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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 00:58


La vigilance est la meilleure gardienne des pensées

Et elle maintient l'union avec Jésus

Par l'appel radieux [de son Nom],

Cet appel brillant et resplendissant

Qui apporte à tous l'illumination.

La vigilance procure toutes sortes de bénéfices,

Et envoie des signes par lesquels,

Bien qu'elle soit cachée, elle rend manifeste

Qu'elle ne désire rien d'ici-bas,

Et certainement pas la gloire et l'honneur

Et la voix de la louange.

En effet, en fuyant ces choses sans regarder en arrière,

l'esprit de solitude, l'humilité de nature,

L'humilité, cette très excellente vertu, et l'amour du prochain...

Pourquoi ai-je besoin de tant de mots?

je vais parler succinctement:

Aime Jésus de toute ta force;

Fais qu'il devienne ton interlocuteur;

Aie constamment ton esprit en Lui;

Converse avec Lui dans ton intellect;

Garde-toi occupé avec Lui;

Attends impatiemment sa beauté;

Aime l'heure de Sa venue;

Fais qu'Il devienne tes sens:

Vue, ouïe, respiration, assis ou debout,

Incline-toi devant Lui,

Et tu gagneras toutes bonnes choses,

Maintenant et dans le futur.

Car Il n'est pas très éloigné de toi

Pour que tu L'atteignes avec difficulté.

Les paroles de ta bouche sont-elles inaudibles à tes oreilles?

Le corps est-il loin de l'âme?

L'intellect ne voit-il pas les choses de l'âme?

Jésus remplit la création comme l'âme le corps;

Il réchauffe et vivifie,

Tout comme l'âme le fait pour le tabernacle terrestre [le corps].


Version française: Claude Lopez-Ginisty

D'après Saint Mélèce le Confesseur du Mont Galésion

in St. Meletios The Confessor, Alphabetalphabetos,

(L'alphabet des alphabets)

Prophet Elias Skete Publications,

Mount Athos, Greece,

1991

 

http://www.nectaire.over-blog.com/article-26286149.html

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 00:08

On l'appelait Jean le Nain ou, en grec, Jean Golobos, c'est-à-dire « le Court », « le Bref », car il était de petite taille. Mais on pourrait également entendre dans un sens spirituel le qualificatif dont il était affublé : la « petitesse » que l'on décrivait chez lui était aussi son humilité, sa modestie, sa capacité d'obéissance. [...]

Jean avait rejoint la région monastique de Scété vers 356, alors qu'il avait 17 ou 18 ans. Il était devenu disciple d'un ancien moine, Ammoès, qu'il servit fidèlement durant une vingtaine d'années. C'est à son école qu'il se forma et apprit l'obéissance. On raconte que, lorsque Jean était encore jeune, Ammoès, prenant un bâton de bois sec, le planta dans la terre et dit à son novice : « Chaque jour, arrose-le d'une cruche d'eau, jusqu'à ce qu'il produise du fruit. » Or, l'eau était si loin qu'il fallait partir la puiser le soir, à travers le désert, et revenir le lendemain matin. Mais au bout de trois ans d'arrosage, le bois prit vie et produisit du fruit. Alors, le vieillard, prenant de ce fruit, le porta à l'église où les frères se réunissaient chaque semaine et leur dit : « Prenez, mangez le fruit de l'obéissance ! »

Cet épisode est sans doute le plus fameux de la vie d'Abba Jean Colobos. Il a été maintes fois commenté depuis le IVe siècle : on a souligné combien l'obéissance, qui peut paraître absurde, inhumaine, voire « impossible » au premier abord - et qui est, quoi qu'il en soit, toujours pénible pour celui qui s'y astreint — peut porter du fruit grâce à la persévérance. Les éléments hyperboliques de ce « récit modèle » te sembleront peut-être un peu excessifs : car qui perdrait son sommeil durant trois ans pour arroser, dans le désert, un bout de bois sec ?

Mais cette anecdote nous fait comprendre une chose : l'obéissance n'est pas une attitude servile et passive ; elle exige au contraire une grande force de volonté. En effet, la paresse, le conformisme ou l'individualisme auraient facilement pu amener notre jeune moine à renoncer à son effort. Mais tenant bon, malgré l'apparente humiliation que son obéissance lui infligeait, il découvre - et nous fait découvrir avec lui — qu'un fruit est donné : celui-ci ne se mesure pas uniquement à la vie qui reprend sur la branche, mais également dans l'attitude libre de celui qui a accepté d'accomplir cet effort jusqu'au bout. Car ce n'est que dans la liberté que l'on peut obéir. Au siècle dernier, Dietrich Bonhoeffer a écrit : «L'obéissance sans liberté est esclavage ; la liberté sans obéissance est arbitraire.»

Jean Colobos, en son temps, l'avait déjà saisi, lui qui — librement — vécut son existence dans une profonde obéissance aux autres, une grande humilité, et dans l'oubli de soi en Dieu. Cela lui a fait dire : « L'humilité et la crainte de Dieu sont au-dessus de toutes les vertus. » A quoi un autre Père du désert fait écho : « L'obéissance répond à l'obéissance. Si quelqu'un obéit à Dieu, Dieu répond à sa demande. » Tu l'as compris, l'obéissance exige donc une véritable lutte, que l'on est allé parfois jusqu'à comparer au martyre. Mais elle amène aussi à accomplir des prodiges. Pourquoi ? Parce que l'homme obéissant se conforme au Christ, qui s'est fait « obéissant jusqu'à la mort » (Ph 2, 8) et qui, pour cette raison, a été relevé d'entre les morts et glorifié par Dieu. Oui, comme l'a dit un Père du désert : « L'obéissance est la gloire du chrétien. Celui qui l'a acquise sera exaucé de Dieu ! »
 
Enzo Bianchi
Panoram Janvier 20009

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 23:59


Qu'est-ce donc qu'un « idéal » ?

Une petite lueur, comme une étoile qui, toutes affaires cessantes, nous pousse, comme les trois « voyageurs » de l'Evangile, à sortir de nous-mêmes, à prendre nuitamment la route dans les obscurités drues de nos vies, pour aller tenter d'y voir clair.

Oui, « tenter d'y voir clair », en nous, en cette vie, en ce monde.

Tenter d'y voir clair dans l'insondable et bienheureux mystère de se savoir vivant
Tenter d'y voir clair dans cette vie d'homme ou de femme que nous avons à vivre, contre vents et chagrins.
Tenter d'y voir clair pour offrir un peu de clarté à tant de pénombres en ce monde.
Tenter d'y voir clair ?

C'est tout le bonheur que je vous souhaite, amis lecteurs, pour 2009 !

Ensemble, essayons de faire de chaque jour, chaque semaine, chaque mois de cette nouvelle année, un sentier de clarté. En nous et autour de nous. Osons cette mise en route, cette « sortie de soi » qui, un soir peut-être, sur le bord du chemin, nous fera nous agenouiller enfin, fourbus mais heureux, devant la divine clarté, mystérieuse épiphanie de l'éternité dans la fugacité du temps.

Bertrand Révillon
Panoram Janvier 2009

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