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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 22:46

Ancien normalien, cet écrivain, « philosophe-thérapeute », publie un formidable roman historique sur Jésus raconté par l’Apôtre Pierre 

Déjà, les six livres qu’il a publiés lui ont permis de vérifier son talent littéraire. Son premier roman, Colère (Albin Michel, 2001) s’est en effet vendu à plus de 100 000 exemplaires.

Cette fois-ci, l’auteur s’attache à l’Apôtre Pierre. Celui qui fut « le plus proche de Jésus, ayant vécu de nombreux événements à ses côtés ». Celui auquel il est le plus facile de s’identifier, tant il ressemble à « l’homme ordinaire qui s’ouvre à l’extraordinaire, et qui va en être profondément métamorphosé ». En autodidacte éclairé, Denis Marquet se plonge dans les textes grecs (langue apprise en hypokhâgne) et hébreux (dont il possède quelques notions), lit tout ce qu’il peut sur la spiritualité juive et le judaïsme ancien (sujets qu’il a travaillés, vingt ans auparavant, auprès d’un maître de la kabbale et de l’écrivain orthodoxe Annick de Souzenelle), et consulte des dizaines d’ouvrages exégétiques.

Pour résumer ses quatre années d’écriture, il évoque « un axe directeur qui se concrétisait au fur et à mesure que j’avançais, sans plan préétabli, comme si le livre s’imposait à moi. Je me mettais à écrire pour connaître la suite ». Une suite qui tient le lecteur en haleine… alors même qu’il connaît la fin de l’histoire. Car Denis Marquet réussit le tour de force de raconter la vie de Yeshoua le Nazaréen par la bouche de Shimon-Roc, vieillard enfermé dans un sinistre cachot romain avec deux compagnons de cellule : Cletus, brillant rhéteur tombé en disgrâce, et Ostanès, Parthe initié aux mystiques orientales. En écrivant ce Testament du Roc, avoue-t-il, son but était est d’amener chacun à se demander : comment aurais-je réagi face à l’événement Jésus ? Le but est atteint.

Claire Lesegretain

Le cinquième roman de Denis Marquet, "Le testament du Roc" (Flammarion, Mai 2016) vient de paraître. A travers l’histoire de Pierre, notamment son amitié pour Judas, l’auteur nous offre une lecture inédite et richement documentée de la vie de Jésus. Certes, ce livre peut se lire comme un "roman historique", mais l’ambition de Denis Marquet dépasse largement cela : il se propose d’interroger, et de mettre en valeur, les raisons et fondamentaux de l’essor de la civilisation chrétienne. Au-delà du consensus "traduire, c’est trahir", derrière lequel tout le monde se range et auquel aucun texte sacré ne fait exception, Denis Marquet va ici se questionner : quelle sorte de patine deux mille ans de christianisme ont-ils laissé sur sa force et son invitation ?
 
Selon l’auteur, cette patine a fragilisé la force de transmission du christianisme et détourné le sens originel de ses textes. Cet adjectif "originel" ne doit pas, lui non plus, ne se lire que sur un plan historique : il s’agit plutôt de sonder les Origines, intérieures et surnaturelles, de ces textes.... 
Contre toute attente, Denis Marquet réhabilite avec force et arguments la place du Corps dans la réalisation spirituelle chrétienne. Une idée phare de cet échange, et qui peut légitimement sembler paradoxale à plus d’un titre. Explications bienvenues.
 
Accepterez-vous de vous laisser imprégner par ce nouvel "Evangile de Pierre" ?
La "Bonne Nouvelle", c’est aussi de constater que la chrétienté comporte, encore, dans ses rangs - après deux mille ans de "chahutage" -  des hommes incarnés, charismatiques et qui donnent envie de les suivre !
 

Extrait d'une interview de l'auteur

Extrait du livre

Yeshoua nous fit asseoir autour de lui. Son regard était sévère.
 
