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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 23:55
Ô Vierge Pure

Agni Parthene, en grec moderne : Αγνή Παρθένε et en français : Ô Vierge Pure, est une hymne non liturgique composée en grec par saint Nectaire d'Egine au XIXe siècle pendant qu'il était directeur de l'École de Théologie Rizarios d'Athènes.

Saint Nectaire aimait composer des hymnes en l'honneur de la Théotokos. La tradition rapporte que cela se passait dans le monastère de saint Nectaire à Egine en Grèce : la Vierge Marie lui apparut et lui demanda de prendre note sur un papier d'une hymne particulière, que les anges pouvaient lui chanter : C'était "Agni Parthene".

Le papier original peut encore être vu, sur une table dans la chambre de son monastère.

La mélodie originale de cette hymne fut composée par un hymnographe athonite qui eut une vision de la Vierge lui demandant de composer cette œuvre.

Un enregistrement des moines du Monastère de Simonopetra contribua à la popularité de l'œuvre.

En raison de cette popularité, cette hymne fut traduite en plusieurs langues et la mélodie adaptée, pour pouvoir être chantée dans les églises, une variation de ce chant traduit en russe existe dans le monastère russe de Valaam.

Cette hymne fait partie du petit Theotokarion (Athènes, 1905), un livre d'hymnes destinées à la Mère de Dieu écrit par saint Nectaire.

Elles sont chantées durant la communion, et parfois au début des Vêpres.

 

Grec : Αγνή Παρθένε Français : Ô Vierge pure

 

Αγνή Παρθένε Δέσποινα, Άχραντε Θεοτόκε,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Παρθένε Μήτηρ Άνασσα, Πανένδροσέ τε πόκε.

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Υψηλοτέρα Ουρανών, ακτίνων λαμπροτέρα

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Χαρά παρθενικών χορών, αγγέλων υπερτέρα,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Εκλαμπροτέρα ουρανών φωτός καθαροτέρα,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Των Ουρανίων στρατιών πασών αγιωτέρα

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

2

Μαρία Αειπάρθενε κόσμου παντός Κυρία

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Άχραντε Νύμφη Πάναγνε Δέσποινα Παναγία,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Μαρία Νύμφη Άνασσα, χαράς ημών αιτία.

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Κορή σεμνή Βασίλισσα, Μήτηρ υπεραγία,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Τιμιώτερα Χερουβείμ υπερενδοξοτέρα

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Των ασωμάτων Σεραφείμ των Θρόνων υπερτέρα,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

3

Χαίρε το άσμα Χερουβείμ χαίρε ύμνος Αγγέλων

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Χαίρε ωδή των Σεραφείμ Χαρά των Αρχαγγέλων

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Χαίρε ειρήνη και χαρά λιμήν της σωτηρίας

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Παστάς του Λόγου ιερά άνθος της αφθαρσίας

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Χαίρε Παράδεισε τρυφής, ζωής τε αιωνίας,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Χαίρε το ξύλον της ζωής, πηγή αθανασίας,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

4

Σε ικετεύω Δέσποινα, Σε, νυν, επικαλούμαι,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Σε δυσωπώ Παντάνασσα, Σην χάριν εξαιτούμαι.

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Κορή σεμνή και άσπιλε, Δεσποίνα Παναγία

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Θερμώς επικαλούμαι Σε, Ναέ ηγιασμένε,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Αντιλαβού μου, ρύσαι με, από τού πολεμίου,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

Και κλήρονομον δείξον με, ζωής της αιωνίου,

Χαίρε Νύμφη Ανύμφευτε.

 

Ô Vierge Pure, Souveraine, Immaculée et Mère de Dieu,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Ô Vierge Mère Reine, Toison couverte de rosée,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Plus élevée que les cieux, plus brillante que le soleil,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Ô joie des vierges surpassant les chœurs angéliques,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Plus splendide que les cieux, plus pure que la lumière,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Plus sainte que les multitudes des armées célestes,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

2

Marie toujours Vierge, la Souveraine de l'univers,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Épouse Vierge Immaculée, très sainte Reine toute pure,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Marie Épouse Souveraine, la Source de notre joie,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Ô jeune Vierge vénérable, très sainte Mère Souveraine,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Plus vénérable que les Chérubins et combien plus glorieuse

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Que les Séraphins incorporels, plus élevée que les Trônes.

