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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 22:36
Qu'est-ce que le "don des larmes" ?

Les larmes, c'est d'abord un signe de faiblesse, de souffrance, que l'on cache. Pourtant, la spiritualité médiévale parlait du "don des larmes"... De quoi s'agit-il ?

La réponse d'Anne Lécu, religieuse, médecin en prison, auteur de l'essai Des larmes (Cerf).

Les larmes ont-elles toujours la même signification ?

A. L. : Cela dépend des époques. Aujourd'hui, on pleure parfois pour des bêtises, et certains pleurent de joie. Les larmes vont de la tristesse à la joie, et comme Marie Madeleine quand Jésus l'appelle par son nom, on peut passer en un même moment d'un état à l'autre. Le rire a quelque chose de mécanique, tandis que les larmes dessinent une continuité dans la gamme des sentiments.

Vous dites dans votre livre que les larmes sont une sécrétion du corps. Est-ce que c'est à traiter, à soigner ?

A. L. : C'est la question. Aujourd'hui on a tendance à vouloir tout médicaliser, et on peut avoir la tentation de se dire qu'il faut supprimer les larmes, qui sont un signe de souffrance. C'est parfois le cas, mais pas toujours. Pour moi, les larmes sont d'abord un débordement, qui manifeste un excès de quelque chose. Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'elles disent de la personne qui pleure, ce qu'elle-même a à entendre de ses propres larmes. On est souvent débordé par ses larmes. Il m'arrive de pleurer alors que je ne le voudrais pas.

Nos larmes sont très liées à ce qui nous arrive, à notre vie personnelle, psychologique ?

A. L. : A notre existence, à notre histoire, à notre passé, à notre manière d'être... Certains pleurent plus que d'autres, qui n'arrivent pas à extérioriser leur souffrance, et qui en souffrent et le disent. J'ai le souvenir d'une personne en prison qui était couverte de grosses plaques suintantes, et qui me disait : « Mon corps qui suinte, c'est mon âme qui pleure. » Il n'arrivait pas à pleurer. C'est plus triste finalement de ne pas arriver à pleurer, que de trop pleurer.

Dans les Ecritures, et même dans l'Ancien Testament, on pleure beaucoup.

A. L. : C'est parce que la Bible raconte notre histoire. Un frère dominicain que je connais dit qu'elle raconte ce qui se passe autour de nous dans un rayon de 5 m. Elle raconte donc forcément les émotions des gens, leurs conflits, leurs joies...

Les larmes de la Bible disent-elles quelque chose de particulier ?

A. L. : Elles disent que Dieu s'incarne dans nos vies, dans nos échecs, dans nos joies, dans nos rencontres...

Parce que Dieu a un rapport avec nos larmes ?

A. L. : Je le crois vraiment. Je crois que Dieu lui-même pleure. Le Christ pleure dans l'Evangile. Jésus s'est fait l'un de nous, aussi j'ai l'impression que nos larmes sont incluses dans les siennes. Il les porte. Quand il pleure, il pleure une fois pour toutes les larmes de tout le monde. Et si Dieu pleure, oui, il y a un rapport entre Dieu et les larmes. Les auteurs du Moyen-Age ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils parlent du « don » des larmes.

Qu'est-ce c'est que ce fameux « don des larmes » ?

A. L. : Cela dit d'abord que les larmes sont à recevoir comme un cadeau. Elles sont un cadeau parce qu'elles signifient la présence de quelqu'un. Je pense que l'on ne pleure pas quand on est vraiment seul. Si l'on pleure et qu'on est seul, c'est qu'on pleure devant quelqu'un. Ce quelqu'un peut être Dieu, ce peut être aussi celui auquel on pense et qui s'est absenté ou qui est mort, mais qui est présent sous forme d'absence, si je puis dire. Celui qui est absolument déserté par ses proches ne pleure pas. Nous en avons tous fait l'expérience, quand nous sommes en présence d'une personne de confiance, nous nous mettons à pleurer. Un ami arrive, on se lâche et on se met à pleurer. Les larmes sont donc le signe d'une présence, c'est pourquoi elles sont un cadeau.

Cela veut dire qu'on pleure pour rien ?

A. L. : Ce n'est pas la question. Quand on relit les écrits des auteurs médiévaux, on trouve des larmes de contrition : on regrette ce qu'on a fait.

Les grands saints pleurent beaucoup sur leurs péchés.

A. L. : Sans aller chercher les grands saints, nous savons bien nous-mêmes que quand on a fait quelque chose qu'on aurait préféré ne pas faire et qu'on a blessé quelqu'un qu'on aime, les larmes, au moment où on les verse, sont une forme de libération.

Dans les récits de conversion aussi, de grandes larmes sont versées.