« Je suis avec vous, nous apostropha-t-il, et vous craignez pour votre vie ! Etes-vous donc semblables aux foules qui ne viennent à moi que pour obtenir des bienfaits mais n'accueillent pas mon être et ne me reçoivent pas ? Etes-vous donc aveugles à ce que montrent vos yeux, sourds à ce qu'entendent vos oreilles ? »
 
  Tête basse, nous n'osions lever le regard sur Yeshoua ; seul Judas lui répliqua :
« Moi, je n'ai pas craint pour ma vie. »
 
  Je l'observai à la dérobée. Fier, il se dressait face à Yeshoua comme pour le défier.
« N'as-tu donc pas eu peur ? lui demanda ce dernier.
J'ai eu peur, en effet, et du pire qui puisse m'arriver : mourir stupidement.
Crois-tu connaître le pire qui puisse t'arriver ?
Je suis prêt à donner ma vie sur-le-champ pour le règne de Dieu ! Et je mourrai pour toi, si tu es l'élu de Dieu ! Mais je refuse de perdre ma vie d'une manière inutile. »
 
Il désigna d'un geste méprisant le paysage qui nous entourait.
  
« Que faisons-nous sur ces terres d'obscurité quand, en Judée, des milliers n'attendent qu'un mot de toi pour monter à Jérusa-lem et te proclamer roi ?
 
Judas, lui dit Yeshoua comme une mère reprendrait tendre-ment son enfant, quel serviteur tu feras si tu sais te vider de toi... Ne vois-tu pas que le règne de Dieu est là ? Tu l'as devant les yeux, et il a été semé dans ta terre. Le laisseras-tu germer et porter du fruit ?
 
Maître, maugréa Judas, tu parles en énigmes, comme si tu voulais que l'on ne te comprenne pas...
- Tu n'as donc pas compris cette parabole du semeur ? »
 
Judas eut un ricanement de dédain.
« Qui d'entre nous l'a comprise ? »
 
Yeshoua promena son regard sur nous tous. Je baissai les yeux. « À vous, pourtant, martela-t-il, le mystère du règne de Dieu a été confié ! Je vous le dis en vérité, bien des prophètes et bien  des justes ont désiré voir ce que vous regardez, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont ni vu ni entendu.
 
Alors, si vous fermez vos yeux et rendez sourdes vos oreilles, qui verra et qui entendra ? Si vous, vous ne voulez pas comprendre cette parabole, qui la comprendra ? Ouvrez donc vos cœurs et écoutez ! La parole de vie a été semée en vous.
 
À présent, il vous appartient qu'en vous elle fructifie ou non. Malheur à vous si vous ne lui permettez pas de donner du fruit !
 
Car alors, cette parole portera la mort. Laissez-la faire son œuvre et n'intervenez pas ! Laissez Dieu régner en vous, et Dieu fécondera tout ce que vos yeux voient, tout ce que touchent vos doigts. Alors le monde autour de vous changera ; il exprimera la royauté de Dieu que vous aurez libre-ment accueillie à l'intérieur de vous !
  
Maître, soupira Judas en secouant la tête, je ne crois pas que le monde changera si nous n'agissons pas. Il te manque encore la foi.
  
La foi suffira-t-elle, intervint Shiméon, pour chasser les Romains ? »
  
Yeshoua embrassa du regard notre groupe rassemblé à ses pieds, puis porta les yeux sur l'horizon. Au-dessus du lac, la nuée se dissipait et laissait apercevoir des fragments de ciel bleu.
« Ignorez-vous donc, articula-t-il, que la foi ouvre le monde à l'action de Dieu ? C'est pourquoi rien n'est impossible à la foi ; et rien n'est possible sans elle.
Ne faut-il pas agir ? insista Shiméon.
  
Si vous avez la foi, Dieu vous met en acte et agit par vous. Sans la foi, vous êtes pareils au barreur d'une barque ballottée par la tempête ; il croit que c'est lui qui dirige ses mouvements, mais, en vérité, il est proche de sombrer.
 
