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6 mars 2006 1 06 /03 /mars /2006 00:00

« Si tous les peuples acceptaient le conseil du jeûneur pour régler leurs problèmes, plus rien ne les empêcherait de faire régner une paix profonde dans le monde... C'est toute notre vie qui serait délivrée de plaintes et de gémissements, si le jeûne était devenu une coutume... » St-Basile le Grand (IVe siècle)

S'abstenir librement de nourriture conduit au coeur d'une expérience que la foi chrétienne vient éclairer et remplir de sens. La pratique du jeûne nous incorpore à l'expérience du Christ lui-même, par laquelle il nous ouvre à la prise de conscience que « l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4).

Mon jeûne, c’est peut-être tout simplement de faire un peu le vide en moi, de faire cesser ce tumulte intérieur qui m’envahit, de laisser s’installer le silence. Et le silence est là pour préparer le terrain sur lequel tombe la semence de la Parole. Ecouter la Parole de Dieu ; mon carême, c’est aussi une attention plus grande à cette Parole de vie, et à ces paroles qui m’entourent, et qui me parle de Dieu.

Jeûne, prière, aumône
Le jeûne spirituel 
 Le jeûne et le repentir 
Autres textes sur le jeûne

 

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5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 00:00

"Voyant les foules Jésus eut pitié d'elles"

"Le Carême est le temps privilégié du pèlerinage intérieur vers Celui qui est la source de la miséricorde. C'est un pèlerinage au cours duquel Lui-même nous accompagne à travers le désert de notre pauvreté, nous soutenant sur le chemin vers la joie profonde de Pâques".  

"Même dans les 'ravins de la mort' dont parle le Psalmiste, tandis que le tentateur nous pousse à désespérer ou à mettre une espérance illusoire dans l'ouvre de nos mains, Dieu nous garde et nous soutient. Oui, aujourd'hui encore le Seigneur écoute le cri des multitudes affamées de joie, de paix, d'amour. Comme à chaque époque, elles se sentent abandonnées. Cependant, même dans la désolation de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim, qui frappent sans distinction personnes âgées, adultes et enfants, Dieu ne permet pas que l'obscurité de l'horreur l'emporte".

(...)

"Aujourd'hui encore, au temps de l'interdépendance globale, on peut constater qu'aucun projet économique, social ou politique ne remplace le don de soi à autrui, dans lequel s'exprime la charité. Celui qui agit selon cette logique évangélique vit la foi comme amitié avec le Dieu incarné et, comme Lui, se charge des besoins matériels et spirituels du prochain. Il le regarde comme un mystère incommensurable, digne d'une attention et d'un soin infinis. Il sait que celui qui ne donne pas Dieu donne trop peu, comme le disait la bienheureuse Teresa de Calcutta: 'La première pauvreté des peuples est de ne pas connaître le Christ'. Pour cela il faut faire découvrir Dieu dans le visage miséricordieux du Christ: hors de cette perspective, une civilisation ne se construit pas sur des bases solides".

"C'est justement à ce salut intégral que le Carême veut nous conduire en vue de la victoire du Christ sur tout mal qui opprime l'homme. En nous tournant vers le divin Maître, en nous convertissant à Lui, en faisant l'expérience de sa miséricorde grâce au sacrement de la Réconciliation, nous découvrirons un 'regard' qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d'entre nous. Ce 'regard' redonne confiance à ceux qui ne se renferment pas dans le scepticisme, en leur ouvrant la perspective de l'éternité bienheureuse. En fait, déjà dans l'histoire, même lorsque la haine semble dominer, le Seigneur ne manque jamais de manifester le témoignage lumineux de son amour. A Marie, 'fontaine vive d'espérance', je confie notre chemin du Carême, pour qu'Elle nous conduise à son Fils. Je Lui confie spécialement les multitudes qui, aujourd'hui encore, éprouvées par la pauvreté, invoquent aide, soutien, compréhension. Dans ces sentiments, de grand cour, j'accorde à tous une particulière Bénédiction apostolique".

Benoît XVI
31 janvier 2006

tout le message de Benoît XVI

 

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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 22:06

Nous sommes si souvent dans l'à-coté de nos vies, dans la nasse de nos impasses, dans le désert de nos « dès-êtres »... Comme elle est sèche, Seigneur, et fragile, l'argile de notre coeur

sur laquelle, tu viens, sans relâche, blesser la paume de tes douces mains de potier !

Nous errons si souvent, l'âme en panne, tristes témoins d'une création en nous interrompue sous le poids des rocs de nos piètres tombeaux.

Ardente lutte, au gué de nos vies incertaines, entre la pesanteur et la grâce...

Nous sommes, tu le sais bien, Seigneur, un peuple à la tête dure,  petite horde de fuyards qui, sans cesse, hésite entre le feu brûlant de la liberté et les mirages anesthésiants de l'esclavage. Nous sommes des hommes et des femmes du clair-obscur, de l'entre-deux, de « l'entre-Dieu », des intermittents de la foi, des « mécréants » récitant le credo de leurs doutes, des marcheurs pétrifiés, apeurés par l'exode auquel, sans relâche pourtant, Tu nous invites et qui nous mènera, de nuit, à l'intime, en cette chambre secrète où, Toi, l'Eternel patient, Tu nous attends et nous espère...

Bienheureuse marche au désert qu'il nous faut maintenant oser, malgré nos peurs et nos fragilités ; sans attendre...

Car Tu n'es pas le Dieu de l'en-haut, hautain et condamnant, mais le Dieu de l'en-bas qui, du bois mort de toutes nos faiblesses, fait secrètement germer l'arbre flamboyant de notre vie nouvelle... Bienheureuse aridité du désert qui émonde, élague et unifie. Bienheureuse soif de la Soif... Bienheureux désir du Désir... Le Carême n'est rien moins que la faim de la Faim...

Quarante jours, quarante nuits, pour qu'enfin, tel le voile du Temple, se déchirent nos robes de tristesse...

Quarante jours, quarante nuits, pour que tombent les oripeaux de nos angoisses, et qu'enfin nues, désirantes et désirables, nos âmes marchent et dansent vers la joie imprenable !


Bertrand Révillon
Panorama N° 419 Mars 2006
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