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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 19:42

On demanda un jour à un homme qui savait méditer
Comment il faisait pour être si recueilli
En dépit de toutes ses occupations.

Il répondit :
"Quand je me lève, je me lève.
Quand je marche, je marche.
Quand je suis assis, je suis assis.
Quand je mange, je mange.
Quand je parle, je parle."
Les gens l'interrompirent en lui disant:
"Nous faisons de même, mais que fais-tu de plus ?"
"Quand je me lève, je me lève.
Quand je marche, je marche.
Quand je suis assis, je suis assis.
Quand je mange, je mange.
Quand je parle, je parle."

Les gens lui dirent encore une fois :
"C'est ce que nous faisons aussi."

"Non" leur répondit-il.

"Quand vous êtes assis, vous vous levez déjà.
Quand vous vous levez, vous courez déjà.
Quand vous courez, vous êtes déjà au but..."

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 09:43

Que nous soyons n'importe où, Dieu y est aussi. L'espace nécessaire pour le rejoindre, c'est la place de notre amour qui ne veut pas être séparé de Dieu, qui veut rencontrer Dieu. Celui qui n'a pas essayé de savoir qui est vraiment, totalement, actuellement jésus, ne le désirera pas.

Mais ceux qui ont gravi lourdement le mystère de Dieu, qui l'ont pensé possible, qui l'ont cru possible, qui, enfin, l'ont cru vrai ; qui ont dans cette vérité trouvé la joie des joies ; ceux qui ont dû faire en eux place à plus de joie encore, en sachant que ce mystère s'était rendu perceptible aux yeux des hommes, dans un homme qui était homme et qui était Dieu ; ceux qui savent que cet homme demeure avec eux jusqu'à la fin des temps, avec son corps, avec son sang, avec sa gloire ; ceux qui ont cru et qui croient tout cela, nous qui le croyons, manquerons-nous du désir pour le trouver partout où il dit qu'on le trouve ; pour renverser, pour transpercer tous les obstacles qui nous empêcheraient d'être toujours et toujours davantage avec lui?

C'est ce désir qui fait la prière et qui la fait n'importe où. Partout, quel qu'il soit, l'amour porte en lui le désir.

Aimer Dieu assez pour vouloir être avec lui, porter en soi le désir de cet amour, c'est avoir une force capable de transpercer la vie la plus dure, la plus dense, pour rejoindre dans la prière celui que nous aimons. Quelques minutes de cette prière nous donneront à Dieu et nous donneront Dieu plus que des heures, peut-être fort recueillies, mais qui n'auront pas été précédées par un désir vivant et volontaire.

La retraite au désert, elle peut être cinq stations de métro à la fin d'un jour où nous avions « foré » un puits vers ces tout petits instants ; par contre, le désert lui-même peut être sans « retraite », si nous avons attendu d'y être, pour désirer rencontrer le Seigneur.

Nos allées et venues - et pas seulement les grandes, celles qu'on fait d'une pièce à l'autre - les moments où nous sommes obligés d'attendre - que ce soit pour payer à une caisse ou pour que le téléphone soit libre, ou pour qu'il y ait de la place dans un autobus - sont des moments de prière préparés pour nous dans la mesure où nous sommes préparés pour eux. (...)

C'est le temps passé à telle ou telle de ces choses qu'il s'agit de récupérer et de rendre à qui de droit. C'est préférer le Seigneur à une affiche, à un slogan, à soi-même.

Il faudrait une multitude de comparaisons pour faire comprendre que, dans l'Évangile, ce n'est pas le temps qui compte le plus.

Entre gens qui s'aiment, le temps pris pour se le dire a été quel­quefois très court ; chacun a dû peut-être repartir à son travail ou à une autre obligation ; ce travail, cette obligation ne retentiront que d'une chose : les quelques mots dits en quelques minutes.

(...) vivre ne prend pas de temps, c'est tout le temps qu'on vit, et l'Évangile, quoi qu'il soit pour nous, doit être d'abord : vie. Pour faire leur oeuvre de vie en nous, les paroles de l'Évangile que nous avons lues, que nous avons priées, que nous avons peut-être étudiées, il nous faut les porter en nous, le temps qui est le leur, pour que la lumière qui soit la leur nous éclaire et nous vivifie.

Madeleine Delbrêl
La Joie de Croire
Seuil

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 20:47

Que celui, donc, qui veut purifier son coeur ne cesse de l'embraser par le souvenir de Jésus. Que ce soit son unique exercice et son travail ininterrompu.

Quand on veut rejeter sa pourriture, il n'y a pas un moment de prier et un moment de ne pas prier; il faut en tout temps s'adonner à la prière en gardant son intellect, même si l'on se trouve en dehors de la maison de prière.

Celui qui purifie le minerai d'or n'a qu'à laisser baisser quelque temps le feu dans sa fournaise et la matière qu'il voulait purifier retrouve sa dureté. De même, celui qui tantôt se souvient de Dieu, tantôt non, perd par l'interruption ce qu'il croit obtenir par la prière.

L'homme qui aime la vertu est celui qui ne cesse d'éliminer par le souvenir de Dieu l'élément terrestre de son cœur, afin que peu à peu le mauvais se consume au souvenir du bien et que l'âme revienne parfaitement à sa splendeur naturelle et glorieuse.

Diadoque de Photicé

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