fidèles, sous peine de se dégrader en une sorte de pagano-christianisme, en les reconnaissant, ainsi que l'a écrit Barrès, comme « des lieux où souffle l'esprit », des « temples du plein air », « élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse ».
 
C'est ainsi que Barrès reconnaît « un de ces lieux inspirés » en « la colline de Sion-Vaudémont (...) sorte d'autel dressé au milieu du plateau qui va des falaises champenoises jusqu'à la chaîne des Vosges », et que « dans tous nos cantons, dès que le terrain s'élève, le regard découvre avec saisissement », « belle figure immobile, soit toute nette, soit voilée de pluie, colline posée sur notre vaste plateau comme une table de nos lois non écrites », dont « la présence inattendue jette dans un pays agricole, sur une terre toute livrée aux menus soins de la vie pratique, un soudain soulèvement de mystère », et au sommet de laquelle « cette souplesse et le ton salubre d'une atmosphère perpétuellement agitée (...) donnent une divine excitation à notre esprit, nous dégagent, nous épurent, nous disposent aux navigations de l'âme », « belle colline » qui « fait sortir la pensée voilée, toute prête avec son pur désir pour le mariage du divin... C'est ici l'un des théâtres mystérieux de l'action divine ».

Bref, si l'on en croit Barrès, c'est « le site » qui « produit son effet », cet « horizon et ce vaste paysage de terre et de ciel ».

Mais alors, si, comme l'affirme la foi chrétienne, la réponse à notre soif du divin nous est donnée par la Parole de Dieu proclamée dans la tradition de l'antique Israël et par le Verbe divin lui-même, incarné en Jésus Christ, est-il encore utile de continuer à inviter les chrétiens à processionner sur une colline où, dans la nuit des temps, avant que naisse la Lumière, nos ancêtres pensaient trouver un lieu privilégié pour « le mariage du divin » ?

Tel est le problème que nous pose un site de pèlerinage tel que la « Colline Inspirée » de Sion-Vaudémont.

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