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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 19:30

« David exhorte ses ennemis à ne pas mettre leur confiance dans les biens de ce monde… »

« Pour la fin, dans les cantiques, psaume de David. Lorsque je l’invoquais, il m’a exaucé, le Dieu de ma justice ; dans la tribulation, vous m’avez mis au large. Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière. »(v.1-2)

 

- Lorsque je l’invoquais, il m’a exaucé. David fait l’expérience de la bienveillance de Dieu ; elle ne s’obtient qu’à la condition d’admettre de dépendre de Dieu, c’est la condition d’une créature à son Créateur. Une dépendance qui s’étend dans tous les actes de la vie, y compris dans l’usage du libre-arbitre, puisque qu’au sein de ce droit naturel se propose par grâce la liberté de Dieu. L’homme dépendant entièrement de Dieu, c’est une des vérités majeures de sa condition. Dieu exauce ceux qui se reconnaissent pauvres, l’exercice intérieur de la pauvreté commence par identifier et admettre cette dépendance d’amour.

 

- Dieu de ma justice, Dieu est justice, car en Lui, il ne se trouve aucune cause diminuante. Il est le Parfait, le Saint Unique. La justice en Dieu est la justice haute, celle qui réclame réparation, car fauter délibérément contre Dieu, c’est poser une transgression qui ne se répare que par l’immolation de l’Innocent. La justice divine est l’équilibre, l’harmonie absolue par l’amour et la vérité. Dieu est Immuable. Tout homme, même le plus enfoncé dans la nuit du mal, a une connaissance intuitive d’une justice au-delà du temps et de l’espace, elle participe à sa dignité qui le dépasse et est indépassable puisqu’il est image et présence de Dieu. C’est ce qu’exprime David par : Dieu de ma justice. C’est une compréhension de son Créateur qui procède de sa foi, car il est dans l’abandon par la confiance qu’il met en son Dieu ; il en ressent toute la bienveillance dans les difficultés qu’il traverse. Il sait, car l’expérimente au pratique qu’à chaque fois qu’il correspond à la volonté de YAHWEH, Il le secourt. David a en lui ce quelque chose de l’esprit d’enfance.

 

- Vous m’avez mis au large, être mis au large par Dieu, c’est être mis à l’écart des puissances du monde et du Malin. C’est une élection par la grâce, qui se développe par la solitude qui consume, car c’est le chemin de la purification, et par où passe la pédagogie surnaturelle. Dieu le met à son service. Il triomphe de ses ennemis, car c’est Dieu en lui qui triomphe.

David trace le chemin du pénitent, celui qui se reconnaît pécheur avant le lever du soleil et à son coucher. Il est le lieutenant de Dieu, son bras de justice au cœur de la création, il se met debout pour servir sans faiblesse face à son devoir, que lui importe de passer pour un orgueilleux, si dans le secret de la Présence divine, il est le pénitent.

 

- Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière. Toute prière est ou devrait être un acte d’humilité par le cœur ; il ne s’agit plus de raisonnement, mais d’un esprit d’abandon en acte. L’appel à la pitié divine effondre l’amour d’un Dieu Père et surabondant en miséricorde. L’objet des exercices spirituels et surtout la prière, c’est de n’être plus qu’un cri à la pitié de Dieu. Chez la très Sainte vierge Marie, le Magnificat en elle est le fruit, un bouquet d’agréable odeur. Ce cri de pitié est la marche qui mène à l’union au Christ.

 

« Fils des hommes, jusqu’à quand aurez-vous le cœur appesanti ? Pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ? » (v.3)

- Les fils d’hommes sont les fils de la terre par opposition aux fils du Ciel qui eux, rayonnent de la Présence divine parmi le monde. Les fils d’hommes sont les fils du monde, les morts qui enterrent les morts, ils adoptent le bouc pour père. Ils ne regardent pas vers le ciel. Ils n’espèrent pas au-delà des besoins de leurs concupiscences. Ne croyons pas que cette attitude ne soit pas dans les sanctuaires, dans la hiérarchie sacramentelle ; l’ivraie est dans le bon champ de blé. Là où va ton cœur, là est ton âme. Les fils de ce monde s’éloignent de Dieu au point qu’ils perdent l’intelligence du Bien commun : Des aveugles dirigeant d’autres aveugles. Ils sont des pharaons au cœur, si endurcis que Dieu les y laisse pour les rattraper quand ils éclateront face à sa colère. Leur cœur est endurci parce que tout est bon et justifié dès l’instant où il s’agit de garder ce qui est acquis ; que peut bien importer le prochain, il lui concède des miettes. La liberté de Dieu et la volonté d’aimer dépendent de notre détachement envers toutes les formes de biens y compris les biens spirituels, intellectuels et affectifs.

