Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 22:24

la_priere_silence.jpgTu jugeras difficile de prier si tu ne sais pas comment faire. Chacun de nous doit s'aider à prier : en premier lieu, en recourant au silence, car nous ne pouvons pas nous mettre en présence de Dieu si nous ne pratiquons pas le silence, intérieur comme extérieur. Faire silence au-dedans de nous n'est pas facile, mais c'est un effort indispensable. Seulement dans le silence nous trouverons une nouvelle puissance et la vraie unité. La puissance de Dieu deviendra la nôtre afin d'accomplir toutes choses comme il se doit ; il en ira de même pour l'unité de nos pensées avec ses pensées, de l'unité de nos prières avec ses prières, de l'unité de nos actions avec ses actions, de notre vie avec sa vie. L'unité est le fruit de la prière, de l'humilité, de l'amour.

C'est dans le silence du coeur que Dieu parle ; si tu te places face à Dieu dans le silence et la prière, Dieu te parlera. Et tu sauras alors que tu n'es rien. Ce n'est que lorsque tu connais ton néant, ta vacuité, que Dieu peut te remplir de lui-même. Les âmes des grands priants sont des âmes de grand silence.

Le silence nous fait voir chaque chose autrement. Nous avons besoin du silence pour toucher les âmes des autres. L'essentiel n'est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu dit -- ce qu'il nous dit, ce qu'il dit à travers nous. Dans un tel silence, il nous écoutera ; dans un tel silence, il parlera à notre âme, et nous entendrons sa voix.

 

Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 22 rev.)

Partager cet article
Repost0
27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 22:45

pain-a-la-croix.jpg

 

Nous lisons les Saintes Écritures : pour moi, je suis d'avis que l'Evangile, c'est le corps de Jésus, que les Saintes Écritures sont sa doctrine. Sans doute le texte « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang » trouve toute son application dans le mystère eucharistique ; mais le vrai Corps du Christ et son vrai Sang, c'est aussi la parole des Écritures, la doctrine divine.

 

Quand nous allons aux saints mystères, si une parcelle vient à tomber, nous sommes inquiets. Quand nous entendons la parole de Dieu, si nous pensons à autre chose pendant qu'elle entre dans nos oreilles, quelle responsabilité n'encourrons-nous pas ?

La chair du Seigneur étant une vraie nourriture et son sang un vrai breuvage, notre seul bien, c'est de manger sa chair et boire son sang, non seulement dans le mystère eucharistique, mais encore dans la lecture de l'Écriture.

 

 

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église
Traité sur le psaume 147

_______________________________________________________________________________________________________

 

Si vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blogue

http://ann.over-blog.com/blog-newsletter.php?ref=120238  

Partager cet article
Repost0
22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 22:50

En 1782, paraît à Venise Phi­localie des Pères neptiques, anthologie de textes mo­nastiques sur l'hésychasme (du grec hèsuchia, « tranquillité », « silence ». Cette voie de spiritualité orthodoxe, ap­parue au ive siècle en Égypte, développée à Byzance puis en Grèce, vise à purifier et à apai­ser le chrétien pour le faire ac­céder à la contemplation de la lumière divine. L'ambition des éditeurs grecs était de riposter au rationalisme des Lumières en faisant connaître ces textes à un large public, de moines comme de laïcs.


L'extrait de Macaire l'Égyp­tien (Ive siècle) révèle que l'homme est le théâtre d'un combat spirituel. Déjà Évagre (345-399) insistait sur la né­cessité d'examiner ses pensées pour ne pas donner prise aux tentations. Pour Macaire, l'en­jeu du combat est le coeur de l'homme. Il entend par là le terme en son acception biblique : la vraie personnalité de l'homme, le centre profond où habite Dieu et d'où procè­dent sentiments et pensées. Depuis la Chute, l'esprit, cap­tivé par le monde, vit dissocié du coeur. Ce dernier est lui­même durci, enveloppé d'une gangue ténébreuse de passions. De plus, les démons invisi­bles, entrés en l'homme par le péché, suscitent des sugges­tions pour l'attirer vers le mal. Face à ce désastre, l'hésy­chaste, conduit par un père spirituel et nourri aux sacre­ments, s'appuie sur la grâce reçue au baptême. Il va s'agir de la faire croître pour que le coeur s'ouvre et devi­enne ce qu'il doit être : un tab­ernacle de la présence divine. Peut se révéler alors le trésor caché dans le champ du coeur le royaume de Dieu en nous.

 

À cette fin, les hésychastes recommandent la prière con­tinuelle, selon l'injonction de saint Paul : « Priez sans cesse » et particulièrement la prière monologique, dont la plus courante a été fixée par les moines du mont Athos en Grèce : Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. - C'est que, dans la tradition judéo-chrétienne, pareil nom est porteur de la présence divine. Son invoca­tion répétée permet de contrer les assauts des démons et de briser leur pouvoir : c'est la garde du coeur. Certains, comme Grégoire le Sinaïte (1255-1346), préconisent aussi de faire participer le corps à la prière. La récitation du nom est alors synchronisée avec la res­piration. L'âme, réalité vivante mue par son souffle vital, reçoit cette présence de Dieu comme une vraie nourriture; l'esprit « descend » alors dans le coeur et les facultés de l'homme s'u­nifient peu à peu. Le coeur est assoupli, réchauffé, libéré.


Il peut arriver alors que ce dernier soit tellement ouvert à l'amour divin qu'apparaisse une bouleversante lumière. Les moines de la Philocalie, dis­crets, n'en parlent jamais di­rectement, mais Syméon le Nouveau Théologien (949­1022) y fait allusion dans un de ses écrits. Il raconte comment, après une longue attente, Dieu lui est apparu. Ce récit, aussi déroutant qu'il puisse paraître, emblématise le sommet et le but de la spiritualité orthodoxe transfigurer - déifier - l'être tout entier par la rencontre avec la lumière divine, en an­ticipant le retour de gloire qui clôt l'histoire et où, comme l'af­firme la Première Épître de Jean,
« nous serons semblables à Lui, parce que nous Le verrons tel qu'il est » (3,2).

La Philocalie a eu une grande influence sur le devenir de l'orthodoxie. Traduite en slavon en 1792 par Païssi Velitchkovski. elle provoqua le grand renouveau spirituel de la Russie du XIXe siècle, illustré par les Récits d'un pèlerin russe, personnifié par saint Séraphin de Sarov (1759-1833) et relayé par le monastère d'Optino, qui attira les écrivains Gogol, Dostoïevski, Tolstoï et le philosophe Vladimir Soloviev.


Olivier Souan
Novembre-décembre 2006 1 Hors-série n°11 Le Point

Partager cet article
Repost0