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

3

Réjouis-Toi, chant des Chérubins, réjouis-Toi, hymne des Anges,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Cantique des Séraphins. Réjouis-Toi, joie des Archanges,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Réjouis-Toi, Paix et Joie. Réjouis-Toi, Port du Salut,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Du Verbe sainte Chambre nuptiale, Fleur d'incorruptibilité,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Réjouis-Toi, Paradis de joie de l'éternelle vie,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Réjouis-Toi, Arbre de vie et Source d'immortalité,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

4

Je Te prie, ô Souveraine, je T'invoque maintenant,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Je Te prie, ô Reine du monde, j'implore Ta grâce,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Ô Vierge pure, vénérable, très sainte Souveraine,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Avec ferveur je Te supplie, ô Temple sanctifié,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Secours-moi, délivre-moi de celui qui me fait la guerre,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée.

Et fais de moi un héritier de la Vie éternelle,

Réjouis-Toi, Épouse inépousée

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 23:56

Photos Éric Franceschi

Depuis vingt-cinq ans, elle a fait le choix d’une solitude radicale en montagne. Ermite, Sœur Catherine a accepté de se mettre un moment dans la lumière médiatique pour faire connaître cette vocation très ancienne.

Le choix d’une vie d’ermite
Le choix d’une vie d’ermite
Le choix d’une vie d’ermite
Le choix d’une vie d’ermite

Le mercredi des Cendres 1995, vous venez vivre dans l’ermitage où nous nous tenons, un cabanon posé sur une crête battue par les vents dans les Alpes du sud, sans eau ni électricité. Pourquoi ?

Parce que Dieu s’était, un jour, révélé à moi comme Dieu d’amour. J’ai compris alors qu’il était dépositaire de mon bonheur. Quelques années plus tard, dans la prière, j’ai entendu : « Je te demande de me suivre dans la solitude d’un ermitage. » Je prends un risque en vous disant cela. Mais c’est délibéré : l’expérience d’entendre une parole de Dieu n’est pas si rare.

Quand « Dieu s’est révélé à vous », vous étiez croyante ?

Non. Pas plus que le reste de ma famille, d’ailleurs. Je faisais du secrétariat dans une petite entreprise, et c’est une conversation avec mon jeune patron qui a tout déclenché. Un jour qu’il plaisantait sur l’encombrement de mon bureau, je lui dis que mon travail ne me rendait pas heureuse à proportion des efforts que je déployais.

Il se lança alors dans un discours inattendu : je faisais fausse route, selon lui, parce que Dieu est la source du bonheur. Il me fallait entrer en contact avec lui. Puis il m’expliqua que ma vie serait transformée si je consacrais une demi-heure chaque jour à la prière silencieuse.

Et vous lui avez fait crédit ?

Il était compétent, humain. Crédible. Pour lui, Dieu n’avait rien d’abstrait. Il m’a suggéré de m’introduire à la prière en répétant : « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi, pauvre pécheur. »

J’ai suivi sa recommandation. Très rapidement, la phrase a eu une vie en moi. Elle m’habitait. Après quelques mois, un jour, pendant la prière, je me suis sentie inondée d’amour, aimée personnellement.

Jésus-Christ était Dieu fait homme, il était Amour, offert à tous ! C’était, je pense, une expérience de l’Esprit saint. J’ai lu les Évangiles, et commencé à recevoir les sacrements. Dieu prenait tant de place dans ma vie que je pensais à la vie monastique. C’est alors que j’ai entendu l’appel à la vie érémitique.

Aviez-vous un accompagnement spirituel, pour confirmer votre discernement ?

Oui. Quand j’ai confié l’appel que j’entendais, la personne qui m’accompagnait est restée sans voix. Je suis entrée dans une communauté monastique pour un temps de formation et j’ai été accompagnée, notamment par un moine semi-ermite expérimenté.

J’ai cherché un ermitage. Celui-ci, inhospitalier au possible, était inoccupé. J’ai demandé à Dieu : « Si tu veux que je reste, il me faut un poêle à bois, et quelqu’un pour le porter. » Dans les 15 jours, j’avais trouvé un petit poêle, et une bergère m’offrait de le monter à dos d’âne.

    La solitude est un chemin de vérité.

Vous disposez depuis peu d’un second ermitage dans une autre vallée, plus confortable, pour l’hiver. Mais vous racontez dans votre livre avoir vécu pendant des années exposée au froid en hiver, à la sécheresse l’été. Qu’est-ce qui vous a fait tenir ?

(Après une profonde respiration.) On peut se donner un peu, beaucoup, passionnément…

Je pense que je ne suis pas loin du « à la folie » évangélique, ici. C’est l’endroit où je fais à Dieu le plus grand don de moi-même. Et il me comble.

Si on donne chichement, on reçoit chichement. Le sacrifice du Christ sur la Croix est fécond. Il ne m’est pas difficile d’unir ma petite vie de sacrifice à celle du Christ.

