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25 juin 2006 7 25 /06 /juin /2006 20:47

Tous nous savons bien que, dans nos relations humaines, amour et amitié n'atteignent leur profondeur que lorsque nous pouvons demeurer en silence avec l'autre. Tant que l'on a besoin de parler pour garder le contact, on peut présumer à coup sûr, et avec tristesse, que la relation est encore superficielle ; aussi, si nous voulons prier Dieu, devons-nous apprendre avant tout à nous sentir bien, dans le silence, auprès de lui. C'est là chose plus aisée qu'on ne le penserait d'abord ; il y faut un peu de temps, de la confiance et le courage de s'y mettre.

Le curé d'Ars demandait un jour à un vieux paysan ce qu'il faisait, assis durant des heures dans l'église, apparemment sans prier ; le paysan répondit : « Je l'avise et il m'avise et nous sommes heureux ensemble. » Cet homme avait appris à parler à Dieu sans briser par des mots le silence de l'intimité. Si nous sommes capables de cela, nous pouvons utiliser n'importe quelle forme de prière. Mais si nous essayons de créer la prière à partir des mots dont nous nous servons, nous deviendrons désespérément las de ces mots, car à moins qu'ils n'aient la profondeur du silence, ils sont superficiels et fastidieux.

Mais comme les mots peuvent être source d'inspiration dès lors qu'ils sont authentifiés par le silence et pénétrés de l'esprit qui convient !
« Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange. » (Ps 51, 17).

Antoine Bloom
Prière vivante
Cerf

prière de Jésus

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 20:42

 

Je suis mort parce que je n'ai pas le désir
Je n'ai pas le désir parce que je crois posséder
Je crois posséder parce que je n'essaie pas de donner
Essayant de donner, on voit qu'on n'a rien
Voyant qu'on n'a rien, on essaie de se donner
Essayant de se donner, on voit qu'on n'est rien
Voyant qu'on n'est rien, on désire devenir
Désirant devenir, on vit !


René DAUMAL

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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 22:32

Comme je marchais sur la plage

au soir de ma vie,

avant de m'enfoncer dans l'océan de Dieu,

je me suis retourné

et j'ai vu sur le sable l'empreinte de mes pas.

Chaque pas était un jour de ma vie

et ils étaient tous là,

aussi loin que pouvait remonter mon regard.

Je les ai tous comptés,

et je les ai tous reconnus,

les jours de joie et les jours d'angoisse,

les pas assurés et ceux qui trébuchaient.
Du plus loin que j'ai vu,

à côté de mes traces s'imprimait une trace jumelle

et qui m'accompagnait jusqu'à mes derniers pas.

C'était le pas de Dieu
qui marchait côte à côte

comme il l'avait promis tout au long de ma vie.

Comme un père qui accompagne son enfant,

il avait marché à mon pas.


Et comme je regardais ce long ruban de nos traces parallèles,

il me sembla voir qu'à certains endroits

il se rétrécissait

et que seule une empreinte se lisait sur le sable.


C'était l'empreinte de nos jours les plus noirs,

ces jours de larmes,

de souffrance,

et de deuil,

lorsqu'on se sent très seul et très abandonné.

Seigneur, ai-je crié,

où étais-tu lorsque j'ai tant pleuré ?

Pourquoi ne marchais-tu plus à mes côtés ?

Et le Seigneur m'a répondu

Mon enfant bien-aimé,

l'unique trace que tu vois est la mienne,
car à ce moment-là, moi,

je te portais dans mes bras.

Conte brésilien

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