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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 15:16
Recettes du monastère du  Frère Jean

Plus de 60 recettes avec de nombreuses photos, des textes sur la cuisine, avec une préface d’Emmanuel Tresmontant, critique gastronomique.

 

            Le Frère Jean, moine-prêtre orthodoxe, n’a pas la prétention de donner des conseils culinaires, ni d’écrire un nouveau livre de cuisine. Il en existe déjà tant ! 

Dans «Recettes du monastère» l’auteur montre par de belles photographies et par des recettes collectées depuis plus de 40 ans dans divers monastères au Mont-Athos, en Terre Sainte, en Russie… que la cuisine est une louange incarnée «J’ai le désir de montrer par des recettes simples que dans un monastère la préparation des repas, le partage des mets, les gestes quotidiens sont une louange à Dieu et à Sa création ».

Le secret du cuisinier c’est l’émerveillement devant la splendeur du simple.
            Les Recettes sont issues de produits frais, naturels. Chaque saison dicte sa recette. Les légumes bios sont préparés avec sobriété, offerts et partagés avec les frères et les hôtes de passage comme une bonne soupe chaude.

"Quand un chef me rend visite, je l’écoute me parler de sa vocation.

Quand un pèlerin se retire au monastère, il vient pour s’immerger dans le silence, pour redécouvrir son âme d’enfant émerveillé, pour écouter la nature lui parler de l’instant, pour goûter un fruit sur l’arbre, pour mâcher une herbe aromatique, pour s’asseoir face à l’infini".

    Vous trouverez le livre dans certaines librairies.

Si vous souhaitez une dédicace de l’auteur et commander "Recettes du monastère" il vous suffit de d’envoyer par la poste : votre nom, votre adresse postale, votre numéro de téléphone, accompagné d’un chèque de 20€+ 5€ de port = 25€ à l’ordre de Fraternité Saint Martin.

    Dans la joie de vous accueillir prochainement au skite sainte Foy pour partager un moment convivial et de prière, recevez, ami du skite, mes cordiales salutations en Christ.

Frère Jean

Editions Art Sacré  
Fraternité Saint Martin   48160 - Saint-Julien-des-Points  - Tél : 04 66 45 42 93
E-mail : skite.saintefoy@wanadoo.fr 

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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 22:55

 

En guise d'introduction

Quand  j'exerçais mon métier  de psychologue, j'avais lu un livre dont  le titre m'est  revenu en mémoire alors que je cherchais une introduction  à ces textes: "Un interprète en quête de sens", de  Piera Aulagnier. Peu importe  le contenu,  que  j'avais par  ailleurs aimé, mais c'est le mot interprète qui a fait sens pour moi, qui a pris corps.

Car quand je traduis à ma manière, en parlant à la première personne, des textes de la Bible, que ce soit l'ancien ou le nouveau testament, je me sens comme un interprète. Peut-être que le fait de "travailler" le texte proposé, verset par verset, c'est un peu comme faire ses gammes.

Alors je me trouve avec une partition que je travaille, sans consignes précises données, et à un moment  je peux interpréter, mettre  en musique  pour  que les lecteurs  découvrent  du neuf, aiment  cette musique et la fassent leur... C'est cela le rôle de l'interprète.

On pourrait  certes dire qu'il doit s'effacer devant  l'œuvre, mais chaque  interprète  a sa manière  de  retranscrire  ou de traduire l'œuvre; et même s'il s'efface devant le compositeur, il apporte quelque chose de nouveau...

Je dois dire que lorsque les petits textes que je propose s'imposent à moi, je me sens un peu comme un interprète  qui a certes la partition, mais finalement sans les indications précises de l'auteur  (ou des auteurs), ce qui me donne une grande liberté.

Alors peut-être  que  ces textes que  je connais  bien,  même si  à  chaque lecture  studieuse,  je découvre des mots auxquels je n'avais prêté attention, des verbes qui sont conjugués à des temps différents, des mots qui en évoquent d'autre, des harmoniques parfois entre ces textes et ceux de l'ancien testament  ou ceux d'autres auteurs, ces textes à ma manière je leur ai fait violence pour qu'ils parlent  ou chantent  autrement,  car peut-être qu'au final il est question  d'un chant, d'un chant léger et ténu, mais bien présent pour que les mots permettent  de s'envoler, de prendre un peu de distance, et qu'ils chantent tout seuls.

