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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 22:35

evdokimov.jpg

 

L’Occident a canonisé le monachisme et le laïcat comme deux formes de vie : une, répondant aux consilia, conseils, l’autre, aux praecepta, préceptes de l’Évangile.

 

L’unique absolu s’est trouvé dès lors brisé.

 

D’une part s’avancent les parfaits, de l’autre côté se tiennent les faibles, vivant dans les demi-mesures.

 

Une certaine conception ascétique ne justifie la vie conjugale que pour autant qu’elle engendre des vierges et peuple les couvents.
 

 

Le caractère foncièrement homogène de la spiritualité orientale ignore la différence entre les “ préceptes ” et les “ conseils évangéliques ”.

 

C’est dans sa totale exigence que l’Évangile s’adresse à tous et à chacun.

 

" Quand le Christ, dit saint Jean Chrysostome, ordonne de suivre la voie étroite, il s’adresse à tous les hommes. Le moine et le séculier doivent atteindre les mêmes hauteurs ”.

 

On voit bien, il n’existe qu’une seule spiritualité pour tous, sans aucune distinction, quant à son exigence, en évêque, moine ou laïc, et c’est la spiritualité monastique .

 

Or, celle-ci est formée par les moines-laïcs, ce qui donne au terme “ laïc ” un sens maximalement spirituel et ecclésial.
 

 

En effet, selon les grands maîtres, les moines ne sont pas autre chose que ceux qui veulent “ être sauvés ”, “ ceux qui mènent la vie selon l’Évangile ”, “ cherchent l’unique nécessaire ” et “ se font violence en tout ” . Il est parfaitement évident que ces paroles définissent très exactement l’état de tout croyant-laïc.

 

Saint Nil estime que toutes les pratiques monacales s’imposent au gens du monde.

 

Comme le dit encore une fois saint Jean Chrysostome : “ Ceux qui vivent dans le monde bien que mariés, doivent par tout le reste ressembler aux moines .

 

Vous vous trompez tout à fait, si vous pensez qu’il est des choses exigées des séculiers et d’autres des moines... ils auront les mêmes comptes à rendre ” .

 

La prière, le jeûne, la lecture des Écritures, la discipline ascétique, s’imposent à tous au même titre.

 

Saint Théodore Studite dans sa lettre à un dignitaire byzantin dresse le programme de la vie monastique et précise : “ Ne croyez pas que cette liste vaille pour le moine et non pas, tout entier et également pour le laïc ” .
 

 

Quand les Pères parlaient, ils s’adressaient a tous les membres du Corps, sans aucune distinction entre le clergé et le laïcat, ils parlaient au sacerdoce universel.

 

Le pluralisme actuel des théologies de l’épiscopat, du clergé, du monachisme, du laïcat, étant inconnu au temps des Pères, serait même incompréhensible pour eux.

 

L’Évangile dans sa totalité s’applique à tout problème particulier de tout milieu.


(extrait de Le monachisme intériorisé)
Monachisme et Laïcat par Paul Evdokimov

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 22:02

 

femme_peignant.jpg

Avant la création du monde, Dieu a un plan qu'Il propose à l'homme. Pour que l'homme réalise ce projet, il faut qu'il fasse les œuvres bonnes que Dieu propose à sa liberté.

Ces œuvres d'amour, de vérité, de bonté, ne viennent pas de l'homme lui-même, parce que la source de toute bonté, de tout amour, de toute vérité, c'est toujours Dieu. Pourtant, c'est l'homme qui réalise.

Lorsqu'un peintre fait un beau tableau, qu'un musicien fait une belle œuvre, qu'un ouvrier travaille bien, qu'une mère et un père s'occupent bien de leur famille, lorsque les gens s'aident les uns les autres, lorsqu'ensemble ils font des choses belles, lorsque l'on construit son unité intérieure, que l'on trouve la paix intérieure, que l'on rend gloire à Dieu, que l'on rassemble la création pour l'offrir à Dieu, voilà des œuvres accomplies par les hommes tandis que les idées bonnes, la force pour les accomplir viennent de Dieu.

L'origine du bien est toujours Dieu, mais Dieu ne veut rien faire sans la collaboration de la liberté humaine.

Il veut que ce soit l'homme qui réalise ses œuvres pour qu'il y soit ainsi véritablement associé, pour que l'œuvre de Dieu devienne l'œuvre de l'homme.

