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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 20:38

Il existe de nombreuses méthodes de prière, dont celle, universelle, utilisée dans toutes les Traditions, ayant comme support le chapelet. En Occident, le chapelet est principalement utilisé pour la dévotion envers Notre Dame ; il est aussi utilisé pour des dévotions moins connues comme celle de la Miséricorde ou du Saint et précieux Sang. Il peut aussi servir pour la dévotion au Coeur et au Nom de Jésus. Le principe est alors le suivant :

Sur la Croix, on prononce les paroles d'ouverture rituelle "Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit" en se signant. Sur les petits grains, on prononce l'invocation "Coeur sacré de Jésus, aie pitié de nous" (ou toute autre formule similaire). Sur les gros grains, on prononce la doxologie traditionnelle trinitaire "gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit, Dieu unique dans les siècles des siècles".

Lorsque nous accomplissons un Rosaire, par trois rotations successives (3 cercles), nous invoquons 153 fois le Coeur et le Nom de Jésus et nous prononçons 17 fois la doxologie trinitaire.

Dans son Evangile, au chapitre 21, Saint Jean rapporte l'épisode suivant : "Après cela (la Résurrection), Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Il leur dit : jetez vos filets à droite du bateau et vous trouverez … Jésus leur dit : apportez ces poissons que vous venez de prendre … Simon-Pierre monta dans le bateau et tira le filet, plein de gros poissons : cent cinquante trois ; et quoiqu'il y en eut tant, le filet ne se déchira pas".

Comme beaucoup de nombres donnés dans les Evangiles, 153 est symbolique. Ce nombre est le résultat de l'addition triangulaire du nombre 17 (1+2+3+4+5+6 … +16+17 = 153). Le Nom Sacré et Imprononçable de 4 lettres, si cher à Martinez et St Martin a pour valeur : 10+5+6+5 ou 26. Mais, 10 valant 1, nous pouvons aussi lui donner sa vraie valeur interne qui est : 1+5+6+5 = 17 .

Lorsque nous utilisons le chapelet pour célébrer le Nom et le Coeur de Jésus, nous imprimons sur notre être un mouvement, un rythme issu des vivants Nombres divins. De plus, le Nom de Jésus qui signifie "Dieu sauve", marque sa Divinité, tandis que son Coeur signe son humanité. les 153 invocations ont valeur de plénitude ; plénitude de son oeuvre divino-humaine qui exprime la racine interne 17 : la Sainte Trinité.

Saint Matthieu dans son Evangile, au chapitre 13 nous rapporte : "Le royaume des cieux est comparable à un filet qu'on jette en mer et qui ramène toutes sortes de choses. Quand il est plein, les pêcheurs le tirent sur le rivage puis s'asseyent, recueillent dans des paniers ce qu'il y a de bon et rejettent ce qui ne vaut rien".

Le royaume des cieux, comparé en d'autres passages évangéliques au Saint-Esprit, qui est ici le filet mystique, que chacun a vocation d'utiliser pour faire remonter des profondeurs de sa mer passionnelle intérieure, ces poissons qui sont tout à la fois suggestions, sollicitations, intellects et pensées passives. A chacun aussi d'en faire le tri.

La parole de Jésus "jetez le filet à droite" est révélatrice du Lieu du Coeur. Sur les représentations traditionnelles de la Crucifixion et du Sacré Coeur, la plaie d'où s'échappent du Corps l'Eau et le Sang (le mystère Eucharistique) est toujours représentée sur le flanc droit. Selon l'expérience de beaucoup de mystiques, de toutes les traditions, le Lieu du Coeur, spirituel est ressenti dans la poitrine, mais décalé à droite et non superposé au coeur-organe à gauche.

En appelant ses premiers Disciples (dont Saint André), Jésus leur dit qu'ils seraient désormais des pêcheurs d'hommes. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, chacun d'entre nous a pour première vocation de devenir le pêcheur de sa propre humanité spirituelle mineure, assisté en cela par le filet mystique du Saint-Esprit.

SAGI NAHOR

http://saginahor.unblog.fr/

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 21:51

Je dis toujours : Laissez passer les pensées comme les nuages dans le ciel, laissez passer, passer, passer... Il faut épuiser le trop-plein de pensées, alors le cerveau peut recevoir de nouvelles informations. Une bouteille pleine ne peut plus rien contenir ; une bouteille vide, oui. Mais pour bien laisser passer, il faut se concentrer sur la posture de méditation : dos droit, bassin basculé, nuque droite, pouces qui ne doivent faire ni montagne ni vallée, yeux mi-clos, se concentrer sur l'expiration la plus longue possible jusque dans le hara, le kikai tanden, l'océan de l'énergie qui se situe dans l'abdomen. Vos postures ne doivent pas être comme des bouteilles de bières éventées ! Elles doivent être fortes, riches, belles, alors l'harmonie en vous, la sagesse apparaît. La vraie sagesse se trouve dans l'effort de l'immobilité. L'effort juste est le plus important.

