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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 21:15

La parole est la qualité divine de l’être humain créé à l’Image et comme à la ressemblance de Dieu. Il n’est pas étonnant alors que la pédagogie catéchétique traditionnelle donne à la parole humaine une place royale.

 

Un abbé du XII° siècle, Hugues de Saint-Victor , rappelait à ses moines la pratique traditionnelle de la « lectio » et de la « meditatio » telle que la tradition judéo-chrétienne les concevait. Il dit : « La langue capte et l’oreille émet », ce que nous ne comprenons plus aujourd’hui puisque nous lisons la Bible seulement avec nos yeux, et que nous la méditons en silence. Nous dirions plutôt l’inverse : l’oreille capte et la langue émet. L’ancienne tradition biblique s’est perdue peut-être parce que le monde rationaliste ne donne plus à l’éducation de la parole biblique la place qui lui convient.

 

La langue capte et l’oreille émet ! En lisant la Bible à haute voix, les signes morts couchés depuis des siècles sur le papier, reprennent vie dans l’oralité de la communauté ecclésiale. Ils commencent à se réveiller dans le lecteur qui, le premier, capte la Parole en la parlant. C’est ainsi que la langue capte la vie qui dormait. Comme le remarque saint Augustin quelque part, nous nous entendons chanter. Ce que la langue exprime de vive voix, l’oreille le transmet à l’âme. C’est ainsi que l’oreille « émet » à l’intérieur des cœurs.

 

La « meditatio » est indissociable de la « lectio », elle se fait toujours à mi-voix, prolongeant les sonorités bibliques dans la mémoire. Comme pour la « lectio », l’acte de parole est essentiel, c’est lui qui engage le corps dans le processus du salut.

 

Voilà pourquoi les cloîtres du XII° siècle ressemblaient à une ruche bourdonnante, dont les « abeilles » butinaient le miel des saintes Ecritures.

 

La catéchèse biblique n’est pas un enseignement de savoirs, de savoirs-faire ni de savoirs-être. La catéchèse biblique est l’initiation à un écho intérieur de la Parole. Le mot latin « in-itiatio » laisse entendre un mouvement vers l’intérieur. La catéchèse ne doit-elle pas précisément faire apprendre ce mouvement de la parole biblique qui permet l’écoute intérieure de la Parole de Dieu ? Cette manière de faire rappelle ce mot que Dieu adresse à Abraham : « Lekh- lekha ! », tel que le Zohar l’interprète : « Va vers toi ! »

Claude LAGARDE

http://catechese.free.fr/

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 09:26

Nos pères spirituels nous disent que les circonstances elles-mêmes nous indiquent le bon chemin.
Nous pouvons aussi, avec foi, demander ce qu'il convient de faire à un père spirituel ou à un homme sage.
Nous pouvons aussi juger l'inclination de notre coeur.
Priez alors trois fois le Seigneur de vous indiquer sa volonté, juste comme le Sauveur a fait au jardin de Gethsémani. Et ce que votre coeur vous conseillera, faites-le.

Hiéromoine Dorofey
du mont Athos cité par Serge Bolshakoff
Rencontres avec la prière du coeur
Ed AD Solem

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 21:35

Si le soir venu Jésus s’embarque vers l’autre rive (Mc 4,35), et s’il s’endort sur le bois de cette ultime traversée nocturne, l’initié capte aussitôt « l’au-delà » du texte évangélique. En son cœur ouvert et attentif, il comprend la mer et le vent, il communie à l’incompréhension de la foule et à la panique des disciples qui est parfois la sienne. Il voit bien sûr le drame marin mais, « au-delà », il entend celui du Golgotha. Il voit bien sûr le réveil du Seigneur mais, « au-delà », il perçoit le Ressuscité et reçoit sa Vie. Le voilà alors saisi par le dynamisme de la Parole, l’énergie du Verbe créateur, infiniment plus puissante que les intempéries humaines, plus forte que la mort qui menace en silence.

La Bible se lit toujours à deux niveaux, historiquement et symboliquement, de l’extérieur et de l’intérieur, comme une histoire humaine et aussi comme une « lectio divina ». C’est grâce à cette lecture profonde et pleine d’amour qu’elle devient la langue de l’Eglise adulte, où se murmure en chaque croyant, le Mystère caché depuis les origines et révélé en Jésus-Christ.

Dès qu’il a franchi les deux grandes étapes de l’initiation à la Parole de Dieu, la langue du croyant se délie, elle énonce avec joie les délices dune parole toujours neuve qui rénove, d’une parole vivante qui vivifie, la Révélation du Mystère caché depuis des siècles qui « ressuscite » dans cette parole de lumière, l’éternelle profession de foi de l’Eglise.

Claude LAGARDE

http://catechese.free.fr/

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