Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 22:07

Aimer2.jpg

 « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. »

' Ton ' Dieu est-il dit, et c'est une raison pour l'aimer davantage ; nous aimons bien plus ce qui est à nous que ce qui nous est étranger.

C'est certain, le Seigneur ton Dieu mérite d'être aimé ; il s'est fait ton serviteur, pour que tu lui appartiennes et que tu ne rougisses pas de le servir...

Trente années durant, ton Dieu s'est fait ton serviteur, à cause de tes péchés, pour t'arracher à la servitude du diable.

Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu.

Lui qui t'a fait, il s'est fait ton serviteur, à cause de toi ; il s'est donné tout entier à toi, afin que tu te donnes à toi-même.

Alors que tu étais malheureux, il a refait ton bonheur, s'est donné à toi pour te rendre à toi-même. 

Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu « de tout ton cœur. »

' Tout ' : tu ne peux garder pour toi aucune partie de toi.

Il veut l'offrande de tout toi-même.

Il t'a acheté tout entier de tout lui-même, pour te posséder, lui seul, toi tout entier.

Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur.

Ne va pas, comme Ananie et Saphire, garder pour toi une partie de toi-même, car alors tu pourrais périr comme eux (Ac 5,1s).

Aime donc totalement et non en partie.

Car Dieu n'a pas de parties ; il est tout entier partout.

Il ne veut pas de partage en ton être, lui qui est tout entier en son Être.

Si tu te réserves une partie de toi-même, tu es à toi, et non pas à lui. 

Veux-tu donc tout posséder ?

Donne-lui ce que tu es, et il te donnera ce qu'il est.

Tu n'auras plus rien de toi ; mais tu auras tout lui-même avec tout toi-même. 

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l'Église 

Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. Bayart, Éds. franciscaines 1944, p. 212) 

___________________________________________________________________________________________

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blogue

http://ann.over-blog.com/blog-newsletter.php?ref=120238

Partager cet article
Repost0
10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 22:46

Meduse_09.jpg

Quand j’en étais le roi, cinq dieux ont décidé

D’apporter le Déluge aux hommes turbulents. (…) Sur le moment, Ea, le plus malin d’entre eux,

Avait aussi juré de garder le secret,

Mais je l’ai entendu murmurer aux roseaux

Qui bordaient mon jardin :

Roseaux, écoutez-moi,

Roseaux, dites au roi d’abattre sa maison,

Vite, dites au roi d’abandonner ses biens,

De construire un bateau et de sauver sa vie.

L’arche sera carrée, aussi large que longue,

Et couverte d’un toit. (...)

Je fis charger à bord mes plus grandes richesses :

Mon or et mon argent, ma famille et mes proches,

Tous genres d’animaux sauvages ou dressés

Et tous les artisans que nous pûmes trouver. (…)

Pour six jours et sept nuits, la tempête tonna

Et renversa le monde. À l’aube, cependant,

L’averse s’arrêta et les flots se calmèrent.

Et rien à l’horizon que le toit de la mer,

La mer à l’infini, la mer de tous côtés,

La mer, car l’homme était redevenu argile. (…)

Le septième jour, je pris une colombe

Et la laissai partir. Je la vis s’envoler

Puis revenir à l’arche, et sus que nulle terre

N’avait percé les flots. Le lendemain matin,

Je pris une hirondelle et la laissai partir ;

Je la vis s’envoler puis revenir à l’arche,

Tout comme la colombe, et sus que nulle terre

N’avait percé les flots. Le lendemain matin,

Je choisis un corbeau et le laissai partir ;

Je le vis se poser sur une branche, au loin,

Et sus que le niveau des eaux avait baissé.

Il reprit son envol et ne revint jamais.

Extrait de Gilgamesh, la quête de l’immortalité, Stephen Mitchell, Aurélien Clause, Éd. Synchronique, 336 p., 19 €. 

Génèse 6 et 7

Dieu regarda la terre et constata qu'elle était corrompue, car tout le monde avait corrompu sa conduite sur la terre.  Alors Dieu dit à Noé: «La fin de tous les hommes est décidée devant moi, car ils ont rempli la terre de violence. Je vais les détruire avec la terre.

Fais-toi un bateau avec des arbres résineux. Tu disposeras cette arche en compartiments et tu l'enduiras de poix dedans et dehors.

Voici comment tu la feras: l'arche aura 150 mètres de long, 25 de large et 15 de haut.

Tu feras une ouverture à l'arche et tu la feras d'une cinquantaine de centimètres depuis le haut. Tu placeras une porte sur le côté de l'arche. Tu construiras un étage inférieur, un deuxième et un troisième étages.