A. L. : Je pense que les larmes de conversion disent encore autre chose. Elles arrivent quand quelque chose dans notre vie est plus grand que nous-mêmes, quand notre vie est touchée par une transcendance. Les larmes de conversion sont des larmes de joie. Sans être de grands saints, et même peut-être hors de la foi, tout le monde peut faire cette expérience, quand on est devant une œuvre d'art qui nous émeut par exemple. Celui qui est amoureux et pleure de joie d'être dans les bras de sa compagne fait la même expérience, il est touché par plus grand que lui.

Cela aussi, on peut l'appeler « le don des larmes » ?

A. L. : Bien sûr ! C'est un cadeau ! Que nous le vivions ou non dans la foi, je pense que tout ce que nous vivons concerne Dieu. Sinon, Dieu ne s'est pas incarné en Jésus Christ.

Est-ce que c'est un don gratuit ?

A. L. : Oui, je crois qu'avec les larmes, on est dans le contraire de l'utile. On les verse quand on ne les cherche pas... Elles peuvent couler de colère, de fatigue, elles peuvent couler abondamment à des moments où l'on n'arrive pas à les retenir, parfois même on ne se rend pas compte qu'on pleure. Elles nous arrivent sans qu'on en ait la maîtrise, et quand on en a la maîtrise, on ne pleure plus ! J'aime parler de cadeau, parce qu'il nous arrive à tous de recevoir la présence de l'autre comme un cadeau. Et ça, c'est la présence de Dieu.

Ignace de Loyola, François d'Assise pleuraient abondamment...

A. L. : Saint Dominique aussi, qui pleurait la nuit parce que le sort des pécheurs l'inquiétait beaucoup. Dans la journée, il essayait d'être joyeux avec ceux qui étaient joyeux, et de pleurer avec ceux qui pleuraient. Ce qui est une belle image de la qualité de présence que nous pouvons avoir les uns pour les autres.

Et de la qualité des larmes aussi...

A. L. : C'est la même chose !

Quand on se sent débordé par ses larmes, sans raison particulière, que faut-il faire ?

A. L. : Rien.

On voit beaucoup de gens qui pleurent à la messe. A l'Eucharistie par exemple.

A. L. : Oui, et si vous leur posez la question, ils vous diront qu'ils sont très contents d'avoir pleuré.

Il y a donc un bienfait des larmes ?

A. L. : J'en suis sûre. Les médiévaux disaient qu'elles lavaient les yeux, elles avaient donc un rôle purificateur. Je crois vraiment que les larmes lavent les yeux. Quand on a la vue troublée par les larmes, on voit des choses qu'on ne verrait pas les yeux secs. C'est une antidote à la transparence.

C'est le médecin qui parle, là ?

A. L. : Non, c'est quelqu'un qui est exaspéré par la transparence ambiante. On imagine aujourd'hui qu'il faudrait tout savoir sur tout le monde, dans le milieu de la prison notamment, et que quand on saurait tout, on pourrait faire des choses pour les gens. Voir, ce serait savoir et donc pouvoir. Je pense que c'est une pure illusion, et je revendique l'opacité. Accepter de ne pas savoir, c'est la première des choses pour entrer en relation avec quelqu'un.

On pleure beaucoup en prison ?

A. L. : On pleure beaucoup et on se cache pour pleurer, par pudeur d'abord. En prison, on est toujours surveillé. On se cache donc aussi par crainte que l'on croie que vous ne vouliez vous suicider, et qu'on vous réveille du coup toutes les deux heures pour être sûr que vous dormez. Il m'est arrivé de recevoir une femme venue pleurer dans mon bureau parce qu'elle ne pouvait pas se permettre de pleurer dans le couloir. Les larmes, ça permet garder entre soi et les autres un certain mystère.

Propos recueillis par Sophie de Villeneuve
Croire.com

Je suis abominable, le Seigneur le sait ; mais j'aime humilier mon âme et aimer mon prochain, même quand il m'a offensé.

Je supplie continuellement le Seigneur de me donner l'amour des ennemis. Par la miséricorde de Dieu, j'ai saisi ce qu'est l'amour de Dieu et l'amour du prochain.

Jour et nuit, je demande au Seigneur cet amour ; le Seigneur me donne des larmes et je pleure pour le monde entier.

Mais si je juge quelqu'un ou le regarde de travers, les larmes tarissent et mon âme tombe dans l'abattement ; et, de nouveau, je commence à demander pardon au Seigneur, et le Seigneur miséricordieux me pardonne à moi, pécheur.
 
Bienheureuse l'âme qui aime son frère, car notre frère est notre propre vie.

Bienheureuse l'âme qui aime son frère : elle sent en elle la présence de l'Esprit du Seigneur ; Il lui donne paix et joie, et elle pleure pour le monde entier.
 
