Madre Mariana de Jesús Torres (ou Mariana Francisca de Jesús Torres, 1563-1635) était une religieuse conceptionniste espagnole, cofondatrice du monastère de l’Immaculée Conception à Quito (Équateur, alors colonie espagnole). Elle aurait reçu des apparitions de la Vierge Marie sous le titre de Notre-Dame du Bon Succès (Nuestra Señora del Buen Suceso) entre 1594 et 1634. Ces messages, transmis principalement via la biographie du Père Manuel Sousa Pereira (écrite au XVIIIe siècle à partir de documents antérieurs), contiennent des prophéties détaillées sur l’Équateur, l’Église et le monde, en particulier les XIXe et XXe siècles.
Principales prophéties
Elles portent sur plusieurs domaines :
Sur l’Équateur et son histoire
- La colonie espagnole deviendrait une république libre appelée Équateur.
- Au XIXe siècle, un « président vraiment catholique, homme de caractère » consacrerait la République au Sacré-Cœur de Jésus et recevrait « la palme du martyre » sur la place adjacente au couvent. Cela est identifié à Gabriel García Moreno (président, consécration en 1873, assassiné en 1875 près du couvent).
Sur les dogmes et la papauté
- Le dogme de l’Immaculée Conception serait proclamé à une époque où l’Église serait très combattue et le pape « captif » (réalisé par Pie IX en 1854 ; il se considéra prisonnier du Vatican après 1870).
- L’infaillibilité pontificale serait déclarée par le même pape (Vatican I, 1870).
- Mention aussi du dogme de l’Assomption.
Sur la crise de l’Église et de la société (fin XIXe et surtout milieu/après-milieu du XXe siècle)
- Satan régnerait « presque complètement » par les sectes maçonniques.
- Corruption totale des mœurs : passions déchaînées, luxe effréné, impureté généralisée (« presque plus d’innocence chez les enfants ni de pudeur chez les femmes »).
- Attaque particulière contre les enfants (corruption précoce pour entretenir la décadence générale).
- Profanation et négligence des sacrements :
– Baptême et confirmation difficiles à recevoir.
– Confession réservée surtout à ceux restés dans des écoles catholiques (que le diable chercherait à détruire).
– Eucharistie : nombreux sacrilèges publics et occultes ; hosties volées dans les églises et foulées aux pieds.
– Extrême-onction peu estimée ; beaucoup mourront sans la recevoir.
– Mariage attaqué et profané par des lois injustes favorisant le péché et les naissances illégitimes.
- Crise du clergé et des religieux : prêtres corrompus qui scandaliseront les fidèles, abandon des règles dans les couvents et monastères, diminution des vocations, autorités ecclésiastiques parfois complices ou aveuglées.
- Hérésies, blasphèmes, éducation laïque, presse impie contribuant à éteindre la lumière de la Foi.
Message d’espoir
- La dévotion à Notre-Dame du Bon Succès servirait de « paratonnerre » contre la justice divine et de soutien à la Foi dans la corruption du XXe siècle.
- Quand le mal semblera triompher et que l’autorité ecclésiastique abusera de son pouvoir, la Vierge interviendra pour écraser Satan, purifier l’Église (notamment les ordres religieux) et rétablir sa splendeur.
Madre Mariana aurait accepté de s’offrir comme victime expiatoire pour les péchés du XXe siècle (vision des trois épées de châtiment pour l’hérésie, le blasphème et l’impureté). Son corps fut trouvé incorruptible lors de l’ouverture de son tombeau en 1906.
Reconnaissance par l’Église catholique
- Apparitions et dévotion : Approuvées localement dès 1611 par l’évêque de Quito, Salvador de Ribera y Avalos, qui bénit la statue (demandée par la Vierge) et l’installa dans le siège de l’abbesse. La dévotion s’est poursuivie sans interruption. En 1991, l’archevêque de Quito obtint de Rome une couronne canonique pour la statue (« Reine de Quito ») ; le couvent fut érigé en sanctuaire marial archidiocésain.
- Cause de béatification : Ouverte en 1986 (ou 1984 selon les sources) par l’archevêché de Quito. La phase diocésaine s’acheva en 1997. Elle est souvent appelée « Vénérable » dans les milieux dévots, bien que le titre officiel de « Vénérable » (héroïcité des vertus) n’ait pas encore été formellement proclamé par Rome de façon universelle. Un postulat (Mgr Luis Cadena y Almeida) et des commissions ont jugé les sources (manuscrits) authentiques et dignes de foi.
- Il ne s’agit pas d’une reconnaissance solennelle de type Fatima ou Lourdes par le Saint-Siège pour l’ensemble de l’Église, mais d’une approbation diocésaine solide, d’une dévotion autorisée et d’un culte public encouragé localement. Les prophéties sont considérées comme privées ; les fidèles sont libres d’y croire ou non, dans le respect de la prudence de l’Église.
Les sources principales sont les biographies du Père Sousa Pereira et les documents du monastère de Quito. De nombreux aspects (indépendance de l’Équateur, García Moreno, dogmes de Pie IX) sont cités comme accomplis avec précision par les promoteurs de la dévotion.



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