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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 22:55
Le miracle de la multiplication (une explication pour tous les élèves)

Marc 8, 1 à 9

En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya.

Chers frères et sœurs, j’affirme avec vigueur que le récit de la multiplication des pains et des poissons par Jésus est un évènement qui s’est réellement produit quelque part en Galilée il y a deux mille ans.

Je n’y ai pas assisté bien sûr mais ma conviction se fonde sur deux faits : d’abord c’est le seul miracle de Jésus qui soit rapporté dans chacun des quatre Evangiles. Et ce consensus si inhabituel entre les rédacteurs de ces textes montre que le miracle a marqué si fort les esprits qu’il s’est imposé à tous comme un prodige extraordinaire réellement vécu.

Comprenez bien l’émotion de ceux qui étaient présents et la force qu’ils en tireront ensuite pour témoigner : ils se sont vu manger du pain et des poissons qui n’existaient pas avant que Jésus ne les leur fasse distribuer.   

Ensuite cette multiplication surnaturelle de nourriture n’est finalement pas si exceptionnelle que ça pour ceux qui fréquentent la vie des saints. Des témoignages de multiplication de nourriture nombreux et dignes de foi se sont succédés jusqu’à notre époque et tout laisse à penser que ce ne seront pas les derniers.

Quand les vivres viennent à manquer de façon dramatique Dieu peut répondre aux demandes pressantes du saint qui le prie pour augmenter jusqu’à l’abondance un petit reste de nourriture, de pâte, de blé ou de noisettes.

Cela est arrivé par exemple par la prière d’Ansovin[1] devenu patron des agriculteurs, de Don Bosco[2] ou du Curé d’Ars[3].  Lisez ces témoignages et vous serez édifiés.

Encore plus près de nous il y eut le Padre Pio[4] qui donna par exemple la communion à une foule de fidèles alors qu’il n’y avait au début de la messe que quelques hosties dans le ciboire.

Le miracle est une réalité mais il reste exceptionnel (hormis peut-être la vie qui est un miracle permanent en soi). C’est la propriété même du miracle d’être une manifestation visible et inhabituelle de la puissance divine qui abolit par exception les lois naturelles communes pour rétablir un court instant un peu de l’harmonie paradisiaque.

Le miracle est essentiellement un signe d’exception voulu par Dieu pour frapper les esprits et faire comprendre que ce que dit le Fils ou ceux qui parlent en son nom est Vérité et Parole de Dieu.

Le miracle au fond c’est du marketing divin, un moyen médiatique avant l’heure pour faire passer dans les consciences le message de Dieu.

Alors qu’est-ce que Dieu veut nous dire avec le miracle de la multiplication des pains et des poissons ?

Je n’épuiserai certainement pas le sujet qui occupe les exégètes depuis des siècles mais je retiendrai quelques points qui m’ont saisi en méditant ce texte.

D’abord je remarque que Jésus témoigne de la compassion et de l’empathie pour cette foule qui l’a suivi pour l’écouter.

Donc je dirai que si nous voulons être sûr que Dieu nous ait « à la bonne » suivons le Christ, écoutons-le, restons auprès de lui dans la prière, faisons un instant abstraction de nos besoins charnels : sacrifions de nos désirs, de nos plaisirs et de notre confort pour méditer et prier avec lui et il s’occupera du reste.

Si le Christ est au centre de notre vie le miracle de la multiplication des pains nous dit qu’il prendra soin de nous sur tous les plans.

L’esprit d’abord sera rassasié mais le corps ne sera pas oublié.  « Cherchez d'abord le Royaume et sa justice, - dit Jésus- et tout cela vous sera donné par surcroît. »[5]

Je remarque aussi que le Christ nourrit la foule seulement après l’avoir enseignée.

Pourquoi ? Parce que la Parole de Dieu n’a de vraie fécondité que dans celui qui l’écoute en pratiquant l’abstinence ou le jeûne.

Le ventre plein nous rend sourd à la brise divine qui nous chuchote les paroles de la vie éternelle. Le ventre vide affine nos sens et ouvre nos oreilles spirituelles.

Le miracle nous dit autre chose. Il est le signe du don gratuit de Dieu et ce don est à l’exacte mesure de nos besoins comme l’a montré au temps de Moïse le miracle de la manne dans le désert.