Pour intercéder, par exemple, en faveur de ceux qui peinent, ceux qui sont empêtrés dans des attachements trompeurs.

De quoi vivez-vous ?

L’église demande aux ermites diocésains – c’est mon statut – de s’assumer matériellement.

J’ai toujours considéré que si Dieu m’appelait, il me donnerait les moyens de subsister. J’ai commencé par des petits travaux d’artisanat, dont j’ai vite compris qu’ils ne pouvaient pas me faire vivre.

Mais dès le début de mon installation, des gens ont été touchés de me voir supporter un rude quotidien pour me consacrer à la prière, et ils m’ont soutenue de leurs dons : j’en vis depuis 1995.

C’est fou ! « Nous, on gagne de l’argent et on n’a pas le temps de prier. Acceptez cela et priez pour nous », m’ont-ils demandé.

Que mangez-vous ?

Je me nourris de légumes frais ou secs, de fruits frais et secs, d’œufs, de riz et d’un peu de poisson. Parfois de fromage. L’hiver, c’est oignons et choux : je constate que je tiens mieux ainsi contre le froid. Cet équilibre correspond à mes besoins.

Comment priez-vous ?

Je célèbre les principales Heures de l’office (la prière de l’Église, NDLR), en y développant la prière d’intercession. J’ai un temps d’adoration eucharistique et je communie.

C’est au cœur de ma vie. Je fais oraison plusieurs heures par jour, pour que la prière devienne continuelle.

Et l’intercession imprègne mon quotidien. Les itinéraires spirituels de sainte Thérèse d’Avila et saint Jean de la Croix m’ont guidée dans la voie de l’union à Dieu.

    L’ascèse peut être ambiguë ! Si elle nous conduit à mépriser autrui, c’est loupé.

Vous vivez une sorte de Carême permanent ?

Pratiquement. Au début, ma vie de solitude m’a conduite à me voir en vérité, non pas selon les critères de la société, mais au regard de l’enseignement du Christ : ce n’est pas flatteur…

Puis l’ascèse est devenue une façon de prier, au-delà des mots et des bons sentiments. Si je montre à Dieu que le sort d’autrui m’importe plus que mon petit confort, il m’écoute plus volontiers.

L’ascèse est-elle indispensable ?

Dans les Évangiles, les quarante jours au désert du Christ le fortifient avant sa mission et le préparent à sa Passion.

Le retrait vécu au désert procure une certaine lucidité. Il permet d’identifier les illusions et les faux-semblants, de se fortifier en vue des épreuves.

Mais l’ascèse peut être ambiguë ! Si elle nous conduit à mépriser autrui, c’est loupé.

    On peut se donner un peu, beaucoup, passionnément… Je pense que je ne suis pas loin du “à la folie” évangélique.

Au désert, après avoir été tenté, « Jésus vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient », selon saint Marc (1, 13). Que comprenez-vous ?

Aucune tentation n’a eu de prise sur le Christ, qui nous est montré dans une communion complète avec l’univers.

L’harmonie voulue initialement par Dieu est restaurée, son dessein d’amour structure à nouveau tout l’Univers dans la paix.

L’espérance chrétienne inclut cette communion avec les animaux, dont nous avons la responsabilité, et les anges, qui veillent sur nous. Loups, serpents, chamois vivent avec vous dans votre désert…

Ce n’est pas toujours paisible ?

Même s’ils m’ont compliqué la vie, ce ne sont pas les loups les plus pénibles, mais les loirs !

À l’époque où je dormais dans la petite grotte à quelques mètres en contre-bas du cabanon, dans la falaise, un loup est venu me renifler une nuit. J’ai ouvert un œil… et me suis rendormie, épuisée par une journée à faire du bois en prévision de l’hiver, sûre d’avoir rêvé !

Mais au matin, j’ai vu ses traces (rires).

Dans les quinze jours, j’ai construit un muret de pierres pour protéger l’entrée.

Et les humains, vous rendent-ils visite ?

Les gens du pays sont respectueux de ma solitude. Ils écrivent une intention de prière sur le cahier de la chapelle, déposent des dons.

Mais depuis trois ans, je suis connue dans les milieux interreligieux. C’est arrivé sans que je le cherche. On me demande des enseignements, des retraites. Je le fais, avec l’accord de mes référents en église.

Nos contemporains s’ouvrent à l’expérience de Dieu vécue dans les autres cultures et les autres spiritualités.

En Asie, être ermite est signe de détachement, alors on m’écoute. Ils ne se retrouvent pas dans la fuite en avant matérialiste, la recherche du profit, qui déshumanisent nos relations.

