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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 23:59
Irénée de Lyon

Par Bernard Berthod
Historien et écrivain lyonnais

Saint Irénée (entre 120 et 140- vers 202), deuxième évêque de Lyon, est l’un des Pères de l’Église.

Héritier de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean, il passa sa vie à défendre la Tradition de l’Église contre les hérésies, en se fondant notamment sur la succession apostolique.
  
Repères biographiques.

La vie d’Irénée est principalement connue par les témoignages rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, histoire reprise et embellie par saint Grégoire de Tours trois siècles plus tard, ainsi que par ce qu’il dit de lui-même dans ses œuvres.

Irénée naît en Asie Mineure (Turquie actuelle), sans doute à Smyrne entre 120 et 140, dans une communauté chrétienne déjà affermie et conduite par l’évêque Polycarpe de Smyrne (martyrisé en 155) qu’il côtoie et dont il devient le disciple.

Un fragment d’une lettre cité par Eusèbe atteste la présence d’Irénée à Rome en 177 ; il est alors prêtre, missionné par l’Église de Lyon auprès du pontife Eleuthère.

La communauté lyonnaise le charge de porter son avis sur le Montanisme (voir Compléments) en conseillant la conciliation.

Ce séjour à Rome a sans doute permis à Irénée d’échapper à la persécution qui se déroule à Lyon la même année.

À son retour, il est désigné pour succéder à Pothin, mort en prison.

Son activité pastorale demeure inconnue mais sa voix est écoutée dans l’Église.

Lorsque le pape Victor menace d’excommunier ceux qui célèbrent la Pâque selon le comput juif et non le dimanche suivant, Irénée intervient et tout en indiquant que la Pâque doit être célébrée un dimanche, il encourage l’évêque de Rome à ne pas procéder par voie disciplinaire.

Il se révèle ainsi être un artisan de paix et d’unité en honneur à son nom dérivé de « Eirènè » : « la paix ».

On parle d’ailleurs d’irénisme pour désigner un comportement qui recherche à tout prix la concorde entre plusieurs partis très différents (le mot a cependant pris un sens péjoratif).

Sa mort, vers l’an 202, demeure mystérieuse.

La tradition et la liturgie lyonnaise lui décernent la palme du martyre mais ce n’est pas sûr.

Ni Eusèbe, ni Tertullien n’en parlent ; le premier à le désigner comme martyr est saint Jérôme, dans son Commentaire sur Isaïe, vers 397.

Grégoire de Tours reprend cette tradition.

Un théologien pastoral.

Si son activité pastorale demeure méconnue, l’aspect littéraire de son activité a en revanche traversé les siècles.

Irénée a écrit des traités théologiques parce qu’il était avant tout pasteur.

On lui doit plusieurs écrits sur la Science, la prédication apostolique, mais son œuvre majeure est un traité réfutant la gnose et de nombreuses hérésies : l’Adversus hæreses (Contre les hérésies) dont le titre complet est Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur.

Ce long texte divisé en cinq livres représente la première synthèse théologique de grande ampleur où se trouve récapitulée la foi de l’Église et présente de nombreuses intuitions reprises dans les siècles suivants.

L’ouvrage est destiné à lutter contre l’hérésie gnostique de ceux qui pensent obtenir le salut par l’acquisition d’un savoir tenu secret au plus grand nombre et non pas par le sacrifice du Christ.

Il montre que le Christ par sa mort et sa résurrection « récapitule » toute l’œuvre créatrice de Dieu.

Cette vision de l’économie du Salut montre que : « Celui qui apporte la nouveauté, c’est Celui qui a été annoncé.

La nouveauté de l’Évangile n’est pas soudaine, elle a été désirée et entrevue et elle est réalisée en nous par une sorte d’anticipation pour nous accoutumer à ce qui sera notre bonheur » (Maurice Jourjon).   

La mise en valeur de la tradition apostolique.

