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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 22:55
Croire en la Résurrection

La résurrection célébrée à Pâques est le sommet de la vie chrétienne. Mais comment croire en ce qui dépasse l'entendement? Anne Lécu nous invite à entrer dans ce mystère.

Écouter

 
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Il est risqué de parler de la Résurrection. Car aucun mot, aucune parole ne peut exprimer cet événement extraordinaire sur lequel les chrétiens fondent leur foi. Il y a cependant les Évangiles et ce qu'ils nous disent de ce mystère. Pour Sr. Anne Lécu, parler de la Résurrection du Christ c'est avant tout partager une joie

LE TOMBEAU VIDE
Dans l'Évangile de Matthieu, on parle d'un tombeau vide. Au lendemain de Pâques, le texte qui est lu lors de la messe fait état d'un paradoxe. À tel point que l'on dit parfois de la foi chrétienne, la foi en la Résurrection, qu'elle repose sur un tombeau vide. "Un tombeau vide, c'est une non-preuve par excellence", admet Sr. Anne Lécu.

On passe du fait à quelque chose de l'ordre de la foi

DE L'HISTOIRE À LA FOI
Dans ce texte de Matthieu, on constate les tentatives de certains pour expliquer ce vide de façon rationnelle. On voit aussi des croyants, qui, eux, s'appuient non pas sur des preuves mais "sur une non-preuve par excellence qui est la parole de quelqu'un, qui croit que si le Christ n'est plus là c'est qu'il est vivant et qu'il ne peut plus être dans un tombeau". On est là dans le registre de la confiance. On bascule de l'histoire rationnelle, des faits tangibles, à quelque chose de l'ordre de la foi.

ÉVANGILE DE MATTHIEU 28, 1-10*
Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.02 Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.

L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

*Source: AELF

INVITÉS
Sr. Anne Lécu , religieuse dominicaine, médecin en milieu pénitentiaire

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 23:55
Jeûner pour se libérer
 
Présentée par Béatrice Soltner
 
"Beaucoup de gens ont peur : qu'est-ce qui va se passer si je ne mange pas ?" Au-delà de l'enjeu physique, l'intérêt humain et spirituel du jeûne est de dépasser ses peurs.
 
Le jeûne est l'un des piliers du Carême. Dans son encyclique Laudato si', le pape François appelle à respecter le monde créé et à sortir de l’avidité. Ne pas dévorer, garder une juste distance vis-à-vis des ressources de la nature, des objets, mais aussi de la nourriture, c'est selon lui une expérience qui nous humanise. Tendre vers davantage de respect : c’est ce que propose l’Église quant elle met en avant le jeûne, une pratique qui fait partie des piliers du Carême.
 
Le Père Jean-Luc Souveton, qui a l'habitude d'animer des retraites de jeûne, explique les enjeux humains et spirituels du jeûne.

Écouter

 
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"Beaucoup de gens ont peur : qu'est-ce qui va se passer si je ne mange pas ?"
 
LE SUCCÈS DES SESSIONS JEÛNE
Avec plus de monde sur les listes d'attente que de participants, les sessions jeûne affichent complet. Elles accueillent des chrétiens mais aussi des gens attirés par l'expérience elle-même. Viennent-ils pour le cadre, goûter au silence d'un monastère ? La méditation ? Pour perdre quelque kilos superflus ? "Les raisons pour lesquelles les gens s'inscrivent à un jeûne sont multiples", dit le P. Souveton. Et toutes les raisons sont bonnes si elles sont un point de départ vers autre chose !
 
JEÛNER NE CONCERNE PAS QUE LE CORPS
Si la pratique du jeûne est recommandée dès l'Antiquité par les médecins, cette expérience corporelle "fait travailler au niveau psychologique mais aussi spirituel". Elle permet d'ailleurs de se rendre compte combien "le corps, le psychisme et le spirituel sont liés dans la même expérience". Un peu comme un pèlerinage à pied, il s'agit d'une démarche spirituelle qui s'appuie sur une démarche corporelle.
 
L'humain "Corps, âme, esprit". Le P. Jean-Luc Souveton s'appuie sur "une anthropologie ternaire". Car "ce qui fait la globalité de l'homme, son identité" c'est son être charnel - il a besoin de nourriture, de sommeil et de soins - c'est aussi son être psychique - ses émotions, ses relations aux autres... "Et puis il y a cette dimension qui touche à l'accueil de l'esprit, la dimension du sens."
 
EST-CE DIFFICILE DE JEÛNER ?
"Le pratiquant moi-même je me rends compte que ce n'est pas si difficile que ça." Dans les sessions que propose le P. Jean-Lic Souveton, il s'agit de ne pas manger d'aliment solide pendant six à neuf jours. Mais on s'y prépare avant et on le vit en groupe. "Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, quand on jeûne on n'est pas affamé."
 
En fait, au-delà de l'enjeu physique, l'enjeu est de dépasser ses peurs. "Beaucoup de gens ont peur, constate le prêtre, qu'est-ce qui va se passer si je ne mange pas ?" Or jeûner ce n'est pas synonyme d'absence de nourriture,  puisqu'on est nourri autrement : à partir de nos réserves.
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17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 23:53
L'homme est la joie de Dieu

"Le péché en nous n'intéresse pas Dieu." 

Pour Anne Lécu, quand Dieu nous "couvre de sa miséricorde", cela a quelque chose à voir avec le pardon. 

Elle répond à Béatrice Soltner sur RCF.

Écouter

 
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Au début du livre de la Genèse, l’homme et la femme se trouvent libres et sans honte devant Dieu qui les a créés à son image.

Il a suffit de la parole d’un serpent pour que ce couple tombe dans la honte et la culpabilité. Alors qu’ils se cachent, Dieu part à leur recherche pour couvrir leur dénuement, une forme de bénédiction pour un nouveau départ.

"Le récit de la Genèse n'est pas un récit historique de quelque chose qui se serait passé il y a fort longtemps, c'est un récit théologique qui a donc une intention", explique Anne Lécu. Pour la religieuse, l'auteur exprime ici une énigme universelle, celle de la "discordance interne" qu'il y a en chaque homme. Discordance que saint Paul décrit ainsi "Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas."* (Rm 7,19) Le récit de la Genèse met en scène cette question qui nous concerne tous.

"Le péché en nous n'intéresse pas Dieu", explique Anne Lécu, "ce qui l'intéresse, c'est nous". Dès lors: "le péché en nous n'est pas nous." Anne Lécu est médecin en milieu pénitentiaire.

Après avoir consacré ses recherches au thème de l'innocence, elle poursuit avec un nouvel ouvrage consacré à la honte. Elle explore notamment la métaphore de l'habit qui revient très souvent dans la Bible. Le vêtement que l'on porte pour cacher sa honte, la tunique avec laquelle Dieu recouvre l'homme de sa miséricorde... autant d'images qui, d'Adam et Eve au Christ jalonnent l'Ancien et le Nouveau Testament.

"Notre innocence est notre identité la plus profonde." Anne Lécu
La tunique que le Christ laisse à l'heure de sa mort, "sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas" (Jn 19, 23)*, est une métaphore de sa miséricorde.

Le Dieu de la Bible est bien un Dieu d’amour qui n’a de cesse de nous couvrir de sa miséricorde, depuis le jardin d’Eden jusqu’au jardin de la résurrection. Pour la religieuse dominicaine, le terme de recouvrir est "très important, il a quelque chose à voir avec le pardon."

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