3 mai 2009
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Il n'est pas possible de s'engager dans l'apostolat direct si l'on n'est pas une âme de prière. Soyons conscients d'être un avec le Christ, comme il était conscient d'être un avec son Père ; notre activité n'est véritablement apostolique que dans la mesure où nous le laissons travailler en nous et à travers nous avec sa puissance, son désir et son amour. Nous devons parvenir à la sainteté, non pas pour nous sentir en état de sainteté, mais pour que le Christ puisse pleinement vivre en nous. Le don total de nous-mêmes à l'amour, à la foi, à la pureté, est lié au service des pauvres. C'est quand nous aurons appris à chercher Dieu et sa volonté que nos rapports avec les pauvres deviendront un chemin de sanctification pour nous et pour autrui.
Aimez prier : au cours de la journée éprouvez souvent le besoin de prier et prenez la peine de prier. La prière dilate le coeur jusqu'à la capacité de ce don que Dieu nous fait de soi-même. Demandez et cherchez, et votre coeur s'agrandira jusqu'à pouvoir l'accueillir et le garder à vous.
Devenons un sarment véritable de la vigne Jésus, un sarment qui porte du fruit. Pour cela, acceptons Jésus dans notre vie comme il lui plaît d'y venir :
comme Vérité, pour être dite,
comme Vie, pour être vécue,
comme Lumière, pour être allumée,
comme Amour, pour être aimé,
comme Chemin, pour être suivi,
comme Joie, pour être donnée,
comme Paix, pour être répandue,
comme Sacrifice, pour être offert,
parmi nos parents, nos proches et nos voisins. Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p. 70)
Proposé par Isabelle
24 avril 2009
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Selon la doctrine officielle de l'Eglise catholique, il n'y a que l'âme qui survit après la mort biologique, une âme qui doit attendre l'Avènement ultime de Jésus à la fin des temps, pour retrouver son corps. Ce scénario n'est pas très cohérent avec les manifestations du Christ pascal, ni même avec l'ensemble de l'anthropologie biblique. On peut se demander si le christianisme ne s'est pas laissé un peu contaminer par le « dualisme platonicien » pour qui l'âme est une entité spirituelle, autonome, prisonnière du corps.
Nous avons vu que, selon la tradition biblique (comme chez saint Paul), la structure de l'homme est ternaire. Il y a le corps, l'âme et l'esprit. Le corps et l'âme sont les deux éléments indissociables qui constituent ensemble l'homme vivant, la personne humaine. Le mot « chair » pour un Sémite est plus qu'un « morceau de viande », mais désigne justement la totalité de l'être humain dans sa condition limitée et mortelle.
L'évangile de Jean ne dit pas que le Verbe s'est fait corps ou âme, mais qu'il s'est fait «chair» c'est-à-dire homme (Jn 1, 14).
La foi chrétienne n'a donc rien à voir avec le dualisme platonicien ou cartésien, selon lequel notre corps ne serait qu'une enveloppe, ou une usine biochimique, autonome, sans aucun lien avec l'âme. Aristote, et plus tard saint Thomas d'Aquin, ont décrit l'« âme » comme la «forme», l'énergie qui informe, structure la matière de notre corps. Quant le Credo dit : « Je crois en la résurrection de la chair », il signifie : «Je crois en la résurrection de la personne.»
Selon l'anthropologie biblique, le troisième élément constitutif de notre être-homme est l'esprit (ruah), entité spirituelle qui est le Souffle de Dieu qui anime notre âme - l'âme de notre âme - et qui nous permet d'entrer en relation avec lui. Principe spirituel et immortel.
Ces différents éléments qui structurent l'homme, le corps, l'âme et l'esprit, ne sont pas trois pièces de mécano, mais trois réalités qui se compénètrent pour former indissociablement l'homme vivant.
La manifestation pascale du Christ, incarné et ressuscité, confirme que la permanence d'un corps est constitutif de l'être-homme.
Cela dit le corps du Christ ressuscité n'est pas la simple projection dans l'au-delà de son corps biologique.
Michel Hubaut
Du corps mortel au corps de lumière
23 avril 2009
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Le grand bibliste Jacques Cazeaux m'a fait prendre conscience de cette résonance troublante : avant son Ascension, Jésus passe quarante jours avec ses disciples, exactement comme avant sa prédication il passe quarante jours au désert.
Quoi de plus opposé, pourtant, que la Résurrection et le désert ? Ici, la source jaillissante ; là, le sable desséchant. Ici, la Victoire ; là, la Tentation.
Or, justement, si par ce nombre saint Luc les met en parallèle et les rapproche de cet autre passage où Moïse reçoit la Torah tandis que les Hébreux fabriquent le Veau d'or, n'est-ce pas pour nous rappeler qu'il y a une tentation de la résurrection ?
Ce que nous signifie la parole de Jésus à Marie-Madeleine : « Ne me retiens pas ! »
La présence visible du Ressuscité ici-bas serait pour nous un péril. Elle servirait nos désirs d'évasion. Elle nous laisserait dans un éblouissement passif, oublieux des choses de la terre, dédaigneux de la misère du prochain, voués à des prosternements d'esclave devant la merveilleuse toute-puissance. Car le démon aussi se prosterne, comme le montre la scène du « démoniaque gérasénien ».
Ainsi, Jésus monte au ciel non pour nous abandonner, mais pour nous préserver d'une soumission servile. Il ménage l'espace d'une réponse amoureuse. Il fait cette pénombre nécessaire à la chambre nuptiale.
Fabrice Hadjaj
Panorama Avril 2009