 

Le chrétien pauvre ou riche puise la prudence de sa relation aux biens dans la victoire de la Croix ; Il se désapproprie de tout jusqu’à lui-même, car ce n’est pas ce que l’on est qui importe, mais ce que l’on fait : Les œuvres de la foi. C’est l’école de Marie, la spiritualité montfortaine[1].

 

- Pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ? David est loyal, il ne sait pas mentir, s’il parle du mensonge c’est que c’est un péché grave. C’est un tueur silen-cieux, redoutable, impitoyable, à gage. Il isole et tue le menteur. C’est un destructeur, et le chemin le plus insidieux par lequel le démon s’engouffre dans le sujet. Il peut mener à la folie, car le menteur peut atteindre un degré qui le met dans un refus pathologique de la vérité.

 

« Sachez donc que le Seigneur a glorifié son saint : le Seigneur m’exaucera lorsque je crierai vers lui. » (v.4)

 

- Sachez donc que le Seigneur a glorifié son saint, cette parole lui vient de l’Esprit Saint, car si David n’ignore pas qu’il est le oint de Dieu, il n’ignore pas non plus que lui n’est pas le saint, n’est pas saint. David a été glorifié par Dieu par les victoires qu’Il lui a accordées, mais c’est en vue du Messie, ne dira-t-il pas : Le Seigneur a régné par le bois. David s’adresse à ses ennemis physiques, réels. Il annonce la victoire du Messie sur les légions d’anges déchus, les anges-démons.

 

- le Seigneur m’exaucera lorsque je crierai vers lui. C’est le cri de Jésus qui triomphe de ses ennemis, du monde et de ses princes sur la croix : Mon Père pourquoi m’as-tu abandonné ? Jésus meurt, c’est l’échec humain absolu, et c’est là que la fécondité de son sacrifice explose, c’est si vrai, qu’Il descend aux enfers montrer son triomphe à Lucifer. Il est juste d’enseigner que le triomphe de Jésus descend avec Lui au tombeau. Et ce cri est la clef de sa Résurrection et la nôtre puisque pour nous, Il a voulu connaître la déréliction.

 

« Irritez-vous et ne péchez pas ; et ce que vous dites en vos cœurs, repassez-le sur vos lits avec componction. » (v.5)

- Irritez-vous et ne péchez pas ; s’irriter, n’est pas tant d’éprouver de la colère que de se tendre pour résister à la tentation. David fait appel à la volonté de ne pas pécher, qui consiste à éviter les occasions de faute tout en s’en remettant à Dieu, à sa Miséricorde, tandis que le volontarisme, c’est ne compter que sur soi pour vaincre ses faiblesses, et de cela, Dieu ne le veut pas, parce que la porte du jugement de soi-même s’entre-ouvre, et nul ne peut se juger, ni juger l’autre si ce n’est que Dieu seul. Au prétexte de s’analyser, en fait, je me juge, qui suis-je pour me juger ? S’irriter de ce qu’on a offensé Dieu par faiblesse oui, mais à la condition qu’on s’en remette tout de suite à sa Miséricorde, car c’est l’orgueil, le péché contre l’esprit qui nous attend. La psychanalyse est l’antichambre de l’enfer.

 

- et ce que vous dites en vos cœurs, repassez-le sur vos lits avec componction, le lit exprime l’abandon en la confiance en Dieu, c’est le tombeau. David transmet sa sagesse : Nos péchés sont moins grands que la Miséricorde de Dieu. Que vos regrets soient sincères. David sait que la Justice de Dieu est miséricorde.

 

« Offrez un sacrifice de justice, et espérez dans le Seigneur. Beaucoup disent : Qui nous montrera les biens qu’on nous promet ? » (v.6)

- Offrez un sacrifice de justice, et espérez dans le Seigneur. Faire des sacrifices de justice, s’est poser des actes qui réparent nos fautes pardonnées. Dieu le Père, étant la source de toute justice, demande réparation en justice ; et c’est parce que l’humanité dans son ensemble n’y convient pas, qu’il y aura les châtiments. L’homme, étant libre de bien et pouvant s’en priver, doit répondre de son refus au bien. Certes, le Christ a réparer, mais comme Il n’a pu le faire qu’en s’incarnant dans l’homme, l’homme avec Lui doit lui aussi réparer par des sacrifices.

