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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 20:30

L’explication de Jacqueline Chabbi, historienne de l’islam

« Le mot nabi, prophète, est un mot qui fait partie des emprunts du Coran au corpus biblique.

Il s’applique d’abord à des figures (Noé, Abraham, Moïse) que le Coran prend comme référence pour conforter la position de Mohammed contesté par les siens dans la cité de La Mecque.

Quant à Mohammed, il n’est alors présenté que comme celui qui doit « avertir » les siens en leur transmettant le message qu’il reçoit.

C’est dans un second temps, au cours de son exil médinois, qu’il est à son tour qualifié de nabî, s’identifiant ainsi aux figures antérieures dont il se réclame.

Avant que la tradition musulmane ne fasse de lui, surtout à partir du IXe siècle, une figure de plus en plus sacralisée, le prophète du Coran reste avant tout un homme de son temps et de sa société, le VIIe siècle en Arabie. »

Le regard de Hassan Massoudy

« Cette calligraphie est à la fois souple et complexe, avec cette partie très fine au milieu, qui est le b de nabi.

J’ai voulu qu’il y ait comme une balance, un équilibre fragile, par l’intermédiaire de cette lettre.

On peut y voir comme un souffle, une inspiration…

Dans ma tête, le mot nabi est l’évocation d’un homme parfait, qui est aussi poète.

J’ai étiré une lettre, celle de gauche, vers le haut.

J’ai souhaité une certaine force dans le trait, qui va pour moi avec cette figure spirituelle.

Si aujourd’hui je réussis, si je trouve une forme, je sais que demain je devrai recommencer de zéro.

Dans la calligraphie, c’est le tracé, l’énergie, le mouvement, qui donne le geste juste. »

Recueilli par Élodie Maurot 

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 20:30

 

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 20:30

Hassan Massoudy/ pour la Croix

L’explication de Jacqueline Chabbi, historienne de l’islam

« Le tawhid renvoie dans l’islam au dieu « un ». Mais la notion est évolutive.

Dans le Coran, le dieu local, « protecteur du point d’eau de La Mekke », se mue rapidement en dieu créateur, qui se suffit à lui-même et n’a pas d’associé.

C’est une manière de déligitimer les trois déesses locales qui étaient supposées protéger les déplacements.

Plus tard, sur la coupole du Rocher à Jérusalem, construite en 692, est inscrit un verset coranique (Sourate 4, Verset 171) qui récuse la Trinité, faisant simplement de Jésus, « Fils de Marie », le « messager » qui précède Mohammed.

On semble être dans un défi à l’empire byzantin.

Enfin, beaucoup plus tard, au milieu du XVIIIe siècle, le tawhid devient un enjeu interne à l’islam avec le mouvement sectaire du wahhabisme qui combat avec virulence les courants mystiques de l’islam qui sont accusés « d’associer » d’autres divinités à Dieu. »

Le regard de Hassan Massoudy

« Pour dessiner l’unité, j’ai utilisé dans cette calligraphie la forme du carré.

Lors de mes premiers essais, je faisais plutôt des cercles.

Là, j’ai déformé une des lettres (le h) pour la relier avec les autres et les faire entrer toutes dans un carré.

J’ai agrandi cette lettre jusqu’à ce qu’elle enlace les autres lettres, comme dans un souffle.

En calligraphie, le souffle est important.

Tous les calligraphes travaillent sur le souffle. Quand on fait le geste, on coupe son souffle.

Quand on va à l’encrier, on reprend souffle. »

Recueilli par Élodie Maurot

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