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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 23:26

Dans la religion chrétienne, Noël est la fête de la Nativité célébrant la venue du Christ sur Terre. Les légendes du passé ne sont pas oubliées et les décorations liées à la célébration de Noël sont le reflet d’une tradition encore vivante.  
 
La crèche, une représentation chrétienne
Symbole important en Occident, cette petite construction représente l'étable de Bethléem et les scènes de la Nativité de Jésus-Christ célébrée le soir de Noël. Les personnages, le plus souvent fabriqués en terre cuite, représentent Marie et Joseph, les parents de Jésus, un âne et un bœuf chargés de réchauffer l'enfant par leur souffle, et des bergers. La première crèche vivante aurait été produite par François d'Assise en 1223. Les crèches ressemblant à celles d'aujourd'hui sont apparues dans les églises au XVIème siècle. Depuis le XVIIIème siècle, cette tradition se perpétue dans tout le monde catholique avec des ajustements selon les régions. Par exemple, en Provence sont ajoutés les santons illustrant les métiers traditionnels ou les scènes de la vie quotidienne de la région. Ce type de décor est tellement répandu à Noël qu'il s'est développé dans le monde entier avec la crèche africaine en bois, la crèche asiatique avec un petit Jésus aux yeux bridés ou encore la crèche en argent de Roumanie.

Un arbre de Noël décoré selon une tradition religieuse
C'est en 1521 que l'arbre de Noël est mentionné pour la première fois en Alsace. Il sert à décorer la maison et à regrouper les cadeaux. Les roses, les pommes et les friandises étaient les décorations habituelles du sapin, les pommes rouges faisant référence à l'histoire d'Adam et Eve. En 1806, une gravure illustre de nouvelles ornementations inaugurant les petits personnages, les animaux et les gâteaux.

En 1837, la duchesse d'Orléans Hélène de Mecklembourg, d'origine Allemande, fit décorer un sapin aux Tuileries. Cette tradition se généralisa après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d'Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l' arbre de Noël aux Français. C'est à cette période que le pays entier adopta cette tradition.

L'étoile accrochée traditionnellement au sommet de l'arbre symbolise l'étoile de Bethléem qui guida les Rois Mages vers Jésus-Christ. Aux XVIIème - XVIIIème siècles, les premiers sapins illuminés par des petites bougies font leur apparition, mais il faut attendre 1880 pour que les premières décorations électriques apparaissent aux Etats-Unis. Edward Johnson, l'associé de Thomas Edison, installa une guirlande de 80 petites ampoules électriques sur un arbre de Noël.

Jusqu'en 1950, c'est en Allemagne et en Europe de l'Est que la production des décorations de Noël culminait. Les artisans travaillaient le verre, le métal, la cire et le bois. Les personnages étaient fabriqués en coton et les cheveux d'ange en fibres métalliques. La boule de Noël qui décore les sapins est née à Meisenthal en Moselle. La boule de Noël était à l'origine une pomme, mais l'hiver rigoureux de 1858 en réduisit considérablement la récolte. Un artisan verrier eut alors l'idée de créer les boules que nous connaissons aujourd'hui.

On raconte qu'un moine évangélisateur Allemand de la fin du VIIe siècle, Saint Boniface (né en 680), voulait convaincre les druides germains, des environs de Geismar, que le chêne n'était pas un arbre sacré. Il en fit donc abattre un. "En tombant, l'arbre écrasa tout ce qui se trouvait sur son passage à l'exception d'un jeune sapin".

A partir de là, la légende fait son oeuvre. Elle raconte que Saint Boniface a qualifié ce pur hasard de miracle, et déclaré dans sa même prédication : "Désormais, nous appellerons cet arbre, l'arbre de l'Enfant Jésus." Depuis, on plante en Allemagne de jeunes sapins pour célébrer la naissance du Christ.

