Vous trouverez ici des textes extraits de mes écoutes et lectures "spirituelles". Si un mot, une phrase, une
pensée, touche votre coeur c'est que Dieu vous a fait signe par les mots de ceux qu'Il inspire.
Les caricatures de Dieu jonchent l'histoire, celle aussi du christianisme, comme autant d'idoles mentales qui ont conduit les hommes soit à la cruauté, soit à l'athéisme : comment, à l'époque moderne, avec l'essor de l'esprit critique et de la liberté, auraient-ils pu accepter un Dieu qui leur semblait pire qu'eux-mêmes, du moins que la plus haute exigence de leur conscience secrètement fécondée par l'Évangile ?
Les hommes ne cessent de projeter sur Dieu, pour se l'approprier et l'utiliser, leurs propres obsessions, individuelles ou collectives. Il leur faut comprendre qu'on ne peut saisir Dieu de l'extérieur, comme un objet, car il n'y a pas d'en dehors par rapport à lui, le Créateur ne se juxtapose pas à la créature. « C'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Actes 17, 28) comme disait Paul aux Athéniens, mais, enfermés en nous-mêmes, enfermés aussi « dans sa main nous ne pouvons le connaitre que s'il établit librement avec nous une relation où la distance et la proximité se font le lieu d'une Parole, de Quelqu'un qui parle à quelqu'un.manière des hérissons, modèlent sur eux-mêmes leur idée du Dieu bienheureux.
La plupart des hommes, enfermés dans leur corps mortel comme l'escargot dans sa coquille, enroulés dans leurs obsessions à la manière des hérissons, modèlent sur eux-mêmes leur idée du Dieu bienheureux.
CLÉMENT D'ALEXANDRIE
Stromates, v, XI (PG 9, 103)
Apostolia N°152
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Vous pleurez…
Elle vous regarde…
Elle demande :
« Vous pleurez pour quoi ? »
Vous dites que c’est à elle de dire pourquoi vous pleurez, que c’est elle qui devrait le savoir.
Elle répond tout bas, dans la douceur :
« Parce que vous n’aimez pas »
Vous répondez : « c’est ça »
Elle vous demande de le dire clairement.
Vous lui dites : « je n’aime pas ».
Elle dit : « jamais » ?
Vous dites : « jamais ».
La maladie de la mort, « c’est ça ».
Marguerite Duras dit là, de façon théâtrale, ce que disait déjà Sören Kierkegaard de façon magistrale :
La maladie de la mort, c’est le péché.
Le péché, c’est le désespoir.
Le désespoir, c’est de ne plus vouloir aimer…
C’est la maladie de notre temps :
« l’Amour n’est pas aimé ».
On ne s’en défend même pas, on s’en moque.
Plus que n’importe quel virus, la haine et la peur prolifèrent, elles muent, polymorphes elles tuent.
« Celui qui n’aime pas demeure dans la mort,
celui qui aime demeure en Dieu et Dieu en lui. »
Cela fut écrit longtemps avant Marguerite Duras et Sören Kierkegaard.
« La vie véritable c’est de le connaître Lui, le seul vrai Dieu » : l’Amour qui se donne.
Vivre sans aimer est-ce encore vivre ?
N’est-ce pas seulement exister ?
Exister sans vivre est-ce vraiment exister ?
N’est-ce pas être déjà mort comme vivre en aimant n’est-ce pas déjà être ressuscité ?
Vous dites : « De l’amour il n’y en « a » pas en moi ».
Heureusement ! Si vous en aviez, vous le garderiez, vous le préserveriez, vous en avez tellement envie, tellement besoin.
L’amour, c’est donner ce qu’on n’« a » pas.
Vous êtes riches de ce que vous ne posséderez jamais…
- Jean Yves Leloup, Janvier 2021
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Parmi les forces agissant en ce monde, il y a en a aussi d'obscures, de nuisibles : celle qui, précisément, cherchent à briser les liens, à effacer les signes, à verrouiller toutes portes ouvrant sur l'infini, à confisquer l'éclat de l'étoile solaire pour lui substituer des luminaires de pacotille.
Et, aussitôt né, l'Enfant est menacé, les jaloux et les haineux le condamnent à mort.
Joseph, l'homme qui se tient en sentinelle sur le seuil de la porte solsticiale, entend en songe cet avertissement : « Lève toi, prends avec toi l'Enfant et sa mère, et fuis… » (Mt 2,13)
Alors il se lève, prend sa femme et le nouveau-né, les conduit à l'abri. «Lève-toi, prends avec toi l’Enfant…» : ces mots murmurés à l'oreille du cœur se répercutent à travers les siècles et interpellent chacun des vivants passant en ce monde.
Il est en effet demandé à chacun, la nuit de la Nativité, de prendre le relais de Joseph.
La foi est en enfance perpétuelle, jamais elle ne peut se déclarer accomplie, achevée, sûre de sa force et de son endurance;
Elle requiert sans cesse vigilance et travail, exige que l'on écarte d’elle les dangers qui de partout la menacent, particulièrement de l’intérieur.
Sylvie Germain « Songes du temps » - DDB
Illustration : le songe de Joseph par Arcabas
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