Mon âme s'est souvenue de l'amour du Seigneur, et mon cœur s'est réchauffé. Mon âme s'est abandonnée à une profonde lamentation, car j'ai offensé le Seigneur, mon Créateur bien-aimé.

Mais Il ne s'est pas souvenu de mes péchés ; alors mon âme s'est abandonnée à une lamentation encore plus profonde pour que le Seigneur ait pitié de chaque âme et la prenne dans son Royaume céleste.

Saint Silouane

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 22:55
Dieu miséricordieux est plus grand que votre haine

À l’occasion du Ramadan, une vidéo contre la radicalisation fait le buzz

Le groupe koweïtien des télécommunications Zain Telecom a diffusé, vendredi 26 mai, un clip vidéo, déjà vu par plus de deux millions de personnes, condamnant la violence djihadiste et célébrant le début du Ramadan.

« Vénère Dieu avec amour et non avec terreur », répète une foule qui poursuit un kamikaze ceinturé d’explosifs dans une ville. Le géant koweïtien des télécommunications Zain Telecom a diffusé à l'occasion du ramadan une vidéo contre la violence djihadiste et prônant la tolérance. Mis en ligne le vendredi 26 mai, le clip a été visionné près de 3 millions de fois sur YouTube et partagé plus de 4 000 fois sur Facebook.

La courte vidéo fait défiler des scènes de terreur de la guerre en Syrie ou d'attentats en Irak, au Koweït, en Arabie saoudite et en Jordanie, attribués ou revendiqués par des organisations djihadistes, dont Daesh ou Al-Qaïda.

Parmi les principaux protagonistes du clip, la scène particulièrement marquante dans un bus rempli de blessés fait apparaître à l’écran Omran Daqneesh, le petit garçon d’Alep devenu le symbole du cauchemar syrien, ainsi que quatre survivants d’attentats. 

Depuis peu, les pays du Golfe ont multiplié les appels à la lutte contre le terrorisme, après avoir été accusés d’entretenir l’extrémisme religieux.

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 22:53
Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc

Dialogues de Péguy, musique électro-variète-hard-rock d’un certain Igorrr, chorégraphies de Découflé, Domrémy déménagé dans les dunes du Pas-de-Calais, c’est l’enfance de Jeanne d’Arc vue par Bruno Dumont 

Porté par les folies à succès de Ma Loute (2016), le réalisateur se grise d'excentricité en s'inspirant de deux textes de Charles Péguy, Jeanne d'Arc (1897) et Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910).

Les dialogues, beaux et recherchés, sont essentiellement chantés.

La Pucelle de Domrémy fait un tour de chant en gardant ses moutons.

Des religieuses plus déchaînées que dans La Grande Vadrouille viennent en visite pour un numéro de head-banging (il s'agit de secouer la tête et les cheveux de bas en haut, comme les teigneux du heavy metal).

Et bien, sûr, il y a des apparitions dans l'air...

Écouter

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Mix de 3 critiques

L’action, divisée en deux parties, commence en 1425 avec l’enfance de Jeanne d’Arc. C’est à la naissance d’une vocation rebelle que nous invite à assister Dumont, à l’avènement d’une conscience qui se révolte contre le Mal, qui est à cette époque l’aliénation de la France et de son peuple, trahis pas les clercs, à la puissance anglaise.

Une série de dialogues merveilleusement habités confronte Jeannette à sa bonne amie Hauviette, que soutient la foi simple du catéchisme, et à Madame Gervaise, une nonne (que Dumont, facétieux et saugrenu comme il sait l’être, multiplie par deux jumelles), qui lui oppose les vertus de la résignation théologique. Puis une Jeanne adulte, plus résolue et brûlante que jamais, met à exécution ses desseins, trompant son père avec la complicité de son oncle, le film finissant à son départ.

Le dispositif est archi-simple : sur un bout de lande de sa région (sable, touffes d’herbe, moutons, grands ciels et grands vents), Jeannette bavarde avec sa copine Hauviette.

Elle souffre de l’état de la France, aimerait bien qu’un chef de guerre digne de ce nom lève une armée pour bouter dehors l’anglois.

Leur dialogue est magnifique, maniant la langue ouvragée de Péguy. Voir et entendre deux gamines de 10 ans le déclamer (avec parfois des erreurs de diction charmantes) déclenche la première grande émotion de ce film.

Parfois, entre deux strophes, Jeannette et Hauviette chantent et dansent, entre impétrantes à la Nouvelle star, diguedondaine et headbanging straight from Hellfest !

La musique du dénommé Igorrr oscille entre technopop médiéviste (la meilleure part), variétoche opératique à la Hossein ou Plamandon et hard rock aux guitares ringardes.

