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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 22:05
La vraie confiance

L’an passé, je marchais lors d’un pèlerinage avec un ami. Il avait fondé, avec sa femme, un foyer heureux avec, autour, une flopée d’enfants.

Je le savais toutefois mis à l’épreuve par sa reconversion professionnelle, notamment par la vente de sa maison, urgente puisqu’elle compenserait sa baisse de revenus. Cela faisait deux ans que l’annonce avait paru et son nouvel emploi l’attendait à l’autre bout de la France…

Quand, en pleine montée, je lui demandais s’il marchait pour une intention particulière, je fus donc surpris de sa réponse : « Pour dire merci. » Soufflé, ou essoufflé, je m’arrêtais. Se retournant, il précisa : « Merci d’avance. »

Expliquée, la chose paraissait (presque) logique : au départ, il avait prévu de faire ce pèlerinage pour remercier saint Joseph de la vente de cette maison. Dans sa confiance, il ne s’était pas douté que, le pèlerinage venu, elle lui resterait sur les bras. Du coup, il marchait pour dire « merci d’avance ».

À la réflexion, ce « merci d’avance » m’apparaît comme le centre de notre vie chrétienne, tendue entre le déjà et le pas encore. Par le « tout est accompli » de la Croix, le chrétien se sait déjà sauvé. Mais, l’ayant compris, sa mission ne fait que commencer : il doit encore vivre de ce salut et l’annoncer. Tout quiétisme lui est interdit.

Alors oui : « merci », puisque par le Christ nous avons un pied, déjà, dans l’éternité. Mais c’est « d’avance » : la foi, lit-on dans la Lettre aux Hébreux, « est la ferme assurance des choses qu’on ne possède qu’en espérance ».

N’est-ce pas là, toutefois, une « formule d’impolitesse » ? Dire à quelqu’un « merci d’avance », c’est une façon de le contraindre à notre requête.

Mais au fond, peu importe : saint Philippe Néri nous invitait à « forcer Dieu » par nos prières. Et la maison fut vendue dans l’année.

 

Martin Steffens

La Croix

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 22:00
Mon prochain d'abord

Quelqu'un serait-il dans le ravissement comme jadis saint Paul,

s'il apprenait qu'un infirme a besoin d'un peu de soupe

qu'il pourrait lui donner,

j'estime qu'il ferait bien mieux de renoncer, par charité,

à son ravissement et de servir l'indigent avec plus d'amour

Maître Eckhart

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 23:17
La prière efficace

Un pasteur disait un soir, assez soucieux, au sacristain de son église : "Avez-vous remarqué le vieux aux habits râpés qui, chaque jour à midi, entre dans l'église et en ressort presque aussitôt ? Je le surveille par la fenêtre du presbytère. Cela m'inquiète un peu car, dans l'église, il y a des objets de valeur. Tâchez un peu de le questionner".
Dès le lendemain, le sacristain attendit notre visiteur et l'accosta :
- Dites donc, l'ami, qu'est-ce qui vous prend de venir ainsi dans l'église ?
- Je viens prier, dit calmement le vieillard.
- Allons donc ! Vous ne restez pas assez longtemps pour cela. Vous ne faites qu'aller jusqu'à l'autel et vous repartez. Qu'est-ce que cela signifie ?
- C'est exact, répondit le pauvre vieux; moi, je ne sais pas faire une longue prière; alors je viens chaque jour à midi et je Lui dis tout simplement : "Jésus ! ... c'est Simon". C'est une petite prière, mais je sens qu'Il m'entend.
Peu de temps après le vieux Simon fut renversé par un camion et soigné à l'hôpital.
- Vous avez toujours l'air heureux malgré vos malheurs, lui dit un jour une infirmière.
- Comment ne le serais-je pas ? Mais c'est grâce à mon visiteur.
- Votre visiteur ? reprit l'infirmière avec surprise, je n'en vois guère... et quand donc vient-il ?
- Tous les jours à midi, il se tient là, au pied de mon lit, et il me dit : "Simon... c'est Jésus !".

Extrait de "Jésus, Marie et notre temps", mai 1983
Paru au bulletin des Amitiés Spirituelles, n°144, octobre 1985

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