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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 22:26

Etre franc-maçon a facilité mon ascension professionnelle. Pourtant, en 1983, je me retrouvai en grandes difficultés professionnelles. Dans le même temps, la santé de mon épouse Claude me préoccupait de plus en plus. Elle présentait des troubles digestifs graves et très douloureux. Elle ne s'alimentait presque plus. Aucun traitement, ni scientifique, ni occulte, ne parvenait à résoudre ses maux. Je proposais à Claude de quitter la Bretagne quelques jours pour Font-Romeu, comptant sur les vertus d'un changement de climat. Début février 1984, je la transportai, allongée, dans notre voiture. Malheureusement, elle dut rester alitée durant tout le séjour.


Il me vint alors une idée bien saugrenue pour un athée. Je lui proposais que, sur la route du retour, nous fassions étape à Lourdes. J'espérais que cela provoque chez elle un choc psychologique salvateur ou un choc cosmo-tellurique. Mes recherches en radiesthésie et en géobiologie m'avaient en effet appris que ce site était situé sur un croisement de courants telluriques. Le choc fut immense. Son mari, médecin scientiste, franc-maçon et anticlérical, lui suggérait d'aller à Lourdes ! Chrétienne dans le secret de son coeur, Claude se mit à craindre qu'un échec de cette démarche ne déclenche en moi un surcroît de scepticisme et d'athéisme.


A Lourdes, nous sommes allés à la Grotte où les chrétiens croient que la Vierge Marie est apparue à une jeune bergère, Bernadette, puis aux piscines, où les malades venus en pèlerinage sont plongés dans une eau qu'ils considèrent miraculeuse. Confiant Claude à des mains expertes, je cherchai refuge dans une crypte. Une messe y était célébrée. J'écoutai avec attention. A un moment, le prêtre se leva et lut cette parole: « Demandez et vous recevrez, cherchez et  vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira... Parole du Seigneur Jésus. » Cette phrase que j'avais entendue souvent lors des rites d'initiation maçons, c'était une parole de ce Jésus que je considérais comme un sage et un grand initié, mais pas comme le Seigneur ! Un long moment de silence s'ensuivit et j'entendis nettement une voix douce qui me disait : « C'est bien, tu demandes la guérison de Claude, mais qu'as-tu à offrir? »  Fasciné par cette parole intérieure, je ne repris mes esprits qu'au moment où le prêtre éleva l'hostie et où, pour la première fois, je reconnus le Christ dans cet humble morceau de pain: c'était la lumière que j'avais cherchée en vain dans de multiples initiations. En un éclair et comme toute réponse, je ne vis que moi même à offrir. Moi, l'athée qui avait « bouffé du curé » pendant plus de quarante ans...


Dès la fin de la messe, je suivis le curé dans la sacristie et lui demandai de me baptiser sans me douter que toute une préparation était nécessaire pour recevoir ce sacrement. Il me l'expliqua, me renvoyant vers l'archevêque de Rennes. Porté par l'expérience que je venais de vivre, je rejoignis Claude. Elle ne put que constater la joie nouvelle qui émanait de moi. Sur la route du retour, ma curiosité insatiable pour la foi et la vie chrétienne, la manière de prier et mon désir d'être baptisé finirent de la convaincre de la véracité d mon retournement. C'étaient mes premiers pas dans ma vie nouvelle. De plus en plus attiré ver cette Lumière que j'avais entrevue a lourdes, je quittai peu à peu et non sans difficulté tout attachement occulte et maçon. Commençait pour moi une existence tournée vers l'amour de Dieu et des autres. Quant à Claude, elle recouvra la santé de manière inespérée.


Maurice Caillet
dans Il est vivant http://www.ilestvivant.com



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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 22:30

  mere_teresa_calcutta.jpg

 

Il faut donner ce qui vous coûte quelque chose. Il ne suffit pas de donner seulement ce dont vous pouvez vous passer mais aussi ce dont vous ne pouvez ni ne voulez vous passer, des choses auxquelles vous êtes attaché. Votre don devient alors un sacrifice qui aura du prix aux yeux de Dieu...

 

C'est ce que j'appelle l'amour en action. Tous les jours, je vois grandir cet amour, chez des enfants, des hommes et des femmes.

