L’Esprit Saint m'a toujours contrarié,
mais en mieux
PERE MARIE-EUGENE (1894-1967)
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Le Mahatma Gandhi disait cette phrase extraordinaire :
« Si Dieu apparaissait dans le monde d'aujourd'hui, il apparaîtrait sous la forme du pain. »
C'est par le pain que l'on vit, nous marchons dans la force du pain.
Nous, pauvres chrétiens, nous marchons dans la force du pain, mais le pain de tous les jours, c'est la force de l'Eucharistie !
« Donne-nous le pain de tous les jours. »
Père Ceyrac
Père Ceyrac
Pierre Ceyrac n'avait jamais quitté la Corrèze lorsqu'il se retrouve, à 23 ans, parachuté en plein milieu du bouillonnement indien, un empire gouverné à l'époque par les Anglais et les maharajahs. Il va vivre la grande histoire de la marche vers l'indépendance. Nommé aumônier des jeunes catholiques, "Father Ceyrac" contribue aux grands chantiers de reconquête lancés par Nehru après l'indépendance. À partir de ce moment-là, il ne cesse de sillonner ce pays, jusqu'à ce que les forces physiques le quittent (à un âge très avancé), à moto (cheveux au vent), au volant d'une vieille 304 bâchée et, le plus souvent, en train, sa passion - il connaissait le plan ferroviaire de l'Inde par coeur, était intarissable sur les gares et pouvait passer des heures à contempler un convoi interminable de wagons de marchandises.
Humanitaire chrétien
Il plonge dans la réalité de l'Inde, au plus près de ce que vivent ces habitants, dans les villages les plus reculés du Tamil Nadu, État où il exerce son magistère. Il a appris le tamoul et le sanskrit, il confronte son catholicisme à l'hindouisme - comme Gandhi, qu'il a connu, fit le chemin inverse avec Jésus-Christ.
Grâce au renfort des étudiants - indiens mais aussi français -, le père Ceyrac bâtit des routes, des maisons, même des villages entiers. Il ouvre des dispensaires pour les plus pauvres, les lépreux, les intouchables (dalits), dont il épouse la cause après une rencontre avec un jésuite indien, le père Anthony Raj. Il crée des villages pour accueillir des milliers d'enfants. Toute sa vie durant, les combats de l'Inde seront les siens. "Je cherche le visage du Seigneur dans le visage des pauvres", avait-il coutume de dire.
Cet humanitaire chrétien s'engage sur tous les fronts. Pendant treize ans, il sert dans les camps de réfugiés cambodgiens, le long de la frontière thaïlandaise - où il rencontre le professeur Alain Deloche, fondateur de La Chaîne de l'espoir, qu'il suivra sur d'autres guerres, en Afghanistan notamment.
"Je ne suis pas intéressant, je ne fais rien", disait souvent le père Ceyrac, qui avait placé sa vie sous les auspices de cette maxime de saint Jean de la Croix : "Tout mon exercice est d'aimer." Grâce à ce viatique, affirmait-il, "en dépit des hauts et des bas, et de toutes nos lassitudes et lâchetés, la vie devient un long magnificat".
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Accorde à mon esprit, Ô Seigneur, de converser avec la grandeur de ta grâce, non par l’entremise de la voix du corps, ou de la langue de la chair, mais accorde-lui plutôt ce discours qui te loue en silence, toi le Silencieux qui se loue d’un prononçable silence.
Accorde-moi, Ô Seigneur, un esprit plein d’amour pour toi, un intellect plein d’intuition de toi, et un cœur pur d’où rayonne ta lumière.
Moine syrien anonyme, cité dans The Syriac Fathers on Prayer, ed. Sebastian Brock, Cistercian Publications, Kalamazoo, MI, 1987, p. 184.
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