Ils sont réceptifs à l’expérience vécue. Le visage d’Église que je leur montre leur parle et les réconcilie avec le christianisme.


Propos recueillis par Christophe Chaland

1958 Naissance.

1990-1992 Formation dans un monastère en région parisienne.

1993 Séjours dans une communauté vivant un semi-érémitisme.

1994 Installation dans un ermitage proche d’un village.

1995 Commence sa vie de solitude dans un ermitage de montagne très retiré.

2017 Prédication occasionnelle de retraites. Enseignements et séminaires sur l’oraison et la vie spirituelle en milieu interreligieux.

Son livre : Récits d’une ermite de montagne, Éd.du Relié, 240 p. ; 17 €.

Loups, chamois, serpents peuplent ces récits d’une solitaire dont la spiritualité est solidement ancrée dans le réel.

« … Et c’est ainsi qu’on se retrouve presque vingt-cinq ans sur une crête de montagne battue par les vents, dans un ermitage accessible seulement à pied, après une heure trente de portage avec tout le nécessaire sur le dos.

Heureusement, dans un paysage d’une beauté rare… Un ermitage sans confort : pas d’eau, pas d’électricité, pas de téléphone bien sûr. L’habitation consistait en une toute petite cabane précaire en planches, mais il y avait une chapelle rustique et aussi cette petite grotte difficile d’accès où l’on accédait par une étroite corniche.

Est-on plus ermite en vivant dans une grotte qu’en vivant tout simplement dans une maison à l’écart d’un village ? J’avoue que la grotte est entrée dans ma vie de solitaire sans que je sois allée la chercher : il y avait une invitation. La grotte, ce n’était pas une option personnelle, mais un appel de Dieu... »

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 23:55
Arvo Pärt

Arvo Pärt, né en Estonie en 1935 est particulièrement apprécié en Allemagne. Malgré son prix des jeunes compositeurs de l’URSS reçu en 1962, Credo (1968) lui vaudra une disgrâce qui le plongera dans une crise profonde.

Il étudiera alors pendant 10 ans le chant grégorien et les compositeurs médiévaux flamands et français, lesquels enrichiront ses références orthodoxes et lui feront dépasser son intérêt pour la musique sérielle.

C’est à l’issue de cette période que vont surgir des œuvres telles que sa Symphonnie n° 3, puis, en 1976, Pour Alina (1976). Cette dernière marquera l’avènement d’un nouveau style, le "Tintinabulum", fondé sur le matériau minimaliste d’un accord parfait qui structure les pièces par ses réitérations.

En proie à la censure, il obtient la nationalité autrichienne et s’installe en 1980 à Berlin-Ouest.

Il composera notamment la célèbre Messe Berlinoise en 1990 et n’aura de cesse de faire respirer les poumons de l’Orient et de l’Occident, comme pour redonner souffle à un monde en crise.

Profondément orthodoxe, Arvo Pärt, saisit le drame de l’Estonie, celui de l’Allemagne, celui de l’humanité et transfigure ce cri dans la paix et le silence d’une prière grave et baignée de lumière.

A la fin du concert, les applaudissements n’en finissaient pas, exprimant la gratitude d’un peuple pour un artiste dont le travail ardent et humble a su trouver les notes de son âme.

Le feu dans la glace

On peut avancer qu’aujourd’hui, les interprètent savent transmettre les parties instrumentales de la musique d’Arvo Pärt.

Pour ce qui est du chant – si bien interprété au demeurant – quelque chose demeure encore inabouti.

Il y a en effet dans les compositions d’Arvo Pärt le paradoxe d’une totale objectivité alliée à une haute expression de l’amour qui n’a d’équivalent, peut-être, que chez Bach.

Mais l’occident, comme enfermé dans l’expression de l’ego, semble ne plus savoir comment s’y prendre. Un peu comme dans le chant grégorien, en étant figé, mécanique et neutre il croit atteindre la justesse et la profondeur d’un chant porteur de silence et de feu.

Pour trouver les clés de ce lyrisme sacré, il faut sans doute regarder du côté de l’Orient. 

Par ses écrits, l’auteur du poème les Lamentations d’Adam, saint Silouane l’Athonnite (1866-1936) [2], redonne accès a une attitude spirituelle propre à ouvrir un chemin.
 
Il ne s’agit pas tant d’une méthode que d’une attitude et d’un don : demeurer dans la souffrance causée par notre éloignement de Dieu, notre propre péché comme celui de l’humanité, habiter l’enfer, comme aimait à le répéter cet ascète dévoré par une compassion universelle, et, dans cette kénose fondée sur l’amour, être saisi par l’Amour[3].
Les lamentations d’Adam

Ainsi, la pièce Adam’s Lament (Les lamentations d’Adam) est sans doute le chef d’œuvre d’Arvo Pärt tant elle exprime, dans sa musique comme dans son thème, le cœur de la mission du compositeur. Dans ce poème en langue russe, le premier homme y pleure la perte de Dieu et fait entrer l’humanité dans une recherche douloureuse de l’Amour.