Le don de Dieu comble notre soif d’infini et rassasie le corps et l’esprit. Le don c’est le contraire de la société marchande où tout se vend et tout s’achète. On n’achète pas l’enseignement divin, on n’achète pas la vie éternelle, on les reçoit et chacun les reçoit en plénitude sans distinction de race, de genre ou de position sociale.

Cela nous dit aussi que tout ce que nous recevons de Dieu ne nous appartient pas. Le don de Dieu passe par nous pour nous combler mais aussi pour être partagé, distribué et multiplié.

C’est une loi divine : plus nous donnons plus le don se multiplie en nous et autour de nous.

Le miracle de la multiplication des pains est vraiment à la portée de nos mains. Quand nous donnons nous apportons la vie parce que Dieu qui est la seule source de vie ne peut donner que la vie et le don de la vie c’est l’amour.

Il n’y a de vrai don que ce qui est donné avec amour. Et tout vrai don n’est qu’amour. Et le don d’amour est toujours multiplié par la puissance divine. Il crée de l’amour en surabondance. C’est l’effet papillon de l’amour.

J’ai toujours pensé que la prière de louange et d’intercession est un don que nous faisons au monde. Inspiré par Thérèse de Lisieux qui a dit qu’après sa mort elle ferait « tomber une pluie de roses » j’ai l’intime conviction que Dieu accueille la plus petite de nos prières et la multiplie en pluie de grâces.

Nos pauvres prières deviennent dans les mains du Seigneur des grâces qu’il distribue à ceux qui en ont besoin. Quand nous ne prions pas Dieu est impuissant.

Car Dieu ne peut ou ne veut agir dans ce monde sans notre libre concours.

C’est un des enseignements de l’évènement : Jésus a besoin de cinq pains et de quelques petits poissons fruits du labeur de l’homme pour accomplir le miracle. Jésus qui pourrait faire des pierres du pain veut nous dire sans doute : faites les premiers efforts et je multiplierai ensuite votre action.

Je voudrais aussi faire porter votre attention sur le processus des gestes et des paroles de Jésus qui aboutit au miracle de la multiplication de la nourriture. C’est un enseignement pour tout disciple du Seigneur.

Que fait Jésus ? Il rend grâce, il rompt les pains et il les distribue. Il bénit les poissons et il les distribue.

L’action de grâce précède tout. Rien ne peut arriver sans cet acte qui provoque la manifestation de la puissance de vie de l’Esprit-Saint.

Qu’est-ce donc que l’action de grâce ? C’est une action de remerciement avant même qu’ait lieu le résultat de la demande. C’est la puissance de la louange : louer le Seigneur de ce qui adviendra quoi qu’il puisse advenir. C’est un acte de foi essentiel dans notre relation à Dieu.

Nous devons donc remercier Dieu avant que Dieu agisse parce que nous croyons que Dieu a déjà agi. Rappelez-vous Jésus devant le tombeau de Lazare avant de le ressusciter : « Je te rends grâce (Père) de m’avoir écouté, je savais que tu m’écoutes toujours »[6]. Ce qui ne nous empêche pas bien évidemment de remercier Dieu pour les grâces que nous avons reçues. Rappelons-nous les dix lépreux guéris dont un seul, un étranger, est revenu rendre grâce au Seigneur.

Remarquons aussi l’évidente signification eucharistique du miracle de la multiplication des pains et des poissons. Pour le sentir vous noterez que le pain et le poisson sont les symboles connus du Christ, que le terme action de grâce se dit en grec « eucharistia » et vous vous rappellerez les paroles du prêtre quand il bénit les saints dons en disant : « l'Esprit par  qui  Tu  crées  tout  et  bénis  ce  qui  est créé,  sanctifies  ce  qui  est  béni et distribues ce qui est sanctifié »[7] ainsi que le partage du pain devenu le corps du Christ et sa distribution à la communion.

Enfin je terminerai en revenant sur l’action de grâce car c’est par elle que Dieu rend fécond notre vie de chrétien et multiplie en nous et autour de nous l’amour du prochain.

Et je laisse Paul vous interpeler à son sujet par cette vigoureuse parole :

« Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.[8]

A lui le Seigneur de la Vie soit l’Honneur, la Puissance et la Gloire aux siècles des siècles. Amen !

 

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