Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 23:15

L'Eglise est bien plus grande que l'homme ! Elle est même plus grande que les cieux et la terre, car l'homme n'a jamais rempli l'Eglise et ne la remplira jamais, même si le monde entier avec toutes ses structures, toutes ses croyances passées et futures était sauvé. Car le seul qui remplit l'Eglise, c'est le Christ. Car il est lui-même la plénitude parfaite qui seule peut remplir tout en tout (Ep 1,23): l'homme, son intelligence, le temps et l'espace ! Le monde entier, les cieux et la terre ne peuvent contenir l'Eglise. Tout au contraire, c'est l'Eglise qui contient largement la terre et les cieux de l'homme. L'Eglise est la nouvelle création (2 Co 5,17), le ciel nouveau et la terre nouvelle (Ap 21,1), l'homme nouveau (Ep 4,24). Les cieux anciens et la terre ancienne sont engloutis dans la nouvelle création, comme s'ils n'existaient plus (bien qu'ils existent encore). De même la mort est engloutie (1 Co 15,54) dans la vie, de sorte qu'elle ne domine plus; et ce qui est corruptible est englouti dans ce qui est incorruptible. Tout devient nouveau, vivant, éternel et pur. Le nouveau ici, c'est ce qui appartient au TOUT INALTÉRABLE ET INFINI, tandis que l'ancien est ce qui est partiel, qui périt nécessairement, à cause de sa nature essentiellement changeante.

 

Aussi l'Eglise, de par son caractère universel, est-elle plus grande que l'homme, que ses concepts, ses structures et ses dogmes ; plus grande que le monde, avec ses immenses virtualités, que la terre avec toute son entropie, que tous les événements temporels du premier jusqu'au dernier.

L'Eglise est la nouvelle Totalité. Cet aspect de totalité, ici, lui vient de la nature du Christ - dont l'Eglise a été formée - car cette nature inclut tout ce qui appartient à l'homme et à Dieu, par l'Incarnation.

L'Eglise est donc «totale», ou en d'autres termes «universelle», «catholique», dans la mesure où elle recueille ensemble, dans le Corps du Christ qui la remplit, tout ce qui appartient à l'homme et tout ce qui appartient à Dieu, en une unique entité, à la fois visible et invisible, finie et infinie, une existence limitée par le temps et l'espace en même temps qu'éternelle et surnaturelle.

 

Père Matta El Meskyne

Père Matta est le Père Spirituel du Monastère Saint-Macaire dans le désert de Scété en Egypte.

 

Extrait d'un article publié en arabe, en 1972, dans la revue Al-Nour (La Lumière), éditée au Liban par le Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe

Tout le texte: http://eocf.free.fr/text_matta_eglise.htm

 

Partager cet article
Repost0
8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 17:12

p_andre_borelli.jpg

Car, si, avec la théologie orthodoxe des énergies divines, on admet que Dieu a créé pour le diviniser, l’a préconstruit pour les épousailles divines, on ne peut se dérober à la nécessité de se faire une conception dynamique de l’Eglise. On ne peut simultanément affirmer que Dieu existe de façon dynamique, qu’il explose, si je peux dire, et agit en dehors de sa propre essence inaccessible, et se recroqueviller sur soi-même en se fermant aux autres

(...)

Dans la mesure où des communautés chrétiennes non-orthodoxes célèbrent une liturgie eucharistique qui nourrit des saints, elles témoignent d'un degré d'ecclésialité que seule une théologie dynamique de l'Eglise peut prendre en compte comme il se doit. L'existence d'un saint suffit à contester radicalement la division des chrétiens en ce sens qu'en lui, d'une certaine manière, est dépassé l'état de division consécutif au péché des chrétiens tout au long de l'histoire tourmentée de l'Eglise. Des hommes et des femmes tels que saint François d'Assise et sainte Thérèse de Lisieux, le saint curé d'Ars et saint Maximilien Kolbe sont là pour témoigner qu'il y a une puissance divine de sanctification et de divinisation réellement à l'œuvre dans des communautés non-orthodoxes, pour montrer qu'en des chrétiens non-orthodoxes, le corps et le sang divinisants du Christ reçus dans la divine communion sont parvenus à réaliser la destinée chrétienne, à savoir la déification par le saint Esprit. C'est ce que pensait le métropoplite Euloge qui, en octobre 1934, à Lyon, remarquait : Il me semble bien que saint Séraphim ou saint François d'Assise, ou d'autres grands serviteurs de Dieu ont déjà réalisé dans le labeur de leur vie l'idée de l'union des Eglises. Ce sont des saints citoyens de l'Eglise universelle unique, qui ont pour ainsi dire surmonté les divisions confessionnelles dans les sphères suprêmes. Dans les hauteurs, dans leurs saintes âmes, ils ont déjà abattu les murailles dont parlait naguère le métropolite Platon de Kiev : « Les murailles de nos divisions n'arrivent pas jusqu'au ciel ».