[...] notre corps est comme un instrument de musique qu’il faut savoir accorder pour bien jouer la vie. Pour apprendre à "négocier la Voie", dit-on dans le zen.

[...] Nos contemporains sont trop faibles. La posture de méditation peut les rendre forts. C'est la civilisation qui les rend faibles, il y a trop de tout, trop à manger, trop de bruit, trop de publicité, trop d'images, trop de sexe, trop, trop. Tout le monde est intoxiqué, hystérique, la voie naturelle oubliée...

[...]Je vois l’avenir avec beaucoup de destructions, toujours davantage de pollutions. L'espèce humaine ne pourra se sauver que par sagesse. La sagesse doit s'élever de l'humanité.

[...]A la fin, toutes les bulles d'air à la surface d'un cours eau font "plop" et reviennent se fondre à ce coursd' eau. Alors ce n'est pas la peine de se poser trop de questions : comment va finir l'humanité, comment vais-je mourir, combien de temps mes enfants vont-ils vivre, comment vais-je survivre, quand est-ce que je vais rencontrer la femme de ma vie, quand est-ce qu'un homme va coucher avec moi ?... Quand ? Comment ? Pourquoi ? On se torture sans cesse avec des questions inutiles. L'important est l'action : ici et maintenant, agir. La réponse aux questions vient toujours assez vite. La vie est comme une ligne faite de points. Chaque instant est un point. Plus chaque instant est vécu fort, plus les points, et donc la ligne, sont forts. Il faut tracer sa vie avec force. La posture de méditation aide, c'est tout. Elle aide à guérir le corps et l'esprit.

[…] pratiquer le zen consiste à penser avec son corps, c'est unir le corps et l'esprit, c'est une sagesse du corps. Ch'an, zen, dhyana, zazen, tous ces mots définissent la méditation qui est pratique de tout le corps. Ainsi peut-on équilibrer les deux cerveaux. L'être moderne est gravement malade : la pratique de la méditation peut l'aider à devenir sain. Ce n'est pas la peine de s'enfuir dans une grotte dans la montagne pour cela. La posture elle-même est la grotte et la montagne. Où que vous soyez existe la vraie liberté, celle du poisson dans l'eau ou de l'oiseau dans le ciel. Mais on peut amener un cheval à la rivière, c'est à lui de boire... Transformer son karma reste l'affaire de chacun !

Taisen Deshimaru 1914 -1982

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 20:26

On me pose la question de savoir “s’il est possible à ceux qui vivent dans le monde de pratiquer la prière noétique”. La réponse est oui! Afin de rendre cette affirmation claire à ceux qui sont intéressés et d’informer ceux qui ne sont pas conscients de cette possibilité, nous allons brièvement expliquer afin que nul ne soit dans l’embarras à cause des diverses interprétations et définitions qui sont données de la prière noétique.

En général, la prière est la seule occupation et la seule vertu obligatoire et indispensable à tout être rationnel, qu’il soit doué de sensations et de pensée, qu’il soit humain ou angélique. C’est la raison pour laquelle [l’apôtre Paul] nous enjoint de prier sans cesse.

La prière n’est pas divisée dogmatiquement en types et méthodes mais, selon les Pères, tout type de prière et toute méthode de prière est bénéfique, pour autant qu’elle ne soit pas sous l’influence d’une illusion diabolique. Le but de cet exercice très vertueux et de diriger et de garder l’intellect de l’homme vers Dieu. Dans ce but, nos Pères ont mis au point des méthodes de prière plus accessibles et ont simplifié la prière, afin que l’intellect puisse plus facilement et de plus en plus fermement se tourner vers Dieu et demeurer en Lui. Avec les autres vertus, les autres parties du corps de l’homme interviennent ainsi que les sens tandis que le bienheureuse prière de l’intellect seul est pleinement active. Ainsi, beaucoup d’effort est nécessaire pour faire violence à l’intellect et pour le brider, afin que la prière devienne acceptable et produise des fruits. Nos très saints Pères, qui aimaient Dieu pleinement avaient pour but principal de leur étude, de s’unir à Dieu et de rester continuellement en Lui. Ils mirent de ce fait tous leurs efforts dans la prière pour parvenir à cette fin.