Un jour je descendais la rue ; un mendiant vint vers moi et me dit: « Mère Teresa, tout le monde te fait des cadeaux ; moi aussi, je veux te donner quelque chose. Aujourd'hui, je n'ai reçu que vingt-neuf centimes pour toute la journée et je veux te les donner. » J'ai réfléchi un moment ; si je prends ces vingt-neuf centimes (qui ne valent pratiquement rien), il risque de n'avoir rien à manger ce soir, et si je ne les prends pas, je lui ferai de la peine. Alors j'ai tendu les mains et j'ai pris l'argent. Jamais sur aucun visage, je n'ai vu autant de joie que sur celui de cet homme, tellement heureux d'avoir pu faire un don à Mère Teresa ! C'était un énorme sacrifice pour lui, qui avait mendié toute la journée au soleil cette somme dérisoire dont on ne pouvait rien faire. Mais c'était merveilleux aussi, car ces piécettes auxquelles il renonçait devenaient une fortune, puisqu'elles étaient données avec tant d'amour.


Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p.95)

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 22:35

Gorze, juin 2010

C
hers Amis,


A travers toute la Bible, du début à la fin, Dieu dévoile sa passion pour son chef-d’œuvre : l’homme. En le créant, Il lui communique la surabondance de sa propre vie, le faisant à son image pour qu’il puisse Lui ressembler. A partir de là commence l’histoire d’amour la plus fabuleuse que l’humanité ait jamais connue…

Dieu amoureux de l’homme, tel un fiancé éperdu de sa bien-aimée, jusqu’à en « perdre le sens », comme le révèle le Cantique des cantiques (4,9), continuellement à l’affût de son visage, toujours à l’attendre quand il s’est détourné de Lui, bouleversé quand il revient et sans cesse en train de chercher comment Il peut le libérer, le tirer de ses mille enfers, pour qu’il vive et qu’il vive pleinement.

L’homme, lui, se livre à ses caprices, rompt avec Dieu, s’éloigne, s’en retourne, retombe, fait des scènes de ménage à Dieu et trouve aussi des moments de bon ménage avec Lui…Lors d’un de ces nombreux adultères, à l’épisode du veau d’or dans le désert, lorsque Moïse supplie Dieu de pardonner à son peuple (Ex 32,32), Dieu répond et révèle qui Il est : Seigneur, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité, qui garde sa grâce à des milliers, tolère faute, transgression et péché, mais ne laisse rien impuni (Ex 34,6-7).

Dieu n’est pas victime de sa passion, comme l’homme peut l’être ; son Amour est totale liberté, non-attachement et lié à aucune condition, pure gratuité, épanchement illimité de Lui-même, car son Etre est ainsi, comme le soleil brille indifféremment sur les bons et les méchants (Mt 5,45). Dieu est don parfait : le par-don est son état. Ainsi révèle-t-Il son cœur à chaque moment de l’Alliance qu’Il veut nuptiale : Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans la tendresse et la miséricorde ; je te fiancerai à moi dans la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur (Os 2,21-22).

En pardonnant, Dieu montre ce qu’Il est et transmet à l’homme cette puissance, humainement inexplicable, déroutante et irrationnelle au possible, mais miraculeuse. L’expérience du pardon marquera toute la trame de l’histoire d’Israël, comme si Dieu, par le pardon, voulait révéler son visage et en laisser l’empreinte dans le cœur de l’homme, pour que le pardon soit désormais la nouvelle Loi qui régit toute relation humaine. Là, dans cette passion folle de Dieu pour l’homme, se trouve la source de notre vie et le seul secret de toute guérison. Il suffit que l’homme se tourne vers Dieu, le moindre mouvement de notre cœur suffit, et voilà que Dieu accourt et me serre dans ses bras, fou de joie… Imagine-t-on cela ?

