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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 22:52

Quand passent les canards et les oies sauvages à I'époque des migrations, il s'élève une étrange marée, sur le territoires qu'ils dominent.

Les oiseaux domestiques comme aimantés par le grand vol triangulaire, amorcent un bond inhabile et qui échoue à quelques pas. L'appel sauvage a frappé en eux avec la vigueur d'un harpon, je ne sais quel vestige sauvage. Et voilà les canards de la ferme changés pour une minute en oiseaux migrateurs. Voilà que dans cette petite tête dure, où   circulaient d'humbles images de mares, de vers, de poulaillers, se développent les étendues continentales, le goût des vents du large et de la géographie des mers. Et le canard titube de droite à gauche dans son enclos de fils de   fer, pris de cette passion soudaine dont il ne sait pas où elle le tire et de ce vaste amour dont il ignorera toujours l'objet.

Ainsi  l'homme qu'une évidence inconnue empoigne découvre dans leur vanité ses occupations de comptable, comme aussi les douceurs de sa vie  domestique.  Mais il ne sait point donner un nom à cette vérité souveraine. Cet appel qui t'a remué tourmente sans doute tous les hommes... Mais la sécurité domestique a trop bien étouffé en nous la part qui pourrait l'entendre. Nous tressaillons à peine, nous donnons deux ou trois coups d'aile, et tombons dans notre cour. Nous sommes raisonnables. Nous craignons de lâcher nos petites proies pour une grande ombre...

Le canard domestique ignorait que sa petite tête fût assez vaste pour contenir des océans, des continents, des ciels, mais le voilà qui bat des ailes, méprise le grain, méprise les vers, et veut devenir canard sauvage...

Il est des départs d'oiseaux migrateurs qui s'engagent par vents contraires sur l'océan. Et l'océan se fait trop large pour leur vol,  ils ne savent plus s'ils  aborderont l'autre rivage. Mais il est dans leur petite tête des images de soleil qui maintiennent ce vol.

... Quand vient le jour où les anguilles doivent rejoindre la mer des Sargasses, tu ne peux plus les retenir. Elles se moquent bien de leur confort et de leur paix des eaux tièdes. Elles vont leur chemin dans les labours, se déchirent aux baies, s'écorchent aux pierres. Elles cherchent la rivière, qui mène à l'abîme.

ANTOINE DE SAINT-EXUPERY
cité par Bernard Bro dans "Apprendre à prier"
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 22:39

Une fois en bien des années, le chevreuil, porte-musc des montagnes, est hanté par un souffle de parfum musqué dans ses narines. Il ne sait pas d'où vient cette odeur mais elle est comme l'appel de la flûte de Krishna auquel nul ne résiste.

Alors le Mushiknana court de jungle en jungle à la poursuite du musc. Le pauvre animal renonce à la nourriture, à la boisson, au sommeil et à tout le reste. Comme un enfant cherche l'écho, l'appelant ici tandis que l'écho répond de l'autre côté le cri qui lui répond, ainsi fait le chevreuil. Il ne sait pas d'où
 vient  l'appel  du  musc,  mais il  est  forcé de le pour­suivre   à   travers   ravins,   forêts   et   collines,   jusqu'à   ce qu'enfin,  affamé,  harassé,  épuisé,  il  marche au hasard, glisse de la cime de quelque roche et tombe mortellement brisé, corps et âme. Son dernier acte avant de mourir est d'avoir pitié de lui-même et de se lécher le poitrail... et tenez, tenez, voici que la poche à musc s'est développée dans son propre corps.

II halète profondément essayant de respirer le parfum, mais il est trop tard.


O mon fils bien-aimé, ne cherche pas au-dehors le parfum de Dieu pour périr dans la jungle de la vie, mais cherche ton âme, et vois, Il sera là. Ne manque pas de Le chercher en toi, à quelque degré qu'insistent les sens pour te prouver qu'il est, comme l'écho déce­vant, hors de toi-même.


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Le chevrotain porte musc
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 20:44

Tout ce qui se passe dans ta vie découle de ta conscience. Elève-la et tu élèves tout ton être, toute ta façon de voir la vie, et tu commences à vivre la vie pleine et splendide qui est ton authentique héritage. On peut t'en par­ler, et tu peux voir les autres la vivre; mais tant qu'elle ne pénètre pas ta conscience et que tu ne peux pas accepter qu'elle t'est destinée, rien ne se passe.

L'âme la plus simple en apparence, qui est semblable à celle d'un enfant, peut accepter le royaume des cieux bien plus facilement que l'âme la plus profondément intellectuelle, qui pense connaître toutes les réponses avec son mental, mais dont la conscience n'a pas été élevée à de plus hauts niveaux. Toute âme peut atteindre un état de conscience élevé.

Mais c'est quelque chose qui doit être accompli de l'inté­rieur, à partir d'une connaissance intérieure, d'une inspiration et d'une intuition qui ne néces­sitent aucun savoir ni sagesse extérieurs.

Tout est là, au fond de chaque âme, simplement dans l'attente qu'on le reconnaisse, qu'on le fasse émerger et qu'on le vive.

Eileen Caddy
La petite voix
Méditations quotidiennes
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