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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 22:02

La situation de l'âme dans la contemplation ressemble à celle d'Adam et d'Eve dans le Paradis. Tout vous appartient, mais à une condition infiniment importante : que tout vous soit donné.

Il n'y a rien que vous puissiez réclamer, rien que vous puissiez exiger, rien que vous puissiez prendre. Et, dés que vous essayez de prendre quelque chose comme si cela vous appartenait - vous perdez votre Eden.

La seule différence est que vous ne vous rendez pas compte tout de suite de ce que vous avez perdu. C'est pourquoi, seule, la plus grande humilité peut vous donner la sensibilité et la prudence instinctives qui vous empêcheront de rechercher les plaisirs et les satisfactions que vous pouvez comprendre et savourer dans cette obscurité. A l'instant où nous demandons quelque chose pour nous-mêmes, où nous comptons sur quelque acte personnel de notre part pour obtenir une intensification plus profonde de ce pur et serein repos en Dieu, nous ternissons et faisons évanouir le don parfait qu'Il désire nous faire en union avec Lui, dans le silence et l'inaction de nos facultés.

S'il y a une chose que nous devons faire c'est de nous pénétrer jusqu'au plus profond de notre être de cette vérité que c'est un pur don de Dieu, qu'aucun désir, aucun effort, aucun héroïsme de notre part ne peut rien faire pour mériter ou obtenir.

Notre activité personnelle est, pour la plus grande part, un obstacle à la pénétration de cette paisible et pacifiante lumière, sauf que Dieu peut exiger de nous, pour la charité ou l'obéissance, certains actes et certaines oeuvres, et nous maintenir dans une union profonde et réelle avec Lui par l'intermédiaire de ces actes ou de ces oeuvres, à son bon plaisir et non pas en raison de notre fidélité.

Thomas Merton
Semences de contemplation
Ed. du Seuil

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 14:00

         Si tous les jours, pendant cinq minutes, vous savez faire taire votre imagination, fermer vos yeux aux choses sensibles et vos oreilles à tous les bruits de la terre pour rentrer en vous-même, là, dans le sanctuaire de votre âme qui est le temple du Saint Esprit, parlez à ce divin Esprit en Lui disant :

     

O Saint Esprit, âme de mon âme, je T’adore, éclaire-moi, guide-moi, fortifie-moi, console-moi ; dis-moi ce que je dois faire, donne-moi Tes ordres. Je Te promets de me soumettre à tout ce que Tu désires de moi et d’accepter tout ce que Tu permets qu’il m’arrive. Fais-moi seulement connaître Ta volonté.

     

            Si vous faites cela, votre vie s’écoulera heureuse, sereine et consolée, même au milieu des peines, car la grâce sera proportionnée à l’épreuve, vous donnant la force de la porter et vous arriverez à la porte du Paradis.

      Cette soumission au Saint Esprit est le secret de la sainteté.

 

                                                         Mgr Jean de Saint-Denis (Eugraph  Kovalevsky)

Extrait de La Lettre de Béthanie No 51

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 20:38

Il existe de nombreuses méthodes de prière, dont celle, universelle, utilisée dans toutes les Traditions, ayant comme support le chapelet. En Occident, le chapelet est principalement utilisé pour la dévotion envers Notre Dame ; il est aussi utilisé pour des dévotions moins connues comme celle de la Miséricorde ou du Saint et précieux Sang. Il peut aussi servir pour la dévotion au Coeur et au Nom de Jésus. Le principe est alors le suivant :

Sur la Croix, on prononce les paroles d'ouverture rituelle "Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit" en se signant. Sur les petits grains, on prononce l'invocation "Coeur sacré de Jésus, aie pitié de nous" (ou toute autre formule similaire). Sur les gros grains, on prononce la doxologie traditionnelle trinitaire "gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit, Dieu unique dans les siècles des siècles".

Lorsque nous accomplissons un Rosaire, par trois rotations successives (3 cercles), nous invoquons 153 fois le Coeur et le Nom de Jésus et nous prononçons 17 fois la doxologie trinitaire.

Dans son Evangile, au chapitre 21, Saint Jean rapporte l'épisode suivant : "Après cela (la Résurrection), Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Il leur dit : jetez vos filets à droite du bateau et vous trouverez … Jésus leur dit : apportez ces poissons que vous venez de prendre … Simon-Pierre monta dans le bateau et tira le filet, plein de gros poissons : cent cinquante trois ; et quoiqu'il y en eut tant, le filet ne se déchira pas".

Comme beaucoup de nombres donnés dans les Evangiles, 153 est symbolique. Ce nombre est le résultat de l'addition triangulaire du nombre 17 (1+2+3+4+5+6 … +16+17 = 153). Le Nom Sacré et Imprononçable de 4 lettres, si cher à Martinez et St Martin a pour valeur : 10+5+6+5 ou 26. Mais, 10 valant 1, nous pouvons aussi lui donner sa vraie valeur interne qui est : 1+5+6+5 = 17 .

Lorsque nous utilisons le chapelet pour célébrer le Nom et le Coeur de Jésus, nous imprimons sur notre être un mouvement, un rythme issu des vivants Nombres divins. De plus, le Nom de Jésus qui signifie "Dieu sauve", marque sa Divinité, tandis que son Coeur signe son humanité. les 153 invocations ont valeur de plénitude ; plénitude de son oeuvre divino-humaine qui exprime la racine interne 17 : la Sainte Trinité.

Saint Matthieu dans son Evangile, au chapitre 13 nous rapporte : "Le royaume des cieux est comparable à un filet qu'on jette en mer et qui ramène toutes sortes de choses. Quand il est plein, les pêcheurs le tirent sur le rivage puis s'asseyent, recueillent dans des paniers ce qu'il y a de bon et rejettent ce qui ne vaut rien".

Le royaume des cieux, comparé en d'autres passages évangéliques au Saint-Esprit, qui est ici le filet mystique, que chacun a vocation d'utiliser pour faire remonter des profondeurs de sa mer passionnelle intérieure, ces poissons qui sont tout à la fois suggestions, sollicitations, intellects et pensées passives. A chacun aussi d'en faire le tri.

La parole de Jésus "jetez le filet à droite" est révélatrice du Lieu du Coeur. Sur les représentations traditionnelles de la Crucifixion et du Sacré Coeur, la plaie d'où s'échappent du Corps l'Eau et le Sang (le mystère Eucharistique) est toujours représentée sur le flanc droit. Selon l'expérience de beaucoup de mystiques, de toutes les traditions, le Lieu du Coeur, spirituel est ressenti dans la poitrine, mais décalé à droite et non superposé au coeur-organe à gauche.

En appelant ses premiers Disciples (dont Saint André), Jésus leur dit qu'ils seraient désormais des pêcheurs d'hommes. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, chacun d'entre nous a pour première vocation de devenir le pêcheur de sa propre humanité spirituelle mineure, assisté en cela par le filet mystique du Saint-Esprit.

SAGI NAHOR

http://saginahor.unblog.fr/

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