Pour ma part, je vais faire venir le déluge d'eau sur la terre pour détruire toute créature qui a souffle de vie sous le ciel. Tout ce qui est sur la terre mourra.

Cependant, j'établis mon alliance avec toi: tu entreras dans l'arche avec tes fils, ta femme et les femmes de tes fils.

De tout ce qui vit, de toute créature, tu feras entrer dans l'arche deux membres de chaque espèce pour leur conserver la vie avec toi. Il y aura un mâle et une femelle.

[...]

La pluie tomba sur la terre quarante jours et quarante nuits.

[...]

Le septième mois, le dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat. Les eaux allèrent en diminuant jusqu'au dixième mois. Le dixième mois, le premier jour du mois, apparurent les sommets des montagnes.

C'est une très belle formule qui indique l'arrêt du déluge : Dieu se souvint de Noé... L'expression dit la confiance en la sollicitude de Dieu pour celui dont il a pris soin.

En laissant résonner le texte en nous, on peut sentir les ruptures de style : avec notamment une grande attention à tout ce qui est "chair et coeur" comme le récit du lâcher des oiseaux, d'abord le corbeau puis la colombe.

Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche. Il lâcha le corbeau, qui sortit, partant et revenant, jusqu'à ce que les eaux eussent séché sur la terre. Il lâcha aussi la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué à la surface de la terre. Mais la colombe ne trouva aucun lieu pour poser la plante de son pied, et elle revint à lui dans l'arche, car il y avait des eaux à la surface de toute la terre. Il avança la main, la prit, et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. Il attendit encore sept autres jours, et il lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. La colombe revint à lui sur le soir; et voici, une feuille d'olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur la terre. Il attendit encore sept autres jours; et il lâcha la colombe. Mais elle ne revint plus à lui.

___________________________________________________________________________________________

 

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blogue

http://ann.over-blog.com/blog-newsletter.php?ref=120238

Partager cet article
Repost0
7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 22:47

04.-Bible-de-souvigny.jpg

De l’Éden au Déluge, de nombreuses images de la Bible que l’on pensait originales se trouvent aussi dans les mythes mésopotamiens, la comparaison de ces récits mettant en évidence l’originalité de la foi d’Israël dans l’univers religieux du Proche-Orient antique 

D’où viennent les réminiscences des mythes mésopotamiens dans la Bible ?

Un monde tiré des eaux, un homme pétri dans l’argile, un jardin paradisiaque, un serpent tentateur, un déluge, un bateau empli d’animaux, une colombe…, toutes ces images de la Genèse, si familières, sont pourtant loin d’être une pure création des auteurs bibliques. On les trouve déjà dans les récits des origines des Mésopotamiens, voisins d’Israël, au IIe millénaire avant Jésus-Christ : les mythes d’Enki et Ninhursag, d’Atrahasis, l’Épopée de Gilgamesh, celle de la Création (ou Enuma Elish) (lire infographie ci-contre), des textes anciens écrits en caractères cunéiformes, en sumérien ou en akkadien, sur des tablettes découvertes au XIXe siècle et traduites notamment par un savant français, Jean Bottéro. À l’époque, la découverte de ces ressemblances n’a pas manqué d’étonner, voire de déstabiliser plus d’un croyant convaincu que le récit biblique était unique…

La raison en est simple : le pays de Canaan est, dans l’Antiquité, le plus petit territoire du Proche-Orient et un carrefour traversé, pour le commerce ou les guerres, par tous les grands empires : assyrien, babylonien, perse, grec… Aussi les Hébreux sont-ils imprégnés de la culture de tout le Proche-Orient ancien. En 586 av. J. C., le peuple est déporté à Babylone. « Les auteurs bibliques, après l’exil en particulier, connaissent parfaitement les mythes mésopotamiens et vont s’en servir pour écrire à leur tour, afin de rassembler la diaspora, qui n’a plus de temple, autour d’une histoire commune », souligne l’historienne Nicole Vray, auteur d’un livre sur Les Mythes fondateurs de Gilgamesh à Noé (1).

Ainsi le langage biblique retraverse-t-il les mythes antiques et puise dans leur grand réservoir d’images, mais pour exprimer son propre message : confesser sa foi en un Dieu unique et Créateur. En ce sens, l’intérêt de la comparaison des récits de création bibliques et mésopotamiens, enracinés dans un fond culturel commun, est de mettre en relief l’originalité de la foi d’Israël dans l’univers des religions de l’Orient ancien.

Quelles sont les correspondances entre ces différents textes ?

Les réminiscences sont nombreuses. À l’origine, par exemple, l’univers est un mélange indifférencié d’eau douce et d’eau salée. Il est formé par séparation et la terre surgit de la masse des eaux.