Le soir du concert, tandis que le texte défilait sous les yeux d’une salle bouleversée, la musique redessinait le souvenir d’une réalité inscrite dans le cœur de tous : « Adam languissait sur terre et sanglotait amèrement. / (…)"Mon âme languit après le Seigneur, et je le cherche dans les larmes. / Comment ne le chercherai-je pas ?" (…) Grande était la détresse d'Adam lorsqu'il fut chassé du Paradis ; / Mais lorsqu'il vit Abel tué par son frère Caïn, sa souffrance redoubla ; / L'âme écrasée de douleur, il se lamentait et songeait : / "De moi sortiront et se multiplieront des peuples entiers. / Tous, ils souffriront ; ils vivront dans l'inimitié / et se tueront les uns les autres. " (…) Moi aussi, j'ai perdu la grâce  / et, d'une seule voix, je crie avec Adam : "Sois miséricordieux envers moi, Seigneur. Donne-moi un esprit d'humilité et d'amour." »[4]

Personne ne pouvait rester indifférent. Beaucoup étaient saisis par cet esprit de repentir et de prière. Parmi les officiels, un militaire regardait avec surprise son voisin qui ne savait pas comment cacher ses larmes. 

« Cette histoire est votre histoire, explique le compositeur, et cela m'interroge. Cette histoire est la mienne, et elle vient répondre à la vôtre. C'est notre histoire à tous. L'histoire d'Adam est celle de tous les enfants des hommes. Et c'est une si grande tragédie »

Un artiste tel qu’Arvo Pärt, fort d’une mission que nous ne pouvons que reconnaître, rejoint les cœurs plus que toute prédication.

Il fait parvenir la grâce bien au delà des voûtes des églises ou du rayonnement des sacrements. Son art réveille le souvenir du Paradis et tourne doucement les âmes vers le Créateur. Et peu à peu, cette pluie légère de notes fait lever une supplication enfouie dans les sillons du monde. 

Bande annonce du documentaire produit par Accentus Music, La passion d’Adam (Août 2015), réalisé autour de la création de la performance du même nom par Robert Willson (Juillet 2015) : 

Arvo Pärt

"Adam’s Lament" (Les lamentations d’Adam) est une œuvre de commande conjointe des capitales européennes de la culture, Istanbul 2010 et Tallinn 2011, composée en 2009 par Arvo Pärt, compositeur estonien, sur un texte de Saint Silouane de l'Athos.

Dans ce texte extatique en même temps que rempli de souffrance, Adam pleure la perte de Dieu et fait entrer l’humanité dans une douloureuse quête de l’Amour perdu après son Exil...

Saint Silouane tente, par son poème, de nous ouvrir un chemin vers la Rédemption. Il s’agit selon ses propres mots de savoir habiter cette préfiguration de l’enfer dans laquelle nous sommes, "Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas", comme le répétait cet ascète qui cultivait avec ardeur une compassion universelle, et, dans ce dépouillement de soi, se sentir saisi par l’Amour de Dieu qui libère et absout par-delà les larmes...

Cette oeuvre sublime réveille en nous l'empreinte enfouie d’une autre réalité, inscrite dans notre cœur à tous, mais noyée par notre déracinement et notre oubli de Dieu...

 

 

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Saint Silouane l'Athonite : Les Lamentations d'Adam

« Adam, père de toute l'humanité, connaissait dans le Paradis la douceur de l'amour de Dieu ; aussi souffrit-il amèrement lorsque, à cause de son péché, il fut chassé du jardin de l'Éden et perdit l'amour de Dieu. Il se lamentait avec de grands gémissements, et ses sanglots remplissaient tout le vaste désert, car son âme était tourmentée à cette pensée : "J'ai offensé le Dieu que j'aime." Il ne regrettait pas tant le Paradis et sa beauté que d'avoir perdu l'amour de Dieu, qui, insatiablement et à chaque instant, attire l'âme à lui.

De même, toute âme qui a connu Dieu par le Saint-Esprit, mais qui, ensuite, a perdu la grâce, passe par les tourments d'Adam. L'âme est malade et éprouve un douloureux regret d'avoir affligé son Seigneur bien-aimé.

