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13 décembre 2018 4 13 /12 /décembre /2018 23:55
Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

Le Père Lazare fut le premier à faire renaître l’école d’iconographie géorgienne: depuis l’iconostase à Svetikhoveli, en passant par l’icône des trois hiérarques de la Cathédrale de Sion, Saint Georges, l’Apôtre Thomas, la grande croix de la Cathédrale de Sion où est représenté le Crucifié, la Résurrection, jusqu’à la grande croix du trône qui a, entre temps, été déplacée dans la Cathédrale patriarcale de la Sainte Trinité.

Le Père Lazare à peint toutes les fresques de l’église de la Sainte Tsaritsa Tamara, de même que de nombreuses icônes du katholikon du Monastère de Béthanie, dédié à l’icône de la Mère de Dieu d’Iviron, ainsi que plusieurs icônes de son iconostase, etc.

On doit à sa plume une quantité d’ouvrages spirituels. Il écrivit sur des thèmes tant spirituels et moraux que théologiques. 

Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

Notre guide et Père Spirituel de bienheureuse mémoire, l’Archimandrite Lazare (Dans le monde Mikhaïl Petrovitch Abachidzé-Desimon), naquit le 23 juillet 1959 dans un des plus beau coin de Géorgie, l’Abkhazie, dans la ville de Garga.

Il termina les cours de l’école communale russe et entra à la Faculté d’Architecture d’un des instituts moscovites. Selon ses propres paroles, depuis son enfance, il ressentait une sorte d’insatisfaction imprécise.

Étudiant dans cette université moscovite, il éprouvait envers le régime politique qui prévalait dans le pays, et envers la fausseté régnant dans le monde, de la défiance qui suscita en lui une protestation.

Sa famille ne fréquentait pas l’Eglise et Mikhaïl n’était pas baptisé. Le sentiment d’insatisfaction et de protestation le poussèrent à se tourner vers les mouvement des jeunes hippies.

Quelques années plus tard, il trouva une bible chez un ami, ainsi qu’un livre de catéchisme. Cette lecture produisit une forte impression sur lui, particulièrement le chapitre de la prophétie d’Isaïe à propos de la Passion du Sauveur. Depuis ce moment, il commença très sérieusement à s’intéresser à l’Orthodoxie et essaya d’en saisir l’essence.

Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

Le 11 mars 1984, en résultat de ses démarches réfléchies et après s’y être préparé, le jour du Triomphe de l’Orthodoxie, à l’âge de 24 ans, il reçut le baptême dans l’église du Prophète Élie «construite en un jour», à Moscou. Le prêtre qui le baptisa le questionna sur ses projets pour l’avenir, et le nouveau baptisé Mikhaïl répondit qu’il avait décidé de vivre, le moment venu, dans un monastère. «Le Monastère, c’est une bonne chose!» fut la réponse.

Dès avant son baptême, Mikhaïl s’était intéressé aux ermites qui vivaient à Soukhouma, à côté du Lac Amtkel. Il lui était arrivé de séjourner près du lac et il avait vu plusieurs cellules d’ermites. Peu de temps avant son baptême, Mikhaïl apprit l’existence d’un monastère peu éloigné de Tbilissi: Bétanie (La Maison de la Pauvreté), où trois moines menaient leur combat ascétique. Il décida d’aller voir de plus près et de faire connaissance avec la vie monastique, mais ensuite, il s’isola dans le «désert» de Soukhouma.

Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

Le 20 mars 1984, il partit pour le monastère de Bétanie, où il demeura jusqu’en 1997. Pendant la période de noviciat, il se distingua par sa bonne conduite et sa crainte de Dieu, son zèle dans les obédiences et son amour de la prière. Le premier livre qu’on lui donna à lire fut «Les récit d’un pèlerin à son père spirituel».

En 1986, lors de la fête de l’Annonciation à la Très Sainte Mère de Dieu, le supérieur du monastère, l’Archimandrite Ioann (Cheklachvili), accorda la tonsure monastique au novice Mikhaïl ainsi que le nom de Lazare.

Cette année-là, le Samedi de Lazare, dans la Cathédrale patriarcale de Sion, Sa Sainteté le Katholikos-Patriarche de Géorgie, Élie II, l’ordonna diacre et le jour du Saint Esprit, prêtre.

De 1987 au 14 janvier 1997, le Père Lazare fut le supérieur du Monastère de Béthanie.

Au printemps 1991, le Katholikos-Patriarche de toute la Géorgie, Elie II, éleva le Père Lazare au rang d’Archimandrite.

Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

Le Père Lazare fut le premier à faire renaître l’école d’iconographie géorgienne: depuis l’iconostase à Svetikhoveli, en passant par l’icône des trois hiérarques de la Cathédrale de Sion, Saint Georges, l’Apôtre Thomas, la grande croix de la Cathédrale de Sion où est représenté le Crucifié, la Résurrection, jusqu’à la grande croix du trône qui a, entre temps, été déplacée dans la Cathédrale patriarcale de la Sainte Trinité.

Le Père Lazare à peint toutes les fresques de l’église de la Sainte Tsaritsa Tamara, de même que de nombreuses icônes du katholikon du Monastère de Béthanie, dédié à l’icône de la Mère de Dieu d’Iviron, ainsi que plusieurs icônes de son iconostase, etc.

Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

On doit à sa plume une quantité d’ouvrages spirituels. Il écrivit sur des thèmes tant spirituels et moraux que théologiques. Quelques uns de ses ouvrages revêtent un certain caractère polémique.

Ses livres furent édités tant en Géorgie qu’à l’étranger. Ils furent traduits en serbe, en bulgare et en d’autres langues . Il fut un infatigable et inflexible défenseur de l’Orthodoxie et de la morale traditionnelle! Il se distinguait par sa position anti-oecuménique et œuvra pour que l’Église de Géorgie sorte du Conseil Mondial des Églises, mais jamais n’interrompit le lien eucharistique et la commémoration du Patriarche.

Il lutta tant contre les hérésies que contre les schismes. Le Père Lazare intervint activement contre l’événement tragique que fut le schisme en Géorgie; cela ressort de ses travaux et articles. Au printemps 1997, avec deux novices, il partit à la Sainte Montagne de l’Athos. 

Les Strastoterptsy de la Sainte Famille Impériale, icône du Père Lazare

Les Strastoterptsy de la Sainte Famille Impériale, icône du Père Lazare

Après un mois et demi, il revint et s’installa le 20 mai 1997 dans le village de Tabarouki, dans une maison qui lui fut proposée par un fidèle proche. Il y fonda la Skite de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu.

A l’automne, ses fils spirituels revinrent, l’un de la Sainte Montagne, l’autre après s’être fait soigner d’un grave traumatisme. A l’automne 1998, le Père Lazare souhaita instaurer un mode de vie plus uni avec ses fils spirituels.

Pour ce faire, ils s’installèrent sur une colline près de Tabarouki, où ils fondèrent le Monastère masculin de la Résurrection. En 1999, il accepta un troisième novice.

Par son propre exemple et sa direction de la fraternité, il constitua une nouvelle communauté à partir de rien. Le Père Lazare construisit de ses propres mains deux églises et deux kelias (les novices l’aidèrent, ainsi que de temps à autre, pour le dur travail du coulage du béton, des voisins du monastère). Et en même temps que ces lourds travaux physiques de construction, le Père Lazare écrivait des livres et peignait des icônes.
 

Le Père Lazare, moine iconographe et guide spirituel

En 2016, on découvrit au Père Lazare un mésothéliome diffus de la plèvre. Il refusa toute opération, et concrètement, il ne se soigna pas. De temps à autre, il recourait à des méthodes de médecine populaire, et il buvait aussi de l’eau curatrice de la source de Sainte Nina, après quoi il ressentait toujours une amélioration.

Les médecins étaient stupéfaits: sans opération, sans aucune des procédures indispensables de chimiothérapie, la maladie ne progressait pas aussi rapidement qu’elle ne le fait habituellement.

Sans chimiothérapie, les patients qui souffrent de cette maladie vivent entre sept et neuf mois.

C’est seulement au bout d’un an et demi que l’on convainquit le Père Lazare d’accepter un traitement de chimiothérapie. Après cinq séances de chimiothérapie on observa une amélioration. Le Père Lazare était faible, il ne se leva quasi pas pendant trois semaines et recevait les Saints Dons dans sa cellule.

 Icône de Sainte Nina, égale aux Apôtres, peinte par le Starets Lazare

Icône de Sainte Nina, égale aux Apôtres, peinte par le Starets Lazare

Les deux dernières semaines, la douleur s’amplifia dans la région du cœur et le manque d’oxygène se fit ressentir. Autour de lui, les gens, tourmentés de le voir dans cet état, aidaient tant qu’ils le pouvaient.

Le 14 août 2018, la situation s’aggrava, et il fut transporté à Tbilissi, dans l’aile de soins palliatifs de la clinique «Niu vijens», où on lui fournit l’aide requise.

