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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 20:30

Hassan Massoudy/ pour la Croix

L’explication de Jacqueline Chabbi, historienne de l’islam

« Aux commencements de l’islam, il n’y a ni ascètes ni soufis. L’ascétisme et la mystique musulmane vont se développer dans les sociétés de convertis à partir du IXe siècle.

C’est un phénomène d’hybridation culturelle. Le soufisme est d’abord le fait de maîtres isolés au IXe siècle, vivant du côté de l’actuel Iran.

À partir du XIIe siècle se développent les premières confréries, dont certaines sont encore vivantes aujourd’hui. Dans l’islam, la mystique est aussi développée que dans le christianisme, mais elle a été davantage combattue.

D’abord par les juristes, qui voyaient d’un mauvais œil ces croyants qui s’émancipaient des règles sociales, puis par le wahhabisme, qui les a massacrés dans la deuxième­ moitié du XVIIIe siècle ».

Le regard de Hassan Massoudy

« Dans cette calligraphie, j’ai recherché la stabilité mais aussi un geste plus tendre.

Certains y verront peut-être un personnage agenouillé, en prière…

Pourquoi pas ? J’offre une image sur laquelle je ne peux pas toujours mettre des mots.

C’est à ceux qui regardent d’interpréter mes images. Quand je peins, je prends toujours en considération le blanc laissé par la trace.

En calligraphie, un principe dit : “Le noir de votre calligraphie, c’est vous.

Le blanc de votre calligraphie, c’est vous aussi.” J’y pense souvent.

Dans les textes anciens, le soufi – que l’on peut traduire par “mystique” – doit travailler sur soi-même pour retrouver la lumière intérieure. Il devient alors pur et peut arriver à rencontrer la divinité. »

Recueillis par Élodie Maurot

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 20:44
Tableau : "La Vérité sortant du puits" Jean-Léon Gérôme, 1896. Le titre complet de ce tableau est Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité et provient de la phrase de Démocrite « en réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits »2. Pour le peintre, c'est une représentation de la vérité en peinture3.  La Vérité, fille de Saturne ou du Temps, est mère de la Justice et de la Vertu ; la vérité est donc une divinité allégorique.

Tableau : "La Vérité sortant du puits" Jean-Léon Gérôme, 1896. Le titre complet de ce tableau est Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité et provient de la phrase de Démocrite « en réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits »2. Pour le peintre, c'est une représentation de la vérité en peinture3. La Vérité, fille de Saturne ou du Temps, est mère de la Justice et de la Vertu ; la vérité est donc une divinité allégorique.

Selon une légende du 19e siècle, la Vérité et le Mensonge se sont rencontrés un jour.

Le Mensonge dit à la Vérité : " Il fait très beau aujourd'hui"

La Vérité regarde autour d'elle et lève les yeux au ciel, le jour était vraiment beau.

Ils passent beaucoup de temps ensemble jusqu'au moment d'arriver devant un puits.

Le Mensonge dit à la Vérité :

"L'eau est très agréable, prenons un bain ensemble !"

La Vérité encore une fois méfiante touche l'eau, elle était vraiment agréable.

Ils se déshabillent et se mettent à se baigner.

D'un coup, le Mensonge sort de l'eau, met les habits de la Vérité et s'enfuit.

La Vérité furieuse sort du puits et court partout afin de trouver le Mensonge et de récupérer ses habits.

Le Monde en voyant la Vérité toute nue tourne le regard avec mépris et rage.

La pauvre Vérité retourne au puits et y disparait à jamais en cachant sa honte.

Depuis, le Mensonge voyage partout dans le monde habillé comme la Vérité, en satisfaisant les besoins de la société, et le Monde ne veut dans aucun cas voir la Vérité nue.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 20:30
L’explication de Jacqueline Chabbi, historienne de l’islam

« Le sens du mot islam est à mettre en relation avec le fait de rester ”sain et sauf” et, pour cela, de ne pas avoir d’intention agressive.

Il n’a donc aucun rapport avec le sens de “soumission” qu’on prête généralement à ce mot.

Le muslim, celui qui fait montre d’islam, ne fait que se mettre “sous la sauvegarde” de Dieu, car c’est Dieu qui protège et garde en sécurité et en vie. Dans le Coran, le mot islam est à comparer avec le mot “imân”, qui a un sens plus fort car il renvoie au fait d’être fidèle mais aussi d’agir en conséquence.

L’idée de soumission n’émerge que plus tard, lorsque la société initiale se transforme en empire et que commence à s’imposer le juridisme du sunnisme, à la fin du IXe siècle. »

Le regard de Hassan Massoudy

« Cette calligraphie est structurée autour d’un cercle, avec un axe au milieu, comme une colonne vertébrale à l’intérieur d’un être humain.

En haut et en bas, deux courbes, de la même largeur, vont dans des directions opposées.

C’est un mouvement que l’on trouve dans de nombreuses œuvres d’art, chez Michel-Ange comme dans le yin et le yang…

Pour moi, il n’y a pas un islam, mais des islams très différents les uns des autres, selon les époques et les pays. Cette ouverture est une manière de montrer que l’islam est pluriel.

Quant au bleu, il vient de la mosquée de mon enfance, dans une ville du désert irakien.

Tout y était de couleur ocre, sauf cet édifice recouvert de céramiques couleur cobalt et turquoise.

C’est un bleu qui reste chaud, comme celui de la mer Méditerranée… »

Recueillis par Élodie Maurot  Hassan Massoudy/ pour la Croix

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