La couronne de Noël, symbole de l'Avent
Les plus férus de la tradition accrochent à l'entrée de la maison une couronne de houx complétée de 4 bougies que l'on allume chaque dimanche de l'Avent jusqu'à Noël. La couronne est d'abord la survivance d'une représentation solaire dans l'Antiquité et devient plus tard le symbole du Christ, le houx rappelant la couronne d'épine posée sur sa tête avant sa crucifixion. Traditionnellement, les bougies sont rouges pour rappeler le feu et la lumière lorsque la couronne de l'Avent était le symbole du soleil. Les bougies des couronnes d'inspiration suédoise sont blanches pour évoquer la fête et la pureté et, en Autriche, elles sont violettes pour symboliser la pénitence. Aujourd'hui, les couronnes accrochées sur nos portes souhaitent les meilleurs vœux à tous. 

sapin de Noël

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 21:48

[...] on me demande pour la énième fois : pourquoi voyagez-vous tant? Il y a toujours dans ces questions un élément d'accusation, comme si la stabilitas loci, cette vieille règle interdisant aux Trappistes et aux Char­treux de jamais quitter leur couvent une fois entrés dans la clôture, devait être la norme humaine et son contraire, la mobilité comme principe, une infraction perverse à cette règle d'airain, point de vue que nul n'a mieux formulé dans toute son implacabilité que Pascal, pour qui « tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ».

[...] Les Trappistes menaient, en un sens, une vie extrémiste. Pas à leurs propres yeuxsans doute, mais tout de même. Une fois entrés, ils n'avaient plus le droit de sortir, ni de parler, et en cas d'absolue nécessité de communiquer, ils avaient à leur disposition une sorte de langage des signes, comme les sourds-muets. Ils se levaient avant le jour, vivaient de la pro­duction de fromage et de bière, dans un monde cyclique rythmé parles saisons et par la répétition annuelle des temps forts du calendrier liturgique, un monde silencieux et statique qui, lentement et en décrivant de grands cercles toujours identi­ques, se mouvait à travers le temps sans que les moines eus­sent jamais besoin de franchir les murs de leur couvent.

[...] mais ce que je sais, c'est que dans la grande mobilité qui caractérise ma vie, je ne cesse de revisiter ces lieux d'immobilité, pour troquer provisoirement - fût-ce un bien bref instant - la ligne zigzagante de mon parcours et le prin­cipe du détour contre cette forme de vie si opposée. Peu importe à quel moment on y entre - dans un monastère zen aux abords de Kyoto, à l'Aula Dei chez les Chartreux espagnols, à Orval ou à Cluny chez les Bénédictins ou une fois de plus chez les Trap­pistes de l'ermitage d'Achel - on se dépouille de l'agitation du monde en mouvement pour se retrouver inclus dans un méca­nisme d'horlogerie lent et enroulé sur lui-même, et je ne crois pas qu'il y ait meilleur endroit où réfléchir à cette phrase ini­tiale du poème de Goethe : que signifie le mouvement?

[...] Je ne suis pas sûr de mériter le titre honorifique de nomade, mais il est certain que ma vie s'apparente au nomadisme. Reste à savoir s'il existe des différences essentielles entre ces deux modes d'existence, si le voyageur ne vit pas dans son couvent person­nel, moine d'un ordre individuel dont il a lui-même fixé la règle. Son chaos apparent obéit aux lois de l'arrivée et du départ, ce qu'il fait lorsqu'il réfléchit dans une chambre d'hôtel ou dans un avion bondé au cours d'un vol de douze heures s'appellerait méditation dans un monastère, le voyageur solitaire observe plus souvent le silence que maint conventuel et, en dépit de tout le mouvement qu'il se donne, il vit, comme les moines dans leur cellule, dans le monastère infiniment grand de l'univers, cette immense horloge qui va son train perpétuel, comme la vie dans les monastères humains.

[...] mais je savais qu'en fermant les yeux, je verrais le labyrinthe arachnéen, le réseau des voies maritimes, des rails de chemin de fer, des lignes aériennes, des chaussées et des sentiers qui ligote le monde et qui, pour le voyageur, remplit la même fonction que le livre d'heures pour le moine cloîtré.

[...] Un jour, j'ai décidé d'échanger une cellule monas­tique contre les chemins du monde et c'est aujourd'hui seule­ment, après tant de pérégrinations, que j'ai enfin compris que, si l'on cherche la même chose, l'opposition entre le mouvement et l'immobilité est un leurre, et qu'il me fallait tout ce mouve­ment pour le découvrir.

