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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 22:52

La mémoire de nos actes nous emplit parfois de stupeur, de regrets, d'épouvantes. Quelle force pourra retenir le flux impétueux et mordant de nos souvenirs malheureux ? Qui nous ouvrira la porte de cette funeste prison où nous retient la morbidité d'une mémoire trop encline à nous présenter la face obscure de nos vies ?

Se souvenir ? Oublier ? Mieux vaudrait oublier parfois. Vivre sans passé. Mais à fuir ainsi, ne risque t-on pas la réitération spontanée de ce que nous craignons le plus de reproduire ? Ne choisirons-nous pas la même chose ? ou pire ?

Voyons le bon côté des choses ! Certes, mais si cela ne suffisait pas à faire taire la grande voix de notre histoire ? Que nous resterait-il ?

Pourrions nous évoquer le souvenir que Dieu garde de nous ? Lui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal. Pourrions nous nous souvenir comme ils se souvient de nous ? Alors nous aurions d'autres yeux pour voir. D'autres souvenirs viendraient éveiller nos sens et nos espoirs. Nous nous verrions comme Il nous voit. Il voit en nous ses enfants aimés. Il voit en nous les images de ce qu'il est. Icônes admirables de l'harmonie divine, nous sommes les témoins vivants de la bonté de Dieu.

« Dieu vit ce qu'il avait fait, et cela était bon. » Genèse 1


Père Jacques OLLIER
Saint-Etienne du Mont (5ème)
Tél : 01.43.54.11.79

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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 13:55

Tu me dis, ami,

que tu aimerais croire et que tu sens, dans le ventre de ton âme, comme une
lancinante faim de Dieu.
Tu me dis, ami, que tu envies la clarté lumineuse de ces hommes et de ces femmes de vive foi qui ont su se faire transparents à la grâce.
Tu me confies, ami, avoir soif de cette divine lumière qui, comme un baume, vient apaiser les blessures et dévoiler l'horizon.
Tu aimerais croire, ami, comme un veilleur espère l'aube qui chassera le froid glacial du désert...
Tu aimerais croire, ami, mais tu t'inquiètes de ce que tu penses être l'opacité de ton coeur, la pesanteur de ton être et l'ombre de tes chemins de traverse.
Tu m'avoues, ami, être un brin « mécréant », pas tout à fait certain d'être en règle avec la « bonne morale »...
Tu as, ami, sur le sinueux sentier de ta vie, tenté d'aimer mais tu sais combien l'amour est un art difficile...
Tu ne sais plus, ami - ou si peu -, le credo de ton enfance.
Tu peines, ami, à mettre pudiquement tes pauvres mots sur l'immensité de Dieu.
Tu prière, si rare, n'est souvent, ami, que balbutiement, distractions, errance...
Tu tentes parfois, ami, de dire « tu » à un « Père » dont tu n'es pas tout à fait sûr d'être le « fils » ...
Tu m'avoues, ami, tes interrogations, tes révoltes, tes fatigues spirituelles...

Et je voudrais te dire

Réjouis-toi, ami, de tes doutes car ils sont une mise en route vers ce Compostelle intérieur où l'Éternel t'espère et t'attend.
Réjouis-toi, ami, de te savoir fragile, car c'est par nos failles et nos blessures que Dieu vient en nous dresser sa tente de tendresse.
Réjouis-toi, ami, de ne pas « savoir Dieu », car la porte étroite qui mène à la Rencontre passe par la nudité de l'inconnaissance.
Ose, ami, une prière qui ne sait pas, qui ne quémande pas, qui ne bavarde pas.
Ose, ami, franchir la passerelle étroite qui t'offre d'embarquer sur le frêle esquif de l'écoute.
Tends l'oreille de ton coeur et ose te laisser investir par le grand silence qui mène à la contemplation. Laisse le vent de l'Esprit te pousser au large. Tente l'audacieux pari de la foi. Va, à ton rythme et selon tes caps, vers l'océan de la divine présence.
Mène cette traversée spirituelle dans le compagnonnage de celles et de ceux qui, comme toi, cherchent l'éclat du matin.
Nourris-toi du pain béni de l'Écriture, de la sainte manne de la fraternité...
Désaltère-toi à la source de la Parole, marche, aux côtés de l'Envoyé, sur le secret chemin de ton éveil. Ose devenir qui tu es.
Et approche-toi sans crainte, voyageur fourbu et affamé, de l'ineffable table où, de ses mains blessées, le Maître intérieur t'offrira le pain de ta résurrection...

Bertrand Révillon
Panorama N° 434

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 12:34

La grande et triste erreur de quelques uns, même bons, c'est de s'imaginer que ceux que la mort emporte nous quittent.

Ils ne nous quittent pas. Ils restent.

Où sont-ils ? dans l'ombre ?

Oh non I C'est nous qui sommes dans l'ombre !

Eux sont à côté de nous, sous le voile, plus présents que jamais. Nous ne les voyons pas parce que le nuage obscur nous enveloppe ; mais eux nous voient. Ils tiennent leurs beaux yeux pleins de gloire arrêtés sur nos yeux pleins de larmes. O consolation ineffable ! Les morts sont des invisibles, ce ne sont pas des absents !

J'ai souvent pensé à ce qui pourrait le mieux consoler ceux qui pleurent ; le voici :

C'est la foi à cette présence réelle et ininterrompue de nos morts chéris.

C'est l'intuition claire, pénétrante que, par la mort, ils ne sont ni éteints, ni éloignés, ni même absents, mais vivants près de nous, heureux, transfigurés et n'ayant perdu, dans ce changement glorieux, ni une délicatesse de leur âme, ni une tendresse de leur cœur, ni une préférence de leur amour ; ayant, au contraire, dans ces profonds et doux sentiments, grandi de cent coudées.

La mort pour les bons est la montée éblouissante dans la lumière, dans la puissance et dans l'amour.

Ceux qui, jusque là, n'étaient que des hommes ordinaires deviennent parfaits ; ceux qui n'étaient que beaux deviennent bons ; ceux qui étaient bons deviennent sublimes !



Mgr Bougaud

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