Il est d’autres formes de prière qui sont connues et communes à presque tous les chrétiens: nous n’allons pas en parler à présent. Nous nous limiterons à ce que l’on appelle la prière noétique, car c’est elle que l’on nous demande toujours d’expliquer. C’est un sujet qui concerne une multitude de fidèles puisque presque rien n’en est connu, qu’elle est souvent mal interprétée et décrite d’une manière assez invraissemblable. La manière précise de la mettre en pratique aussi bien que les résultats de sa vertu déifiante qui mène de la purification à la sanctification, nous laisserons les Pères en parler. Dans notre indigence, nous ne mentionnerons que ces choses qui sont nécessaires pour clarifier ce sujet et convaincre nos frères vivant dans le monde qu’ils doivent s’adonner à cette prière.

Les Pères l’appellent noétique parce qu’elle est faite avec l’intellect ( nous en grec), mais ils l’appellent aussi sobre vigilance ( nepsis) ce qui signifie presque la même chose. Les Pères nous décrivent l’intellect comme être libre et curieux qui ne supporte pas l’enfermement et n’est pas persuadé par ce qu’il ne peut concevoir de lui-même. C’est la raison pour laquelle, ils ont d’abord choisi quelques mots qui ont composé une seule prière très simple, “Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi”, afin que l’intellect ne doive pas fournir un gros effort comme pour une prière longue. Ensuite, ils tournèrent l’intellect vers l’intérieur, vers le centre de notre raison, où il doit se tenir immobile dans l’invocation du très doux Nom de notre Seigneur Jésus, afin de ressentir la divine consolation aussi vite que possible. Il est impossible selon les Pères, que notre bon Maître, ainsi appelé continuellement, ne nous entende pas, Lui Qui désire si ardemment le salut des hommes.

De même qu’une vertu à laquelle on aspire ne peut être obtenue que par des moyens favorables, ainsi, cette œuvre sainte demande quelques rudiments indispensables: un certain degré de calme, être libre de tout souci, éviter de vouloir comprendre et de répandre la nouvelle de ce qui arrive alors, “donner et prendre” comme le disent les Pères, une discipline personnelle en toute chose, et le silence absolu qui résulte de ces choses. De plus, je ne pense pas que cette persévérance et cette habitude soient hors d’atteinte des êtres pieux qui s’intéressent à cette sainte activité. La bonne habitude de prier à heures régulières, le matin et le soir aux mêmes heures, serait un bon début.

Nous avons là certainement mis l’accent sur l’élément le plus indispensable dans la prière. Ceci est justement mis en relief par Saint Paul, “soyez persévérants dans la prière.” ( Col.4:2) A la différence des autres vertus, la prière nécessite un effort de notre vie entière et, pour cette raison, je répète à ceux qui tentent de faire cet effort, de ne pas se sentir entravés, ni de considérer la nécessité de faire preuve d’endurance requise par cette prière, comme un défaut qui entacherait cette œuvre de sobriété.

Au début, il est nécessaire de dire la prière dans un murmure, ou plus fort quand on est confronté à la contrainte ou à la résistance intérieure. Quand cette bonne habitude est prise, au point que la prière est soutenue et peut être dite aisément, alors, on peut se tourner vers l’intérieur dans un silence absolu et total. Dans la première partie du livre des Récits du Pélerin, nous est donné un bon exemple d’initiation à cette prière. Une grande persévérance, un grand effort, avec les mêmes paroles inaltérées de la prière engendreront une bonne habitude de cette prière. Cela amènera le contrôle de l’intellect, et, à ce moment-là, la présence de la Grâce sera manifestée.

De même que chaque vertu a un résultat qui lui correspond, la prière engendrera la purification de l’intellect et son illumination, jusques au bien le plus haut et parfait, l’union avec Dieu, c’est-à-dire en réalité la divinisation (théosis). Cependant les Pères nous préviennent ainsi: il appartient à l’homme de s’efforcer d’entrer dans la voie qui conduit à la Cité, et si, par hasard, il n’arrivait pas au terme du parcours, Dieu le mettrait au nombre de ceux qui sont parvenus au but. Pour être plus clair, surtout sur ce sujet de la prière, je veux expliquer comment nous tous, chrétiens devont combattre dans la prière, particulièrement celle dite monologique ou noétique. Si l’on parvient à une telle prière, on en retirera grand profit.

POUR LES FIDELES QUI VIVENT DANS LE MONDE
Joseph l'hésychaste ( Mont Athos)
Version française Claude Lopez-Ginisty

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