Dans ce visage de Dieu se révèle notre propre visage, notre chemin d’hommes. L’homme est « à l’image de Dieu », si donc Dieu est pardon infini comme Il l’a manifesté tout au long de l’histoire biblique, le seul Chemin qui permet à l’homme de devenir homme c’est le pardon. Il n’y a pas d’accomplissement possible pour l’homme, pas de guérison physique ou psychique sans le pardon. Aujourd’hui on commence à le reconnaître dans le monde des médecins et des psychothérapeutes. Mais la cause de tous les maux est spirituelle et la vraie guérison de l’homme, c’est sa déification. L’homme n’est vraiment homme que s’il devient dieu : l’image de Dieu en l’homme est destinée à s’accomplir dans la ressemblance (Gn 1,26). Ressembler à Dieu, voilà la vraie naissance de l’homme. Tant que le pardon n’est pas le pain que nous mangeons tous les jours, nous restons des avortons, nous végétons sur le plan animal, sans connaître la vie en plénitude (Jn1,16 ; Eph 3,19). Combien « d’hommes » meurent à chaque instant sans avoir vu le jour…

C’est pour accoucher l’homme à cette nouvelle naissance que le Christ est venu. Aussi dira-t-Il qu’on est ses disciples, c’est à dire sur le même Chemin que Lui et qu’on Lui ressemble, en vivant de son amour les uns pour les autres : Je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres (Jn 13,24-25). Tout est dans ce petit mot « comme » et dans cette formidable insistance : aimer ! Le pardon – don-parfait- sans limites, puisqu’il va jusqu’au pardon des ennemis, est le sommet de tout amour. Dans cet amour seulement, l’homme fait l’expérience de Dieu, celui qui aime connaît Dieu, dit saint Jean (1Jn 4,7), c’est à dire il naît à Dieu et avec Lui dans un éternel engendrement, il devient fils avec le Fils né du Père.

Le pardon n’est donc pas une condition préalable d’une vie nouvelle, comme on peut le croire dans l’ignorance de tout cet arrière-plan, il est la Vie elle-même, l’Amour en acte. C’est pourquoi Jésus demande à Pierre, au-delà du pardon ponctuel, de pardonner inlassablement, c’est-à-dire d’en faire un état, une vie en permanence (Mt 18, 21s). Le pardon ponctuel est essentiel car il régit toutes nos relations, avec soi-même, avec les autres, avec Dieu, mais il traduit ce qui est au fond du cœur d’un être : Si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur, c’est ainsi que mon Père vous traitera (Mt 18,35).

La puissance d’une telle parole montre bien que pardonner n’est pas une bonne conduite morale, mais c’est entrer dans le secret divin et le partager avec les autres. Ainsi la communauté des hommes selon l’Evangile est fondée sur le pardon ; la communauté, c’est à dire toute relation. Il est impensable pour un couple de subsister sans le pardon au quotidien. Il n’y a pas un groupe qui ne soit miné par le jugement.

Le pardon introduit au sein des relations humaines les mœurs de Dieu et fait de la communauté une icône de la Divine Trinité. Mais le refus du pardon, c’est comme si le ruisseau se coupait de sa source : le lendemain il cesse d’exister…n’étant plus qu’une eau croupissante. Quand il s’agit de l’homme ceci n’est pas une métaphore ; si le pardon est source de vie nouvelle, comme nous l’avons dit, le non-pardon, lui, est mortifère.

Que l’Esprit du Christ vive en nous, alors nous sommes des êtres libres, comme Lui, dans la joie et sans ennemis…

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

Prière

Seigneur,

Tu as pitié de tous, parce que Tu peux tout, Tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, pour qu’ils se repentent.

Tu aimes en effet tout ce qui existe, et Tu n’as de dégoût pour rien de ce que Tu as fait ; car si Tu avais haï quelque chose, Tu ne l’aurais pas formé.

Et comment une chose aurait-elle subsisté, si Tu ne l’avais voulue ?

Ou comment ce que Tu n’aurais pas appelé aurait-il été conservé ?

Mais Tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître, ami de la vie !

Car ton esprit incorruptible est en toutes choses !

Aussi est-ce peu à peu que Tu reprends ceux qui tombent ; tu les avertis, leur rappelant en quoi ils pèchent, pour que, débarrassés du mal, ils croient en toi, Seigneur..

(Livre de la Sagesse 11,23 – 12,2)

 

Texte à méditer

 Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. A qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. A quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Même les pêcheurs en font autant. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis. Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein, car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour.

(Evangile selon saint Luc 6, 27-38)

 

http://www.centre-bethanie.org

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