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Adam languissait sur terre et sanglotait amèrement.
La terre ne lui était pas douce,
Et il soupirait après Dieu en clamant :
"Mon âme languit après le Seigneur, et je le cherche avec larmes.
Comment ne le chercherais-je pas ?
Quand j'étais avec lui, mon âme était joyeuse et sereine,
Et l'Ennemi n'avait point d'accès auprès de moi.
Mais, à présent, l'esprit mauvais a pris pouvoir sur moi,
Agite et fait souffrir mon âme.
C'est pourquoi mon âme désire à en mourir le Seigneur ;
Mon esprit s'élève vers Dieu, et rien sur terre ne peut me réjouir.
Rien ne peut consoler mon âme,
Mais elle désire de nouveau voir le Seigneur, et être comblée par lui.
Je ne puis l'oublier un seul instant, et mon âme languit après lui ;
Ma peine est si grande que je pleure en gémissant :
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de ta créature tombée."

Ainsi se lamentait Adam,

Et les larmes lui coulaient de son visage sur la poitrine et jusqu'à terre,
Et tout le désert résonnait de ses gémissements.
Les animaux et les oiseaux se turent de douleur,
Mais Adam pleurait, car, à cause de son péché,
tous avaient perdu la paix et l'amour.
Grande était la détresse d'Adam lorsqu'il fut chassé du Paradis ;
Mais lorsqu'il vit Abel tué par son frère Caïn, sa souffrance redoubla ;
L'âme écrasée de douleur, il se lamentait et songeait :
"De moi sortiront et se multiplieront des peuples entiers.
Tous, ils souffriront ; ils vivront dans l'inimitié
et se tueront les uns les autres."
Cette douleur était immense comme la mer,
Et seul peut la comprendre celui dont l'âme a connu le Seigneur
et sait combien il nous aime.

Moi aussi, j'ai perdu la grâce
Et, d'une seule voix, je crie avec Adam :
"Sois miséricordieux envers moi, Seigneur.
Donne-moi un esprit d'humilité et d'amour.
" Ô amour du Seigneur! Celui qui t'a connu,
sans se lasser te cherche jour et nuit, et s'écrie :
"Je te désire, Seigneur, et je te cherche avec des larmes.
Comment pourrai je ne pas te chercher ?
Tu m'as donné de te connaître par le Saint-Esprit,
Et cette connaissance divine entraîne mon âme à te chercher en pleurant."

Adam pleurait :
"Il n'y a point de douceur pour moi dans le désert.
Il n'y en a point dans les hautes montagnes, ni dans les prairies,
Ni dans les forêts, ni dans le chant des oiseaux ;
Rien ne m'est doux.
Mon âme est dans une profonde affliction, car j'ai offensé mon Dieu.
Et si le Seigneur me prenait à nouveau dans le Paradis,
même là, je souffrais et pleurerais
Pourquoi ai-je offensé le Dieu que j'aime ?"

Chassé du Paradis, Adam souffrait dans son âme,
Et, dans sa douleur, il versait d'abondantes larmes.
De même, toute âme qui a connu le Seigneur, languit après lui et s'écrie :
"Où es-tu, Seigneur ? Où es-tu, ma Lumière ?
Pourquoi m'as-tu caché ton Visage ?
Depuis longtemps mon âme ne te voit plus ;
Elle aspire à toi et te cherche en pleurant.
Où est mon Seigneur ?
Pourquoi mon âme ne le voit-elle plus ?
Qu'est-ce qui l'empêche de vivre en moi ?
Voici : je n'ai pas l'humilité du Christ, ni l'amour des ennemis."

Dieu est Amour infini, Amour impossible à décrire.
Adam marchait sur la terre, et pleurait à cause
des maux sans nombre de son coeur,
Mais ses pensées étaient absorbées en Dieu ;
Et lorsque son corps était à bout de forces
et ne pouvait plus répandre de larmes,
Même alors son esprit restait tendu vers Dieu,
Car il ne pouvait oublier le Paradis et sa beauté ;
Mais, plus que tout, Adam aimait Dieu,
Et cet amour lui donnait la force de s'élancer vers lui.

- Ô Adam, j'écris à ton sujet :
Mais, tu le vois, mon esprit est trop faible
pour comprendre ton désir de Dieu,
Et comment tu portais le fardeau de la pénitence.
Ô Adam, tu vois combien, moi, ton enfant, je souffre sur terre.
Il n'y a presque plus de feu en moi,
Et la flamme de mon amour est près de s'éteindre.
Ô Adam, chante-nous le cantique du Seigneur,
Pour que mon âme tressaille de joie dans le Seigneur
Et s'avance pour le louer et le glorifier,
Comme le louent, aux cieux, les Chérubins et les Séraphins,
Et comme toute la hiérarchie céleste des Anges
lui chante l'hymne trois fois sainte.
Ô Adam, notre père, chante-nous le cantique du Seigneur,
Pour que toute la terre l'entende,
Pour que tous tes enfants élèvent leur esprit vers Dieu,
Se réjouissent aux sons du chant céleste
et oublient leurs peines sur la terre.