- Augmente en nous la foi », supplia alors Shiméon. Yeshoua le couvrit d'un regard de tendresse.
« La foi... Si vous en aviez seulement gros comme une graine de sénevé, vous diriez à cet arbre, là-bas : déracine-toi et va te planter au milieu du lac ; et il vous obéirait ! Alors, rien ne vous serait impossible.
  
Dieu nous commande-t-il de planter des arbres dans l'eau ? grommela Judas.
 
  
Lequel d'entre vous, rétorqua Yeshoua, s'il a un esclave qui laboure ou garde ses bêtes, lui dira à son retour des champs : viens vite te mettre à table ? Ne lui ordonnera-t-il pas plutôt : prépare-moi de quoi dîner, et habille-toi pour me servir ; lorsque j'aurai mangé et bu, tu pourras en faire autant ? Et ressentira-t-il de la gratitude pour cet esclave, d'avoir fait ce qui lui était ordonné ? Vous, de même, lorsque vous aurez accompli tout ce qui vous est prescrit, dites : nous sommes des esclaves inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. »
 
Judas s'énerva soudain :
 
« A quoi rime ton histoire ? Si c'est Dieu notre maître, prétends-tu que celui qui obéit à ses commandements ne sert à rien ?
 
Qui d'entre vous a compris ? » demanda Yeshoua.
  
Je me tassai, observant notre cercle à la dérobée ; chacun gar-dait la tête basse, à l'exception de Judas qui, sombre, regardait ailleurs. C'est alors qu'une main timide se leva. Elle venait de là où s'étaient regroupées les femmes ; c'était celle de Mariam de Magdala. Yeshoua lui fit signe de parler. Elle le fit d'un ton assuré qui contrastait avec sa faible voix :
  
« Tu nous annonces un monde nouveau, dans lequel Dieu ne veut plus régner sur l'homme, mais en l'homme. Dans ce monde nouveau, celui qui ne fait qu'observer les prescriptions ne sert plus à rien ; le véritable serviteur est celui qui laisse le Souffle de Dieu agir en lui et à travers lui. Et, pour lui, tout est possible. »
 
Le visage de Yeshoua s'éclaira.
 
« Tu es bénie Mariam, s'exclama-t-il. Car tes mots ne sont pas les tiens, ils sont la vérité de Dieu. Je vous le dis, si la foi avait accueilli mes paroles et mes œuvres dès lors qu'elles ont été mani-festées, tout serait déjà transformé. Ne manquez plus de foi !
  
Que devons-nous faire pour avoir la foi ? demandai-je soudain.
  
La foi ne se commande pas, me répondit Yeshoua, elle se reçoit. Mais recevoir se commande. Osez donc recevoir ! Cessez de nourrir vos anciennes pensées et ouvrez-vous à l'inconnu. Ayez, à l'instar de Shiméon, juste assez de foi pour en demander davantage. Car à celui qui a, il sera donné ; mais à celui qui n'a pas, il sera enlevé même ce qu'il a. »
 
Frappé par la violente énigme de ces derniers mots, je fermai les yeux ; lorsque je les ouvris, Yeshoua me fixait.
 
« En vérité, proféra-t-il comme s'il ne parlait qu'à moi, il faut que le Fils de l'homme soit élevé. Mais le sera-t-il dans la gloire ou dans l'opprobre ? Cela dépend de vous tous. Cela dépend des mouvements de votre cœur. »
  
Un souffle glacé, comme né de la pierre qui me servait d'assise, traversa mon échine. Une peur sans image et sans nom me serrait la poitrine. Yeshoua nous tourna le dos.
 
« Suivez-moi », ordonna-t-il.
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 22:40
Que savons-nous de saint Joseph?

A vrai dire, nous ne savons pas grand-chose de saint Joseph, si nous nous en tenons aux évangiles: saint Marc n’en dit rien du tout, saint Jean ne le cite que deux fois (Jn 1,45 ; 6,42).

