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12 juin 2024 3 12 /06 /juin /2024 16:08
27 au 29 juin : Calligraphie et illustration sur le thème de l'Arbre au monastère Sainte-Clotilde (56)
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30 mai 2024 4 30 /05 /mai /2024 19:30
Notre Dame du labeur
Lettre du P. Noël Tanazacq :

NOTRE DAME DU LABEUR
Christ est ressuscité ! Hristos a inviât !
Mgr Jean de Saint-Denis ayant reçu, vers 1943, la commande d’une icône par les Compagnons de France -descendants lointains des corporations du Moyen-âge- peignit une grande icône de Notre Dame du Labeur, dans le manteau de laquelle sont représentés les principaux métiers des hommes. Marie, en effet, a accompli la plus grande oeuvre humaine, celle d’engendrer, selon la chair, le Fils de Dieu, et elle récapitule tous les labeurs des hommes. Et il composa une très belle litanie à N. D. du labeur, qui pourrait d’ailleurs être continuée, parce que tous les métiers, ou types de métiers n’y sont pas représentés, à condition d’en garder le style et l’esprit (mettre chaque métier en rapport avec sa symbolique spirituelle)* : je crois en avoir écrit quelques-unes. De plus, Mgr Jean ayant constaté qu’en France, le travail n’était fêté que par la « société civile » (les syndicats), sans référence à Dieu, il a aussi voulu rappeler le labeur des anges, qui, comme Dieu, « œuvrent sans cesse », et, ainsi, à travers Marie et les anges, sanctifier le labeur humain.

Il voulait rappeler, notamment, le grand miracle du renouvellement des icônes (et des coupoles d’églises) survenu en Russie, pendant la Révolution bolchévique, puis au début des années 30, avant le grand mouvement de destruction des églises par les Soviétiques (jusque vers 1942), puis en Chine, où le même miracle se produisit dans les églises russes, entre la fin de la guerre et la prise de pouvoir par les communistes (1945-1949)**. Un grand nombre d’icônes et de fresques, noircies par le temps et la fumée des cierges, retrouvèrent instantanément leur éclat et leurs couleurs par le ministère des anges. Il en fut de même pour de nombreuses coupoles d’églises. Le jeune Eugraph Kovalevsky fut témoin d’un de ces miracles à Karkhov en 1919 [il avait 14 ans et ses parents s’étaient réfugiés en Ukraine].

 

Nous avons célébré plusieurs fois cette liturgie dans notre paroisse. Je vous envoie la photo de l’icône et la litanie. Je vous joins aussi la lecture liturgique de la vie de l’évêque Jean, qui rapporte lui-même le miracle dont il fut témoin, que nous avons élaborée et introduite dans la liturgie de cette fête le 1er mai 1983***.
Il est important de prier actuellement pour ceux qui, par leur travail, nous permettent de continuer à vivre, pour les médecins et tous ceux qui soignent les malades, ainsi que pour les millions de chômeurs victimes de cette épidémie.
Que Dieu bénisse notre labeur et nous accorde qu’il produise des fruits spirituels.
P. Noël TANAZACQ
* On peut aussi la compléter : par ex.,
- après « Mère des médecins et des chirurgiens, », on peut ajouter : « des pharmaciens, des dentistes,…… et de tous les thérapeutes »
- après « Mère des imprimeurs », on peut ajouter : « des bibliothécaires, des documentalistes… et des informaticiens ».
Etc.
** Miracle planétaire, accompli devant des millions de témoins, et dont personne ne parle jamais, ni dans la presse, ni dans les livres d’histoire…
***Dans les rites occidentaux on peut introduire une lecture de la vie d’un saint (synthétisée et dans un style biblique) ou même un extrait de son œuvre, s’il est un Père de l’Eglise, avant la lecture canonique de l’Epître, ce qui n’existe pas en Orient.
 