(...)

Et l'Eglise, bien loin de se réduire à n'être qu'une institution, une réalité du monde spatio-temporel, un phénomène sociologique et juridique, la sainte Eglise est un mystère divino-humain qui se situe bien au-delà de ce que nous voyons, disons et comprenons. L'apophatisme devrait inspirer à tous les Orthodoxes la conviction qu'ils doivent demeurer dans l'ignorance des frontières réelles de l'Eglise. Dieu seul connaît les limites effectives de l'Eglise. Nous devons refuser résolument de confondre la réalité effective de l'Eglise avec ce que nous pouvons humainement en percevoir et concevoir. De l'apostolicité, de la catholicité, de la sainteté, de l'unité, bref de l'ecclésialité existe, à des degrés divers, certes, mais réels, en dehors des limites visible et conceptualisables de l'Eglise orthodoxe. Les Orthodoxes doivent être prêts à admettre avec joie et action de grâce que, par et dans l'Esprit saint, la rédemption du Christ ressuscité atteint des hommes et des femmes pour lesquels la réception du baptême n'a jamais pu se poser, pour des raisons historiques, culturelles, sociologiques, géographiques ou psychologiques. Comment penser que le très saint Esprit répandu à profusion à la Pentecôte par le Ressuscité n'a pas été agissant, c'est-à-dire déifiant en un Al-Hallâj, un Gandhi, ou un Sri Ramakrishna, qui rayonnait de lumière, et en tant et tant de juifs pieux martyrisés par de soi-disant « chrétiens » en raison de leur inébranlable fidélité à la foi de leurs pères ?

De nos jours, on n'ose plus se référer à la célèbre formule : Hors de l'Eglise, point de salut. C'est parce que trop souvent on a réduit l'Eglise à une institution. On n'ose plus dire, et on a raison : « Hors des limites visibles et conceptualisables de l'Eglise, point de salut ». Mais il faut penser l'Eglise, non point surtout comme une institution, mais comme l'Epouse virginale du Ressuscité avec lequel elle ne fait qu'un, selon la théologie du mariage que formule saint Paul dans l'épître aux Ephésiens ( Ep. 5 , 29-33 ) en se référant au deuxième chapitre du livre de la Genèse ( Gn. 2 , 24 ). Jeanne d'Arc était bonne théologienne lorsqu'elle lançait à ses juges : De Jésus Christ et de l'Eglise, il m'est avis que c'est tout un. La fameuse formule : Hors de l'Eglise, point de salut , doit être comprise dans le sens de : « Hors du Christ, point de salut », étant entendu que l'Epoux et l'Epouse ne font qu'une seule chair, si bien que là où est le Christ, là est aussi l'Eglise.

(...)

Le Christ dit à Nicodème : Celui qui fait la vérité vient à la Lumière ( Jn. 3 , 21 ). De même, dans sa première épître, saint Jean affirme : Si nous disons que nous sommes en communion avec lui alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous ne faisons pas la vérité ( I Jn. 1 , 6. ) . Il nous est demandé de faire la vérité , d'être vrais, d'être ce que nous osons dire lorsque nous osons nous dire chrétiens, d'être ce que nous prétendons croire lorsque nous récitons le Credo . Les hommes et les femmes de ce temps parlent trop fréquemment de faire l'amour , et pas assez souvent de faire la vérité. On ne fait pas l'amour, c'est l'Amour qui nous fait, en ce sens que ce que nous appelons faire l'amour n'a de consistance et de sens, pour un chrétien, que si le mystère de ce que nous croyons faire alors est englobé dans un mystère encore plus grand, plus profond, celui de l'amour du Christ et de son Epouse, l'Eglise. Par contre, nous devons faire la vérité en ce sens que l'amour du Père céleste pour nous, l'extension jusqu'à nous de l'acte générateur éternel par lequel il fait à son Fils le don infini de son saint Esprit, cet amour ne peut nous faire que si nous sommes vrais face à lui et à nos frères les hommes, que si nous ne trichons pas. L'Amour divin et incréé ne peut nous faire , c'est-à-dire ne peut nous diviniser, que si nous-mêmes commençons par faire la vérité .