Dumont a greffé ensemble des éléments d’une invraisemblable hétérogénéité et pourtant, à y réfléchir deux minutes, ces mariages carpe-lapin revêtent aussi une certaine logique : entre la célèbre pucelle et les candidates aux divers radio-concours ou télé-crochets, il y a bien une même extraction populaire et provinciale, une même pulsion de réponse à un appel, un même processus insondable qui nait au plus profond de l’esprit et du corps de jeunes filles.

Dans la deuxième partie du film, Jeanne et Hauviette ont grandi, elles sont devenus des jeunes femmes de 16 ans.

La pucelle sait maintenant que le chef de guerre qu’elle attend, c’est elle.

Elle est prête pour aller délivrer Orléans. En attendant le grand départ, elle sollicite l’alliance de son oncle (joué par un de ces acteurs étrangement comiques typiques de chez Dumont), casse la voix de plus belle  (Lara Fabian, sors de ce corps !) et secoue sa chevelure avec une force qui pourrait en faire la présidente du fanclub de Metallica.

On n’oubliera plus ces deux comédiennes inconnues qui incarnent les deux âges de Jeanne : Lise Leplat Prudhomme, craquante, ou la belle brune Jeanne Voisin au prénom prédestiné. 

Une beauté très particulière, une puissance très étrange, proche et lointaine à la fois, hiératique et sauvage, ressort de ces scènes composées comme des vitraux ouverts aux quatre vents, sur lesquels le spectateur est invité à lire une Histoire qui charme son regard et pénètre son cœur.

Ces vertus tiennent dans un mélange qu’on s’est bêtement résigné à croire impossible entre culture savante et culture populaire.

Autant de courts-circuits entre la langue de Péguy et la musique rock qui la met sur orbite, entre l’écriture musicale élaborée et les voix façonnées par la soupe anglo-saxonne qui les porte, entre la gaucherie des gestes et la sophistication chorégraphique qui en joue, entre le primitivisme des décors et la poésie maniériste qui fait y léviter les personnages.

De ces collisions admirables, les acteurs sortent transfigurés, touchant, pour le coup, à ce qu’en religion comme en cinéma on appelle la grâce.

A l’instar de Péguy, Dumont signe une sorte de « Mystère cinématographique », inventant avec cette Jeannette ce que le philosophe Gilles Deleuze, fervent lecteur de Péguy et fin connaisseur de cinéma, désignait chez l’écrivain comme un « langage auroral ».

Tel est le sentiment qu’inspire le film. Une impression d’absolue nouveauté, une épiphanie stylistique. Aussi, un précis de fermeté et de dignité pour des temps aussi empoisonnés que les nôtres, une démonstration que l’esprit souffle où il veut.

Des visions, Bruno Dumont en a forcément eu beaucoup pour se lancer dans pareille aventure.

Mais si elles sont délirantes, elles sont aussi très tenues, maîtrisées et mises en scène avec un superbe sens de l'équilibre, de l'harmonie.

Le loufoque n'empêche pas le sérieux, et vice versa. Le cinéaste dit avoir puisé cette liberté chez Péguy, qui s'autorisait tout et son contraire.

Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc est un vrai festival d'oxymores : le sacré et le trivial se confondent, le mystique et le comique s'unissent.

Le résultat est un cinéma audacieux, très stimulant, qui déroute tout le temps et retient tout le temps l'attention.

C'est sur le plan musical que le risque pris est le plus grand. Car, au lieu de la veine Demy, imparable quand le cinéma français se met à chanter, Dumont et son compositeur, Igorrr, ont choisi une ambiance du type Notre-Dame de Paris au Palais des Sports. Autant dire que ce film ne vise pas une beauté facile. Mais en bataille !

C'est précisément cette bataille qui est la réussite de Jeannette. Grâce à cet étonnant cocktail d'ingrédients, et grâce aux deux jeunes interprètes qui tiennent magnifiquement le rôle-titre, l'une enfant et l'autre adolescente, on a finalement le sentiment d'entrer dans l'âme de Jeanne d'Arc, aussi pieuse que guerrière.

Avec les forces de l'esprit, la petite paysanne engage déjà le fer. Elle n'a plus qu'un pas à franchir pour devenir celle qu'elle sera.

Que le film donne à comprendre cela est la preuve du bien-fondé de la démarche de Dumont.

Mais il aboutit à un tel ovni cinématographique qu'on ne peut, dans le même temps, que remettre en cause cette démarche. Comme son héroïne, le cinéaste s'est donné à lui-même une mission possible et impossible.

Sa créativité se déploie mais s'enferme dans le concept. Sa fantaisie a tout pour séduire le public mais elle atteint une radicalité qui, cette fois, fera fuir la plupart des spectateurs. La réussite de Jeannette est donc aussi une impasse.


 

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