C'est peut-être cela mon charisme, être interprète. Interprète parce que parfois quand on lit la Bible, c'est comme une langue étrangère qu'il faut traduire, même si c'est déjà dans ma langue maternelle (le français), mais aussi comme une partition dans laquelle je peux laisser libre cours à ma manière de jouer pour que ceux qui écoutent  (qui lisent) soient pris par ces histoires et qu'ils en tirent du plaisir.

Il y a longtemps que je me livre à cela, mais durant ce temps de l'avent et le temps qui sépare la nativité  du  temps dit  ordinaire,  en  reprenant   ces  évangiles  qui  racontent   Joseph,  Marie, Elisabeth, Zacharie, les textes à la première  personne sont  venus d'eux -même et ce sont ces textes qui suivent les histoires racontées par Matthieu et par Luc que je propose.

Certaines de ces histoires  sont  précédées  d'une  réflexion plus historique  par exemple sur  le mariage  du  temps  de  Jésus,  ou  sur  des  réflexions plus  personnelles,  car  le  massacre  des innocents  pour moi c'est le massacre de ces enfants "innocents"  par ces adultes qui leur volent leur innocence et qui les condamnent  à vivre alors que quelque chose a été mis à mort en eux. Et que là, je ne peux pas me taire, car le Dieu en qui je crois est un Dieu de la vie, qui un jour permettra à ces parties mortes de reprendre vie.

Et si je ne suis pas en quête de sens, mon désir est bien d'insuffler non pas un autre sens, mais une manière peut-être plus féminine de lire les textes qui parlent de la naissance de celui qui va permettre aux hommes de dire un Je différent, un je où l'Autre et l'autre sont présents, un Je de relation.

Si le début du temps de l'Avent est centré sur la lecture du livre d'Isaïe et donc sur les textes du nouveau testament qui peuvent y correspondre,  la  seconde  moitié  de  ce  temps  est  centrée  sur  les évangiles de l'enfance, que ce soit Matthieu ou Luc, puis le temps après Noël qui reprend la chronologie pour arriver finalement à l'Epiphanie, fait  donc largement  appel aux "histoires"  qui entourent cette incarnation.

En lisant  et en  travaillant  ces textes,  c'est  à dire  en  ne  privilégiant autant  que faire se peut, aucune phrase, aucune idée, (ce qui ne veut pas dire que certains mots ont eu de l'importance dans ma réflexion), je me suis sentie  (ou j'ai eu envie) l'envie de raconter  différemment ces textes, de laisser  parler les personnages, que ce soit  Marie, Elisabeth Zacharie, mais pourquoi pas l'Ange Gabriel ou même Jésus.

Les textes qui suivent  sont  donc des petits  récits,  récits qui se sont imposés, qui sont venus, sans que j'ai eu trop à réfléchir, mais qui sont remplis  d'harmoniques venant  de  toute  la  Bible.  Ils  sont  liés  aux évangiles proposés par la liturgie tant des dimanches que des messes de semaine.

Comme je l'ai dit, ces récits que je pourrais intituler  "ils racontent", que ce soit  Pierre, Jésus,  la  femme syrophénicienne,  le garde  qui  a été requis pour exécuter Jean dans prison, sont des récits qui s'imposent à moi, après  avoir  "travaillé"  le texte  versets  par  versets.  Il y  a  des répétitions de mots, il y a des verbes, il y a des mots qui me paraissent importants, il  y  a  ces citations  de  l'ancien  testament  que  j'essaye toujours de replacer dans leur contexte.

Il est certain que ma sensibilité de femme, joue beaucoup. Par exemple quand on lit dans Jean la mort de Jésus et qu'on parle des gardes qui viennent briser les jambes des deux qui sont crucifiés en même temps que  Jésus,  je  me  demande  vraiment   pourquoi  leur  infliger  cela: pourquoi ajouter la douleur de ces fractures à la mort par asphyxie qui va suivre? Et quelque part en moi, même si ces hommes "méritaient" comme on dit cette mort, pourquoi ne pas les tuer avec un simple coup de lance? Et quelque part, mon cœur se tord un peu en moi.