 

- Qui nous montrera les biens qu’on nous promet ? C’est une terrible question qui anticipe l’apôtre saint Thomas. Il nous faut toujours des signes pour croire, et pourtant beaucoup à cause de leur demande de signe se perdront pour n’y avoir pas correspondu. David en appelle à la foi qui est la sœur jumelle de l’Espérance, mais bienheureux celui qui croit sans avoir vu, car celui qui a vu et qui rejette sa raison de croire commet un péché contre l’esprit. David conditionne l’espérance en Dieu à la nécessité de poser des actes de justice, l’action de grâce est un acte de justice. Notre journée doit être un acte d’action de grâce pour qu’elle porte des fruits qui rayonnent sur la communauté des saints, l’Eglise militante.

 

« La lumière de votre visage a été marquée sur nous, Seigneur ; vous avez donné la joie à mon cœur. » (v.7)

 

- La lumière de votre visage a été marquée sur nous, Seigneur ; la circoncision du prépuce met à part le peuple élu, signe d’une élection.

 

Souvenons-nous de Moïse, sa rencontre avec YAHWEH dans la tente, il voile son visage tant il était chargé de la lumière divine, surnaturelle, ce qui nous donne un avant-goût de ce que sera notre transfiguration avant notre ascension, et ce que sera la gloire de notre corps ressuscité et glorifié.

 

- Vous avez donné la joie à mon cœur, David a fait l’expérience de l’intimité de Dieu, car il n’a rien concédé au mensonge, et s’est repenti quand il a péché. Il reconnaît la bienveillance de son Créateur sur lui dont il doit son élection comme roi sur Israël, mais aussi, selon la parole du prophète Nathan, par sa descendance. Il règne jusqu’à la fin des temps, la consom­mation de tout.

 

« Ils ont eu en abondance le fruit de leur froment, de leur vin et de leur huile. » (v.8)

 

- Ils ont eu en abondance le fruit de leur froment, de leur vin et de leur huile. Ce verset a deux lectures simultanées ; quelle que soit l’intention de l’acte, chacun reçoit sa mesure de justice et de miséricorde ; c’est ce qu’il faut comprendre par froment, vin et huile, ces trois éléments représentent l’intention et l’acte de l’homme, de chacun de nous à travers les siècles et singulièrement pour ceux qui portent comme le peuple élu une élection que est signifiée par le sacrement du baptême. La récolte de nos décisions est en relation avec notre cœur et notre volonté à rechercher et servir la vérité. Les fruits du froment, du vin et de l’huile ont la qualité de nos intentions qui précèdent l’acte, mais qui sont en elles-mêmes des actes.

 

« Dans la paix je m’endormirai et je reposerai tout à la fois, parce que vous, Seigneur, vous seul m’avez établi dans l’espérance. » (v.9-10)

 

- La confiance du roi David en son Dieu est totale, elle est celle d’un enfant qui s’endort en sûreté sur le sein de sa maman. Elle est celle de Saint Joseph qui s’endort dans les bras de Jésus à la veille de sa mission publique. Cette attitude intérieure est la seule qui vaille pour nous chrétiens, frères de Jésus, c’est une urgence de nos jours où nous sommes tentés de nous laisser gagner soit par une indifférence polie à ce qui se passe autour de nous, soit par une inquiétude jusqu’à la suppression du discernement, et c’est alors que le démon distille sa peur, nous détournant de l’espérance. Nous devons nous endormir chaque soir dans la certitude que nous sommes dans les mains du Bon Dieu, c’est par là que se nourrit notre espérance qui ne calcule pas, ne spécule pas sur l’avenir. Nous devons demander d’être de la Bienveil­lance de Dieu ; la Justice divine est notre alliée, car elle ne peut se départir de sa Miséricorde.

Pierre Aubrit

[1]- St Louis Grignon de Montfort parle de changement de peau, Marie est l’éducatrice de l’homme nouveau.

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 19:30

 

 

 

 

 

 

 

 

Éclairez moi aujourd’hui, gardez-moi, conduisez-moi, gouvernez-moi.

Ô Dieu, qui êtes le protecteur de ceux qui espèrent en vous,
et sans lequel il n’y a dans l’homme ni force ni sainteté,
faites-moi ressentir de plus en plus les effets de votre miséricorde.

Ô Dieu, vous nous avez enseigné
par l’exemple de Notre Seigneur Jésus-christ
que l’amour est la force la plus puissante dans l’univers.

Répandez, je vous prie, votre amour dans mon cœur
et autour de moi afin que je sois moi-même protégé
par cette force contre laquelle nos ennemis sont impuissants.