Tout vient des Apôtres et tout converge vers eux : « La Tradition des Apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. »

Afin d’asseoir avec autorité sa défense de la Tradition, Irénée recourt à la généalogie de « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous », fondée par les Apôtres Pierre et Paul dans la capitale de l’empire romain.

Dans la succession des évêques se lit la vérité de l’Évangile conservée avec une fidélité absolue par ceux qui en sont les dépositaires.

Il assoit ainsi la catholicité de son Église sur l’Eucharistie, la Tradition, le siège apostolique de Rome et son importance dans la chrétienté primitive.  

Un des premiers théologiens marials.

Irénée est l’un des premiers à évoquer la Vierge et son rôle, faisant un parallèle entre Ève et Marie : « De même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devînt l’avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge. »   

Culte.

La tradition lyonnaise veut que le corps du pontife ait été conservé dans une basilique funéraire dédiée à saint Jean, qui a plusieurs fois changé de nom avant de prendre celui de Saint-Irénée.

Lors de la prise de Lyon par les Huguenots du baron des Adrets en 1560, le cimetière est profané et les restes mortels du saint sont jetés dans la Saône.

Après la reconstruction de l’église, les fidèles continuent à y vénérer le saint et son tombeau, désormais vide.

Vers 1850, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, obtient de Rome quelques reliques d’Irénée et les fait déposer dans un reliquaire dessiné par Pierre Bossan, futur architecte de Notre-Dame de Fourvière et réalisé par l’orfèvre lyonnais André Favier. Ce reliquaire, toujours en place, permet aux Lyonnais de perpétuer la dévotion à leur deuxième évêque.   

Saint Irénée est fêté dans l'Église romaine le 28 juin jusqu’en 1960, puis le 3 juillet, et le 23 août dans l'Église byzantine.

Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II.

L’héritage d’Irénée à travers Polycarpe de Smyrne qui a connu l’apôtre Jean a entraîné l’Église de Lyon à se dire d’origine apostolique.

Sources documntaires

-  Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Éditions du Cerf, Collection Sources chrétiennes, 2001. 
- Irénée de Lyon, Démonstration de la prédication apostolique, Éditions du Cerf, Collection Sources chrétiennes - N° 406, 1995. 
- Jullian Camille, La Gaule dans l'Empire romain, Éditions du Trident, 2013. 
- Jourjon, Maurice, cours de Patrologie et de Théologie patristique, Université catholique, Lyon, 1976. 
- Sesboüé Bernard, Tout récapituler dans le Christ, Collection Jésus et Jésus Christ, n° 80, Éditions Desclée, 2000.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 23:48
Fête de Sainte Anne

Nous fêtons aujourd’hui Sainte Anne, patronne des Bretons. Fest laouen d’ar Vretoned !
Pedomb evit ar Vro hag evit ar peoc’h !

Rien ne pourra se construire en Bretagne sans la pierre angulaire qu’est le Christ. Si les Bretons se mettent tous à prier la grand-mère de Jésus et la Vierge Marie, il ne fait aucun doute que la Bretagne sera un témoignage de foi profonde qui rayonnera à travers le monde pour la gloire de Dieu.

Rares sont les films consacrés à celle qui donna naissance à Marie. Ce très intéressant documentaire, que nous avions déjà partagé sur Ar Gedour en 2014, répond par l’image et à l’aide de témoignages aux nombreuses questions qui se posent relativement à sainte Anne.

L’ayant vu, l’on comprend pourquoi Dieu, qui avait prédestiné l’enfant à devenir l’aïeule du Sauveur, la comblera des grâces les plus admirables et comment notre sainte sut répondre par sa sainteté aux grâces qui lui furent données.

Ce programme dépeint ce que fut la vie de celle qui peut se glorifier d’avoir donné naissance à la Mère de Dieu et formé le coeur de Marie à la vertu et à l’innocence.

Nous rappelons ici que vous aurez bientôt sur Ar Gedour des informations sur l’avancée du projet monumental “Santez Anna”, que vous pouvez suivre aussi directement ici

Il s’agira de la plus grande statue jamais réalisée à ce jour en Armorique, et qui a vocation à montrer concrètement aux Bretons que Sainte Anne veille sur eux, dans l’Armor comme dans l’Argoat, et qu’ils peuvent compter sur elle !