Alors oui, j'injecte ma sensibilité. Mais peut-être qu'elle permet de rendre

Extrait du chapitre où un des "soixante-douze" disciples parle :

Depuis qu'il a guéri cet enfant possédé, et qu'il parle ouvertement de ce qui va arriver, même si moi j'espère qu'il se trompe, qu'il ne sera pas condamné à mort mais que le peuple qu'il aime tant le défendra, je dois dire que je ne comprends pas grand chose. 

Et d'abord, comment peut-on ressusciter des morts? Si c'est redevenir vivant pour mourir ensuite, comme le soldat dont le corps a touché les os du prophète Elisée, mais qui est mort comme tout le monde ensuite, je ne vois pas. Alors c'est sûrement autre chose, mais...

Qu'il soit emporté au ciel sur un char de feu, ça ça me plairait bien, mais ce n'est pas son genre. Mais s'il n'y avait que ça.. Il nous en dit des choses!

Il y a le prophète Ézéchiel qui a rapporté cette vision des ossements desséchés qui reprennent vie grâce au souffle de l'Esprit. Peut-être qu'il veut parler de cela: qu'un jour le souffle de Dieu le fera redevenir vivant pour l'éternité, lui qui parle de la vie éternelle; peut-être, mais que c'est difficile! 

Et là, je reviens à tout ce que je ne comprends pas. Il parle d'amputations, si on ne veut pas brûler éternellement dans la géhenne de feu, là où iront lors du jugement dernier ceux qui se détournent du Très Haut. Se couper une main, un pied ou s'éborgner, ça veut dire quoi? À quoi ça sert de se mutiler et en plus c'est interdit par la Tora...

Je suis une psychologue clinicienne, ayant travaillé essentiellement en milieu hospitalier. J'ai travaillé avec de très nombreux enfants et adolescents porteurs de pathologie lourdes.

Depuis la cessation de mon activité, outre la psychologie et la relation d'aide, je m'intéresse au christianisme comme une recherche permettant à l'homme de devenir plus "humain et créateur."

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 22:55

« Nous sommes les enfants des derniers jours, » cria [le Père Ron], « mais nous ne le savons pas. »

Pause. Chuchotements et murmures [dans l'assemblée].

« Mes frères et soeurs, alors que j'étais en prière devant l'autel du Dieu vivant, je vis les âmes de ceux qui furent égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient porté. Ils crièrent d'une voix forte vers le Seigneur : "Jusqu'à quand, Maître saint et vrai, resteras-tu sans juger, sans venger notre sang sur les habitants de la terre ?" »

 

Extrait du livre Eclipse of the Sun de Michael D. O'Brien, p. 413-416 (Ignatius)

Photo : Arrow et Nick, Eclipse of the Sun

« Et il fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de patienter encore quelque temps, jusqu'à ce que soient au complet leurs compagnons de service, leurs frères, qui allaient être tués comme eux. »

« Alors j'ai vu : quand il ouvrit le sixième sceau, il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune entière, comme du sang, et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre comme lorsqu'un figuier secoué par grand vent jette ses fruits. »

« Le ciel se retira comme un livre qu'on referme ; toutes les montagnes et les îles furent déplacées. Les rois de la terre et les grands, les chefs d'armée, les riches et les puissants, tous les esclaves et les hommes libres allèrent se cacher dans les cavernes et les rochers des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous, et cachez-nous du regard de celui qui siège sur le Trône et aussi de la colère de l'Agneau. Car il est venu, le grand jour de leur colère, et qui pourrait tenir ? »

(Ap 6: 9-17)

« Ô mon peuple, pensez-vous que la colère de Dieu soit injuste ? Pensez-vous que sa justice ne viendra pas ?

Écoutez donc, mon peuple, écoutez le Seigneur vous dire que pendant de longues années il vous a envoyé ses prophètes, mais vous avez refusé de les écouter ; les semences de leurs paroles furent piétinées ou balayées par les faux messagers et faux prophètes.

Pendant combien de temps le Seigneur devra-t-il déverser de si extraordinaires grâces sur vous si celles-ci échouent à prendre racines en vous, car vous désirez à la fois recevoir des consolations de la part de Dieu et jouir des plaisirs de Mammon.

Votre Seigneur vous donne aujourd'hui une ultime grâce.