Litanie de Notre-Dame du Labeur
Ave, Mère des cultivateurs et des vignerons, de ton sein très pur est sorti la vigne de la Vie éternelle.
Ave, Mère des jardiniers, tes entrailles sont des jardins de délices pour le Nouvel Adam.
Ave, Mère des pêcheurs, tes filets de vertus ont pêché Ichtys1, Dieu plongé dans les eaux de nos misères.
Ave, Mère des forgerons, ayant frappé le fer rouge du feu divin, tu forges des chaînes d’amitié entre Dieu et l’Homme.
Ave, Mère des fondeurs, carillon qui annonce par ton Fils la bonne nouvelle aux pauvres et la paix au monde.
Ave, Mère des mineurs, dans la grotte tu as frappé la terre de ta maternité et, demeurant Vierge, tu as donné naissance au Christ, charbon ardent de l’amour.
Ave, Mère des menuisiers et des charpentiers, tu charpentes le Ciel nouveau où Dieu est avec nous.
Ave, Mère des bouchers, l’Agneau immolé est ton Fils dont le Sang donne la vie aux mortels.
Avec, Mère des maçons, tu as bâti le temple pour la Sagesse prééternelle et Sa gloire y habite.
Ave, Mère des imprimeurs, le Nom qui est au-dessus de tout nom, Jésus, l’Alpha et l’Oméga, Lui la plénitude de l’alphabet, S’est imprimé en toi.
Ave, Mère des verriers, tu as soufflé une coupe de cristal sans défaut, le corps parfait d’un Dieu parfait.
Ave, Mère des orfèvres, de toi se détache une pierre précieuse, joyau inestimable, fondement du monde nouveau.
Ave, Mère des jongleurs, l’enfant d’Elisabeth en te voyant a tressailli dans le sein de sa mère et toutes les créatures sont entrées dans une ronde d’allégresse.
Ave, Mère des alchimistes, de la terre vile, tu as retiré l’or plus vrillant que celui d’Ophir et tu as extrait la Pierre d’angle, couronnement de l’œuvre divine.
Ave, Mère des tailleurs, tu as tissé le beau corps de l’Inaccessible et, voyant sa splendeur, l’humanité se presse de revêtir le Christ.
Ave, Mère des troubadours, la parole exquise bouillonne dans ton cœur et de tes entrailles jaillit le chant nouveau de la Résurrection.
Ave, Mère des médecins et des chirurgiens, tu as engendré le Médecin du monde, Qui, par Sa Croix, nous guérit de la mort.
Ave, Mère des teinturiers, tu as peint en blanc, ô merveille, les habits noirs du péché de l’homme déchu, par l’écarlate du sang de ton Fils.
Ave, Mère des serruriers, tu as ouvert la porte du Paradis avec la clef virginale, demeurant toi-même la porte close et donnant passage au héros de notre salut.
Ave, Mère des épiciers et de tous les commerçants, tu as donné naissance à Celui Qui nous vend gratuitement l’or de l’Evangile et l’argent éprouvé de la Parole pure.
Ave, Mère de tout labeur humain ! En toi, nous reconnaissons la Mère de Dieu et l’œuvre parfaite que, dans l’Esprit Saint, l’homme a forgée, sculptée, cultivée, battue, imprimée, teinte, ciselée, taillée, mesurée, pêchée, fondue, extraite, polie, édifiée et produite, ô Très Pure.
Protège tes enfants, sauve-les, Marie, pleine de Grâce, Notre-Dame du Labeur.
Mgr Jean de Saint-Denis (1905-1970) peignit en 1962 une grande icône de Notre-Dame du labeur pour les compagnons du tour de France et écrivit cette très belle litanie. Puis il sanctifia le 1er mai, en en faisant la fête de ND du labeur et du travail angélique, resituant ainsi tout le travail des hommes dans une perspective spirituelle. Il est bien de se tourner vers ND du labeur et de dire cette litanie lorsqu’on est en recherche d’un travail ou qu’on souffre dans son travail. P. N.T. (8-11-2013)
(1)Ichtys ou ichtus veut dire « poisson » en grec. Ce terme était un symbole chrétien dans l’Antiquité, parce qu’il est l’acronyme de : Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur.

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24 mai 2024 5 24 /05 /mai /2024 19:30

Ces symboles figurent sur les sculptures, sur les vitraux ou sur les tableaux. Certains sont bien connus (croix, calice…) mais d’autres vous ont peut-être échappé au cours de vos visites (échelle, globe, bourse…).

Le livre : l’attribut des intellos ?

A partir du moment où il tient un livre, le Christ est dit « enseignant ». L’ouvrage symbolise sa connaissance et la sagesse de ses paroles. Portail de la cathédrale d’Amiens.

Sur les sculptures ou les vitraux, le livre n’est jamais figuré seul. En général, un personnage le tient. Cet attribut renseigne justement sur l’identité ou plus largement sur les fonctions de son propriétaire. Dans le symbolisme chrétien, le livre représente le savoir, la sagesse, la science et plus spécifiquement la Bible. Il se trouve donc entre les mains :

  • Des auteurs des quatre évangiles officiels : Mathieu, Marc, Luc et Jean. Les fameux évangélistes.
  • Des docteurs de l’Église, autrement dit des saints intellectuels qui ont pensé la foi chrétienne. Par exemple, l’évêque saint Augustin, le pape Grégoire le Grand, saint Thomas d’Aquin…
  • Des fondateurs d’ordres monastiques ou religieux (saint Benoît, Ignace de Loyola…), car ils sont les auteurs d’une règle de vie
  • Du Christ, bien entendu.

Le globe : contenir le monde en sa main

Les rois se reconnaissent principalement à leur couronne et leur sceptre. Ils peuvent aussi tenir, comme celui du centre, un globe, symbole de leur pouvoir. Galerie des rois sur la façade de la cathédrale d’Amiens.

