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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 12:59
La définition la plus simple de la liberté est celle-ci : la liberté c'est la capacité de faire la volonté de Dieu. Être capable de résister à Sa volonté, ce n'est pas être libre. Dans le péché, il n'y a pas de vraie liberté.

Dans ce qui entoure le péché il existe certains avantages : dans le péché de la chair, par exemple, il y a, les plaisirs de la chair.

Mais ce ne sont pas ces plaisirs qui sont le mal. Ils sont bons et ils ont été voulus par Dieu, et, même lorsque quelqu'un jouit de. ces plaisirs d'une façon qui n'est pas la volonté de Dieu, Dieu veut encore que ces plaisirs soient ressentis.

Mais, bien que ces plaisirs en eux-mêmes soient bons, c'est la destination qu'on désire leur donner, dans des circonstances contraires à la volonté de Dieu, qui devient le mal. Et, puisque la destination de ce désir est mauvaise, elle ne peut aboutir au but que le désir se propose. C'est pourquoi il se frustre lui-même. Et c'est pourquoi, en fin de compte, il n'y a pas de bonheur dans un acte de péché.

Nigaud que vous êtes ! Vous avez fait, en réalité ce que Vous ne vouliez pas faire ! Dieu vous a laissé le plaisir, parce que le plaisir aussi est Sa volonté : mais vous, vous avez laissé de côté le bonheur, qu'il voulait vous donner en même temps que le plaisir, ou, peut-être, le bonheur plus profond qu'il vous destinait sans le plaisir, et au delà de lui, et au-dessus de lui !

Vous avez mangé la pelure et jeté l'orange. Vous avez gardé le papier, qui n'était rien qu'un emballage, mais vous avez jeté l'écrin, l'anneau et le diamant.

Et, maintenant que le plaisir — qui devait avoir une fin — est fini , vous n'avez rien du bonheur qui vous aurait enrichi pour toujours. Si vous aviez pris (ou délaissé) le plaisir comme Dieu le voulait pour votre bonheur, vous posséderiez encore le plaisir dans votre bonheur, il serait toujours avec vous et vous suivrait partout dans la volonté de Dieu.

Car il est impossible pour un homme sain d'esprit de regretter un acte accompli consciemment, en union avec la volonté de Dieu.

Thomas Merton
Extrait de Semences de contemplation
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 22:57

Il était une fois un roi qui avait deux fils jumeaux. Comme il devenait vieux, il lui fallait penser à sa succession. Il ne voulait pas couper son royaume en deux. Il décide de proposer une épreuve pour départager les deux fils, pour donner sa succession au plus habile, au plus astucieux, au plus ingénieux. Il donne à chacun la même somme d'argent et lui demande de remplir la grande salle du château du mieux qu'il peut.

Le premier va sur la place du marché. Il a alors l'idée d'acheter de la paille. Ce n'est pas cher, c'est assez léger et volumineux. Mais malgré tous ses efforts et ses marchandages pour trouver la paille la moins chère, il ne peut remplir que la moitié du volume de la salle du château.

Le deuxième va aussi sur le marché. Il se rend chez le potier pour lui acheter une petite lampe en argile. Il confectionne une mèche avec du coton. Il achète un peu d'huile d'olive et il se rend chez son père. Il installe la
petite lampe dans la grande salle sans fenêtre. Il allume la mèche et la flamme emplit toute la pièce.

C'est lui qui succédera à son père. C'est lui qui deviendra roi.


Cette salle obscure du château, c'est notre cœur. Nous avons la possibilité de la remplir de paille ou bien de la flamme du Saint-Esprit qui nous est donnée par l'onction de saint chrême, l'huile bénie de la confirmation.

-    L'Esprit est le Maître intérieur et celui qui pousse vers l'extérieur.
-    L'Esprit est l'Âme de l'Église et il n'est pas absent hors de l'Eglise.
-    L'Esprit a pour action propre la sanctification et il n'est pourtant pas étranger au simple développement humain
-    L'Esprit est répandu sur tout le peuple des baptisés, et il est donné spécialement à certains, notamment aux apôtres et à leurs successeurs.
-    L'Esprit ouvre l'avenir et l'invention et il établit la continuité avec le passé.
-    L'Esprit est l'Amour même et c'est lui qui donne l'intelligence.
-    L'Esprit est immatériel et c'est lui qui opérera à la résurrection.
-    L'Esprit souffle violemment et il est la douceur même.
-    L'Esprit est silence et recueillement pourtant c'est lui qui fait parler.
 
P. Pierre Trevet
auteur de Paraboles d'un curé de campagne (tome T et tome II) aux Éditions de l'Emmanuel
 
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 21:48
Pourquoi la prière de Jésus
Le principe de toute activité agréable à Dieu, c'est l'invocation, pleine de foi, du Nom sauveur de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'est lui qui nous le dit : « Sans moi, vous ne pouvez, rien faire » (Jean, xv, 5).

Ensuite la paix, car « il faut prier, dit-il, sans colère, ni contention » (I Tim., u, 8) ; et la charité, parce que Dieu est amour et que celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui (I Jean, iv, 16).

La paix et la charité ne rendent pas seulement la prière agréable à Dieu mais, à leur tour, elles naissent de la prière, tels des rayons divins jumeaux et, par elle, croissent et se consomment...

Il nous semble bon et particulièrement utile d'exposer d'abord une méthode naturelle du bienheureux Nicéphore touchant l'entrée dans le cœur au moyen de l'inspiration, et qui contribue dans une certaine mesure au recueillement de l'esprit...

Mais avant cela, plus justement avant toute autre chose, c'est par le secours de la grâce divine que l'esprit vient à bout de ce combat. C'est la grâce divine qui couronne l'invocation monologique (1) adressée à Jésus-Christ avec une foi vive, en toute pureté, sans distraction, par le cœur.

Ce n'est pas l'effet pur et simple de la méthode naturelle de la respiration pratiquée dans un lieu tranquille et obscur. Que non ! Les saints Pères, en inventant cette méthode, n'ont eu en vue qu'un auxiliaire, si je puis dire, pour recueillir l'esprit, pour le ramener de son habituelle distraction à lui-même et procurer l'attention...

Sache, mon frère, que toutes les méthodes, règles et exercices  n'ont d'autre  origine  et  raison  que  notre impuissance à prier dans notre cœur avec pureté et sans distraction. Lorsque, par la bienveillance et la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, nous y sommes parvenus, nous abandonnons la pluralité, la diversité et la division et nous nous unissons immédiatement, au-dessus de tous discours, à l'Un, au Simple, à Celui qui unifie.


Extrait de La Centurie de Calliste et d'Ignace Xanthopoulos (XIVe siècle)
(Trad. J. Gouillard, Petite Philocalie, p. 288-292.)
cité par Jean Meyendorff in Saint Grégoire Palamas et la mystique orthodoxe

(1) La prière de Jésus répétée inlassablement : Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur

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