Cees Nooteboom
Goethe, le monastère et le mouvement
Traduit par Philippe Noble
Actes Sud pour la traduction française

tiré du Magazine littéraire N° 457

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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 22:09

C'est en contemplant Le Retour du Prodigue peint par Rembrandt que j'entends le mieux la parabole,
que j'entre plus avant dans les chemins de la miséricorde, que je me laisse réconcilier avec Dieu. L'angoisse qui dénude féconde aussi l'absence et fait monter son cri aux accomplis d'un chant.
Je regarde le Père.
Un visage d'aveugle ; il s'est usé les yeux à son métier de Père.
Scruter la route obstinément déserte, guetter du même regard l'improbable retour.
Sans compter toutes les larmes furtives : il arrive qu'on soit seul !
Oui, c'est bien lui, le Père, qui a pleuré le plus. Si c'était lui le vrai « prodigue » !
Je regarde le Fils.
Une nuque de bagnard et cette voile informe dont s'enclôt son épave.
Des plis froissés où s'arc-boute et vibre encore le grand vent des tempêtes.
Des talons rabotés comme une coque de galion sur l'arête des récifs, cicatrices à vau-l'eau de toutes les errances.
Le naufragé s'attend au juge : « Traite-moi, dit-il, comme le dernier de ceux de ta maison... » Il ne sait pas encore qu'aux yeux , d'un Père
comme Celui-là, le dernier des derniers est le premier de tous.
Il s'attendait au juge ; il se retrouve au port, échoué, déserté, vidé comme sa sandale.
Enfin capable d'être aimé.
Appuyé de la joue, tel un nouveau-né au creux d'un ventre maternel, il achève de naître. La voix muette des entrailles dont il s'est détourné murmure enfin au creux de son oreille. Il entend : « Lève les yeux, prosterné, éperdu de détresse, et déjà tout lavé dans la magnificence ; lève les yeux et regarde.
Ce visage, cette Face très sainte qui te contemple amoureusement.
Tu es accepté, tu es désiré de toute éternité.
Avant l'éparpillement des mondes, avant le jaillisse­ment des sources, j'ai longuement rêvé de toi et pro­noncé ton Nom. »
« Vois donc : je t'ai gravé sur la paume de mes mains. Tu as tant de prix à mes yeux. Ces mains, je n'ai plus qu'elles, de pauvres mains ferventes posées comme un manteau sur tes maigres épaules - tu reviens de si loin ! Lumineuses, tendres et fortes, comme est l'amour de l'homme et de la femme,
tremblantes encore, et pour toujours, du déchirant bonheur.»
Et d'une patience qui attend et d'une attente qui écoute, naît le dialogue insurpassable. Nous recevons de Dieu certitude et confidence ! Il faut misère pour avoir coeur. Notre assurance n'est plus en nous ; elle est en Celui qui nous aime.
Accepter d'être aimé... accepter de s'aimer...
Nous le savons, il est terriblement facile de se haïr.
La grâce est de s'oublier.
La grâce des grâces serait de s'aimer humblement soi-même, comme n'importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ. Encore faut-il avoir appris ce que tomber veut dire, comme tombe une pierre dans la nuit de l'eau.
Ce que veut dire «craquer», comme un arbre s'éclate aux feux ardents du gel, sous l'éclair bleu de la cognée.
Que peuvent savoir de la miséricorde des matins, ceux dont les nuits ne furent jamais de tempêtes et d'angoisse ?
Pour retentir à ces atteintes, il faut avoir vécu - et vivre encore - en haute mer, menacé sans doute, naufragé peut-être, mais à la crête des certitudes royales.
L'amour alors peut faire son oeuvre, nous féconder, nous rajeunir, nous re-joindre.
Que nous soyons dans l'inquiétude, le doute et le chagrin ; que nous marchions, le coeur serré, dans la vallée de l'ombre et de la mort ; que nos visages, n'aient d'autre éclat que ceux - épars - d'un beau miroir brisé. Un Amour nous précède, nous suit, nous enveloppe...
L'Inconnu d'Emmaüs met ses pas dans les nôtres et s'assied avec nous à la table des pauvres.
Malgré tous les poisons mêlés au sang du coeur, au creux de ces hivers dont on n'attend plus rien, rayonne désormais un invincible été.
Morts de fatigue, nous ne saurions rouler que dans les bras de Dieu.
Nous avons rendez-vous « sur un lac d'or » ! Le miroir est sans ride.
Du fond de toute détresse émerge un vrai Visage. Et l'icône est plus fine, plus précieuse, plus belle, quand l'homme qui l'a peinte est passé par l'enfer. Trinité de Roublev et « Trinité » Rembrandt...
Du fond des terres où rayonnent ces images, le Père des Miséricordes ne cesse de s'engendrer des fils, sous le couvert annonciateur et fécondant de mains plus vastes que des ailes.
L'ombre d'un grand oiseau nous passe sur la face. Les vrais regards d'amour sont ceux qui nous espèrent.

Rembrandt, le retour du prodigue
Paul Baudiquey

Le livre
Le film
l'Amour du Père

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