Et il sembla que la situation s’améliorait. Le 16 août il put même manger un peu. Les proches espéraient une amélioration et il décidèrent de demeurer à la clinique jusqu’au lundi.

Mais le jeudi 16 août 2018, à 7h10, le Père Lazare se présentait devant le Seigneur. Son départ représente une perte irréparable et une immense douleur et pas seulement pour ses enfants spirituels et ses paroissiens.

Nous sommes convaincus que le Père Lazare, ayant traversé le martyre, a hérité le Royaume des Cieux!

Traduit du russe
Source. (Toutes les photos proviennent du site Pravoslavie .ru)

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 23:56
Mandala de la Terre
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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 23:55
Anonyme, peinture sur bois, second quart du XIIe siècle, 102 × 151 cm, Musée national d’art de Catalogne, Barcelone. MNAC/Source Wikimedia

Anonyme, peinture sur bois, second quart du XIIe siècle, 102 × 151 cm, Musée national d’art de Catalogne, Barcelone. MNAC/Source Wikimedia

Parmi les sommets des Pyrénées, le Maître d’Urgell a fait jaillir au XIIe siècle un volcan de feu et d’or qui continue de fasciner ses spectateurs.

Le Devant d’autel de la Seu (cathédrale) d’Urgell est une œuvre destinée à la contemplation liturgique.

L’autel sur lequel il s’appuyait était l’un des points de contact du monde matériel et des réalités invisibles pour ceux qui ornèrent cette cathédrale catalane ; il fallait donc que l’horizon de toute la Création apparaisse sur ce pont jeté entre Ciel et Terre, et cet horizon, c’est le Christ en Majesté que les Apôtres admirent comme le point de convergence de leurs espérances et de leurs missions.

Une composition très ordonnée

Le Fils de l’homme, puissant et glorieux (Lc 21,27), apparaît seul dans le panneau central. Il se détache sur une double mandorle dont l’origine est sans doute à chercher dans des plats de reliure carolingiens.

Dans cette double sphère, il manifeste que l’unité du Ciel et de la Terre est réalisée en Lui. Dans sa main gauche, il tient le Livre des Écritures ; de la droite, il bénit.

Sur les deux panneaux latéraux, les Apôtres sont disposés, debout, en deux groupes pyramidaux. Les auréoles dessinées derrière leurs visages sont de couleurs différentes, comme les attributs qu’ils portent.

Le Règne du Feu

Ce qui frappe celui qui plonge son regard dans ce volcan de lumière, c’est la puissance encore si vive des teintes ; neuf siècles après son irruption, cette œuvre continue de brûler du sang et de l’or qu’un artiste inconnu fixa sur ce bois.

Au-delà de ce premier contact, l’œuvre continue d’imposer sa loi en niant les règles de la perspective ; comme souvent dans l’art roman, les proportions sont déterminées selon des critères hiérarchiques : le Christ est l’horizon, le cœur de la composition, donc tout ce qui apparaît comme déjà entré dans l’ultime réalité

Lui est ordonné ; les Apôtres, les couleurs, les étoiles se répondent dans une symétrie laissant scintiller les particularités de chaque être, de chaque élément.

« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. » (Lc 21,25)

Nous allons souvent chercher les signes dont parle l’Évangile de ce dimanche dans les cataclysmes en tout genre, mais nous oublions que la promesse de Dieu n’est pas destruction et mort.

À travers les lignes anti-naturalistes de cette œuvre, nous pourrions voir une négation de la nature, une destruction visuelle de ce que nous voyons quand nous regardons un visage, un rinceau, alors que cette géométrisation des formes est une autre manière de manifester la nature.

La géométrie, science des formes élémentaires, est un moyen de faire apparaître la réalité finale du soleil, de la lune, des étoiles et des corps humains entrés dans la simplicité divine du Royaume.

Silence d’achèvement de la Révélation

Autour du Christ, Parole éternelle qui siège dans la gloire de son Père, les Apôtres, messagers du Verbe, sont là, bouche close. Ils n’ont plus rien à proclamer.

L’instant suprême est venu, celui qui donne sens à tous les précédents. Pas de trompettes et de clameur, mais un silence, immense, qui s’élève de toutes les lèvres comme le plus beau des chants de victoire.

Le livre est fermé, le regard du Christ est levé vers Celui qui l’a envoyé et entre les mains duquel il remet toute chose. Le silence fait palpiter les regards, les gestes et les perles d’un même éclat.

Arnaud Montoux

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