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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 16:48
La foi n’a pas de sens, elle n’a pas de réalité à moins qu’elle ne se répète, qu’elle ne persévère. En quoi persévérons-nous ?

Et comment se fait-il que cette simple persévérance produise une expansion de la profondeur de vie, de conscience et d’être ? La foi est persévérance dans l’identité réelle qui est la nôtre, dans l’identité durable que seul l’engagement peut révéler. Tant qu’on ne s’est pas engagé, on n’a pas d’identité stable. L’ego est le soi avant qu’il n’ait trouvé à s’engager dans quelque chose qui le dépasse…

Le niveau auquel nous nous engageons est le degré auquel notre identité se réalise. Si nous ne sommes engagés qu’au niveau de l’égoïsme, notre identité ne se réalisera pas au-delà du niveau des humeurs et des masques changeants de l’ego. Si nous sommes engagés dans les valeurs, et donc les défis de ce qui est plus profond que l’ego, alors une identité commence à émerger au niveau du vrai soi. La forme de notre identité change à mesure qu’on s’engage plus profondément, que l’on devient plus fidèle. Même notre nature change en méditant, tous les jours, année après année. On devient de moins en moins conscient du changement qui s’opère en nous parce que la conscience qui s’observe disparaît.

Nous savons que nous changeons, et nous le savons par les autres, parce que nous nous découvrons plus aimants. On se découvre agissant moins à partir des schémas rigides de l’ego et davantage à partir de la forme en expansion infinie et donc indéfinissable du vrai soi. En développant l’identité unique et infiniment aimable qui nous a été donnée pour la trouver et la réaliser, nous nous découvrons en train de devenir la personne que Dieu a choisie avant que le monde fût. On pourrait prendre l’image d’une chute d’eau.

Des gens vous disent : « Viens voir cette magnifique chute d’eau. » Vous y allez et vous voyez une puissance incroyable, une quantité d’eau incalculable, se déversant à flanc de montagne. C’est la chute d’eau qu’ils voulaient voir, mais elle ne peut jamais être la même chute d’eau. Elle change d’instant en instant. Elle change en permanence, toujours nouvelle, toujours chutant du haut d’elle-même et malgré tout enracinée dans sa propre identité.

Dans la foi, la conscience humaine sait tout cela parce que la foi nous amène à la vision de ce que l’on est vraiment au moment où on le devient. Sans la foi, nous ne voyons que des schémas fixes qui, en fait, sont en voie de décomposition. Par la foi, nous voyons des schémas en expansion qui évoluent. Nous voyons l’âme et nous voyons chaque personne comme un flot de lumière qui s’écoule. L’identité de chaque personne infiniment aimable est de l’énergie en état permanent de transformation…

En méditant, nous trouvons cette puissance à notre propre source. Nous buvons à notre propre fontaine. Mais nous buvons directement au flot qui alimente la fontaine. Nous buvons dans la lumière de l’être à la Source d’où s’écoule la lumière, l’Esprit divin, la source éternelle de l’eau vive. Plus nous buvons profondément, plus nous sommes fidèles, plus nous devenons lumière.

Extrait de Laurence Freeman o.s.b., La Parole du silence, « Schémas et identité », Le Jour éditeur, Montréal, 1995.
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 18:45

 

Au IVeme siècle, le Livre de Jean, un texte apocryphe, indique qu'elle (Marie) serait morte entre trois et cinquante ans après son fils, à Ephèse, près de Jean. [...] dans le Transitus Mariae ("passage de Marie") autre apocryphe attribué à Méliton de Sardes, évêque grec du IIème siècle, ce dernier affirme que Marie est morte la vingt-deuxième année après la Résurrection, à 72 ans, à Jérusalem. Roger Bichelberger auteur d'une "Petite Vie de Marie" (DDB) écrit à ce sujet : " Marie a sans doute accompagné Jean à Ephèse entre 37 et 48, puis serait morte à Jérusalem après leur retrour. Elle aurait été mystérieusement prévenue en songe de sa mort prochaine et aurait demandé aux apôtres de l'entourer. Le troisième jour, Marie expira. A ce moment-là, une intense lumière emplit la pièce où elle reposait."