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Le Saint-Esprit est amour et douceur pour l'âme, l'intelligence et le corps. Celui qui a connu Dieu par le Saint-Esprit ne peut être comblé ; jour et nuit, il s'élance vers le Dieu Vivant, car grande est la douceur de l'amour divin. Et quand l'âme perd la grâce, c'est en pleurant qu'elle cherche à nouveau l'Esprit Saint.

Mais l'homme qui n'a pas connu Dieu par le Saint-Esprit, ne peut le chercher avec des larmes, et son âme est sans cesse assaillie par les passions ; son esprit est préoccupé par les choses de la terre et ne peut parvenir à la contemplation, ni connaître Jésus Christ. C'est par le Saint-Esprit que l'on connaît Jésus Christ.

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Adam connaissait Dieu et le Paradis ;
et après la chute, il le cherchait en pleurant.

- Ô Adam, notre père, parle-nous du Seigneur, à nous tes enfants.
Ton âme connaissait Dieu sur terre ;
Elle connaissait aussi le Paradis, sa douceur et sa joie.
Maintenant tu demeures aux cieux et tu vois la Gloire du Seigneur.
Dit-nous comment notre Seigneur est glorifié pour sa Passion ;
Parle-nous des chants que l'on chante aux cieux et de leur douceur,
Car c'est dans le Saint-Esprit qu'ils sont chantés.
Parle-nous de la Gloire du Seigneur ;
Dis-nous combien il est clément et combien il aime sa créature.

Parle-nous de la Très-Sainte Mère de Dieu ;
Dis-nous comment elle est magnifiée aux cieux,
Et par quelles hymnes elle est dite bienheureuse.
Parle-nous de la joie des Saints ;
Dis-nous comment ils resplendissent de grâce,
Combien ils aiment le Seigneur et avec quelle humilité
ils se tiennent devant Dieu.
Ô Adam, console et réjouis nos âmes affligées.
Raconte-nous ce que tu vois aux cieux...

Pourquoi donc gardes-tu le silence ?
Pourtant la terre entière est dans la souffrance...
Ou bien es-tu si absorbé par l'amour de Dieu
que tu ne peux plus te souvenir de nous ?
Ou bien vois-tu la Mère de Dieu dans la Gloire
et ne peux-tu t'arracher à cette vision ?
Pourquoi ne veux-tu pas nous dire avec douceur une parole de consolation,
À nous qui sommes accablés,
Pour nous faire oublier l'amertume de la terre ?
Ô Adam, notre père, tu vois pourtant l'accablement de tes fils sur la terre.
Pourquoi donc gardes-tu le silence ?

Et Adam dit :
- Mes enfants, laissez-moi en paix.
Je ne puis m'arracher à l'amour de Dieu et parler avec vous.
Mon âme est blessée par l'amour du Seigneur et se réjouit de sa beauté ;
Comment pourrais-je me souvenir de la terre ?
Ceux qui vivent devant la Face du Seigneur
ne peuvent penser aux choses de la terre.

- Ô Adam, notre père, tu nous a abandonnés, nous tes orphelins.
Nous sommes pourtant plongés dans la souffrance ici sur la terre.
Dis-nous ce qu'il faut faire pour plaire à Dieu :
Regarde tes enfants dispersés sur toute la terre,
Dispersés aussi dans les pensées de leur coeur.
Beaucoup ont oublié Dieu ;
Ils vivent dans les ténèbres et se dirigent vers l'abîme de l'enfer.

- Ne me dérangez pas.
Je vois la Mère de Dieu dans la Gloire,
Et comment pourrais-je m'arracher à cette vision pour parler avec vous ?
Je vois les saints Prophètes et les Apôtres ;
Et, tous, ils sont semblables à notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu.
Je chemine à travers les jardins du Paradis
et, partout, je vois la Gloire du Seigneur.
Car le Seigneur est en moi et m'a rendu semblable à lui.
Le Seigneur glorifie l'homme et le rend semblable à lui.

- Ô Adam, nous sommes pourtant tes enfants.
Dis-nous, à nous qui peinons sur terre,
Comment on peut hériter du Paradis,
Pour que, nous aussi, comme toi, nous contemplions la Gloire du Seigneur.
Notre coeur languit après le Seigneur,
Alors que, toi, tu demeures dans les cieux
et te réjouis de la Gloire du Seigneur.
Nous t'en supplions, console-nous.