Si nous, chrétiens, nous ne faisons pas la vérité , les hommes, nos frères, qui ne partagent pas notre foi, ne pourront – à de très rares exceptions près – la découvrir tout seuls. Si nous ne sommes pas vrais, nous risquons de nous entendre dire, comme à Caïn : Où est Abel, ton frère ? Il n'y a peut-être pas d'athées véritables, mais seulement des agnostiques auxquels il est donné de ne rencontrer que des chrétiens qui ne font pas la vérité , qui font comme si : comme s'ils faisaient ce qu'ils croient, comme s'ils étaient ce qu'ils disent. Nous devons relire la parabole du Jugement dernier, en Mt. 25, 31-46 – J'avais faim et vous m'avez donné à manger, etc. -- en nous disant que le Christ ne s'identifie pas seulement avec ceux qui sont dans la misère, malades ou en prison, mais également avec tous ceux qui, en ces temps de grande détresse spirituelle, sont en proie à ce que le philosophe Paul Ricoeur a appelé le désespoir du sens. Au comme si des chrétiens hypocrites et comédiens correspond le comme si des hommes qui vivent désormais sous le regard aveugle de la mort, de la mort qui a cessé d'être investie de part en part par la foi chrétienne en la résurrection. Ces hommes essaient désespérément de vivre comme s' ils n'allaient pas mourir, comme si leur existence humaine pouvait être dégagée de la réalité aliénante de la mort. Devant l'angoisse existentielle de la mortalité -- c'est-à-dire que, dans un mois, dans un an , de toute manière, il faudra bien mourir --, les hommes de ce temps sont nus et seuls comme jamais ne l'avaient été les hommes auparavant. Leur vision du monde n'inclut plus la mort, elle s'efforce désespérément de l'oublier. Chacun vit comme si lui seul ne devait pas mourir. Les hommes, nos frères, qui vivent désormais sans espérance, en attendant la mort, en tentant simplement de la repousser le plus tard possible, ces hommes ont besoin que, devant eux, nous fassions la vérité , que nous soyons vrais afin que rayonne notre foi en la résurrection. Il n'est pas, pour un chrétien, de plus grande tristesse que de n'être pas vrai, et il n'y a pas de plus grande misère, pour les non-chrétiens qui nous entourent, -- fussent-ils sociologiquement baptisés – que de passer toute une vie sans que leur soit accordée la grâce de rencontrer un vrai chrétien, un chrétien qui fait la vérité .

(...)

Ce qui doit constituer fondamentalement l'unité de l'Eglise, c'est le fait que chacun de ses membres possède en commun avec tous les autres le même mode d'existence, le même mode de participation à la plénitude de vie divine en Christ, à la déification.

(...)

L'Eglise est un double mystère de laideur peccamineuse et de beauté incréée, de corruption satanique et d'incorruptibilité paradisiaque, de ténèbres et de lumière, de deuil et de joie pascale, de discorde et d'amour, de chute et de salut, de défiguration de l'image de Dieu en l'homme et de transfiguration thaborique de la personne humaine selon la ressemblance de Dieu, de flétrissure et de déiformité. En Christ seulement est pleinement réalisée l'interpénétration sans confusion de l'humain et du divin formulée à Chalcédoine. Dans l'Eglise de ceux qui périssent et qui cependant sont conviés à se laisser emplir par la divine lumière incréée, l'Ennemi est à l'œuvre et sème à profusion l'ivraie. Cette dualité fondamentale crucifie notre amour de l'Eglise et notre foi en elle. Epouse du Christ, l'Eglise n'est grande et belle et éternellement jeune que par l'amour fou , dont elle est aimée par son Epoux divin. Notre amour du Ressuscité implique notre amour de la Bien-Aimée qui est conviée à ne faire qu'une seule chair avec l'Un de la Trinité devenu l'un des hommes, mort et ressuscité pour que viennent sur les hommes les fleuves d'eau vive de l'Esprit. L'Eglise est un vase d'argile qui contient le feu divin, un amas de scories peccamineuses baignant dans la lave incandescente des énergies divines.

Extrait du texte orignal de la conférence du théologien orthodoxe Père André Borelli
Le père André Borrély, théologien orthodoxe français du Patriarcat Œcuménique de Constantinople et professeur de philosophie est venu du 10 au 15 décembre 2004 à Lviv sur une mission organisée par l’Institut d’Etudes Œcuméniques de l’Université Catholique d’Ukraine et financée par le Ministère Français des Affaires Etrangères. Le professeur Borrély a rencontré le recteur de l’université et visité les différents instituts. 

Il a donné une conférence sur l’Orthodoxie et l’œcuménisme devant les cadres et les étudiants de l’université. Cette conférence s’est inscrite dans le cadre d’ouverture des activités de l’Institut d’Etudes Œcuméniques qui sera officiellement inauguré en juin 2005. 

___________________________________________________________________________________________

 

Si vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blogue

http://ann.over-blog.com/blog-newsletter.php?ref=120238  

 

Partager cet article
Repost0
23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 22:14
La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère,
une démonstration de celles qu'on ne voit pas.


Hébreux 11:1
Partager cet article
Repost0