Il est vrai que ces deux évangélistes commencent leur récit (après un prologue) au début de la vie publique de Jésus. Matthieu et Luc qui nous parlent de l’enfance du Seigneur, seront donc nos sources privilégiées.

Mais les 25 citations en saint Luc et les 17 mentions en saint Matthieu ne nous fournissent guère d’éléments. Nous ignorons tout du lieu et de sa date de naissance et aucune parole de saint Joseph ne nous est transmise. « Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus» (Mt 1,16).

Dans le dessein de Dieu, le nom de Joseph est uni dans le temps et l’éternité à celui de Marie et de Jésus.

Plus encore que saint Jean-Baptiste qui annonce l’Agneau de Dieu, Joseph est le serviteur silencieux de la Parole qui s’efface derrière sa mission avec laquelle il fait corps jusque dans son nom : « celui qui fait grandir, qui veille sur la croissance » du Fils de Dieu.

Il le fera dans un renoncement exemplaire, que la sobriété des récits matthéens de l’enfance parvient à bien mieux rendre que tous les commentaires théologiques.

Celui en qui le Père s'est le mieux reflété

Après Marie, saint Joseph est incontestablement le plus grand saint du ciel. Saint Grégoire de Nazianze écrivait de lui : "Le Seigneur a réuni en Joseph, comme dans un soleil, tout ce que les saints ont ensemble de lumière et de splendeur".

Nul doute que saint Joseph a reçu toutes les grâces nécessaires pour exercer cette paternité unique qui constitue sa mission particulière.

Aussi sommes-nous en droit de penser qu’il fut parmi les fils des hommes et bien sûr après le Christ, celui en qui le Père s’est le mieux reflété.

Tout au long de l’histoire de l’Eglise, de saint Irénée, saint Ephrem, saint Basile à saint François de Sales, sainte Thérèse d’Avila, saint Vincent de Paul, en passant par saint Augustin, saint Bernard et tant d’autres, que d’inspiration puisée auprès de l’humble charpentier devenu l’ombre du Père en vertu de sa mission dans le mystère de l’Incarnation.

Et les papes ne sont pas les derniers à chanter la gloire de saint Joseph ! De Pie IX à Jean-Paul II en passant par Jean XXIII (pour ne citer que les plus proches) que de confidences sur l’intimité de leur relation avec le protecteur de l’Eglise universelle.

Car de même que Marie continue, au cœur de l’Eglise, son ministère maternel d’enfantement de l’Homme nouveau, ainsi saint Joseph continue-t-il à veiller sur la croissance du Corps mystique de Celui sur qui il reçut autorité paternelle.

En cette fin de siècle où notre civilisation occidentale vit une crise de paternité qui ébranle jusqu’aux fondements mêmes de notre société, au moment où les psychologues, sociologues,…cherchent de nouveaux modèles du père, peut-être ferions nous bien de tourner nos regards et nos cœurs vers celui qui incarna, au cœur du monde, cette paternité divine « de qui toute paternité tient son nom au ciel et sur la terre » (Ep 3,15).

Pourquoi ne pas suivre l’exemple du « bon pape Jean XXIII » qui avouait en toute simplicité :

« saint Joseph, je l’aime beaucoup, à tel point que je ne puis commencer ma journée, ni la finir, sans que mon premier mot et ma dernière pensée soient pour lui.»

Verlinde (Père Joseph-Marie Verlinde)

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 22:10
Divine blessure

La blessure a pour vertu première de réveiller, de faire sortir de la torpeur, de l'habitude.Il est bon de préciser dès ici la grande différence qui sépare les meurtrissures psychologiques de la blessure spirituelle.

Sur le plan psychologique, l'individu se sent atteint par la méchanceté, l'injustice, le mensonge, la froideur, l'humiliation. Il s'est éprouvé lésé, agressé, il est une victime.