Extrait du commentaire de Éph 2, 1-10 par Père Cyrille Argenti

 

http://perecyrille.net/node/758

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 22:13

occident_bethanie.jpg

Gorze, juillet-août 2014

Chers Amis,

Nous avons célébré ce mois d’août la Dormition de Notre-Dame, c’est-à-dire sa mort, mais aussi son Assomption, c’est-à-dire sa Résurrection. Marie meurt et ressuscite, comme son Fils et son Dieu, Yeshoua, et comme nous serons nous-mêmes un jour conviés à vivre ce passage de la mort à la Vie. Déjà, nous le pratiquons au quotidien car, à chaque instant qui passe, nous mourons pour ressusciter. Toute notre vie est rythmée ainsi par de successives morts et résurrections.

Marie meurt, Marie passe de la vie avec un petit v, à la Vie avec un grand V. Et si Marie n’est pas morte comme son fils Yeshoua sur une croix, elle, elle est morte sous une croix, sous la croix de son fils, de celui qui est son enfant et qui est son Dieu.
C‘est là, après une vie tout entière sous le signe du « oui », qu‘elle s‘est donnée une fois de plus, totalement, sans rien garder, c’est ce qu’on appelle une vie sans péché.

Oh, combien a dû être douloureux ce « oui » sous la croix !

 

D’ailleurs, « Un glaive te transpercera le cœur » lui avait prédit le vieillard Siméon. Et ce glaive a deux sens : c’est à la fois, au premier degré, le glaive de la souffrance qui transperce le cœur de Marie, mais c’est aussi le glaive de la Parole, du Verbe, le glaive à deux tranchants de l’Apocalypse, le logos fait homme, Yeshoua. 

Alors, après ce moment terrible où elle reçut son fils et son Dieu, mort dans ses bras, au terme de sa vie terrestre, sa mort est déjà réalisée.
Elle est accomplie en plénitude et elle peut passer de ce monde à l’autre dans une grande paix, cette grande paix que nous vivons toujours à la fête de la Dormition et que nous avons pu sentir nous envahir pendant l’office des vêpres et de l’ensevelissement, ou pendant la veillée au tombeau de Marie. 

Mais qui est Marie ? Qui est cette femme capable de dire « oui » d’un bout à l’autre de sa vie sans faillir ? Quelle est son secret ? C’est d’abord une grande oreille, c’est l’oreille d’Israël, de tout un peuple qui vit dans l’écoute, depuis Abraham, Moïse, et les prophètes.
Elle n’est pas advenue spontanément ou par décret divin. Elle est cette fleur d’Israël, celle qui récapitule le meilleur d’Israël dans l’écoute, dans la bénédiction, dans le « oui » total. Mais c’est aussi la gardienne de la Parole, la gardienne de cette Parole donnée à Israël sur le Sinaï, puis donnée dans les entrailles de Marie et enfin gardée dans son cœur.

Dans l’Evangile, Yeshoua lui-même nous dit qui est Marie.
A l‘interpellation d‘une femme qui réagissait à Sa Parole avec enthousiasme, en Lui disant : « Heureux le ventre qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaitées », Il répond par cette flèche spirituelle : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la garde. » 

Effectivement, Marie a écouté la Parole de Dieu, et elle l’a si bien gardée qu’elle l’a enfantée. Elle ne l’a plus jamais quitté, non pas comme une mère possessive, mais comme la Bien-aimée du cantique des cantiques qui ne pense qu’à son Bien-Aimé, qui brûle d’amour pour Lui, et qui, totalement unie à Lui, peut dire : «son bras gauche est sous ma tête et sa droite m’étreint.»
Marie, depuis le début de sa vie jusqu’à la fin, n’a eu qu’une seule visée, une seule pensée, un seul regard, un seul amour, et c’est en cela qu’elle est vierge, avant, pendant et après son enfantement.
C’est parce qu’elle n’a eu qu’une direction, qu’un unique amour et que cette direction, cet amour c‘était le Christ, la Parole de Dieu, Yeshoua. 

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !
Père Pascal


PS : Comme vous le voyez, Père Alphonse me demande de prendre le relais pour ce message mensuel de Béthanie mais sachez bien qu’il reste très uni à vous tous par sa prière et par son affection.

http://www.centrebethanie.org

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