Certains personnages tiennent un livre tandis que d’autres portent un petit globe dans leur main. Dans ce dernier cas, vous avez affaire à un homme très puissant : un roi, un empereur, le Christ ou Dieu. Car le globe représente le monde, la Terre, l’univers. Celui qui le possède est donc un souverain. Quand cette sphère est surmontée d’une croix, on la désigne sous le nom d’orbe crucigère.

L’échelle : élever l’âme

Allégorie de la Philosophie. L’échelle dressée contre son corps symbolise l’ascension de l’esprit. La connaissance, figurée par des livres, contribue à cette élévation. Cathédrale Notre-Dame de Paris. 

« Image de la progression et de l’élévation, l’échelle peut suggérer, par la succession de ses degrés, l’initiation spirituelle », explique Nathalie Le Luel, dans son Dictionnaire des symboles. Partagé par d’autres religions, cet accessoire exprime l’ascension de l’âme vers la perfection ou vers Dieu. « Les barreaux de l’échelle sont ainsi interprétés comme les différents degrés des vertus que le chrétien se doit de cultiver ».

Un prêtre et son assistant devant un autel portant un calice. Vitrail de Saint-Lubin, offert par des vignerons, dans la cathédrale de Chartres.

Le calice : du Christ au roi d’Arthur

Le calice est la coupe contenant le vin consacré lors de la célébration eucharistique, pendant la messe. Cet objet renvoie au dernier repas du Christ, la Cène. Entouré des douze apôtres, Jésus prit une coupe de vin et déclara « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés » (évangile selon saint Mathieu).

Selon une légende médiévale, Joseph d’Arimathie aurait utilisé cette même coupe pour recueillir, au pied de la croix, le sang du Christ. Dans les romans des chevaliers de la Table Ronde, les personnages se battent pour retrouver ce précieux objet : c’est la quête du Graal.

Les démons emmènent enchaînés les damnés. Parmi eux,  sur la gauche, un homme porte une bourse suspendue au cou. L’avarice a été son vice, ce qui lui vaut les tourments de l’enfer. Cathédrale de Reims.

La bourse : un problème d’argent

À l’inverse du livre, un personnage qui porte une bourse (accrochée à la ceinture ou suspendue au cou) n’est pas en odeur de sainteté. Thésaurisant ses pièces d’or et d’argent, il symbolise l’avarice, l’un des sept péchés capitaux. Il est bon pour l’enfer, ce que montrent avec délice les sculptures du Jugement dernier.

La bourse est par ailleurs le meilleur indice pour identifier Judas sur les tableaux de la Cène, le dernier repas du Christ. Elle contient l’argent qu’il a reçu pour sa trahison : livrer Jésus aux grands prêtres juifs.

Trois formes de croix originales : la croix de l’ordre de Malte, la croix en tau (en forme de T) et la croix de Lorraine (ou d’Anjou) à double traverse.

La croix : le logo du christianisme

L’Église en a fait son symbole au Ve siècle après J.-C. La croix rappelle en effet le moment fondateur du christianisme : quand Jésus, crucifié, se sacrifie avant de triompher de la mort. La portée de ce signe est tellement forte que des ordres religieux et des familles nobles l’ont repris comme blason ou emblème, en variant la forme : sachez distinguer la croix de l’ordre de Malte, la croix en tau des frères antonins, la croix de Lorraine des ducs d’Anjou… La croix a même inspiré les plans d’église (mais pas toujours)

Christ cantonné de chandeliers. Vitrail de saint Jacques, XIIIe siècle. Cathédrale de Chartres

Le chandelier : un symbole lumineux

À l’esprit vient la menorah, le chandelier à sept branches, devenu, avec l’étoile de David, le symbole du judaïsme. Mais le christianisme aime aussi beaucoup poser des chandeliers dans l’église ou en représenter sur les sculptures et les vitraux. Car Dieu est lumière, selon la Bible. Au contraire du diable dont on dénonce la noirceur. Jésus cultive le même rapprochement : « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie » (Évangile selon saint Jean). Les chandeliers, mais aussi les cierges ou les lampes, matérialisent donc la présence divine.

En résumé, voici le sens des 7 objets chrétiens :

–         Le livre est l’attribut des personnes qui diffusent la parole du Christ ou qui ont écrit sur la doctrine chrétienne

–         Le globe est l’attribut des souverains : roi, Christ et Dieu

–         L’échelle symbolise l’ascension spirituelle de l’âme

–         Le calice rappelle le sang du Christ et son sacrifice

–         La bourse, accrochée à la ceinture d’un homme, désigne un avare. Sinon, elle se trouve en la main du traître Judas.

–         La croix est l’emblème des chrétiens depuis le Ve siècle.

–         Le chandelier symbolise la lumière et la présence divine

Ne reste plus qu’à les retrouver dans ou à l’extérieur de l’église. La croix ne devrait pas vous poser de problèmes, mais je félicite ceux qui découvriront une échelle. Un sacré défi.

L’AUTEUR

 

 

 

 

 

LAURENT RIDEL

Ancien guide et historien

 

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