« Lorsqu’en haut le ciel n’était pas encore nommé,

Qu’en bas la terre n’avait pas de nom [ils n’existaient pas},

Seuls l’Apsû [l’océan d’eau douce] primordial qui engendra les dieux,

Et Tiamat [la mer] qui les enfanta tous,

Mêlaient leurs eaux en un tout.

Nul buisson de roseaux n’était assemblé, Nulle cannaie n’était visible [la végétation n’existait pas],

Alors qu’aucun des dieux n’était apparu,

N’étant appelé d’un nom ni pourvu d’un destin,

En leur sein, des dieux furent créés. »

(Épopée de la Création.)

L’homme est créé dans une certaine proximité avec la divinité : à partir du sang d’un dieu et d’argile pétrie, raconte le mythe d’Atrahasis. Tandis que les animaux et les plantes sont aussi classifiés « selon leurs espèces ». Plus largement, les cadres utilisés sont relativement semblables, notamment pour le Déluge que l’on trouve dans le mythe d’Atrahasis et sur la 11e ¬tablette de l’Épopée de Gilgamesh : des pluies torrentielles, un seul homme sauvé, un bateau construit sur les mêmes dimensions, des oiseaux (un corbeau, une colombe, et pour le mythe d’Atrahasis, une hirondelle en plus).

Quelles sont les différences et que révèlent-elles ?

Dans les chapitres 1 et 2 de la Genèse, les éléments de l’univers ne sont pas divinisés, alors que les Mésopotamiens honoraient les astres, la lune et le soleil, comme des divinités. La Bible, qui mentionne simplement « le grand luminaire » et « le petit luminaire », semble opérer une « démythologisation » : le récit est sobre, sans descriptions superflues, au service d’une confession de foi en Adonaï, Dieu créateur. Aussi, pour Nicole Vray, ne s’agit-il pas de différences mais de « ruptures » : « Le génie des Hébreux est de mettre ces mythes au service du monothéisme, en présentant un Dieu d’amour, de l’alliance, notions qui sont absentes de la culture mésopotamienne, où l’homme est dans un rapport d’obéissance, de dominant/dominé avec les dieux. »

Si, par exemple, la notion de désobéissance existe dans tous ces récits, la réponse divine biblique n’est pas la même. À la fin du mythe, Atrahasis, sauvé du déluge, sacrifie aux dieux qui ont infligé aux hommes des sanctions (souffrances, maladies, mortalité infantile). Noé, lui aussi, offre des sacrifices, mais Dieu respire la bonne odeur de son offrande, comme s’il se laissait émouvoir par l’homme qu’il a créé, et décide de ne plus le détruire par le déluge. Ainsi dans la Bible apparaît la notion de pardon qui se manifeste sous la forme d’une alliance avec les hommes, Dieu couvrant Adam et Ève chassés de l’Éden d’un vêtement de peau, puis donnant à Noé le signe d’un arc-en-ciel après le déluge. « L’humanité est sauvée une seconde fois, par la nouvelle alliance établie par Dieu », souligne Nicole Vray.

Au fond, les mythes mésopotamiens font intervenir des dieux créés à l’image des hommes. Ces dieux partagent les turpitudes humaines. Ils créent le monde en s’unissant à une déesse ou en sacrifiant une autre divinité. Le Dieu de la Genèse, lui, est transcendant et crée par sa Parole. Lorsqu’il exprime sa colère dans le Déluge, c’est contre la méchanceté et l’immoralité des hommes, et non, comme dans le mythe d’Atrahasis, contre leur vacarme qui dérange le panthéon mésopotamien.

Dans la Bible, par ailleurs, les hommes sont créés pour eux-mêmes, gratuitement, et non dans une relation de nécessité, d’esclavage, pour remplacer à la tâche les dieux qui ne voudraient pas travailler (mythe d’Atrahasis). Certes, l’homme est aussi voué au travail, mais par ce travail, Dieu lui a donné domination sur la terre, il est invité à poursuivre sa Création.

La grande originalité de la Bible, c’est en effet que l’homme est créé à l’image de Dieu. Il est invité à une relation d’égal à égal avec Dieu, sans intermédiaire entre eux. « L’injonction de Dieu n’est pas une menace de mort mais une mise en garde qui laisse l’homme libre et responsable ».

(1) Desclée de Brouwer, 192 p., 19 €. 

CÉLINE HOYEAU 

___________________________________________________________________________________________

 

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blogue

http://ann.over-blog.com/blog-newsletter.php?ref=120238

Partager cet article
Repost0