En ce temps de patience, alors que des océans de sang innocent déversés à travers le monde crient vengeance, et que l'holocauste silencieux pratiqué tout autour de vous réclame justice — bien que, dans notre pays, il ne se présente pas comme tel — Dieu vous accorde un temps de miséricorde.

Ne gaspillez pas ce temps. Ô mon peuple, car il est court.

Tournez-vous dès maintenant vers votre Père des Cieux, implorez le Sang de l'Agneau, pour qu'il recouvre les linteaux et montants de vos coeurs (cf. Ex 12: 21-27) ainsi que vos familles. Rejetez loin de vous tous vos péchés. Courez à la maison retrouver votre Père qui vous aime. »

« Vous vous demandez sans doute, où peut donc se trouver la miséricorde de Dieu face à son courroux ?

Je vais vous dire, aujourd'hui est le temps de sa miséricorde, et même si sa colère vous paraît terrifiante, ou abstraite, je vous le dis, elle arrive. Même sa colère est miséricordieuse.

La main du purificateur est sur nous, et si nous refusons de le laisser faire de nous un peuple saint, d'authentiques témoins, alors un autre se chargera de nous former, et cet autre est l'esprit de ce siècle, qui n'est ni amour ni vérité. »

« Choisissez, mon peuple. Choisissez lequel des deux sera votre maître.

A vous de choisir, soit la volonté du Père, soit la volonté du démon qui ne connaît que la haine. Ne pas choisir est déjà faire un choix.

Ne pas écouter revient à écouter celui qui n'est que mensonge.

Ne pas obéir revient à obéir à celui qui vous mènerait à la destruction. »

« Le Père est miséricorde et vérité. Estimez-vous injuste de sa part de permettre que cette planète malade soit purifiée par le feu ?

Pensez-y, mes frères et soeurs.

Pensez aux océans d'agonie que les hommes ont remplis de sang et de corruption.

Les victimes de Staline, Hitler, les victimes des médecins de nos nations, les innombrables guerres et rumeurs de guerres.

Pensez à la Chine, où en ce moment vos frères et soeurs sont en train d'être rassemblés dans des prisons et exécutés, cette nation qui même aujourd'hui prépare en secret une guerre abominable...

Pensez à l'Afrique, à l'Asie, où d'autres démons remplissent de mensonges le coeur des hommes et les conduisent à devenir les auteurs de meurtres de masse.

Pensez-vous que le mal à si grande échelle ne pourra jamais venir jusque chez nous, protégés que nous sommes par les mers et la richesse et le pouvoir ?

La richesse peut s'évaporer en un instant, le pouvoir se désintégrer facilement, et même les mers ne sont plus aussi vastes qu'avant.

Pensez à l'Europe, notre grande soeur dans la foi, dont il ne reste plus grand chose, où le paganisme règne en maître.

L'Amérique latine, où l'esclavage existe sous d'autres noms.

L'Amérique du Nord, où des hommes tuent un nombre incalculable d'âmes et propagent leurs corruptions jusqu'aux extrémités de la terre.

Pensez-vous que mes paroles soient extrêmes ? 

Comme elles vous sembleront modérées lorsque le règne du mal qui agit [discrètement] dans notre nation surgira de dessous cette croûte qui le recouvre actuellement.

Ce jour-là, me demanderez-vous, 'pourquoi ne nous avez-vous pas prévenus' ? 'Pourquoi ne nous a-t-on pas préparés ?'

Les péchés de l'humanité sont aujourd'hui plus grands qu'à l'époque du Déluge, mais le pire est encore à venir.

Pourquoi devrions-nous nous attendre à ce que le jugement ne nous tombe pas dessus, juste parce que nous sommes un peuple sympathique, un peuple vraiment très sympathique ?

Le mal doit cesser. Dieu ne lui permettra pas de tout engloutir.

Voilà la miséricorde. Le temps est court ! Repentez-vous ! »

Les derniers mots de l'homélie du Père Ron résonnèrent à travers l'assemblée.

Il essaya de ne pas prêter attention au petit groupe de personnes en train de se diriger vers la sortie, essaya d'ignorer l'odeur perceptible de mécontentement qui planait dans l'église.

Il retourna à l'autel et poursuivi la célébration de la messe.

Michael D. O'Brien
Extrait de Eclipse of the Sun, p. 413-416 (Ignatius)

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