Et c'est ainsi que les âpôtres partirent en procession l'enterrer dans la vallée de Josaphat, proche du Cedron, à Jérusalem. Le Christ leur serait apparu et aurait ressuscité sa mère. Des anges auraient alors emporté au ciel le corps de Marie.


L'Eglise Catholique parle de l'"Assomption" de Marie. Ce mot provient du verbe latin "assumere", qui signifie "prendre, enlever". Cela met l'accent, écrit Olivier-Thomas Venard, sur l'action de Dieu qui attire à Lui la plus belle femme qu'il a créé pour vivre en elle son incarnation. Alors qu'à l'Asension (qui signifie "monter"), le Christ ressuscité par son énergie divine remonte au ciel de lui-même. la vierge Marie, elle, est élevée au ciel, "assumée" gracieusement par la puissance divine : ce n'est pas par sa propre action."


L'Eglise Orthodoxe parle, elle, de "Dormition", du grec "kimisis", qui signifie "sommeil".Si la Vierge a été enlevée au ciel, l'évènement a eu lieu après sa mort physique - un endormissement dans la mort qui se serait déroulé dans la paix. Les orthodoxes rejettent le dogme de l'Immaculée Conception, dont découle le dogme catholique de l'Assomption. Penser que la Vierge serait préservée du péché originel la rendrait hors d'atteinte de la mort, lot des humains soumis à ce dernier. Or, selon la tradition orthodoxe, Marie n'est pas une personne à part. Elle est réellement morte, par sa nature humaine mortelle, puis ressuscitée et glorifiée par son fils Jésus.


Le théologien Henri-Jérôme Gagey précise : "Marie a connu la mort comme fin naturelle de l'existence terrestre, mais elle n'en a pas fait l'expérience comme d'un échec et donc d'une souffrance. Elle a été l'étape nécessaire vers la totale glorification. De ce point de vue, ce qui arrive à Marie anticipe ce qui est promis à tous les disciples de Jésus et à chacun d'entre nous." Car si Marie n'avait pas connu la mort, elle aurait joui d'un privilège dont Jésus lui-même n'a pas bénéficié. "L'itinéraire de Marie ne pouvait pas ne pas se conformer à celui de Jésus, qui est passé par la mort, poursuit-il,. C'est dans ce sens que les orthodoxes critiquent le terme d'"Assomption" : il pourrait laisser croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant."

 

Aude Soulaine

extrait de l'article Pourquoi Marie est-elle élevée au ciel ?

La Vie 13 août 2009

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 18:59

C'est aujourd'hui le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, croix méritant notre amour, à laquelle a été suspendu par amour le Sauveur du monde entier.

Notre Seigneur a dit : « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi. »

Il veut dire par là qu'il veut attirer à lui nos cœurs terrestres qui sont possédés de l'amour des choses de ce monde ; il veut attirer à lui la soif que nous avons des jouissances et des satisfactions de la terre. Notre âme, belle et orgueilleuse, retenue par la complaisance qu'elle prend en elle-même, par l'amour de la satisfaction matérielle de notre sensibilité, il voudrait l'attirer tout entière à lui - oui, pour qu'il soit ainsi élevé en nous et qu'il grandisse en nous et dans nos cœurs. Car pour ceux pour qui Dieu a jamais été grand, toutes les choses créées sont petites, et les choses passagères sont comme rien.

Cette belle croix est le Christ crucifié élevé d'une façon inimaginable, bien au-dessus de tous les saints, de tous les anges, au-dessus des joies, délices et félicités qu'ils ont tous ensemble. Et comme sa véritable demeure est au plus haut des cieux, il veut habiter en ce qu'il y a de plus haut en nous, c'est-à-dire dans notre amour et dans nos sentiments les plus élevés, les plus intimes, les plus délicats.


Jean Tauler (v. 1300-1361)
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