- Pourquoi élevez-vous la voix vers moi, mes enfants ?
Le Seigneur vous aime, et il vous a donné les commandements.
Observez-les ; aimez-vous les uns les autres,
Et vous trouverez la paix en Dieu.
À toute heure, repentez-vous de vos péchés,
Pour que vous puissiez rencontrer le Seigneur.
Le Seigneur a dit : "J'aime ceux qui m'aiment,
Et je glorifierai ceux qui me glorifient."

- Ô Adam, prie pour nous, tes enfants.

Nos âmes sont accablées de bien de maux.
Ô Adam, notre père, tu demeures dans les cieux
Et contemples le Seigneur assis, dans la Gloire, à la droite de Dieu le Père.
Tu vois les Chérubins, les Séraphins, et tous les Saints ;
Tu entends les chants célestes, et leur douceur a fait oublier
la terre à ton âme.
Mais nous, sur terre, nous sommes dans l'affliction et assoiffés de Dieu.
Il n'y a presque plus de feu en nous pour aimer avec ardeur le Seigneur.
Inspire-nous : que devons-nous faire pour trouver le Paradis ?

Et Adam répond :

- Ne troublez pas ma paix, mes enfants, car,

À cause de la douceur de l'amour de Dieu,
Je ne puis me souvenir de la terre.

- Ô Adam, nos âmes languissent,
nous sommes écrasés sous le poids de nos peines.
Dis-nous une parole de consolation.
Chante-nous l'un des chants que tu entends au ciel,
Pour que toute la terre l'entende
et que les hommes oublient leurs misères...
Ô Adam, nous sommes accablés de tristesse.

- Ne troublez pas ma paix.
Le temps de mes souffrances est passé.
La beauté du Paradis et la douceur de l'Esprit Saint sont telles
Que je ne puis plus me souvenir de la terre.
Mais voici ce que je vous dirai :
Le Seigneur vous aime, et, vous aussi, vivez dans l'amour ;
Soyez obéissants à toute autorité, humiliez vos coeurs,
Et le Saint-Esprit vivra en vous.
Il vient silencieusement dans l'âme, lui donne la paix,
Et, sans parole, témoigne de son salut.
Chantez à Dieu avec amour et humilité d'esprit,
Car c'est en cela que se réjouit le Seigneur.

- Ô Adam, notre père, que devons-nous donc faire ? Nous chantons, mais nous n'avons ni amour ni humilité.

- Repentez vous devant le Seigneur, et demandez.
Il aime les hommes et leur accordera tout.
Moi aussi, je me suis beaucoup repenti,
Et j'ai beaucoup souffert d'avoir offensé le Seigneur,
Et d'avoir, par mon péché, perdu la paix et l'amour sur terre.
Mes larmes ruisselaient sur mon visage
et inondaient ma poitrine et la terre,
Et le désert entendait mes gémissements.
Vous ne pouvez comprendre ma détresse
ni comment je pleurais Dieu et le Paradis.
Au Paradis, j'étais heureux et joyeux :
L'Esprit de Dieu me réjouissait, et je ne connaissais aucune souffrance.
Mais, lorsque je fus chassé du Paradis,
Le froid et la faim commencèrent à me torturer ;
Les animaux et les oiseaux qui étaient doux dans le Paradis
et qui m'aimaient,
Devinrent sauvages et se mirent à me craindre et à me fuir.
De mauvaises pensées m'assaillirent ;
Le soleil et le vent me brûlèrent ; la pluie me trempa ;
Les maladies et toutes les souffrances de la terre me tourmentèrent.
Mais j’ai tout enduré, et j'ai fermement espéré en Dieu.
Vous aussi, accomplissez les travaux de la pénitence.
Aimez les afflictions, desséchez vos corps,
Humiliez-vous et aimez vos ennemis,
Pour que l'Esprit Saint puisse établir en vous sa demeure,
Et alors vous connaîtrez et trouverez le Royaume des Cieux.

Mais moi, ne me troublez pas :
Maintenant mon amour pour Dieu m'a fait oublier la terre
et tout ce qui s'y trouve.
J'ai même oublié le Paradis perdu,
Car je vois la Gloire du Seigneur et la Gloire des Saints.
Eux aussi, ils resplendissent de la lumière qui jaillit de la Face de Dieu,
Semblables au Seigneur lui-même.

- Ô Adam, chante-nous un chant céleste,
Pour que toute la terre puisse l'entendre
et jouir de la paix dans l'amour de Dieu.
Nous voudrions entendre ces chants :
Ils sont doux, car ils sont chantés dans l'Esprit Saint.

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