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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 22:48

Tu veux, toi, faire un procès à ton ennemi ?

Fais d'abord le procès de ton cœur.

Dis à ce cœur : « cesse de haïr »...

Mais alors, comme tu ne veux pas pardonner,

ton âme s'attriste quand tu lui dis : « cesse de haïr ».

Eh bien, réponds-lui : « Pourquoi es-tu triste, mon âme ?

et pourquoi me troubles-tu ? Espère en Dieu » (Ps 41,6).

Tu es mal à l'aise, tu soupires, ton mal te blesse,

tu n'arrives pas à te débarrasser de la haine.

Espère en Dieu, c'est le médecin.

Il a été pendu pour toi sur la croix,

sans en venir encore à la vengeance.

Et toi, c'est ta vengeance que tu cherches,

car tel est bien le sens de ta rancœur.

Regarde ton Dieu sur sa croix :

c'est pour toi qu'il souffre,

pour que son sang devienne ton remède.

Tu veux te venger ?

Regarde le Christ pendu, écoute-le prier :

« Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34).

 

Saint Césaire d'Arles (470-543), moine et évêque

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 22:02

lumiere_croix.jpgLes apôtres, mes frères, sont des lampes qui nous permettent d'attendre la venue du jour du Christ. Le Seigneur leur déclare : « Vous êtes la lumière du monde. » Et pour qu'ils ne puissent se croire une lumière semblable à celle dont il est dit : « Il était la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jn 1,9), il leur enseigne aussitôt quelle est la vraie lumière. Après leur avoir annoncé: « Vous êtes la lumière du monde », il poursuit : « Personne n'allume une lampe pour la mettre sous le boisseau. » Je vous ai appelé lumière, dit-il, mais je précise : vous n'êtes qu'une lampe. Ne vous laissez donc pas aller aux tressaillements de l'orgueil, si vous ne voulez pas voir s'éteindre cette flammèche. Je ne vous mets pas sous le boisseau, mais je vous place sur le lampadaire pour tout illuminer de vos rayons.

Quel est ce chandelier qui porte cette lumière ? Je vais vous l'apprendre. Soyez vous-mêmes des lampes, et vous aurez une place sur ce lampadaire. La croix du Christ est un immense lampadaire. Qui veut rayonner ne doit pas rougir de ce chandelier de bois. Écoute et tu vas le comprendre : le chandelier, c'est la croix du Christ...

« Ainsi que votre lumière brille devant les hommes ; qu'ils voient vos bonnes oeuvres et qu'ils rendent gloire. » Qu'ils rendent gloire à qui ? Non pas à toi, car chercher la gloire, c'est vouloir t'éteindre ! « Qu'ils glorifient votre Père qui est aux cieux. » Oui, qu'ils le glorifient, lui, le Père des cieux, en voyant vos bonnes oeuvres... Écoute l'apôtre Paul : « Que jamais je ne me glorifie, sinon dans la croix de Notre Seigneur Jésus Christ qui a fait du monde un crucifié pour moi, et de moi un crucifié pour le monde » (Ga 6,14).


Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 289, 6 ; PL 38, 1311-1312 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 64)

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 22:37

Ou bien la Résurrection du Christ est une vérité partielle, une vérité parmi d'autres, admise par quelques illuminés, et alors elle n'intéresse pas a priori l'homme moderne ; ou bien elle est la Vérité globale, la Réalité qui « vérifie » tout, et alors c'est elle qui donnera sa signification à tout.


Vous sentez bien que cette exigence de l'âme moderne nous mène au seuil de la compréhension des affirmations audacieuses de Paul «Si le Christ n'est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi... nous sommes les plus malheureux de tous les hommes» (1 Co 15,14-19).


Malheureusement il est peu d'hommes qui aient le courage d'aller jusqu'au bout de cette logique existentielle. Ils sont rares ceux qui osent vérifier chaque jour la phrase terrible d'Albert Camus : « Il n'y a qu'un seul problème philosophique sérieux : le suicide. »


Que nous le voulions ou non, que nous en ayons conscience ou non, nous n'échappons pas au dilemme implacable de chaque minute de notre existence : ou nous suicider ou ressusciter.


[...] je tiens à poser la question dès maintenant à partir du sérieux de notre exigence contemporaine : nous devons renvoyer dos à dos toutes les idéologies et toutes les religions, y compris le christianisme décadent, dès lors qu'elles ne nous font pas vivre une solution globale de l'existence. Or le vice radical de toute idéologie et religion est de laisser de côté la seule question essentielle de la vie, à savoir la mort.


Honnêtement, moi, homme moderne, je ne peux admettre comme explication globale et efficace de ma vie et de
l'histoire que celle qui me permettra d'affronter et de dépasser, dès maintenant, le drame de la mort. En dehors de là il n'y a que divertissement et mensonge.


Ce n'est pas le lieu de rappeler la place de la dérision dans la littérature et le cinéma contemporains. Mais cet indice culturel est significatif d'une mentalité et il se révèle d'une vérité impitoyable. Si devant le dilemme « suicide ou résurrection », la Résurrection n'est plus qu'un mot, un mot que la plupart des hommes ne connaissent même pas, la conscience débouche alors fatalement dans l'absurde, la seule explication honnête... ou plutôt la constatation qu'il n'y a pas d'explication.


Le seul sens de l'existence est qu'il n'y en a pas. Étrange aboutissement de l'homo faber et de l'homo technicus qui peut tout expliquer sauf lui et dont l'ultime affirmation est qu'il ne peut rien affirmer. Car si l'homme n'a pas de sens, rien n'a de sens de ce qu'il fait.


Alors faisons-nous sauter tout de suite la cervelle, et, ultime service à rendre à l'humanité, faisons aussi sauter la planète avant que certains soient tentés d'émigrer ailleurs. Poussons jusqu'au bout la « géophobie » et, sans humour noir, reconnaissons que les seuls contestataires sérieux sont les anarchistes : ce n'est pas telle ou telle structure qui doit être contestée mais la structure comme telle puisque toute structure comme telle est radicalement impuissante à faire vivre l'homme. Révolution ou conservatisme ne sont que des variations sur un même thème mortellement ennuyeux : la danse macabre...

 

Ignace IV

Patriarche d'Antioche

La résurrection et l'homme d'aujourd'hui

Desclée de Brouwer

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