C'est la manifestation d'un monde de laideur, de choses négatives qui l'a affligé. Et, bien sûr, il cherche à être compris, choyé. Son moi doit être guéri de toutes ces blessures.

Mais sur le plan spirituel, l'être n'est pas blessé par des choses douloureuses, il l'est avant tout par l'Amour, la Beauté, la Sagesse, l'Infinité de Dieu.

Il se sent dépassé, profondément atteint et arraché à lui-même.

Ces hautes révélations renvoient l'homme à ses limites, à son insuffisance.

Et à son prétentieux petit moi qu'il ne s'agit plus de conforter mais bien d'oublier, du moins de mettre à sa juste place. Ainsi, la blessure spirituelle offre à chacun la chance de sortir de sa citadelle et de se relier à la Source.

Se reconnaître blessé est un premier pas sur la vole. On peut aborder de trois façons la blessure que l'on ressent: soit on cherche à la refermer, et on se situe au niveau thérapeutique; soit on fait un travail de transformation, à la façon dont la perle naît d'une écharde dans la chair de l'huître, et c'est un chemin initiatique; soit on la garde vive, et c'est la vole mystique.

Dans cette troisième démarche l'être se sait inconsolable parce que touché, appelé par l'infini.

Je tiens à l'écrire une fois pour toute, pour bien faire la distinction entre la valeur transformatrice de la blessure et le goût de souffrir.

Toute dévotion peut connaître des déviations et des perversions. Et toute souffrance peut être récupérée par une religion qui veut asseoir son pouvoir et contrôler ses fidèles.

Or la douleur n'est pas en elle-même sanctifiante et l'humiliation volontaire qui va jusqu'à l'abjection n'a rien d'une délivrance. Le dolorisme est un asservissement tandis que la blessure que chantent les mystiques ouvre à une liberté et à une joie qui rapprochent de Dieu.

Le malaise que ressentent de plus en plus les hommes du monde contemporain, en particulier les habitants des pays riches, viendrait moins des souffrances psychologiques subies que du désir forcené d'éviter toute souffrance, du déni de la blessure.

Grégoire le Grand affirmait clairement que la santé ne consiste pas en l'absence de toute meurtrissures et que la véritable maladie vient de l'oubli de la blessure.

Prenant appui sur la douce plainte de la Bien Aimée du Cantique des Cantiques, «Je suis blessée d'Amour», Grégoire le Grand évoque les atteintes que le péché et le désir font à l'homme endurci, avant de montrer combien l'amour divin touche profondément l'âme devenue sensible, l'âme qui se sent en exil.

Cette blessure irréversible devient brûlure et flamme, aspiration à l'Unique, seul Désir.

L'être spirituel est semblable à l'amante du Cantique qui cherche sans se lasser «Celui que son coeur aime» et par qui elle est profondément marquée Grégoire le Grand en vient à considérer: «La santé du corps n'a plus aucune importance pour celui qui a été frappé par la blessure de l'amour.

En effet, la santé d'un coeur qui ignore la douleur de cette blessure doit plutôt être appelée maladie.

Mais lorsque le désir se met à aspirer fortement vers les chose du ciel, et que la blessure de l'amour devient sensible, l'âme qui auparavant était malade corporellement recouvre maintenant la santé, parce que son trouble la rappelle vers la sûreté du repos intime de l'amour».

La blessure faite par l'Amour est l'unique blessure, celle à laquelle toutes les autres-les physiques, les psychologiques-ramènent.

La blessure irrémédiable, heureuse aussi, causée par l'Amour vient d'une rencontre ineffable, splendide: désormais, celui qui a été touché aspire de toutes ses forces à rejoindre cette immensité qui est son climat, à se fondre en cet Amour qui est son être véritable, éternel.

La haute blessure l'engage à une approche sans fin, le meut en un désir inlassable.

Ainsi, toute illumination d'amour se révèle en même temps, d'un même coup de flèche ou de lance, blessure inoubliable.
Jacqueline KELEN

 

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