Je crois en vous, Ô Esprit-Saint,
Dieu Tout Puissant et miséricordieux,
qui aimez les hommes et les visitez avec amour.

Vos dons précieux nous consolent et nous fortifient,
vos grâces nous purifient et nous rendent meilleurs,
vos lumières nous éclairent,
votre charité nous embrase.

Seigneur, vous avez choisi pour l’accomplissement de vos oeuvres votre serviteur Saint-Benoît.

Je l’invoque aujourd’hui de votre part, et pour le service admirable qu’il accomplit chaque jour en votre nom.

Des ennemis invisibles et anonymes cherchent à mon insu à me nuire dans mon corps, mes relations, mes projets, mon travail, ma famille.

Ligotez-les dans leurs intentions et dans leurs entreprises afin qu’ils soient empêchés de me nuire.

Que votre Sainte Croix soit mon rempart contre ceux qui cherchent à me nuire dans l’ombre.

Ô Saint-Benoît, mettez des barrières à leurs agissements, détournez les de mon chemin, donnez leur d’autres occupations.

Ô Saint Benoît, vous êtes mon refuge, auprès de vous je n’éprouve plus aucune crainte, mon âme est rassurée et mes ennemis qui agissent dans l’ombre ne peuvent me nuire car aucune de leurs pensées, de leurs actions, de leurs intentions, ne parvient à m’atteindre lorsque je suis protégé par vous.

Saint-Benoît, défendez-moi contre les ennemis invisibles afin que je puisse m’écrier comme la psalmiste :

Ô Dieu, venez à mon aide ; Seigneur, hâtez-vous de me secourir !

Qu’ils soient honteux et confus ceux qui en veulent à ma vie !

Qu’ils reculent et rougissent ceux qui désirent ma perte !

Qu’ils soient vite repoussés en arrière et couverts de honte !

Dieu tout-puissant et miséricordieux, faites, je vous en supplie qu’en invoquant notre saint Père Benoît, je sois entendu et exaucé malgré la multitude de mes péchés.

Saint-Benoît, je vous en supplie, ne restez pas sourd à ma demande, mais ayez pitié de moi et exaucez-moi.

Amen et Alléluia !

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 19:30

Intérieur de la cellule de saint Seraphim montrant l'icône Joie de Toutes les Joies

Saint Séraphin de Sarov a créé une courte règle de prière pour ceux qui sont occupés et n'ont pas assez de temps pour prier en utilisant la règle de prière complète du matin ou du soir. Il a enseigné cette règle aux sœurs du couvent de Diveyevo ainsi qu'à toute autre personne qui venait à lui pour des conseils spirituels.

Saint Séraphin a dit :

« Que tout chrétien, au sortir de son sommeil, se tienne devant les saintes icônes et dise trois fois la prière du Seigneur « Notre Père », en l'honneur de la Très Sainte Trinité, puis l'hymne à la Theotokos « O Theotokos et Vierge, réjouissez-vous… »* trois fois aussi, et enfin, le symbole de notre foi** une fois. »

Le saint croyait aussi que les chrétiens doivent essayer de prier sans cesse, comme il est dit dans la Bible : « Réjouissez-vous toujours, priez sans cesse, rendez grâce en toutes circonstances ; car telle est la volonté de Dieu en Jésus-Christ pour vous » (1 Thessaloniciens 5:16-18).

C'est pourquoi il a proposé que, pendant la journée, tout chrétien puisse répéter la courte prière de Jésus : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.»

Le soir, avant de se coucher, les chrétiens peuvent répéter la même règle de prière :

1. "Notre Père" (3 fois)
2. « O Théotokos et Vierge, réjouissez-vous… »* (3 fois) 
3. Le symbole de notre foi (une fois).

Saint Séraphim a expliqué pourquoi il a choisi ces prières particulières pour la règle : « Les trois prières indiquées sont le fondement du christianisme.

Le premier, en tant que payeur qui nous est donné par le Christ lui-même, est le modèle de toutes les prières.

Le second a été apporté du Ciel par l'Archange pour saluer la Vierge Marie, la Mère de Notre Seigneur.

Le Symbole de notre foi contient en bref tous les dogmes salvifiques de la Foi Chrétienne.

A ceux qui, pour une raison quelconque, n'ont pu achever cette petite règle, le vénérable saint Séraphim a recommandé de la lire en toutes circonstances : pendant les cours, en marchant et même au lit. Il a basé ce conseil sur les paroles des Écritures : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Romains 10 :13).
 

* Je vous salue Marie

** Credo : Je crois en Dieu ...

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