« Santez Anna, mamm gozh hor Salvér Jézuz Krist, Mamm ar Werhez ha Mamm hor Bro, benniget ho Pretoned ha grit ma vevo Breizh da virviken ».

« Sainte-Anne, aïeule de notre Sauveur Jésus-Christ, Mère de Notre-Dame et Mère de notre Patrie, bénissez vos Bretons et faites que la Bretagne vive à jamais »

Eflamm Caouissin

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 23:57
Le stigmate extrêmement douloureux que Padre Pio a caché toute sa vie

Il ne l'a révélé qu'au pape Jean Paul II.

Padre Pio est l’un des rares saints a avoir reçu les plaies de la Passion du Christ sur son corps, qu’on appelle les stigmates.

En plus des plaies des clous et de la lance, il reçut également la plaie que le Christ avait sur l’épaule, causée par le port de la croix.

Personne n’avait connaissance de ce douloureux miracle, pas même frère Modestino de Pietralcina, un de ses amis et fils spirituel, qui l’aidait dans sa vie quotidienne.

Padre Pio lui dit un jour que lorsqu’il changeait son maillot, la douleur était tellement violente que c’était une des choses les plus difficiles à endurer.

Frère Modestino supposait que Pio parlait de la douleur qu’il avait quand il retirait le tissu de la blessure de son côté.

Il ne découvrit la vérité qu’après la mort de Padre Pio, alors qu’il rangeait les vêtements de son père spirituel.

Modestino avait été chargé de rassembler toutes les affaires et de les mettre sous scellé.

Sur le tricot de corps du saint, il découvrit alors une souillure sur l’épaule droite, près de l’omoplate.

Cette tache mesurait environ 10 centimètres de diamètre (un peu semblable à celle du Saint-Suaire de Turin).

Il se rendit compte alors que lorsque Padre Pio devait enlever sa chemise, le tissu collait à cette blessure ouverte et devait lui provoquer une énorme douleur.

« J’ai immédiatement informé notre supérieur de ce que j’avais trouvé », se rappela Modestino et l’abbé lui demanda de faire un rapport.

Le frère y ajouta que « le père Pellegrino Funicelli, (qui avait aussi aidé Padre Pio pendant de nombreuses années), lui avait raconté qu’à plusieurs reprises, en aidant Pio à changer son tricot de laine, il remarquait parfois sur son épaule droite ou gauche, cet hématome circulaire.

Wojtyla, son confident

Durant sa vie, Padre Pio n’a parlé de cette blessure qu’au futur pape Jean-Paul II.

L’historien Francesco Castello relate l’épisode de la rencontre entre le père Wojtyla et Padre Pio qui eut lieu en avril 1948 à San Giovanni Rotondo.

C’est à ce moment là que Pio aurait confié sa « blessure la plus douloureuse ».

Frère Modestino a rapporté plus tard qu’après sa mort, Padre Pio lui avait donné une explication en songe.

« Une nuit, avant de m’endormir, je lui adressais cette demande en forme de prière : “Cher père, si tu avais vraiment cette blessure, donne-moi un signe”. Puis je m’endormis.

Mais à 1h05 du matin, une douleur intense à l’épaule me tira d’un sommeil profond.

C’était comme si quelqu’un avait pris un couteau et trifouillé la chair dans mon omoplate.

Si la douleur avait continué quelques minutes de plus, je pense que je serais mort.

Au cours de cette expérience, j’entendis une voix qui disait : “Voilà comment j’ai souffert”.

Alors un parfum intense se mis à emplir ma cellule.

Je sentais mon cœur déborder d’amour pour Dieu.

J’éprouvais une sensation étrange : cette douleur, mon corps voulait la rejeter, mais l’âme, inexplicablement, la désirait.

C’était extrêmement douloureux et doux en même temps. Et c’est enfin que je compris ! »

Aleteia

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